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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

M'ECRIRE

 

LIEN VERS MON NOUVEAU BLOG

Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 16:39

L’HONNEUR

 

 

« Le souvenir de la honte du passé préserve l’Honneur de l’avenir »

Thérèse Amiel

 

 

 

Comme présenté dans le texte d’introduction sur ma Voie, l’Honneur occupe une place primordiale dans mon cercle de l’éthique puisqu’il y tient la position centrale, absolue et unique. Cette position est due avant tout à la nature très particulière de cette vertu qui, contrairement aux autres, ne demande aucun effort particulier à première vue, mais qui renferme néanmoins la force de volonté nécessaire à l’accomplissement de toutes les autres qualités morales.

 

L’Honneur est à la fois l’essence vitale de notre conscience humaine, le reflet de notre propre dignité et la conséquence de notre renommée personnelle, familiale, nationale ou autre. Il est toute ces choses à la fois de manière indissociable à tous les niveaux de notre conscience, pour peu qu’on en soit effectivement conscient. Il est d’autant plus développé que nous accordons de la valeur non seulement à notre propre personne, bien entendu, mais aussi et surtout aux communautés auxquelles nous appartenons ou par lesquelles nous nous identifions. Car contrairement à l’Orgueil qui est sa force opposée et qui ne peut être qu’individuel, l’Honneur est à mon sens une notion purement collective. On parle d’honneur personnel uniquement pour éviter d’employer le mot orgueil ou égo, et ainsi justifier injustement toute action visant à protéger notre petite personne. Le véritable honneur vertueux, selon mon point de vue, ne peut venir que par le sentiment d’appartenance à une communauté d’individus, qu’elle soit petite ou grande. Nous sommes tributaires de la renommée des groupes sociaux auxquels nous appartenons et nous devons non pas en profiter égoïstement mais faire en sorte, par notre comportement de tous les jours, que leur réputation soit intouchable.

 

L’orgueil fonctionne de telle manière que nous pouvons aisément être blessés moralement par des attaques extérieures nous visant personnellement ou par des erreurs que nous commettons en publique, provoquant ainsi en nous un sentiment de honte plus ou moins grand selon la gravité de l’attaque ou de la faute. Mais si nous possédons un véritable sentiment d’honneur dans l’appartenance à une communauté donnée, une attaque morale portée contre cette communauté est comme une attaque portée contre nous, provoquant le même sentiment de honte. La seule différence avec les attaques visant directement notre orgueil, c’est que la honte ainsi ressentie peut être atténuée selon le degré d’attachement que nous avons avec la communauté dont l’honneur est remis en cause. On peut se sentir blessés par la remise en cause de l’honneur d’une de nos communautés même si nos actions ou nos paroles ont été irréprochables, et il peut arriver parfois qu’un individu décide de changer de communauté pour en intégrer une autre plus prestigieuse, du moins sur le moment, afin de se protéger contre ce sentiment de honte. Mais cela revient à de la trahison, de l’hypocrisie et de l’égoïsme, car le seul but recherché est de flatter son propre orgueil en l’associant avec des entités en apparence puissantes et intouchables pour son seul confort mental personnel. Au-delà des simplifications administratives ou financières que cela peut procurer, le fait de renier son enfant ou ses parents possède une signification beaucoup plus importante pour ceux qui possèdent un tant soit peu de sens de l’honneur familial.

 

Cependant cette stratégie ne peut pas toujours être employée dès que la crédibilité d’une communauté est diminuée aux yeux du public : par exemple, vous ne pouvez pas changer de travail à chaque fois que le renom de votre profession se retrouve entaché. Et pour évoquer un cas extrême mais de façon constructive pour la suite de mes écrits, nous ne pouvons pas cesser d’être des humains. Je reviendrais d’ailleurs sur cette dernière pensée un peu plus tard dans ce même article.

 

A présent, il est temps pour moi de décrire un phénomène qui ne m’est apparu clairement que très récemment et qui n’est donc peut-être pas évident pour tout le monde. D’après ma propre expérience, nous empruntons tous notre crédibilité publique à ceux qui nous ressemblent. Quant vous rencontrez quelqu’un pour la première fois, vous allez être catalogué dans plusieurs catégories d’individus en fonction de votre apparence, de vos origines, de votre profession, de votre nationalité et d’un million d’autres choses encore. Parfois, les gens peuvent vous cataloguer à tort dans une catégorie d’individus avec lesquels vous n’avez que très peu de choses en commun, que ce soit par erreur ou de façon volontaire pour vous discréditer aux yeux des autres, ou encore dans le seul but de vous blesser intérieurement. Ce procédé de classification mentale est totalement inconscient la plupart du temps (comprenez ici qu’il se fait sans que l’individu qui catalogue ainsi soit conscient de ce phénomène), et il fait partie intégrante de notre mode de pensée actuel en raison des sentiments de méfiance et de mépris que nous pouvons exprimer à différents niveaux face à ceux qui nous sont différents. Voilà pour le procédé, maintenant voyons pour ses conséquences :

 

Dès que vous êtes catalogué dans telles ou telles catégories d’individus, la vision de la personne en face de vous est faussée par la réputation des communautés auxquelles elle vous assimile, ce qui peut ensuite vous être favorable ou défavorable selon la personne et la situation. Cependant cet effet peut ne pas durer si votre comportement est différent de ce à quoi s’attends la-dites personne à partir des préjugés dont elle vous a fait hériter. C’est de ce phénomène, de ses conséquences et de ses failles que vient la fameuse expression « l’habit ne fait pas le moine » : vous pouvez paraître à première vue pour un voyou avec votre sweater à capuche et vous montrer parfaitement respectable en à peine quelques instants de discussion, et à l’opposer vous pouvez sembler être de très bonne éducation et finalement décevoir cette attente en vous comportant en parfait salaud. Dans un sens comme dans un autre, vous avez changé de façon plus ou moins définitive l’opinion que possédait initialement la personne en face de vous.

 

Mais attention : j’ai bien expliqué au début de mon explication que nous ne faisons qu’emprunter la crédibilité de ceux qui nous ressemblent, et donc que nous n’en héritons pas purement et simplement sans jamais la restituer. Car oui, nous pouvons faire évoluer les préjugés bons ou mauvais que portent les gens à l’égare des groupes sociaux auxquels ils nous associent et au travers desquels ils nous identifient. L’important ici est d’avoir conscience de ce mode de raisonnement afin de mieux ressentir les différents honneurs associés à ces groupes sociaux auxquels nous appartenons au moins dans l’esprit des gens et peut-être au-delà, cela afin d’en tirer la force de volonté nécessaire pour alimenter les autres qualité que je défends ici dans la description de ma Voie. Nous ne devons pas laisser les préjugés des autres influencer notre propre code de conduite morale dans un sens ou dans un autre. Au lieu de cela, nous devons faire en sorte que l’image que nous donnons des communautés que nous représentons volontairement ou involontairement soit la meilleure possible. En faisant évoluer cette image dans les milieux où nous vivons, les mauvais préjugés peuvent finir par disparaître ou par être grandement discrédités par une proportion suffisamment importante de la population pour être ignorés. Ainsi, non par la force mais par l’exemple, nous pouvons changer la vision des gens sur les communautés auxquelles nous empruntons notre crédibilité, faisant alors grandir notre honneur d’y appartenir.

 

J’en viens maintenant à une vision très importante dans ma définition de ma Voie et dans le message que j’essaye de transmettre à travers cette description, à savoir l’honneur d’être un humain. Toutes les différences que nous pourront mettre entre nous et les gens qui nous entoure ne feront jamais disparaître le fait que tous, sans la moindre exception, sont des êtres humains et qu’ils appartiennent à la même civilisation actuellement déchirée et morcelée. Ce n’est pas pour rien que l’Eglise Catholique (et probablement d’autres institutions similaires) a inventé le concept d’excommunication pour « purger » le peuple des infidèles et des mouvements déviants pendant l’ère de la chasse aux sorcières : le but est non seulement de faire peur à ceux qui souhaiteraient défier leur religion, mais aussi de débarrasser leurs communauté de ces brebis galeuses afin qu’ils ne salissent pas leur honneur collectif. C’est un peu dans le même ordre d’idée  que des penseurs de différents époques colonisatrices tentèrent de faire croire que les africains ou les indiens n’avaient pas d’âme, allant au-delà même du concept d’excommunication en ne les faisant même pas entrer dans la communauté humaine, de peur que cette dernière soit déshonorée par les coutumes de ces peuples nouvellement découverts. Mais ce concept était totalement virtuel et, selon moi, aucun pouvoir des hommes, même investi de la plus haute autorité politique ou religieuse, ne peut retirer à quelqu’un son humanité.

 

Si la race humaine était observée dans son ensemble par un regard extérieur, fut-il celui d’une entité divine ou d’une autre civilisation avancée, quelle image donnerait-elle d’elle-même à ce jour ? Or, nous devrions tous ressentir l’honneur et la fierté d’être humains, d’appartenir à cette grande civilisation unique sur notre planète et qui pourrait accomplir tant de choses formidable si elle était un tant soit peu unifiée. Aujourd’hui, qui peut se considérer fier d’être humain en connaissance parfaitement toutes les atrocités que notre espèces a accomplir et surtout celles qu’elle continue d’accomplir de nos jours ?

 

Si nous souhaitons continuer à progresser sans nous autodétruire, et si nous souhaitons pouvoir nous présenter avec dignité devant n’importe quelle puissance extérieure, nous devons rétablir notre Honneur d’être humains. Nous devons faire évoluer moralement notre société pour bâtir enfin un peuple socialement uni et fier, dont l’énergie ne serait plus gaspillée en vaines rivalités internes hérités du passé ou de nos mauvais préjugés. Ceci est le but ultime de mon raisonnement ainsi que la raison première de mon engagement dans l’écriture de cet ouvrage.

 

 

Prochain article : L’ESPOIR

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13 mai 2012 7 13 /05 /mai /2012 22:09

« Chacun rêve de changer l’humanité, mais personne ne pense à se changer lui-même »

(Tolstoï)

 

 

Au jour où je débute l’écriture de cette œuvre personnelle, au milieu du mois de mai 2012, je ne suis encore qu’un jeune homme de 25 ans avec encore bien peu d’expérience derrière lui pour donner un quelconque poids à ses pensées. Toutefois, j’estime avoir déjà suffisamment vécu pour comprendre que nous vivons dans un monde dont l’image se dégrade peu à peu chaque jour qui passe, accumulant le dépit, la fatalité et la méfiance dans les cœurs des hommes et des femmes de notre temps. Alors que nous accomplissons des progrès technologiques formidables depuis un peu plus d’un demi-siècle, sur le plan spirituel nous semblons ne faire que régresser de manière plus ou moins inconsciente. Avec l’amélioration temporaire de nos modes de vie, la décadence naturelle de l’esprit humain s’est accélérée dans différentes directions en fonction des différentes couches sociales existantes, augmentant les différences et les haines pour créer un monde fragmenté incapable d’avancer de manière unifié vers ce qui est juste.


Mais je ne suis ni un maître zen ni un gourou, et encore moins un représentant de cabinet psychiatrique. Je ne prétends pas détenir la vérité absolue, la parfaite sagesse ou la science infuse, choisissez l’expression qui vous parlera le plus. Je ne suis qu’un jeune homme et à ce titre la seule chose que je puisse faire est de présenter ma vision personnelle de ce que doit être un individu vertueux. Je ne cherche nullement ici à convaincre ou à convertir, mais seulement à faire réfléchir mes lecteurs sur des notions qui me paraisse être oubliées de notre civilisation, afin qu’ils se forgent leur propre vision de ces mêmes notions spirituelles. En effet, je crois que toute personne doit à un moment de sa vie remettre sa personnalité en question et se demander quelles sont les qualités, défauts et valeurs qu’elle possède.

 

Les valeurs que je défends ici, et que je développerai plus en détail au travers de futurs articles, ne peuvent être attribuées à une religion car elles concernent le domaine des humains et non des dieux. Peut-être écrirais-je plus tard un article sur ma propre croyance religieuse pour mieux vous éclairer sur cet aspect de ma personnalité, mais pour le moment il n’est nullement question de cela. D’un point de vue philosophique, mes pensées rejoignent sur de nombreux aspects l’éthique de la vertu défendue par des penseurs tels qu’Aristote, Kant et Nietzsche pour les plus connus d’entre eux, mais elles s’inspirent également de philosophies orientales telles que le taoïsme, le bouddhisme et le bushido avec des écrits de Confucius, Inazo Nitobe et Myiamoto Musashi. Privilégier l’un de ces mouvements spirituels par rapport aux autres serait difficile pour moi, principalement de par le fait que je considère qu’ils représentent chacun une facette différente d’une unique vérité universelle beaucoup plus complexe. Cependant d’un point de vue purement linguistique, j’estime que le meilleur terme pour désigner ma philosophie de vie est la Voie.


