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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

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Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 18:11

LA CULTURE

 

« Une culture naît au moment où une grande âme se réveille. »

Oscar Spengler

 

 

Qu’est-ce qu’une culture ? Attention, je ne parle pas ici du procédé de faire pousser des plantes ou des champignons dans un quelconque objectif alimentaire ou pharmaceutique, mais bien de culture spirituelle. Le dictionnaire définie une culture spirituelle comme étant «l’ensemble des aspects intellectuels, artistiques et idéologiques d’une civilisation ou d’un groupe particulier ».  En clair, une culture est composée avant tout par des savoirs, des tendances artistiques et des pensées. Quand je parle de pensées, il s’agit de pensées profondes, lourdes de sens et fermement ancrées dans la mentalité de la population partageant une même culture, comme par exemple les pensées de Confucius qui ont fondé la culture du confucianisme très présente en Chine et au Japon, pour ne citer qu’eux. Dans de nombreux milieux littéraires, religieux, scientifiques ou autres, il existe plus ou moins officiellement une hiérarchisation spirituelle qui s’établie directement sur l’étendue des connaissances de chacun sur les éléments composant la base de sa propre culture. C’est ce genre de hiérarchie qui différencie les maîtres des novices ou les experts des apprentis.


Au-dessus du concept de culture se trouve celui de culture générale. Pour beaucoup de personnes, la culture générale est considérée comme l’ensemble des connaissances dites « essentielles » pour comprendre notre monde actuel et sa société. Grâce aux livres et à la technologie de l’information, il est extrêmement plus facile d’étendre ses connaissances générales aujourd’hui qu’il y a deux ou trois siècles seulement. Mais le problème, c’est que chaque communauté tend à définir sa propre culture générale selon ses préférences, ses croyances et ses intérêts. Pour ma part, je fais parti de ceux qui, comme Charles Taylor, estiment que «  toutes les cultures humaines qui ont animé des sociétés entières durant des périodes parfois considérables ont quelque chose d’important à dire à tous les êtres humains », qu’il s’agisse de messages positifs, d’enseignements philosophiques ou de mises en garde sur des erreurs qu’ont commises ces sociétés.


Cette manière de penser ne veut par dire qu’un individu possédant beaucoup de culture générale appartient systématiquement à plusieurs cultures ou même qu’il accepte ces différentes cultures comme justifiées, agréables ou détenant la vérité universelle. Par exemple on peut très bien connaître la culture du christianisme tout en étant profondément athée, ou à l’inverse être profondément chrétien et connaître les théories scientifiques évolutionnistes. De la même manière, il peut être utile d’étudier l’histoire et la théologie du nazisme hitlérien lorsqu’on possède un regard suffisamment critique afin d’en analyser les raisons de sa naissance et de son expansion, car cela nous permet d’apprendre des leçons qui nous permettront de nous assurer qu’une telle monstruosité ne reprenne plus jamais le pouvoir nulle part. Car comme l’a si bien dit Winston Churchill, « un peuple qui oublie son passé se condamne à le revivre », et nous sommes tous autant humains que les allemands des années 1930.


Malheureusement, selon l’avis assez pessimiste de Tristan Bernard sur le sujet, « L’Humanité, qui devrait avoir six mille ans de sagesse, retombe en enfance à chaque génération », et je partage pleinement son avis. Souvent, dès qu’on commence à parler de culture, les gens ont tendance à se renfermer ou à n’écouter qu’à moitié, voir même à mépriser ceux qui en parle en les  qualifiant d’ « intellos », de « grosse tête » ou de « bouffons ». Je connais au moins deux séries télévisées américaines très connues dans lesquelles on voit un genre de stéréotype du mec cultivé qui se fait remballer sévèrement par ses amis dès qu’il a une conversation un tant soit peu évoluée (c'est-à-dire qui ne concerne ni les filles, ni le sport, ni le travail, pour être simple). Je ne sais plus qui a dit la phrase « Lorsque j’entends parler de culture, je sors mon revolver », mais je sais que Francis Blanche y a formulé une réplique à laquelle je m’identifie bien mieux : « Je suis un non-violent : quand j'entends parler de revolver, je sors ma culture ».


Pour beaucoup de personnes, la culture générale est donc synonyme de prise de tête, d’ennuie et de mal de crâne, alors qu’elle est en réalité l’une des clés du dialogue et de l’harmonie entre les personnes. En effet, comment pouvons-nous converser pleinement avec une personne qui fait partie d’un peuple ou d’une communauté dont nous ignorons le passé, l’art, les traditions et les philosophies de pensées ? Je ne parle pas uniquement des communautés comme celles des religions ou des nations, mais aussi de communautés plus proches de nous comme celles des enseignants, des ouvriers, des rappeurs ou encore des centristes. L’ignorance de  ce genre de chose mène inévitablement les communautés à s’isoler les unes des autres, à ne pas se comprendre et plus ou moins inévitablement à se haïr. Une blague que j’avais lue il y a longtemps disait que pour être un bon psychiatre/philosophe/essayiste, il ne faut lire que des ouvrages qui vont dans le même sens que nos propres pensées, mais cela ne m’a plus vraiment l’air d’une blague aujourd’hui.