Qu’est-ce que la Voie ? Pour moi, il n’existe pas une Voie parfaite, idéale et applicable pour chacun, et au lieu de cela il existe autant de Voies qu’il existe d’être humain sur la Terre car elles doivent s’adapter à la condition de chacun. Cela ne veut néanmoins pas dire qu’il existe des Voies bonnes et des Voies mauvaises, car pour moi le principe primordial de cette philosophie est de faire ce qui nous semble juste ou, comme le disait Kant, « Agis de telle manière que tu puisses également vouloir que la maxime de ton action devienne une loi universelle ». L’enseignement de la Voie concerne tous les aspects de notre vie, qu’elle soit publique, privée ou secrète, car ce n’est qu’en l’appliquant continuellement et en toute circonstance que nous pouvons être en accord avec nous-même et pleinement bénéficiaires des valeurs de cet enseignement. Respecter la Voie en public et la bafouer en privé serait une hypocrisie dont les effets seraient pires que de ne pas suivre la Voie du tout.

 

Suivant ma vision personnelle de la Voie, ma Voie, j’estime qu’il est nécessaire de cultiver dix-neuf qualités que je distingue en sept Vertus, six Forces et six Valeurs. Les vertus sont en quelque sorte les piliers de la Voie tandis que les forces et les valeurs en sont les poutres qui relient ces piliers ensembles pour former l’ossature d’une éthique forte et solide. Ces dix-neuf qualités morales sont donc interdépendantes et il est impossible d’en négliger une sans fragiliser toutes les autres, laissant alors notre esprit vulnérable à de mauvaises pensées et à des tentations immorales. Il me semble également impossible ou du moins très dangereux d’entretenir uniquement les sept vertus, car elles ne gagnent leur véritable signification qu’au travers des autres qualités qui les relient. L’absence des valeurs et des forces provoquerait donc un égarement sur le sens profond des sept vertus, ce qui peut avoir de terribles conséquences pour nous et pour notre entourage.

 

Selon une vision d’ensemble, les dix-neuf qualités morales de ma Voie forment un cercle où six Vertus gravitent autour de la septième, l’Honneur, qui occupe la place centrale dans cette structure de mon éthique. Ce cercle est représenté ci-dessous afin de définir les relations établies entre les différentes vertus.

 

cercle des vertus

 

A partir de cet instant, je vais vous demander de faire preuve de patience et de discernement : ces mots qui occupent les différentes places de mon cercle de l’éthique peuvent être interprétés de façons très différentes en fonction des individus. Une trop grande précipitation pourrait vous amener à vous égarer sur la signification véritable de ces mots, même ceux qui peuvent paraîtres évidents. C’est la raison pour laquelle je les décrirai en détail un à un dans mes prochains articles.

 

Toutefois, nous ne devons pas oublier que chaque chose possède son contraire, ou tout du moins une face opposée qui tentera de détruire ou de rendre insignifiant ce qui aura été bâti. Cette analyse des principes de ma Voie ne serait donc pas complète sans parler des forces qui s’y opposent. Nous pouvons donc considérer que chacune des dix-neuf qualités morales du cercle de l’éthique possède son contraire, le tout formant une hyper-structure sur deux plans que je simplifierai par l’emploi du symbole du Ying et du Yang, qui me semble parfaitement adapté à cette démonstration. Le cercle de l’éthique est donc intimement lié à un second cercle de structure identique que je nommerai le cercle de l’orgueil étant donné que ce vice en occupe la place centrale à très juste titre. La réunion du cercle de l’éthique et du cercle de l’orgueil forme donc ce que j’appellerai le cercle du Soi présenté ci-dessous, car aucun d’entre nous ne peut affirmer ne posséder qu’un seul des deux cercles spirituels qui le composent. Nous avons tous en nous une part de bon et un part de mal selon des proportions variées, ce qui nous rend uniques et imprévisibles, mais il faut néanmoins tâcher de faire pencher au mieux ce délicat équilibre vers l’éthique.

 

Project.png

 

Maintenant que nous avons une meilleure vision d’ensemble des conflits internes qui partagent plus ou moins ma conscience personnelle, je vais détailler les dix-neuf qualités de ma Voie afin de vous permettre de les analyser avec votre propre vision pour, peut-être, découvrir votre propre Voie. Je commencerai par décrire l’Honneur, qui est la source de tout le reste, avant de présenter les dix-huit autres qualités qui en découlent.

 

 

Prochain article : L'HONNEUR

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23 avril 2012 1 23 /04 /avril /2012 21:46

Bonsoir à tous !

 

Cet article sera le dernier que portera ce blog sous le nom de Fanstories.net, mes textes étant les vestiges d'une époque d'évasion dans l'imaginaire et de laquelle je me détache à présent. Ce genre de passe-temps était bon lorsque je n'étais qu'un jeune garçon insouçiant et en mal de vivre, deux caractéristiques que je ne possède plus aujourd'hui et qui ont été remplacés par un esprit affûté et une volonté sans faille à trouver ma voie dans ce monde. Mon travail m'apporte certes une satisfaction bienvenue, quel que soit le mal que l'on peut dire sur l'énergie nucléaire et sur laquelle je ne me lancerai dans aucun débat ici, mais je ne souhaite pas me limiter à cela. En fait, je ne peux pas me limiter à cela.

 

Pendant longtemps j'ai cru que ma façon de penser, ma façon de voir le monde et d'espérer son changement ne concernait qu'une minorité de la population, comme une sorte d'anomalie illogique dans un univers où tout le monde tolère la paresse, l'orgueil, l'hypocrisie et l'avarice simplement parce qu'il en a toujours été ainsi. Comme le disait Molière en son temps : "L'hypocrisie est un vice à la mode, et tous les vices à la mode passent pour des vertus". Les gens voient le mal comme une habitude, presque comme une fatalité ou même une nécessité, alors qu'elle n'aurait pas lieu d'être si chacun pouvait faire un effort sur soi-même pour atténuer ses défaut. Comme le disait Edmond Rostand, un homme que je respect immensément pour son oeuvre magnifique Cyrano de Bergerac, "Nous vivons avec nos défauts comme avec les odeurs que nous portons : nous ne les sentons plus. Elles n'incommodent que les autres".

 

Je ne suis pas un grand amateur de théâtre, à l'exception parfois du théâtre de comédie lorsqu'il est bien joué et que le texte est assez riche. Mais pour moi, Cyrano de Bergerac est une pièce qui m'a transporté, qui m'a élevé, presque autant que l'avait fait auparavent l'anime Evangelion Neon Genesis et ses nombreux raisonnements philosophiques sur l'humain et la société.  Il y a là non seulement la richesse extraordinaire de la langue française mise dans des vers flamboyants et criant de vérité, mais aussi des messages de vie que j'ai mis du temps à intégrer dans ma propre existence. Il est dit que, durant le tournage de son adaptation cinématographique de Jean-Paul Rapenaud (qui fait partie de ma collection privée), Gérard Depardieu déclara qu'en lisant un tel texte on pouvait se sentir "fier d'être français".

 

C'est cette fierté, cet honneur dont j'ai parlé dans mes précédents articles d'engagement politique, que je souhaite faire retrouver ici à ceux qui me lisent, désormais. Je ne suis plus un adolescent qui a besoin de s'évader dans des univers de fiction pour se sentir bien, mais un jeune homme qui souhaite faire de son mieux pour rendre le monde un peu meilleur avec la plus belle arme à sa disposition : l'écriture. Et désormais, je vais donc utiliser ce blog pour publier les enseignements de vie que je n'ai découverts que très récemment après avoir lu deux ouvrages philosphiques japonais qui sont le Traité des Cinq Roues, de Miyamoto Musashi, et Bushido, l'âme du Japon, de Inazo Nitobe. Ces enseignements ne découlent pas directement de la lecture de ces oeuvres, mais plutôt de l'interprétation de leurs messages pour décoder notre société actuelle et comprendre ses qualités, ses défauts et ses possibilités d'avenir.

 

Je disais au départ que je me considérais encore il y a peu comme faisant partie d'une minorité en espérant voir le monde changer un jour. Mais espérer ne suffit pas. On peut espérer un miracle toute sa vie, il ne se réalisera jamais si on ne l'aide pas à se produire. Et pour un miracle aussi grand, le monde a besoin de personnes prêtes à se mettre en avant pour donner l'exemple et guider les autres. Je ne prétends pas être le meilleur pour assurer ce rôle, mais puisqu'il faut bien que quelqu'un le fasse, je me lance et nous verrons si d'autres personnes décident de se lancer dans cette croisade spirituelle.

 

Je dis donc adieu à Fanstories.net qui a hébergé mes écrits pendant si longtemps. Ces derniers seront toujours accessibles via un lien placé en marge des nouveaux articles pour ceux qui souhaiteraient les découvrir ou les redécouvrir plus tard. Le nom de domaine et l'adresse resteront inchangé, mais le titre du blog changera pour être plus conforme à son nouveau rôle. Un changement graphique sera effectué dans le courant de la semaine et les premiers textes devraint arriver d'ici début mai. En attendant, je termine avec une citation de notre cher Cyrano :

  Moi, c'est moralement que j'ai mes élégances.  Je ne m'attife pas ainsi qu'un freluquet,  Mais je suis plus soigné si je suis moins coquet;  Je ne sortirais pas avec, par négligence,  Un affront pas très bien lavé, la conscience  Jaune encor de sommeil dans le coin de son œil,  Un honneur chiffonné, des scrupules en deuil.  Mais je marche sans rien sur moi qui ne reluise,  Empanaché d'indépendance et de franchise;  Ce n'est pas une taille avantageuse, c'est  Mon âme que je cambre ainsi qu'en un corset,  Et tout couvert d'exploits qu'en rubans je m'attache,  Retroussant mon esprit ainsi qu'une moustache,  Je fais, en traversant les groupes et les ronds,  Sonner les vérités comme des éperons.

(Acte I, scène 4) http://1.bp.blogspot.com/-eTnkxGFbHvM/T2IfuBH2hTI/AAAAAAAAAak/0pCsgLLuzfk/s1600/cyrano-de-bergerac-320x267.jpg
A bientôt pour une nouvelle ère d'écriture...

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22 avril 2012 7 22 /04 /avril /2012 20:00

 

http://www.ambassade-france.com/ambassade-france.jpg

 

Quand je pense à la pauvre Grèce

Qu’on appelait « Terre des héros »

Délaissée à la première baisse

Sur le seuil de la zone Euro

 


Quand je pense à la pauvre Grèce

J’envie les nations englouties

Peuples fiers qui suivaient un rêve

Et n’ont pas trahi leur pays

 

 

Ne m'appelez plus jamais "France"
La France elle m'a laissé tomber
Ne m'appelez plus jamais "France"
C'est ma dernière volonté

 


J’étais un pays exemplaire

Capable de changer le monde

J’étais un modèle, j’étais fière

Fière de mon histoire gironde

 

 

J’étais un pays exemplaire

J’irradiais d’amour en chaque heure

J’étais la France, qu’est-ce qu’il en reste ?

Un cœur vide de toutes les valeurs



Ne m'appelez plus jamais "France"
La France elle m'a laissé tomber
Ne m'appelez plus jamais "France"
C'est ma dernière volonté



Quand je pense à la pauvre Grèce

Qu’on appelait « Terre des héros »

Je ne voudrais pas finir comme elle

Sur le seuil de la zone Euro

 

 

Que la plus froide nation guerrière

Ait le courage de me briser

L’honneur tourné vers la lumière

Des temps glorieux où je suis né


 

Ne m'appelez plus jamais "France"
La France elle m'a laissé tomber
Ne m'appelez plus jamais "France"
C'est ma dernière volonté

 

 

Et pour les amoureux de la version original ou pour ceux qui ne connaîtraient pas la mélodie à appliquer pour ce chant, voici la vidéo adaptée :

 

 

 

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19 avril 2012 4 19 /04 /avril /2012 01:48

 

Cher monsieur Hollande,

 

Je me permets de vous écrire aujourd’hui, d’humble citoyen à humble citoyen, afin de m’adresser non pas à l’homme politique mais à l’homme tout court. Je ne suis mandaté par personne et ce message n’engage que moi, je tiens à préciser cela et même à le certifier sur l’Honneur, une valeur à laquelle je crois avec passion et à laquelle j’attache une importance capitale dans mon mode de vie au quotidien. Je n’ignore nullement les risques des mots qui vont suivre car, comme le disait Guy Béart dans sa chanson, « Le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté », mais comme le disait aussi Confucius en son temps : « Savoir ce qui est juste et ne pas l’accomplir, c’est manquer de Courage ». La passion, la verve et l’inspiration qui me donnent le Courage d’écrire ces mots ne sont ni celles d’un romancier ni celles d’un philosophe, mais simplement d’un jeune être humain éveillé et conscient qui, prenant la juste mesure des choses de notre société présente et à venir, ressent le devoir de s’adresser personnellement et distinctement à vous dans cette lettre ouverte.

 

Chaque jour qui passe il m’arrive une ou plusieurs fois, en entrant au contact des gens, de penser que le monde autour de moi perd peu à peu ses valeurs morales, qu’il les oublie ou qu’il décide de les enfermer dans un placard de sa conscience en disant ne le faire qu’un temps, mais pour au final en faire une habitude des plus malsaines. Toutefois, bien plus souvent je connais aussi l’Espoir que ces valeurs puissent être un jour retrouvées ou du moins remises en avant par notre peuple de France, et cet Espoir est avant tout nourri par certaines personnes que je rencontre au jour le jour ou dont j’entends parler dans les médias. J’espère de tout mon cœur que vous saurez me donner raison quant au fait que vous pouvez être de ces personnes, ne serais-ce qu’en considérant avec Politesse et Sincérité ce que je souhaite vous exposer ici, puis éventuellement en y répondant de la manière qui vous semblera la mieux adaptée.

 

A l’heure où j’écris ces mots, vous avez rassemblé un grand nombre de personnalités publiques plus ou moins connues et plus ou moins populaires, que ce soit il y a plusieurs mois pour les plus fidèles ou les plus prévoyants, ou que ce soit il y a seulement quelques jours ou quelques heures pour les plus étourdis ou les plus inquiets de leur situation. Je vous laisse le soin et la discrétion de classer ces différentes personnes de la manière qui vous semblera la plus juste. Il ne faut toutefois pas douter, c’est une question de bon sens, que vous n’avez pu rassembler autant de personnalités influentes autour de vous qu’au prix de promesses et de compromis plus ou moins coûteux en fonction de leurs poids électoraux à chacun, couteux non seulement par rapport à votre engagement politique de départ mais aussi par rapport à votre propre Raison morale d’être humain. L’exemple le plus médiatisé a très certainement été l’accord avec le parti écologique de notre pays et je ne doute pas qu’il existe bien d’autres accords moins connus, officiels ou non, qui n’attendent que d’être honorés en cas de victoire de votre candidature.

 

Et le résultat est là : vous êtes – et tous les médias ou presque sont d’accord pour le dire – le grand favori de cette élection présidentielle. Les sondages, avec ce que cela implique de réserve et d’incertitude, vous donnent en tête au premier tour et vainqueur au deuxième tour contre n’importe quel autre candidat… sauf un. Quel est la particularité de ce candidat qui pourrait menacer votre victoire et sur lequel je souhaite attirer votre attention ? Et bien il s’agit du seul candidat qui ne soit ni des partis extrémistes – car cela nous amènerait à une situation identique au deuxième tour de 2002 – ni le président sortant dont le bilan, que je ne jugerai pas ici, vous fait bénéficier du vote « tout sauf cinq ans de plus ». Il s’agit également du candidat qui possède un capital de sympathie aussi important que le vôtre, voir même bien plus, car il a le mérite de n’avoir fait d’alliance ou de concession avec personne depuis les élections de 2002 et de 2007, malgré les difficultés que cela impliquait, utilisant les simples forces de la Sincérité, de la Loyauté et de l’Honneur qui renforcent la valeur de ses idées et de son désir de rassemblement des partis. C’est une vérité que de plus en plus de gens réalisent et dont vous avez très certainement conscience, je serais bien naïf de penser le contraire. Ceux qui écoutent, ceux qui savent et ceux qui ne se laissent pas enfermer dans des idées préconçues et dépassées de bipartisme – que ces idées soient d’ailleurs héritées par une simple habitude politique ou par un fatalisme annoncé par nombre de ceux qui ont pour charge d’informer les citoyens – ceux-là donc grandissent en nombre chaque jour qui passe et une prise de conscience nationale fleurit, lentement mais sûrement et avec justesse.

 

Je dis souvent autour de moi que « nous empruntons notre crédibilité à ceux qui nous ressemblent ». Par ces mots simples je dis simplement que l’action de chaque individu possède un impact dans les esprits des gens qu’il rencontre, non seulement sur sa propre image, mais aussi sur l’image de tous ceux auxquels ces mêmes gens l’associent mentalement en l’identifiant au travers d’une classe sociale, d’une profession, d’une famille, voir même d’une religion, d’une région ou d’un pays pour les visions plus larges. Il faut maintenant savoir que chacun de ces groupes, de ces communautés ou de ces nations possèdent un honneur collectif qui leur est propre et qui n’est que la moyenne de toutes les crédibilités individuelles des personnes qui en font partie. Par nos actions, que ce soit en publique ou en privé, consciemment ou inconsciemment, nous participons aux honneurs collectifs de toutes les communautés auxquelles nous appartenons, et nous y participons en bien ou en mal selon que nous nous laissons entraîner ou non par notre orgueil individuel. Cette logique est applicable à tous les échelons de la société, même à la classe politique de très haut niveau à laquelle vous appartenez, mais à cette classe politique il faut néanmoins ajouter une phrase du poète latin Claudien et à laquelle je vous demande de réfléchir : « Regis ad exemplar totus componitur orbis : L'exemple du monarque est la loi sur la terre». Pour ainsi dire, le comportement d’un chef influe directement sur le comportement de ceux qu’ils dirigent, impactant d’autant plus l’Honneur de la communauté dirigée par le chef en question. L’Honneur est une valeur capitale pour moi, je l’ai déjà dit, et j’ajoute ici que si durant mon enfance je ressentais encore l’Honneur d’être français, aujourd’hui je le ressens de moins en moins et je suis sûr que beaucoup de mes concitoyens sont dans le même état d’esprit aujourd’hui.

 

Léonard de Vinci disait « Demande conseil à qui se corrige lui-même ». Or, durant cette campagne électorale, vous avez plusieurs fois montré un intérêt et même une certaine harmonie de pensée avec les idées du candidat sur lequel je souhaite attirer votre attention. Il est possible que cela n’ait été que dans l’objectif de récupérer une partie de son électorat en vous présentant comme le défenseur des mêmes principes, mais cela ne semble pas toujours coïncider avec d’éventuelles obligations que vous auriez prises selon moi pour acquérir certains soutiens. Le projet de la moralisation de la vie politique par référendum en est certainement l’exemple le plus parlant, puisque vous avez considéré ce projet d’ « utile » et de possible « solution », avant de dire que si un tel projet devait être mené il devait non pas être voté par les citoyens au travers d’un référendum mais par un vote des parlementaires… alors que ces derniers sont concernés par ce même projet qui demande la réduction de leur nombre et leur présence obligatoire en séance pour voter. Ceux qui savent lire entre les lignes concluront vite sur cette stratégie de communication. Si j’ai cité Léonard de Vinci en début de ce paragraphe, c’est parce que je veux croire au fond de moi que, au départ, vous pensiez sincèrement que ces idées et principes étaient justes, mais que c’est pour ne pas risquer de perdre des soutiens et non par conviction personnelle que vous avez fait machine arrière. Personne ne peut être insensible au pouvoir de la Vérité et de la Justice – comprenez là le raisonnement qui permet de savoir ce qui est juste – même dans les paroles d’un adversaire, du moment que l’on sait écouter.

 

J’en fais maintenant appel à votre Honneur de citoyen français, et non pas à votre Honneur de socialiste ni même à votre Honneur d’homme politique, bien que ce dernier peut déjà vous donner quelques signaux d’alarme pour autant que vous l’écoutiez. J’en appel à cet Honneur de citoyen français afin que vous évaluiez notre situation présente avec le même regard, ou la même modestie si je puis dire, que tous vos électeurs et que tous les autres citoyens français qui liront cette lettre. J’en fais appel aussi à votre bon sens, à votre Raison et à votre Amour de la France. Prenez conscience de ce que vous êtes sur le point de faire, de l’avenir vers lequel vous souhaitez nous amener et dont de nombreux spécialistes cherchent cependant à nous prévenir des dangers, certains au travers de chiffres, certains au travers de prédictions et certains par d’autres moyens encore. Si vous êtes ne serait-ce qu’un tout petit peu sensible à cet Honneur national, que nous brandissions autrefois devant nos voisins européens et devant le reste du monde jusqu’à ce qu’il soit réduit à une peau de chagrin, je suis certain que vous comprendrez que vous êtes ou que vous avez été mis en erreur par rapport à ce dont la France a besoin aujourd’hui. Je ne peux pas vous dire comment corriger cette erreur, car mon rôle ici se limite à présenter les faits, à vous et à toutes la France, ainsi que mes espoirs pour l’avenir. En rien je ne possède la sagesse ou le savoir nécessaire pour donner ne serait-ce qu’un début de conseil à l’homme politique que vous êtes, mais en matière de résumé, je dois dire que vous ne possédez pas selon moi la Droiture et le sentiment de Justice profonde nécessaire à sauver notre pays. D’autres les possèdent depuis déjà bien assez longtemps pour être plus que crédibles sur ce sujet. Je donnerai donc simplement un début de conseil à l’être humain qui est en vous comme en chacun de nous, cela en empruntant les paroles du philosophe allemand Emmanuel Kant : « Agis de tel manière que tu puisses aussi vouloir que la maxime de ton action devienne une loi universelle ».

 

Le style littéraire de la lettre ouverte, que j’utilise ici, a été rendu célèbre par le grand écrivain et journaliste français Emile Zola avec son article « J’accuse » concernant l’affaire Dreyfus de 1898 et qui, pour certains, est grandement responsable de l’affrontement droite-gauche existant actuellement. Malgré ses défauts, en particulier sur plusieurs erreurs que contenaient les accusations de Zola à l’époque, nous ne devons pas en oublier la valeur inestimable dans notre héritage culturel, ce texte étant considéré par beaucoup comme « le symbole de l’éloquence oratoire et du pouvoir de la presse mis au service de la défense d’un homme et de la vérité ». Aujourd’hui, je tiens à rendre hommage à cet acte de Courage, de Justice et de Droiture, mais aussi je tiens à rétablir le juste ordre des choses en empruntant ici le même style pour défendre l’idée de la réunification des partis politiques, néanmoins avec un verbe plus poétique et plus rassembleur :

 

J’espère que les hommes et les femmes de tous bords politiques comprendront que la division des partis et donc du peuple français n’est pas le véritable but de la démocratie, et que leur unification permettra de rassembler les bonnes idées et les bonnes volontés de tous pour les employer à leurs justes places.

 

J’espère que les citoyens français retrouveront l’Honneur d’appartenir à notre belle nation, autrefois glorieuse et enviée afin qu’ils aient le Courage de la défendre, non pas par les armes, mais par la même verve, la même passion et la même raison qui m’ont permis d’écrire ces mots.

 

J’espère que nous ne plaindrons pas nos enfants ou nos petits-enfants pour la société que nous leur laisserons, mais qu’au contraire nous regretterons de ne pas pouvoir en profiter aussi longtemps qu’eux.  

 

J’espère que la culture, le respect et la confiance reviendront dans les cœurs et dans les esprits des français et des autres habitants du monde entier, afin que nos énergies ne soient plus affaiblies par de multiples querelles mesquines et qu’au contraire elles soient mobilisées vers la construction de l’avenir pour rattraper les erreurs du passé.

 

J’espère que les puissances industrielles et économiques comprendront où est leur intérêt dans le monde que je défends et dans lequel le bien-être des salariés apporte plus de qualité de travail et donc de meilleurs résultats pour des progrès dans tous les domaines.

 

J’espère que les médias ne chercheront pas à égarer l’opinion publique sur les affaires politiques, juridiques et sociales, quelles que soient les situations et quels que soient les enjeux.

 

J’espère qu’à l’Honneur d’être français nous pourrons un jour ressentir également l’Honneur d’être tous humains, c’est-à-dire d’appartenir à l’Humanité toutes nations confondues en dépit de nos différences de culture, de religions ou de traditions.

 

J’espère enfin que l’Humanité, avec peut-être la France comme modèle, atteindra enfin l’idéal de vie qu’elle mérite en supprimant les inégalités et l’incompréhension ainsi que la haine qui en découle pour faire place aux vraies valeurs morales de l’humain : Sincérité, Politesse, Loyauté, Droiture, Courage, Bienveillance et Honneur.

 

Cordialement et avec mes sincères respects,

 

 

Mr Thibault Comeau-Montasse

 

 

PS : ce texte est disponible en libre téléchargement, format pdf, à l'adresse suivante :

http://ddata.over-blog.com/0/29/70/53/2012/Lettre-ouverte-a-F.-Hollande---J-espere--pdf

 

N'hésitez pas à le distribuer autour de vous. J'encourage les écrivains amateurs à poursuivre le même combat de manière constructive et posée pour que le débat de cette élection soit élevé et que les français ne soient plus dans le doute lorsqu'ils devront aller voter ce dimanche. Merci à tous ceux qui auront lu jusqu'ici.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:21

Bonsoir à tous,

 

Je sais que ce blog n’a pas été créé pour le genre de texte qui va suivre, et je sais également que mes lecteurs s’attendaient plutôt à ce que ma prochaine publication soit la suite de leur fanstorie favorite, et pour cela je tiens à m’excuser auprès d’eux en espérant retrouver bientôt l’inspiration et surtout le temps pour continuer les écrits qui ont fait la popularité de ce blog, si modeste soit-elle.