Actuellement, nous sommes dans une logique de communautarisme extrême. Je ne saurais dire quelle part de responsabilité possèdent respectivement les médias, les politiciens, les lobbys et les communautés elles-mêmes dans la mise en place de cette logique, mais je peux dire que c’est ce communautarisme extrême qui nous empêche de progresser aussi bien socialement que spirituellement. Tout d’abord, cela limite l’échange des richesses culturelles entre les communautés, mais plus grave encore cela les rends impuissantes à faire entendre leur voix à toute forme de pouvoir. Au fond, on peut facilement comprendre que cette situation arrange tout particulièrement le pouvoir en question, que celui-ci se présente sous la forme d’un gouvernement politique, de chefs religieux ou de dirigeants d’entreprises. Car selon la logique de « diviser pour mieux régner », les revendications d’une communauté sont généralement contestées, jalousées ou ignorées par le reste de la population qui constitue presque toujours une écrasante majorité, ce qui permet aux dirigeants de rejeter plus facilement ces revendications. Tant que l’esprit du plus gros de la population est occupé par « du pain et des jeux », tous les problèmes des minorités tombent rapidement dans l’oubli et deviennent des causes perdues. Comme l’avaient dit un jour les guignols de l’info, « l’important, ce n’est pas le nombre de bouches qui crient, c’est le nombre d’oreilles qui écoutent ».


Cela fait des décennies que l’on nous parle de mondialisation, mais cela se limite essentiellement à des domaines économiques, politiques, militaires, judiciaires, en bref, institutionnels et à intérêts financiers. Cette mondialisation par l’argent n’a pas permit de faire disparaître le communautarisme et a même tendu à le renforcer car « La culture n’est pas une marchandise. Les peuples veulent échanger leurs biens mais ils veulent garder leur âme », expliquait Jacques Chirac. La juste nature de la mondialisation n’est pas encore apparue : la naissance d’une conscience planétaire rassemblant toutes les communautés à travers le globe dans une réflexion multiculturelle pour le bien commun. C’est un projet ambitieux et je ne suis même pas certain d’en voir l’accomplissement de mon vivant, pour autant que l’humanité parvienne à l’accomplir, mais c’est ce qui me semble être le mieux pour faire progresser notre société dans la bonne direction. Au lieu de nous assoir confortablement sur nos acquis, nous devons sans cesse chercher à rendre le monde meilleur, à le faire évoluer. Selon Constantin Stanislavski, « La jeunesse doit non seulement assimiler tout ce qu'a créé la vieille culture, mais élever la culture à une hauteur nouvelle, inaccessible aux gens de la vieille société ». L’étape supérieur de notre culture, quelle qu’elle soit, devra passer par la mise en commun des efforts de toutes les communautés. Mais je m’égare.


Dans mon cercle du Soi, j’ai opposé la Culture à l’acédie. Tiens, même mon correcteur orthographique de Microsoft Word 2011 ne connaît pas ce mot. Ce n’est qu’à moitié étonnant car il n’est plus employé depuis longtemps, sauf peut-être dans certains cercles hautement cultivés en matière de langue française. Qu’est-ce que l’acédie ? Pourquoi est-elle dangereuse ? Et bien pour une fois, je vais laisser la parole à quelqu’un d’autre : Charles Consigny, un jeune homme de 22 ans, a émis un réquisitoire très intéressant sur le sujet sur le site du journal Lepoint et a déclenché une vague de commentaires très intéressants eux aussi. Je vous mets le lien ci-dessus et, si jamais le texte venait à disparaître pour une raison ou une autre, prévenez-moi et je le remettrai aussitôt en toutes lettres : je l’ai archivé dans mes dossiers personnels au cas-où.

 

Simple consigne pour lire cet article, ne vous laissez pas avoir par l'instrumentisation effectuée par le journal pour l'utiliser afin de critiquer le gouvernement actuel (ce qui est plus facile que de chercher des solutions, soit-dit en passant). Ce problème ne concerne pas uniquement la politique de gauche ni même seulement les deux derniers présidents, mais une période de temps bien plus étendue selon mon point de vue. Bonne lecture à tous.


http://www.lepoint.fr/invites-du-point/charles-consigny/la-jeunesse-francaise-est-elle-frappee-d-acedie-13-05-2013-1665859_1449.php


Je vous donne rendez-vous à très bientôt pour la suite.


 

Prochain  article : LA SINCÉRITÉ

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