 

 

D’habitude, je ne suis pas du genre à exposer mes pensées et mes convictions, même devant des gens que je croise tous les jours. Je préfère me contenter d’observer le monde, d’essayer de le comprendre et de trouver ma voie de façon réfléchie afin de ne pas m’égarer, sans chercher à influencer qui que ce soit car chacun doit rester libre de ses opinions. Mais aujourd’hui j’estime nécessaire de briser cette ligne de conduite que je m’étais établie pour tenter de faire entendre ma voix au plus grand nombre possible pendant qu’il est encore temps. Je ne prétends pas pouvoir faire basculer la situation par ma seule intervention, mais il m’apparaît clairement aujourd’hui que si je ne cherche pas à participer de mon mieux, je m’en voudrais infiniment plus tard. Et puis après tout, comme on dit, c’est à partir des petits ruisseaux que naissent les plus grands fleuves.

 

Il y a maintenant cinq ans, j’ai écrit un article sur le résultat du premier tour des dernières élections présidentielles, un article que j’avais simplement intitulé Désillusion et qui a recueilli plusieurs commentaires très aimables  dont je remercie les auteurs, où qu’ils se trouvent aujourd’hui. En le relisant avec mon regard actuel, j’ai réalisé que nous sommes en train de revivre la même situation cinq ans plus tard : le bipartisme s’impose dans les médias et donc dans les esprits, tandis que ceux qui défendent les valeurs justes sont écartés et décrédibilisés par des manipulations honteuses. Dans Désillusion, j'avais principalement parlé du tort fait à François Bayrou par les guignols de l'info, et bien que cette année ce soit toujours le cas et que je leur fasse donc le même repproche, je tiens aujourd'hui à dénoncer la manipulation des autres médias de la presse et de la télévision pour stigmatiser le candidat centriste :


 

La seule différence majeure par rapport aux élections de 2007, c’est que les personnes ne croyant à aucun des deux candidats plébiscités par les médias semblent avoir accumulé encore plus de rancœur et de ras-le-bol puisqu’au lieu de choisir le centre, beaucoup vont carrément jusqu’à ressusciter l’extrême gauche. Je ne les blâme pas, car il est vrai que nous en sommes arrivés à un point où le sentiment révolutionnaire semble pouvoir être une solution pour enfin casser une politique en qui le peuple ne croit plus. Cependant cette réaction équivaut à détruire et reconstruire un immeuble sous prétexte que ses occupants ne l’ont pas décoré selon notre goût, plutôt que de simplement remplacer ces occupants par des personnes plus dignes en qui nous pourrons avoir confiance. Le problème, c’est que nous avons tendance à préférer agir avec notre force plutôt qu’avec notre cœur, croyant obtenir plus facilement ce que l’on souhaite. L’histoire a donné raison de nombreuses fois à ce genre de raisonnement, mais les solutions violentes ne sont que des solutions à court terme qui permettent certes d’obtenir des résultats rapidement, mais au prix d’une tension et de sentiments de rancœur qui ne s’éteignent jamais, et qui reviendront tout renverser à nouveau à travers une nouvelle solution violente en sens inverse. Au final, nous aurons fait un brutal va-et-vient qui nous ramènera à notre point de départ, essoufflés et découragés, ayant accompli plus de mal que de bien lorsque l’on analyse sur le long terme. Pire, nous auront encore baissé dans l’estime de nos voisins européens et notre voix aura encore moins de valeurs dans leurs esprits.

 

 

Alors quoi proposer d’autre pour sortir du bipartisme UMP-PS ? Avec quelles armes devons-nous défendre les intérêts du peuple français autrement qu’avec un coup de bélier dans la porte d’entrée de l’Elysée ? Quelle autre alternative avons-nous pour faire évoluer la politique dans le bon sens ?

 

Il y a cinq ans je m’étais tourné vers le candidat du Modem, François Bayrou, et rien n’a changé depuis car, contrairement à ses adversaires, monsieur Bayrou n’a pas changé depuis 2007 : il prône toujours la vérité, le bon sens et la morale, des valeurs qui semblent avoir disparu du paysage politique français au profit d’artifices et de mises en scène grotesques qui n’ont rien à envier aux guignols de l’info. Mais comme le disait Guy Béart, « le premier qui dit la vérité, il doit être exécuté ». Personne, parmi nos dirigeants actuels, ne veut que la vérité devienne la vertu directrice de l’état.


 

Lorsque j’ai écrit mon article Désillusion, il était trop tard et nous avons eu le résultat que nous connaissons tous aujourd’hui. Cette année, je ne compte pas répéter la même erreur. Je me réveille peut-être trop tard, mais si je veux pouvoir encore me regarder dans un miroir d’ici un mois, je dois agir. Je dois participer à cette campagne depuis ma petite position de jeune salarié débutant et d’écrivain amateur, fils d’enseignants et défenseur discret des valeurs morales humaines : SINCÉRITÉ, POLITESSE, LOYAUTÉ, DROITURE, COURAGE, BIENVEILLANCE et HONNEUR.

 

J’en appelle à tous mes lecteurs, à tous ceux qui me connaissent dans la vie réelle ou sur la toile. Vous savez ou du moins vous pouvez comprendre en lisant mes œuvres que je suis quelqu’un de cultivé, quelqu’un d’ouvert et quelqu’un de raisonnable. J’ai mes qualités et aussi mes défauts, mais parmi ces défauts je n’ai pas celui d’être inconscient ou égoïste. J’ai travaillé dur ces dernières années pour terminer mon éducation, car sachant parfaitement ce que cela coûtait à mes parents de m’avoir à charge pendant tout ce temps avec la situation difficile qui était la leur. J’ai obtenu mon BTS en finissant major de mon établissement sur une trentaine de candidats. L’année suivante j’ai passé ma licence professionnelle au travers d’un contrat d’apprentissage et j’ai réussi à obtenir un CDI dans une autre entreprise AVANT MÊME de devoir quitter celle où j’étais en apprentissage, ce que je considère comme une chance inouïe. Aujourd’hui je fais un travail qui me plaît et dont je suis fier, car je participe à l’amélioration des procédures de travail dans les centrales nucléaires en France et, lorsque je finie ma journée, j’ai le sentiment d’avoir accompli quelque chose et d’avoir servi à la communauté. Mon niveau de vie est modeste mais je m’en contente parfaitement, toutefois ce n’est pas parce que je suis heureux de ma petite situation personnelle que je compte rester les bras croisés devant le naufrage de notre société qui fonce droit dans le mur. Et le pire, c’est que TOUS les politiciens savent que nous allons dans le mur, seulement personne ne veut l’avouer, et personne ne veut proposer de solution constructible pour nous éviter la catastrophe.

 

Personne sauf François Bayrou.

 

 

"A l'égare du monde, l'homme de qualité ne cherche pas plus à s'adapter qu'à s'opposer : il se rapporte à ce qui est juste."

(Entretiens de Confucius, livre IV, verset 10)

 

Pour ceux qui n'arriveraient pas à lire cette vidéo, voici un lien vers le discourt de François Bayrou à Poitiers en version écrite. Si j'en crois l'historique de mon blog, vous n'êtes pas du genre à détester la lecture, alors je vous demande simplement un petit effort pour lire ces mots qui ne sont pas les miens mais que j'approuve du fond du coeur. Et dans la foulée, j'en profite pour vous mettre ici le programme de François Bayrou pour la présidentielle de 2012 ainsi que le référendum du 10 juin 2012 qu'il propose pour la moralisation de la vie politique française et auquel je voterai OUI.

 

J’en appelle donc à tous mes proches, à tous mes amis, à tous mes lecteurs, à tous ceux qui viendront sur ce blog par hasard ou par erreur. J’en appelle à votre bon sens, à votre raison et à votre honneur de citoyen français, si infime ce dernier a-t-il pu être rendu par nos derniers représentants. Réfléchissez calmement à la situation dans laquelle nous nous trouvons, pour peu que vous en connaissiez les chiffres ou les émotions que cette situation véhicule dans votre entourage. Réfléchissez calmement à ce que les différents candidats vous proposent et essayez d’imaginer quel visage chacun d’entre eux pourrait donner à la France d’ici cinq ans s’il appliquait intégralement et scrupuleusement son programme. Réfléchissez calmement non pas uniquement au niveau de vie que vous souhaitez avoir dans les prochaines années et sur le long terme (mais déjà là cela devrait vous convaincre), mais aussi au niveau de vie que vous souhaitez pour vos enfants ou pour les enfants de vos proches.

Comme j’aime le dire souvent depuis que j’ai réalisé cet état de fait, « Nous empruntons notre crédibilité à ceux qui nous ressemblent ». Cela signifie que les gens qui vous rencontrent auront un préjugé sur vous dès qu’ils pourront vous associer à une catégorie de personne, que ce soit les jeunes, les fonctionnaires, les syndicalistes ou tout autre groupe plus ou moins identifié. Mais par vos actions, vous pouvez faire changer (en bien ou en mal) les préjugés que portent les gens à votre égard, modifiant dans leurs esprits la vision qu’ils ont des différents groupes sociaux auxquels ils vous associent. Moi, je suis français, et en tant que tel je souhaite pouvoir en être fier. Je souhaite que l’honneur national soit de nouveau ressenti par notre population et par ceux qui souhaitent s’y intégrer. Pour cela, je souhaite que mon président soit un homme respectable qui me donne espoir d’un avenir meilleur pour mes amis et moi, un homme en qui je puisse croire et un homme en qui je sois fier. A mes yeux, seul François Bayour est capable de réaliser cela. J’espère que mon message vous aura permis de voir d’un autre œil cette campagne électorale, et de mieux cerner le candidat qui dérange tant à droite qu’à gauche, car il défend le programme de la vérité et de la raison qui sont des valeurs non pas d’un parti politique mais de chacun d’entre nous, le peuple qui fait la France.

 

Voilà donc pour ce texte d’engagement que j’assume pleinement selon les principes moraux que je me suis défini voilà bien longtemps. Pour finir, je tiens à annoncer avec fierté que je serais présent au meeting de François Bayrou à Lyon le 16 avril. Pour ceux qui souhaitent m’y rejoindre, voici l’adresse internet où vous pouvez vous y inscrire : http://bayrou.fr/rencontre/lyon. N'hésitez pas à faire connaître cet article autour de vous, à communiquer le message que je vous donne ici, à participer tout comme moi à ce que cette élection ne soit pas une nouvelle élection par défaut du moins pire des deux candidats favorisés par les médias. Nous pouvons faire changer cela et relever la France, si nous nous unissons autour d'un candidat défendant les valeurs morales. Oubliez les sondages, oubliez ce que vous entendez dans la rue, oubliez ce que l'on cherche à vous imposer comme certitude à propos de l'impossibilité d'un second tour différent du duel UMP-PS. C'est par l'espoir que tout peut commencer.

 

 

Ici Thibault Comeau-Montasse, alias Jack-115. Transmission terminée.

 

MISE A JOUR : voici la vidéo de la conférence de Lyon.

 

 

 

 

 

bannière bayrou

 


 

 

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30 octobre 2011 7 30 /10 /octobre /2011 11:40

CHAPITRE SEPT : LES CHEMINS DE LA DAMNATION

 

 

Vingt-sixième niveau de la cité-ruche Dienk, monde-ruche Vogen, sous-secteur Volkmar, secteur Hullerstorm.

 

       Cela faisait maintenant plusieurs dizaines de minutes que nous avions abandonné le tumulte de la bataille derrière nous pour avancer parmi les ombres des bâtiments qui dansaient sous la lueur des torches lointaines brandies par les hérétiques. Je ne doutais pas que les gardes laissés derrière nous feraient payer à ces traitres un lourd tribut pour s’être ainsi détourné de l’Empereur, mais je devinais qu’ils survivent à cet affrontement. Je devais m’assurer que leur sacrifice ne soit pas vaint.

       Je n’avais désormais plus avec moi que le caporal Hosman et douze autres faucons vétérans armés comptant un porteur de lance-flamme et un fuseur, ainsi qu’une charge de démolition standard. Ce petit arsenal nous permettrait certainement de nous frayer un chemin à travers un petit contingent d’hérétiques surpris, mais sûrement pas d’affronter la marée de fanatiques qui convergeait vers les positions tenues par les différents bataillons loyalistes. Si nous devions nous opposer à une trop forte résistance devant le centre médiatique de la cité-ruche, la charge de démolition pourrait faire s’effondrer le bâtiment et, avec la grâce de l’Empereur, tuer la plupart des psykers ennemis. C’était le plan, du moins.

       Quant à savoir ce qui nous arriverait une fois les psykers éliminés… je préférais ne pas y penser. Maître Kantores m’avait appris à ne pas laisser ce genre d’inquiétude perturber mon jugement sur la nécessité d’agir. Actuellement, nous étions les seuls à pouvoir mettre fin à cette menace, et rien d’autre n’importait. Pas même nos propres vies.

       Lorsqu’il ne fut plus possible de progresser par les toits, nous dûmes emprunter les escaliers de marbre de ce qui nous sembla avoir été la résidence d’un riche marchand de la ruche, et retournâmes dans la rue. Heureusement, la horde des hérétiques était désormais loin derrière nous, si loin que les sons de la bataille n’étaient plus que des murmures… à moins que les affrontements ne soient déjà terminés. Si tel était le cas, nous n’avions alors plus beaucoup de temps. D’un simple geste, j’ordonnais à mes suivants d’accélérer et ils s’exécutèrent sans pour autant rendre leur démarche plus bruyante. Quelques instants plus tard, les ruines du centre médiatique de Dienk fut enfin en vue.

       Formé d’un dôme de métal de huit cent mètres de diamètres posé sur un bâtiment cubique légèrement plus large, il avait autant souffert du bombardement que toutes les autres bâtisses autour de lui mais ses dimensions plus imposantes l’avaient préservée de l’effondrement. Du temps où cette ruche était encore un puissant et fidèle centre industriel de l’Imperium, cette vaste structure servaient à diffuser des messages de propagande impériale à travers tous les niveaux de l’agglomération, incitant la population à travailler dur et à respecter la loi ou à dénoncer ceux qui l’enfreignaient. Placée sous la responsabilité du gouvernement local et protégé par les forces de défense planétaires, il s’agissait d’un des éléments vitaux du fonctionnement de la ruche. A présent, ce n’était plus qu’une ombre parmi d’autres, une ruine parmi des milliers, et le potentiel repère des plus dangereux psykers de cette planète.

       Nous approchâmes en restant le plus à couvert possible et finîmes par apercevoir les premières sentinelles ennemies patrouiller devant l’accès principal. Mes photo-lentilles augmentaient le peu de lumière naturelle qui régnait et me renvoyèrent les images de cinq hommes et femmes de natures très hétéroclites qui n’auraient normalement jamais partagé autant de proximité. Il y avait là une brute dont les tatouages l’identifiaient clairement comme un membre de gang des sous-niveaux, une courtisane de la classe moyenne, deux ouvriers d’usine et un marchand. Ils avaient le même regard vide et se déplaçaient en silence sans se regarder directement, et portaient dans leurs mains frêles des armes de natures très diverses elles aussi. Je parvins à reconnaître aisément la forme d’un bolter dans celles du marchand, tandis que la brute ne portait qu’un simple couteau. L’un des deux ouvriers n’était armé que d’un gros outil de serrage qu’il faisait trainer lourdement par terre, tandis que son homologue tenait un chalumeau dont il avait éteint la veilleuses, sans doute pour en économiser le précieux carburant. La courtisane, quant à elle, tenait une arme que je ne parvins pas à reconnaître, mais qui était clairement une sorte de lance-projectile primitif. Vu leurs origines, je ne m’attendais pas à ce qu’ils sachent très bien se battre, du moins la plupart d’entre eux, cependant ils représentaient un obstacle des plus embarrassants car nous ne pourrions jamais les éliminer sans faire un minimum de bruit.

       -  Chef, murmura soudain Eric alors qu’il observait le terrain à travers la lunette de son long-las. Je vois une bonne brèche non surveillée dans le flanc gauche du bâtiment, à cinq cent mètres. On pourrait s’infiltrer par là plus facilement.

       -   Parfait. Guide-nous, on te suit.

       Le caporal prit la tête du groupe et nous emmena sur le flanc gauche du centre médiatique en slalomant entre les ruines. Nous passâmes à côté d’une carcasse de chimère des FDP carbonisée au point que tout ce qui n’était pas du blindage avait plus ou moins fondu. Son conducteur n’était plus qu’un squelette aux morceaux éparpillés à travers la cabine de pilotage, et j’eu le sentiment que les orbites de son crâne noir de suie me fixaient depuis l’autre monde alors que j’observais cette triste scène. D’autres signes d’affrontements similaires étaient visibles autour de nous, mais il semblerait que les combats aient été très rapides car on voyait assez peu de traces d’impacts de tirs sur les murs ou ailleurs. Les hérétiques devaient avoir pris les forces locales totalement par surprise.

       La brèche qu’avait repérée Eric était assez large pour faire passer deux hommes de front et s’étirait jusqu’au sommet du bâtiment selon un chemin en serpentin en traversant plusieurs niveaux. Aucune sentinelle n’était en vue, mais sur le mur étaient posés deux fusils laser ayant probablement appartenu aux FDP locales, et dont les emblèmes impériaux avaient été rayés ou brisés. Quelques boîtes de conserve vides et autres denrées périssables étaient également abandonnées sur le sol de façon anarchique, de même que des couvertures rapiécées et quelques vêtements sales. Je décidai d’entrer en premier et, alors que je passais le seuil de l’ouverture, j’entendis des bruits dans la pièce immédiatement sur ma droite. Cela ressemblait au bruit que font les loups de Fellris, dans les plaines gelées d’Eridios, lorsqu’il dévorait une proie. Sauf que cette fois-ci ce n’était pas des bêtes, mais deux hommes, qui étaient en train de se repaitre du corps d’une petite fille apparemment morte depuis peu. Leurs habits étaient tellement sales et en lambeaux qu’il était impossible de savoir à quoi ils ressemblaient à l’origine, et la sauvagerie dont ils faisaient preuve sur le cadavre de l’enfant leur donnait une allure encore plus bestiale et primitive.

       Malgré leur répugnant repas, les deux hérétiques parvinrent à entendre mes pas sur le parquet couvert de débris, et ils se retournèrent avec vigueur pour fondre sur moi sans la moindre hésitation. S’ils avaient été capables de parler, je pense qu’ils auraient poussé le même genre de grognement qu’ont les bêtes sauvages lorsqu’elles se sentent menacées ou qu’elles souhaitent intimider un rival apparaissant soudain sur leur terrain de chasse. Mais je n’étais pas un rival, seulement un instrument de la juste vengeance de l’Empereur.

       Les Serres d’Eridios brillèrent d’une lueur bleutée froide alors qu’elles se déployaient en accumulant de d’énergie, et les contours de leurs lames devinrent flous lorsque leur vibration fut trop rapide pour être visible à l’œil nu. Le premier hérétique avança un bras alors qu’il s’élançait dans ma direction, et je le sectionnai au niveau du coude dans un bref mouvement ascendant, avant de faire redescendre mon arme sur son torse pour le scinder en deux autres morceaux. Son compagnon n’eut guère plus d’esprit en tentant de m’appréhender et voulu se jeter sur moi d’un bond bestial, mais je l’interceptai en plantant mes serres dans sa gorge avant d’utiliser l’élan de son saut pour l’envoyer s’écraser contre le mur derrière moi. Alors que les hommes de ma suite s’approchaient précipitamment pour découvrir ce qui se passait, je m’approchai lentement du cadavre de la jeune fille pour l’examiner. Il ne me fallut pas longtemps pour découvrir qu’elle n’avait pas subit les mêmes transformations que les traitres que j’avais observé précédemment, ses pupilles étant normales et ses cordes vocales toujours en place. Elle devait certainement être encore vivante lorsque ces sauvages lui avaient déchiqueté la gorge. Son sang était même encore chaud.

       Fermant les yeux un instant, j’adressai une prière à l’adresse de son âme afin qu’elle se retrouve en paix à la droite de l’Empereur, puis me retournai vers mes hommes pour leur indiquer silencieusement de me suivre. L’intérieur du centre médiatique de Dienk avait cruellement souffert des frappes orbitales de la flotte, si bien qu’il était presque impossible de savoir s’il avait déjà subi des dégâts au cours du soulèvement. Des signes d’occupation récente étaient visibles un peu partout, qu’il s’agisse des déjections ignobles des hérétiques ou des cadavres sanglants d’autres enfants dévorés, mais aucun bruit ne nous parvenait en dehors de ceux de nos propres pas. Utilisant ma propre expérience des habitudes des hérétiques, je dirigeai mon groupe vers les sous-sols du bâtiment, prenant la tête avec le porteur du lance-flamme placé juste derrière moi en cas de nécessité. L’obscurité était totale dans ces sous-niveaux, et les amplificateurs de lumières de nos appareils de vision ne permettaient plus de voir suffisamment, aussi nous allumâmes plusieurs torches électriques. Des runes impies avaient été inscrites sur les murs, peintes avec du sang ou gravés dans le matériau, le plus souvent de façon très grossière. Maître Kantores avait vite remarqué que mes facultés d’Intouchable me rendaient également insensible à la corruption qui émanait naturellement de ces symboles hérétiques, aussi m’avait-il formé à reconnaître ces symboles et à les identifier pour le bien de nos enquêtes. Être capable d’analyser les connaissances de l’ennemi était une arme parfois bien plus puissante que les outils de combat des astartes ou même qu’un Exterminatus.

       Parmi les runes que j’avais sous les yeux, il y avait principalement l’étoile à huit branche symbole du Chaos Universel, l’Archi-Ennemi, mais aussi quelques inscriptions plus particulières comme des runes de pouvoir à l’utilisation réservée aux psykers, ce qui me rassura car cela signifiait que je ne m’étais pas trompé : les sorciers ennemis avaient bien trouvé refuge ici. Ces symboles courraient sur les murs en de longues phrases dans la langue noire du Nocterien, autrefois utilisée par un ancien peuple tribal sur Scition avant l’Heresy d’Horus, aujourd’hui l’un des nombreux langages corrompus employés par les sorciers du chaos dans le secteur Hullerstorm. La plupart de ces phrases étaient des formules d’invocation des énergies du Warp, ce qui signifiait que les sorciers hérétiques qui étaient derrière ce soulèvement n’avaient pas assez d’entraînement pour invoquer ces énergies par la simple pensée comme savent le faire les psykers assermentées de l’Imperium. D’autres formules servaient à commander les esprits ou à sonder les pensées, des outils plutôt utiles pour fomenter la rébellion massive d’une ruche. Il n’y avait plus de doute possible : nos cibles étaient bien là.

       Il nous fallut descendre jusqu’au troisième sous-sol pour finalement rencontrer un signe de présence sous la forme de bougies allumées un peu partout sur le mobilier et par terre pour éclairer les pièces. Les formules de sorcellerie étaient beaucoup plus nombreuses à ce niveau, recouvrant presque entièrement certaines surfaces en formant des motifs hérétiques qui auraient révulsé les yeux d’un homme normal. La lueur vacillante des bougies donnait l’impression que les écritures dansaient, tremblaient, comme si elles cherchaient à s’échapper des surfaces dans lesquelles elles avaient été gravées.

       Au bout d’un couloir, derrière une porte de métal rouillé aux gonds vacillants, commencèrent à nous parvenir des bruits de conversations lointaines dans un langage qui n’était clairement pas du gothique. M’approchant le plus silencieusement qu’il m’était possible, je saisis lentement la crosse de mon pistolet bolter et vérifiais qu’il était bien chargé. Le simple poids de l’arme m’assura que le chargeur était au moins à moitié rempli de projectiles explosifs. Le soldat Jago à côté de moi alluma la veilleuse de son lance-flamme et les gardes derrière lui désengagèrent les sécurités de leurs propres armes.

       Mais cela suffit à ce qu’un hérétique posté dans l’une des salles du couloir s’aperçoive de notre présence. Il passa le seuil d’une porte à quelques mètres sur notre droite, son torse nu recouvert de sang boueux séché, des scarifications pleins les bras, et un pistolet de mauvaise facture à la main. Pendant un instant, j’eu l’impression que nous étions définitivement repérés, mais l’un des vétérans tira un couteau de combat et le lança violemment sur l’ennemi qui reçut la lame en plein cœur. L’homme s’effondra mollement sur le sol sans un son.

       Le soldat Jago alla examiner la salle d’où l’hérétique était sorti mais ne trouva rien d’intéressant, excepté des restes de cadavres humains en putréfaction dont la vision lui donna subitement la nausée. D’une tape sur l’épaule, je l’incitai de se retenir de vomir pour le moment et continuai d’avancer vers la source de la discussion au bout du couloir. Je percevais quatre à cinq voix différentes et, bien que le langage qu’elles employaient m’était totalement inconnu, il m’étais facile de reconnaître à leurs différents accents qu’il ne s’agissait pas la langue natale de plusieurs des interlocuteurs. Le début d’enquête effectué par maître Kantores indiquait que quelqu’un cherchait à rassembler des psykers de haut niveau sur plusieurs mondes pour les amener sur Vogen, ce qui expliquerait que la plupart de ces sorciers soient d’origines très différentes. Mais même si neutraliser ces ennemis était une priorité, ce n’était pas la plus grande en ce qui me concernait : je voulais savoir qui était derrière ce soulèvement, qui avait rassemblé ces psykers pour retourner le peuple de la ruche contre l’Imperium, qui avait organisé tout ce carnage. Et pour cela, j’avais besoin d’un prisonnier.

       C’est pourquoi j’avançai en premier pour enfoncer la porte de métal au bout du couloir et m’introduire dans le sanctuaire des psykers renégats. Il s’agissait de l’ancienne salle des machines du centre médiatique de Dienk, dont les instruments et autres appareils étaient depuis longtemps hors service ou à moitié détruits par manque d’entretien. Haute de trois mètres, longue d’une centaine et large d’une trentaine, elle était principalement rempli de mécanismes divers à l’état pitoyable parmi lesquels une douzaine d’individu avait installé leur camp de fortune pour se protéger du bombardement de la flotte. La moitié d’entre eux était rassemblé autour d’une caisse qu’ils utilisaient comme table pour y poser des cartes en papier et quelques plaques de données, tandis que les autres étaient couchés sur des lits de fortune établis près des quelques appareils ayant encore gardé une quelconque chaleur résiduelle pour les tenir au chaud. Ceux qui étaient en train de dormir se levèrent en sursaut lorsqu’ils entendirent la porte de leur antre tomber violemment au sol et se dirigèrent vers moi, tandis que mon escorte prenait place dans mon dos en attendant mon signal pour ouvrir le feu.

       -   Par autorité de la très sainte inquisition et au nom de l’Empereur Tout-Puissant, je vous ordonne de vous rendre sur-le-champ !

       Je savais bien que de tels hérétiques refuseraient catégoriquement de se rendre, surtout face à l’Inquisition, mais ce n’était pas le résultat que je cherchais. Alors que les psykers se regardaient les uns les autres un bref instant, j’essayai de décrypter chez eux une quelconque organisation hiérarchique afin d’identifier le chef, ou du moins celui qui s’approchait le plus d’un chef parmi cette bande de mécréants. L’un d’eux, un grand homme de stature plutôt forte pour un psyker, aux cheveux noirs comme le jais et au teint légèrement pourpre, me sembla être le plus qualifié au vu de sa réaction et de celles de ses comparses. Mon impression se révéla d’autant plus juste lorsqu’il prit la parole pour me répondre :

       -  Votre Faux Empereur ne peut rien pour vous ici, chiens de l’inquisition ! Priez tant que vous le pouvez encore !

       Là-dessus, le sorcier commença à réciter des paroles d’invocation et la température de la pièce chuta brusquement alors que le voile de la réalité s’amincissait. Les énergies qu’il tira de l’Immaterium prirent la forme d’un puissant éclair qu’il dirigea droit vers moi. Mais au lieu de me réduire en cendre comme il s’y attendait, l’éclair fut dévié de sa course à peine trois mètres devant moi et alla creuser un trou large comme un rhino dans l’un des murs de la pièce. En réponse à cette agression, je levai mon pistolet bolter et tira un unique projectile dans la jambe droite du psyker. Son membre disparut dans une gerbe de sang ténébreux lorsque le bolt explosa, et il tomba à la renverse dans un râle de douleur qui arracha les tympans de plusieurs des autres sorciers. Les regards de ces derniers devinrent soudain emplis de terreur. Quelques ’un d’entre eux tentèrent leur chance à leur tour, invoquant leurs sombres pouvoirs pour m’abattre, mais sans plus de succès. La moitié des psykers chercha à s’échapper en courant vers une sortie située à l’autre bout de la pièce.

       -  Tuez les fuyards ! ordonnai-je à mon escorte. Capturez ceux qui résistent !

       Les vétérans dunerriens firent preuve d’un sang-froid parfait alors qu’ils appliquaient mes consignes à la lettre, épargnant les ennemis les plus coriaces et abattant les autres. Le soldat Jago mit de côté son lance-flamme pour sortir son arme de poing, un simple pistolet laser beaucoup moins sujet aux dommages collatéraux. Ils tiraient dans les jambes pour les immobiliser, puis dans les bras pour les empêcher d’utiliser leurs pouvoirs. Un tir du long-las d’Eric intercepta la tête d’un des lâches alors qu’il était sur le point de nous échapper, et son corps sans vie fit encore quelques pas à l’extérieur avant de finalement tomber comme une marionnette aux fils coupés.

       Soudain, le dernier hérétique encore debout lança un autre éclair dans ma direction, et celui-ci fut dévié vers une machine tournante dont le réservoir était apparemment encore rempli à moitié de prométhéum raffiné. Cela déclencha une explosion qui me jeta à terre avec une partie des vétérans. Jago tira d’abord dans le genou gauche du psyker, puis dans ses bras au niveau des poignets pour en sectionner les tendons. Alors que je me relevais, je me rendis compte que l’explosion avait déclenché un début d’incendie et que la fumée noire de la combustion du carburant commençait déjà à remplir la salle des machines.

       -    Seigneur ! me fit Eric. Quels sont les ordres ?

       -  Saisissez ces traîtres et emmenez-les dehors ! Que quelqu’un essaye de contacter nos transporteurs pour demander une évacuation d’urgence !

       Alors que les gardes assommaient les quatre sorciers épargnés, histoire d’être certains qu’ils ne tenteraient rien de dangereux, je me dirigeai vers la caisse sur laquelle étaient rassemblés les cartes et plaques de données des hérétiques. La plupart ne contenaient que des données officielles des plans de la cité-ruche, des relevés d’inventaires d’armurerie et d’autres informations sans intérêt, mais l’une des plaques de données était cryptée avec un code qui n’était clairement pas impérial. D’après son aspect général, elle aurait pu appartenir à un riche marchand, un noble ou toute autre personne de haute fonction. Rien ne m’assurait qu’elle contenait des données utiles à mon enquêtes mais, dans cette situation, mieux valait toujours l’emporter avec moi dans l’espoir de trouver quelqu’un pour en décrypter le code.

       Après avoir glissé l’objet à l’intérieur de mon uniforme d’Eridios, je rejoignis mon escorte pour tenter de remonter vers la surface en espérant qu’aucune mauvaise surprise ne nous y attendrait.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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17 octobre 2011 1 17 /10 /octobre /2011 19:14

Bon, et bien il fallait bien que ça arrive au meilleur moment : mon pc vient de rendre l'âme.

 

Avec mon déménagement en cours sur Montélimar, j'ignore quand est-ce que je pourrai m'en racheter un, donc il est fort probable que durant plusieurs semaines je sois incapable de poster le moindre chapitre. J'essayerai d'écrire plusieurs d'entre eux sur papier histoire d'avancer quand même un peu, mais ce sera forcément plus lent que sur un clavier. Je ne peux pas modifier les modules dans les colonnes via mon Iphone, ou du moins l'administration du blog semble y être allergique, donc je précise ici que les publication des prochains chapitres sont repoussées à une date indéterminée.

 

Désolé donc pour tous ceux qui attendent la suite de leur(s) fanfic(s) favorie(s), mais là je n'y peux vraiment rien pour le moment. J'espère simplement pouvoir régler ce problème au plus vite, que ce soit pour le blog ou pour d'autres choses.

 

Jack-115

 

 

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EDIT (27/10/2011)

 

C'est bon, je me suis acheté un nouvel ordinateur et j'ai terminé d'installer tous les composants nécessaires pour recommencer à travailler dans de bonnes conditions. Je reprends donc l'écriture des prochains chapitres en respectant l'ordre que je leur avait réservé. On se retrouve d'ici quelques jours pour un nouveau chapitre d'Illuminati.

 

Malheureusement, après ce chapitre, je vais être sans réseau internet pendant une petite dizaine de jours le temps que mon forfait soit mis en place à mon nouvel appartement, sans compter que le week-end du 12 et 13 novembre je remonte en Lorraine pour aller à l'Anim Est, le salon de japanimation annuel qui se déroule à Nancy. On verra bien comment les choses se passent.

 

A très bientôt,

 

 

Jack-115

 

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 00:01

CHAPITRE VINGT-DEUX : LE DÉMON INTÉRIEUR

 

 

2355 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / salle de contrôle de l’installation 03.

 

       Lorsqu’il vit les cinq puissants sangheilis en armures blanches étincelante avancer calmement en dégainant leurs armes à plasma, Franck sentit une boule se former dans sa gorge et plusieurs de ses muscles manquèrent de se tétaniser. S’il avait réussi à éliminer trois ces terribles adversaires parmi ceux qui gardaient l’accès de la salle de contrôle, c’était uniquement grâce à l’avantage de l’obscurité et de la surprise, combiné à son entraînement de SIS. Il n’était absolument pas de taille à les affronter de face et en pleine lumière. Nous sommes en infériorité numérique, et en plus je ne suis même pas un vrai spartan. Je me sens vraiment con, là, tout de suite.

       Mais ce sentiment d’inutilité fut dissipé lorsqu’une main se posa sur son épaule et qu’il se retourna pour voir le visage de Kelly, qui avait relevé sa visière pour le regarder droit dans les yeux. Son regard était empli de confiance alors qu’elle lui remit son pistolet M6D en disant :

       -   Couvre-moi, je passe devant.

       Franck se contenta d’acquiescer et prit l’arme d’une main assurée avant d’en retirer la sécurité dans un léger claquement reconnaissable. Le contact de la crosse à travers le gant de sa combinaison noire lui fit retrouver son assurance tandis qu’il anticipait la fureur du combat qui allait suivre. Alors que Kelly passait devant lui, chacun de ses pas résonnant lourdement sur le sol métallique, elle se tourna vers 049 Shamefull Anomaly et lui annonça :

       -   Excuse-moi, 49, mais je vais devoir bousculer un peu le protocole.

       -   Que voulez-vous dire par…

       Mais le moniteur n’eut pas le temps de finir sa phrase. Kelly l’avait déjà saisi violement par l’un des arcs de son armature extérieure et fonça droit sur les Premières Lames du commandeur Urda. Deux d’entre eux levèrent aussitôt leurs fusils à plasma et lâchèrent une rafale de projectiles énergétiques que Kelly contra partiellement en utilisant Shamefull Anomaly comme bouclier. L’instant suivant, elle lança l’IA forerunner avec force dans le ventre du plus proche guerrier pour lui saisir son bras armé, avant de le tordre d’un mouvement sec. Il laissa tomber son épée à plasma et Kelly la récupéra au vol pour ensuite le décapité d’un mouvement parfait. Une détonation retentit lorsque Franck tira dans la tête d’un élite qui s’apprêtait à la frapper sur son flanc droit. La balle ne pénétra pas le bouclier énergétique du guerrier, mais son impact fut suffisant pour le déstabilisé le temps que Kelly réalise la présence de cette menace et réagisse avec sa redoutable célérité. Elle le transperça le sangheili au niveau du torse, et alors que l’alien s’effondrait dans un râle elle récupéra son épée à plasma afin d’armer sa seconde main.

       Le M6D qu’elle avait donné à Franck rugit à nouveau pour tenir en respect un autre élite sur la gauche de Kelly qui fonça aussitôt à droite pour contrer une attaque verticale avant de sectionner un autre adversaire au niveau de la ceinture. Fred et Dalkos n’osait pas tirer dans la mêlée de peur de toucher leur coéquipière, mais ce n’était pas pour rien que cette dernière avait donné son arme de poing au SIS. Même s’il n’était pas au niveau de Linda, Franck savait faire preuve d’une précision remarquable et en l’espace de onze secondes, il lui sauva la vie pas moins de quatre fois au moyen de tirs bien placés. Il parvient même à faire tomber un élite en envoyant une balle au niveau de son pied droit au moment où il allait le poser par terre, et même s’il se remit sur pied quasi instantanément, cette petite seconde de contretemps avait suffi pour offrir à Kelly une ouverture vers la tête du sangheili.

       Soudain, le dernier des Premières Lames fit apparaître une petite lame énergétique sur la protection d’armure de son avant-bras gauche alors qu’il paraît une attaque de la spartan, et profita de la surprise pour porter un coup horizontal. Kelly ne fut sauvée que par ses réflexes hors du commun et contre-attaqua en abattant ses deux épées selon des trajectoires diagonales qui coupèrent son adversaire en trois morceaux qui glissèrent l’un sur l’autre en s’étalant sur le sol. Ce n’est qu’alors que Kelly réalisa qu’elle saignait abondamment au niveau du ventre.

       -   KELLY !!! hurla Fred qui avait lui aussi remarqué la blessure.

       Le spartan se précipita vers sa coéquipière dont les forces faiblirent si rapidement qu’elle ne parvint pas à rester debout. Le coup de lame énergétique avait sectionné les intestins en plusieurs endroits et provoqué de sérieuses hémorragies internes. Si elle n’était pas soignée très rapidement, elle allait se vider de son sang… du moins si l’arme de Halo ne les tuait pas tous avant.

       -   Ne vous occupez pas de moi, réussit à dire Kelly. Finissez le boulot.

       Fred ne consentit à laisser la spartan qu’une fois l’avoir amenée jusqu’à un pylône de pierre ornementée situé non loin, et s’être assuré qu’elle était dans la meilleure posture pour limiter la perte de sang. Une rage incontrôlable commença à monter en lui. Elle lui fit oublier Halo, les covenants, l’humanité, et jusqu’à la douleur dans ses muscles, pour ne laisser qu’une envie incontrôlable de massacrer celui qui était la cause de tout ceci : Urda.

       D’un geste assuré et méthodique, Fred retira les sécurités de son casque qu’il retira lentement pour le poser à côté de sa coéquipière.

       -   T’as intérêt à être en état de me le rendre lorsque je reviendrai, lui dit-il.

       -   Je te le ferais même bouffer pièce par pièce si tu reviens sans Franck.

Là-dessus, Fred tira son long couteau de combat hors de son fourreau comme un musicien sort un archet de son étui, et se trancha volontairement l’index pour faire tomber quelques gouttes de son propre sang sur son casque. Puis, alors même que l’inquisiteur Dalkos commençait déjà à s’avancer vers le commandeur sangheili, Fred saisit son allié inattendu par le bras pour lui dire d’un ton aussi impérieux que sombre :

       -   Il est à moi.

       Le covenant ne sut quoi répondre. Le visage du spartan lui semblait encore plus terrifiant et démoniaque que l’image anonyme et froide de son casque de combat, avec son regard ténébreux, sa cicatrice au milieu du nez, et les mèches argentées qui striaient ses cheveux noirs tels des étoiles filantes. D’un simple hochement de tête, Dalkos respecta la décision de son allié et porta alors son attention sur le commandant en second Erko, laissant Fred affronter l’adversaire qu’il s’était choisi.

       -   49 ! dit le spartan sans même se tourner vers le moniteur. Combien de temps avons-nous avant que l’arme de cette installation ne s’enclenche ?

       -    Quatre cent soixante-deux secondes de votre temps standard.

       -  Vous ne stopperez pas ma tâche de purification, démons ! répliqua le commandeur sur un ton de défi en levant son épée à plasma.

       -    En quatre minutes quarante-deux je pourrais t’étriper sept fois, renchérit Fred calmement.

       Ce n’est pas tant la réplique du spartan qui déstabilisa Urda, mais plutôt le fait que son adversaire n’ait pas cherché un seul instant à récupérer l’une des nombreuses épées plasmatiques trainant sur le sol pour préférer se fier à la courte lame métallique de son couteau. Il se dégageait de Fred une telle confiance en soi et une telle haine que même un sangheili aussi fort et expérimenté qu’Urda ne put réprimer un mouvement de recul.

       Fred profita de l’hésitation de son adversaire pour lui foncer dessus. Alors qu’Urda se forçait à reprendre ses esprits, son adversaire fit plonger son couteau en avant… mais ce n’était qu’une feinte et d’un bond rapide il partit sur le flanc gauche du sangheili, à l’opposé de son bras armé de façon à avoir une ouverture. Urda n’eut pas le temps de placer sa lame pour parer et recula encore en essayant de se replacer face au spartan, mais celui-ci repartit dans l’autre sens dans une roulade sur le flanc droit pendant laquelle il taillada le genou de l’élite.

       Urda lâcha un grognement de rage en sentant le métal traverser sa chaire et frotter contre ses os, avant de hurler en portant un coup vertical contre Fred qui continua sa roulade pour s’éloigner avant de se redresser d’un bond. Il fallut un effort colossal au sangheili pour résister à l’envie rageuse de se jeter sur son adversaire pour le tailler en pièces, réalisant qu’il était dans une situation dangereuse. Le simple fait de se dire qu’il était dépassé par un humain lui était insupportable, sans compter la honte d’avoir reçu une blessure en duel sans avoir pu en infliger une lui-même. Sa respiration était forte et irrégulière, ce qui ne facilitait pas sa réflexion, mais alors qu’il essayait de se calmer, son adversaire revint à la charge.

       Cette fois-ci, Fred effectua deux feintes successives en anticipant les réactions de son adversaire. Lorsque celui-ci réagit à la deuxième feinte en frappant par le haut, estimant être protégé du couteau humain par son bouclier énergétique, Fred saisit le bras du sangheili et utilisa l’énergie de sa contre-attaque pour le projeter au sol derrière lui. En se retournant, le spartan fit tomber son genou sur le cou d’Urda, et le simple poids de l’armure faillit broyer la trachée de l’extraterrestre dont le souffle vint vite à manquer. Urda réagit plus intelligemment que ce à quoi Fred s’attendait, envoyant son épée à plasma à la rencontre du spartan par un coup d’estoc, mais ce n’était pas suffisant. Fred pivota sur son genou tout en maintenant l’élite au sol afin de laisser passer la lame d’énergie sous son bras gauche, avant d’enfoncer sa propre arme blanche dans le poignet d’Urda. Si le coup n’avait pas été ralenti par le bouclier énergétique covenant, il aurait pu lui couper la main entièrement, aussi se contenta-t-il seulement de lui sectionner les articulations.

       Urda hurla alors que son arme lui échappait des mains sous faute de pouvoir être maintenue correctement, mais il n’abandonna pas pour autant et projeta Fred en arrière d’un violent coup de pied. Néanmoins, il avait été privé d’air pendant trop longtemps et les quelques instants nécessaire pour retrouver son souffle suffirent pour donner à Fred une dernière ouverture fatale : d’un geste net, précis et puissant, le spartan lança son couteau vers la bouche ouverte du sangheili. La lame s’enfonça au fond de sa gorge, ne laissant dépasser qu’un maigre morceau de la poignée. Le sang bleu sombre d’Urda se mit à couler abondamment sur le sol de la salle de contrôle alors qu’il tombait à genoux, portant ses deux mains à sa bouche pour tenter de saisir l’arme humaine. Mais même si ses mains avaient été adaptée pour saisir ce genre d’objet au fond de sa gorge, il n’avait plus la force de l’en retirer, et encore moins de continuer le combat. Tout ce qu’il parvint à faire fut de pousser un râle sourd et faible que même les sens augmentés des spartans eurent peine à entendre.

       Sans se préoccuper de la douleur qu’endurait son adversaire à l’agonie, Fred passa à côté d’Urda pour accéder au panneau de commande de la salle de contrôle. Des symboles incompréhensibles défilaient à toute vitesse sur un affichage holographique et des dizaines d’autres clignotaient de tous côtés sans qu’il puisse en comprendre la signification. Pourtant, il sut instinctivement où il devait poser sa main pour stopper le processus d’activation de Halo, et quelques instants plus tard le bruit lointain des mécanismes d’armement se turent dans un long decrescendo. Ce n’est qu’alors que Fred se tourna vers Urda et, tout en s’avançant vers lui, déclara d’une voix sombre :

       -   Avant d’aller retrouver tes ancêtres, il y a une chose qu’il faut que tu saches à propos de nous, les spartans. La seule façon que vous aviez de nous tuer… c’était d’arrêter la guerre. Parce que la guerre est la seule chose pour laquelle nous avons été créés. Vous pouvez nous briser tous les os du corps, nous ensevelir sous les décombres d’une planète entière ou nous immerger sous un océan de lave, nous reviendrons toujours pour vous combattre. Et nous gagnerons. Parce que nous avons été créés pour ça.

       Sur ses mots, Fred saisit la tête affaissée d’Urda, qui ne respirait plus que très faiblement et dont les yeux exprimaient une immense haine à laquelle était cependant mêlée de la honte. Le sangheili sentait sa mort approcher, mais il ne pouvait pas se la donner lui-même par le suicide. Non pas qu’il n’en ait plus la force, mais le déshonneur qui en résulterait serait si grand qu’il ne rejoindrait jamais les esprits de ses ancêtres. Il ne put donc qu’attendre que Fred saisisse le manche de son arme et l’achève enfin en lui lâchant un dernier mot :

       -   Les spartans ne meurent jamais.

       Puis, Fred tourna sa lame au fond de la gorge du sangheili avant de la faire remonter vers le sommet de son crâne avec suffisamment de force pour le broyer en mille morceaux. Un calme profond l’envahit aussitôt, et il resta un long moment à savourer la vision du cadavre du commandeur étalé à ses pieds.

       Il lui fallut un certain temps pour percevoir les sons indiquant qu’un autre combat se déroulait toujours dans cette même salle. En effet, Franck et Dalkos étaient toujours engagés contre le commandant en second Erko, dont la redoutable habilité à l’épée plasma lui avait permis de tenir en respect ses deux adversaires sans pour autant parvenir à les blesser. Erko avait assisté impuissant au décès de son supérieur, mais continuait d’attaquer sans relâche, avec même encore plus de vigueur qu’au début du combat.

       -   Abandonne, lui lança Fred. J’ai arrêté Halo. Tu n’as plus aucune raison de continuer.

       -     J’ai peut-être perdu mon maître, mon but et mes espoirs, mais il me reste encore mon honneur. Et tant que j’aurais un souffle de vie, je me battrais pour le protéger. Maintenant venez, démons, et finissons-en dans un dernier bain de sang sous le regard rieur des dieux qui m’ont abandonné.

       -    Comme tu voudras.

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LA FIN

(prochainement)

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SOMMAIRE

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13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 21:53

CHAPITRE SEPT : L’ENNEMI

 

 

 

1845 heures, 15 janvier 2534 (calendrier militaire) / transporteur de troupe UNSCSpirit of Fire, espace intersidéral.

 

       -  Abattez-moi cette saloperie ! cria Jill en ouvrant le feu avec son pistolet.

       La voix énergétique du lieutenant permit aux autres membres de l’escouade de reprendre leurs esprits pour réagir. Une grêle de balles s’abattit aussitôt sur l’horrible créature qui fut mise en charpie, chaque projectile arrachant un morceau de sa chaire décomposée qui se répandit sur le sol du couloir. Mais même alors que sa tête et ses deux bras étaient partis en poussière, la monstruosité continuait d’avancer implacablement vers les humains, comme si une force mystérieuse animait son corps. Ce n’est qu’une fois ses jambes détruites par une rafale du fusil d’Eric qu’elle stoppa son avance et s’effondra, néanmoins l’horreur n’était pas terminée : quelque chose s’extirpa du cadavre lorsque celui-ci cessa enfin de bouger.

       C’était vivant, à n’en pas douter, mais cela ne ressemblait à rien de ce qu’ils avaient jamais connu. La créature était de la taille d’un ballon de rugby et avait la forme d’une masse visqueuse et verdâtre rebondie, montée sur un lot de minuscules tentacules lui servant de pattes. Elle se déplaçait vite, tellement vite qu’elle fut sur Jill en un rien de temps pour lui sauter au visage avec une agilité stupéfiante. La main de Jack s’interposa en une fraction de seconde afin de saisir la chose au vol, mais au lieu de l’empoigner elle la fit littéralement éclater, libérant dans l’air un fluide glauque mêlée de gaz tout aussi répugnant. Aucun mot ne pouvait exprimer la terreur qui se lisait dans les yeux de Jill.

       -  Ca va, lieutenant ? demanda Jack, son regard figé sur sa main toujours tendue, cherchant à comprendre ce qui venait de se passer.

       Jill ne répondit pas. La visière de son casque intégral était recouverte des fluides corporels de la bestiole et son pistolet tremblait entre ses mains. Elle savait qu’elle venait d’échapper à la mort, ou peut-être à quelque chose de beaucoup plus horrible…

       -  Qu’est-ce que c’était que cette chose ? s’exclama Eric alors qu’il tâtait du bout de son canon le corps inanimé de l’humanoïde qui les avait attaqué. Comment est-ce qu’il pouvait encore tenir debout ?

       Patric, en tant que médecin et scientifique du groupe, tenta de trouver un explication logique :

       -  On aurait dit que c’était le corps d’un humain parasité par l’organisme que Foster vient de détruire. Je n’ai pas eut le temps d’en voir grand-chose, mais il me semble possible que ses tentacules lui servent à se connecter au système nerveux de son hôte pour le contrôler, voir même le remplacer en interceptant les signaux au niveau de la colonne vertébrale. Cela peut expliquer pourquoi il a survécu au tir de Starwalker et a continué d’avancer même privé de sa tête. Il ne ressent probablement pas la douleur ni aucune émotion humaine. Une vraie machine à tuer.

       -  C’est complètement dément, lâcha Ryan. Comment une telle chose peut exister ?

       -  On se fout de savoir ce que c’est ! fit Jack. On doit toujours atteindre les antennes de communication pour prévenir le Hollow Lies de la situation. Et si d’autres de ces choses se mettent sur notre route, au moins maintenant on sait comment les tuer. Pas vrai, lieutenant ?

       Mais Jill était toujours en état de choc, le regard perdu dans le vide à l’endroit où la main du caporal avait écrasé la chose qui l’avait attaqué. Jack se demanda si le fait de lui mettre la main sur l’épaule à ce moment ne risquerait pas de trahir ses sentiments pour elles, mais Ryan lui évita cette peine en balançant une douille vide contre la visière du casque de Jill. Elle reprit ses esprits aussitôt et, comme si son esprit avait inconsciemment enregistré tout ce qui s’était dit durant ce moment d’absence, elle répondit :

       -  Oh… euh… oui, bien sûr. On doit prévenir le Hollow Lies. Que tout le monde vérifie ses munitions et reste sur ses gardes. Ne perdons pas de temps.

       L’équipe se remit alors en route vers les antennes de communication. Le chemin d’accès que Jack avait établi selon les plans du vaisseau passait à travers les quartiers des équipages pour atteindre un escalier de service menant au niveau supérieur, et jusque là aucun autre monstre ne se montra. Mais lorsque Ryan examina la pièce sur laquelle débouchait l’escalier à travers le hublot de la porte, il ordonna immédiatement à tout le monde de rester immobile. Dans le langage des signes tactiques, il indiqua qu’il voyait trois ennemis dont deux équipés d’armes légères et qui, pour le moment, ne l’avaient pas repéré.

       Lentement, Jill s’avança vers le hublot pour observer la scène. Les monstruosités étaient parfaitement immobiles dans le couloir d’accès de l’autre côté de la porte, donnant l’impression d’être des cyborgues en mode veille. Mais leur apparence d’humains putréfiés ne laissait aucun doute sur leur horrible nature. Profitant de l’opportunité d’observer ces nouveaux ennemis dans de meilleures conditions qu’avec le premier cadavre ambulant qu’ils avaient rencontré, Jill utilisa le zoom de sa visière numérique pour étudier leur morphologie. Il ne faisait aucun doute que ces choses avaient autrefois été des humains, leurs habits en lambeau étant encore reconnaissables comme les uniformes de soldats des marines stationnés sur le Spirit of Fire durant la campagne de Harvest.

       Jill passa ensuite en mode de vision infrarouge afin de vérifier une théorie et elle ne fut pas déçue : la chaleur corporelle des ennemis était beaucoup plus faible que celle d’humains normaux, excepté au niveau du torse, où elle pouvait reconnaître la forme de la bestiole qui avait voulu se jeter sur elle. L’organisme qui contrôlait ces choses pouvait être repéré grâce à ce mode de vision. Et s’il mourrait, le corps redevenait un cadavre inanimé.

       Les choses allaient être beaucoup plus simples, tout de suite.

       -  Passez en mode de vision infrarouge, dit-elle à travers la liaison TEAMCOM. Visez le point de chaleur principale des cibles. J’entre en première.

       Chaque membre de l’équipe indiqua d’un simple geste qu’il avait bien reçu l’ordre. Jill attendit quelques instants pour être certaine que tout le monde était prêt, et aussi un peu pour rassembler son courage, puis elle actionna l’ouverture de la porte pour se précipiter dans le couloir. La première balle perforante qu’elle tira toucha sa cible directement au niveau de l’organisme parasitaire qui fut aussitôt détruit par l’impact. Le corps tomba aussitôt comme une marionnette à qui on venait de couper les fils. Sans perdre de temps, Jill orienta son arme vers le deuxième ennemi et tira une salve trois balles afin d’être sûre de toucher au but, tandis que derrière elle, Ryan avait déjà abattu la troisième cible d’une balle de son sniper.

       L’engagement avait été relativement facile, d’autant qu’aucun des ennemis n’avait semblé réagir à l’apparition soudaine des humains. Il était possible que leurs réflexes soient inhibés ou qu’ils fussent réellement en mode veille, une sorte de sommeil réparateur pour l’organisme parasitaire qui n’avait pas besoin de ménager le corps qu’il possédait. Mais ce n’était qu’une théorie.

       -  Où sont les antennes de communication ? demanda Jill en se tournant vers son technicien.

       -  Troisième porte à droite en suivant ce couloir.

       -  Bien. Starwalker va en pointe et Gordman ferme la marche. Soyez sur vos gardes : les coups de feu ont peut-être alerté d’autres créatures.

       -  Pour ça, fit Eric d’un ton railleur, il faudrait que leur ouie soit nettement meilleurs que leurs réflexes.

       Mais personne n’eu le temps de relever la remarque du vétéran, car soudain un bruit étrange se fit entendre à travers le vaisseau, sauf que ce n’était pas un bruit. C’était le hurlement le plus effrayant et le plus inhumain qu’ils aient jamais entendu, un cri aigu et strident semblant provenir d’une bête mourante ou d’un animal en colère. Et l’instant suivant, la porte à l’autre extrémité du couloir fut éventrée d’un seul coup par un monstre encore plus abominable que les autres, car contrairement aux autres, il n’avait absolument rien d’humain.

       Il était tout simplement énorme, si énorme qu’il pouvait à peine tenir dans l’étroit couloir qui faisait à peine deux mètres sur deux. Il se déplaçait avec l’allure d’un grand singe, ses membres postérieurs si longs qu’ils touchaient le sol sans qu’il ait besoin de trop se pencher afin de répartir son poids qui devait être colossal. Sa peau semblait nettement plus rugueuse, voir même caparaçonnée. Sa tête n’était quasiment qu’une bouche informe avec deux longues mandibules lui donnant quelque chose d’un insecte. Il ne possédait pas de mains, mais simplement d’énormes masses organiques pourvues de griffes aussi grosses que des fusils d’assaut avec lesquelles il devait sans problème être capable de fendre le métal ou broyer n’importe quel homme. Mais la chose la plus inquiétante, c’était qu’au travers de sa vision infrarouge, chacun des membres de l’équipe pouvait voir que le corps de cet ennemi était parfaitement uniforme, sans le moindre signe de parasite.

       Le premier à lui tirer dessus fut Ryan, mais sa balle de sniper ne parvint pas à percer l’étrange carapace qui le recouvrait. Voyant que l’arme la plus puissante de leur maigre arsenal n’avait aucun effet sur ce monstre, Jill ordonna dans un cri : 

       -  Tout le monde dans la salle des communications ! Vite !

       L’équipe se précipita vers la porte indiquée par Jack, profitant du fait que le monstre était gêné par les dimensions du couloir. La salle de communication était vaste et donnait sur l’espace intersidéral au travers d’une grande vitre blindée, devant laquelle étaient alignés toute une série de panneaux de commande. Jill ordonna aux autre de barricader la porte avec tout ce qu’ils trouvaient pendant qu’elle cherchait à utiliser le système de communication du vaisseau.

       -   Hollow Lies, fit-elle dans la radio en transmettant sur toutes les fréquences. Hollow Lies ici le lieutenant Vallentine. Ne répondez pas à cet appel. L’IA Sérina est corrompue et contrôle le vaisseau. Ne transférez pas…

       Mais soudain, le panneau de contrôle devant lequel se tenait le lieutenant se couvrit d’étincelles et s’enflamma, réduisant à néant les possibilités de communication. L’instant d’après, la voix de Sérina se fit entendre à travers les haut-parleurs de la salle :

       -  Cela me cause le plus grand désagrément de devoir endommager mon vaisseau, mais vous ne me laissez pas le choix. J’ai besoin de ce nouveau moteur, et rien ne m’empêchera de l’obtenir.

       -   Même si l’équipement Shaw-Fujikawa du Hollow Lies arrivait ici, comment comptes-tu nous obliger à te l’installer ?

       -   Je n’ai pas besoin de vous pour cela, répondit l’IA sur un ton amusé. J’ai eu l’immense chance de trouver de nouveaux alliers dont les objectifs s’alignent parfaitement avec les miens, et ils sont parfaitement capables d’opérer ce petit transfert de mécanique.

       -   Ne me dite pas qu’elle parle de ces saloperies qu’on a rencontré en venant ici ! Lâcha Eric. Comment ces choses pourraient comprendre comment installer un truc pareil ?

Patric réfléchit un instant avant de proposer une hypothèse :

       -    Je suppose que ces organismes sont capables d’assimiler les connaissances des hôtes qu’ils parasitent. Le fait qu’ils sachent manier des armes à feu semble tendre vers cette hypothèse. S’ils ont réussi à mettre la main sur quelques techniciens de l’ingénierie, alors ce qu’elle dit est parfaitement possible. Ce n’est probablement pas le cas du spécimen qui nous attend dans le couloir, mais je pense que ça doit l’être pour les formes humanoïdes de tout à l’heure.

       -    Mais d’où viennent ces créatures ? Et pourquoi sont-ils alliés avec elle ?

       -    On se posera cette question plus tard, fit Jill. Pour le moment on doit sortir d’ici autrement qu’en devant affronter l’autre saleté. Foster ! Est-ce qu’il y a une deuxième sortie à cette salle ?

       -  Négatif, lieutenant. Je suggère qu’on dégomme la vitre pour sortir dehors et atteindre les hangars du vaisseau en marchant sur la coque.

       -  Bonne idée. Starwalker ?

       Sans hésiter une seconde, le tireur d’élite épaula son fusil, attendit que tout le monde s’accroche à quelque chose, puis tira dans la vitre. La balle ultra-perforante de calibre 14,5 traversa les vingt centimètres de verre blindé intégralement, créant un trou circulaire net et précis qui suffit cependant à causer la dépressurisation de la salle. La pression titanesque de l’air cherchant à sortir fit exploser la vitre qui vola en mile morceaux à l’extérieur du vaisseau, manquant d’emporter avec elle les membres de l’équipe Recovery. Jack s’était attendu à ce que Sérina s’oppose à leur tentative d’évasion, aussi avait-il pris la précaution de sectionner les commandes des panneaux anti-explosion censés refermer la salle dans le cas d’une dépressurisation. Il ne leur restait plus qu’à actionner les accroches magnétiques de leurs bottes pour sortir dans l’espace.

       L’énorme structure extraterrestre était encore plus imposante depuis ce point de vue, sa surface à peine éclairée par les lointaines étoiles lui donnant un aspect menaçant. Et maintenant qu’elle l’observait d’aussi prêt, Jill s’accorda à penser que cela ne pouvait absolument pas être d’origine covenant, car cela ne ressemblait en rien à tout ce qu’elle avait vu de cette civilisation, autant sur le plan technologique d’architecturale. Les covenants appréciaient par-dessus tout les formes arrondies et lisses, symbolisant la perfection, alors que cette structure possédait des traits rectangulaires et sa surface était couverte de gravures dont le rôle était probablement ornemental. Alors si ce n’était pas d’origine covenant, qui avait bien pu bâtir une telle chose ?

       C’est alors, que, alors qu’elle réfléchissait et observait la structure extraterrestre, Jill sentit brusquement que quelque chose n’allait pas. Il y avait quelque chose de différent, mais elle ne parvenait pas à expliquer quoi. Ses sens était en alerte, son subconscient tentait de lui dire quelque chose… le vaisseau.

       Le vaisseau avait bougé. Maintenant cela ne faisait plus aucun doute : l’orientation du Spirit of Fire par rapport à l’installation extraterrestre n’était plus la même que lors du briefing de mission voilà un peu plus d’une heure. Il s’était légèrement tourné à tribord. Etait-ce à cause d’une force physique extérieure qui agissait sur la masse du bâtiment ou bien…

       -   Sérina ? fit-elle en se retournant vers la salle des communications. Tu m’entends toujours ?

       -   Bien entendu, lieutenant. Je m’en serais voulu de ne pas pouvoir partager avec vous ce grand moment, et je sens à votre ton que vous devez avoir réaliser ce que je préparais.

       -   Ce qu’elle préparait ? répéta Jack. Lieutenant, de quoi elle parle ?

Mais Sérina ne donna pas à Jill le temps de répondre :

       -   Votre frégate de combat a beau disposer d’une nouvelle technologie qui m’est inconnue pour déjouer mes senseurs, mais j’ai un autre moyen de la repérer. Cela fait trois ans que je suis coincée ici, lieutenant Vallentine. Comment croyez-vous que je me suis occupée pendant tout ce temps ? Je connais les positions de toutes les étoiles visibles depuis ces coordonnées et je sais remarquer quand l’une d’entre disparaît. Depuis que votre vaisseau s’est immobilisé, j’ai utilisé une infime partie de l’énergie afin de réorienté mon propre bâtiment à une vitesse indécelable pour un observateur humain. Une IA aurait sans doute remarqué une telle chose, mais apparemment vous avez été assez stupide pour l’amener ici avec vous et me donner l’occasion de l’effacer moi-même. Et maintenant que j’ai enfin votre moteur Shaw Fujikawa, vous avez la chance d’être aux première loges pour le spectacle.

       -   Non ! cria Jill. Ne fais pas ça !

       Mais Jill savait très bien que ses mots n’auraient absolument aucun impact sur la décision de l’intelligence artificielle. Sérina était entièrement corrompue, déterminée à suivre une nouvelle logique dans laquelle sa survie passait avant tout, même si pour cela des milliers d’hommes devaient mourir. Elle avait réorienté le Spirit of Fire de façon à ce que ses armes de proue, et en particulier l’énorme canon à accélération magnétique, soient dirigées droit sur le Hollow Lies. Trois énormes obus de tungstène surchauffés quittèrent le vaisseau à presque la moitié de la vitesse de la lumière pour aller exploser là où, quelques instants auparavant, on aurait cru qu’il n’y avait rien. L’instant d’après, trois explosions éclairèrent le décor spatial alors que la frégate furtive de l’ONI était réduite à néant.

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LA SUITE

(prochainement)

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SOMMAIRE

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