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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

M'ECRIRE

 

LIEN VERS MON NOUVEAU BLOG

Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 15:33
CHAPITRE DIX-SEPT
 
2259 unités de temps du 53ème jour de la quatrième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ fabrique de munitions humaines, zone industrielle de la ville assiégée de Passadonis, Yvalos V, système Irulan.
      Le jour commençait à tomber sur cette partie de Yavlos V. La forêt entourant la ville en ruine de Passadonis commençait doucement à s’éveiller alors que les oiseaux chantaient et que les petits rongeurs sortaient de leurs terriers à la recherche de nourriture. L’un d’eux, une petite musaraigne, s’aventura jusqu’au pied d’un chêne plusieurs fois centenaire pour y rechercher quelques glands à grignoter. Courrant au milieu des énormes racine de l’imposant végétal, il inspecta minutieusement les graines tombées à terre, avant d’en apercevoir une particulièrement grosse qui attira immédiatement son regard.
      Le petit animal se précipita alors vers ce formidable repas qui s’offrait à lui… et se cogna contre quelque chose, tombant à la renverse sous la force qu’avait donné sa vitesse à l’impact. Il se releva aussitôt, craignant qu’un autre animal ne se soit interposé, mais ne vit rien. Le gland était toujours là, encore plus gros qu’il ne l’avait crut à première vue. Il s’approcha alors plus doucement cette fois, mais là encore il rencontra un obstacle, apparemment invisible. Quelque chose se dressait entre lui et son festin. Quelque chose de grand.
      La musaraigne gratta prudemment ce mur invisible de ses petites pattes griffues, tentant de comprendre de quoi il s’agissait. Mais soudain, il reçut un puissant choc, si fort qu’il l’envoya voler à plusieurs mètres de l’objet de ses désirs. Faiblement blessé et terrorisé par cet ennemi invisible, le petit être renonça à son repas et préféra fuir.
      Irul se demanda comment cet animal avait put le repérer alors qu’il était resté parfaitement immobile. Peut-être que son odeur l’avait trahit ? Ou peut-être était-ce un pur hasard qui avait conduit le rongeur jusqu’à lui. En tout cas, il valait mieux faire attention à la faune environnante, car elle pourrait contenir des dangers inconnus dont Elda et lui n’avaient pas vraiment besoin. Le fait d’avoir des ennemis dans les deux camps de la guerre réduisait déjà de beaucoup leur espérance de vie, et être les proies d’un éventuel prédateur local serait faire s’acharner le sort contre eux.
       Les deux sangheilis avait courut autant qu’ils l’avaient put, loin à travers la forêt qui, et loin de toute position tenue par l’Alliance. Une fois arrivés à bout de souffle, ils s’étaient résolu à se reposer un peu, avant de décider de ce qu’ils allaient faire.
        C’est alors qu’un vaisseaux de transports et plusieurs chasseurs Séraphins traversèrent le ciel, et Irul surveilla leur trajectoire à travers le feuillage de la forêt. Il alla se perché sur une haute branche d’un arbre centenaire afin d’observer la zone industrielle à la jumelle, attendant que l’escouade Delta sorte de l’usine. Le terrain tout autour de la grande structure humaine n’était plus qu’une vaste étendue de cratère et de débris à moitié volatilisés sous le bombardement, et déjà de nombreuses troupes de l’Alliance étaient en train de s’y regrouper pour inspecter les quelques décombres fumantes. Les sangheilis de l’escouade Delta surgirent brusquement de l’usine, deux d’entre eux soutenant le corps inconscient du capitaine Arko, et furent immédiatement transporté par le vaisseau Phantom jusqu’au croiseur de combat positionné en orbite basse. Espérons que le capitaine se remettra rapidement…
      Irul descendit alors de son poste d’observation improvisé pour rejoindre Elda. L’énergie de leurs armures allait bientôt s’épuiser à force d’user autant de leur système de camouflage, et il décida donc de les désactiver. Même si c’était un risque à courir, la probabilité qu’on les retrouve immédiatement restait assez faible. Par contre, si l’armée entamait des opérations de recherche à grande échelle, le problème serait totalement différent.
            - Nous devons quitter cette planète, annonça calmement Irul. Si nous restons ici, tôt ou tard, il nous trouverons.
            - A quoi est-ce que tu penses ? fit Elda à moitié inquiète.
            - Nous pourrions nous emparer d’une navette de transport pour aller jusqu’en orbite, puis tenter de trouver un vaisseau humain en état pour un voyage en sous-espace parmi les épaves de la bataille spatial.
            -   Est-ce que tu réalises les probabilité que cela se réalise, Irul ?
            -   Oui, parfaitement. Mais c’est notre meilleure chance de survivre plus d’une journée.
       Elda aurait voulu le contredire, mais aucun argument ne lui vint. Irul avait vu juste : c’était leur seule porte de sortie, aussi folle qu’elle soit.
            -   Mais si nous volons une navette de l’Alliance, remarqua-t-elle, ils saurons que c’est nous.
- C’est pourquoi nous avons besoin d’un appareil humain. Il y a une base aérienne ennemie à quelques kilomètres d’ici, enfouie sous cette montagne.
      Irul désigna du doigt un énorme massif montagneux qui se dressait non loin de leur position, et dont le sommet enneigé reflétait faiblement les derniers rayons du soleil couchant. Elle parut soudain à Elda comme une impressionnante forteresse naturelle, ce qui n’était pas loin de la vérité.
-   L’Alliance a préféré concentrer ses forces au niveau de la ville, et n’a envoyé que quelques troupes établir un blocus autour de cette base. Nous devrons donc nous y infiltrer et voler une navette spatiale aux humains, ce qui sera beaucoup plus difficile que de passer le blocus.
-   Alors nous devons nous mettre en route immédiatement, fit Elda. Si nous perdons trop de temps ici, nous risquons d’être découverts.
       Les deux sangheilis prirent alors soin de recouvrir leurs traces, comme ils avaient l’habitude de faire sur leur planète d’origine lors des chasses, puis prirent la direction de l’énorme montagne. La végétation promettait de leur offrir un épais couvert jusqu’à leur objectif, ce qui empêcherait d’éventuelles patrouilles aérienne de les repérer, et permettrait d’éviter facilement des troupes de recherches terrestres.
       Alors qu’ils marchaient à pas rapide, d’un rythme qui donnait le meilleur rendement vitesse/dépenses énergétiques, Elda tourna la tête vers son coéquipier pour lui dire :
            - Au fait, Irul. Je ne t’ai pas encore remercié pour m’avoir sauvé tout à l’heure.
            - Ce n’est rien. Le fait de te voir en vie suffit à me récompenser.
            - Mais pourquoi as-tu pris autant de risque ? Tu aurais put te faire tuer ! Et maintenant encore tu risque de mourir à cause de moi. Pourquoi ?
       Irul ne comprit pas tout de suite le sens de cette question. Pour lui, il était normal de protéger Elda, même au prix de sa vie. Après tout, c’était la mission qu’on lui avait confié. Le capitaine Arko avait placé toute sa confiance en lui, et le fait d’échouer serait d’une honte impardonnable. Mais plus il réfléchissait, plus il sentait que ce n’était pas la vraie raison. Je voudrais croire que ce n’est qu’une question d’honneur quant à la réussite de ma mission… mais il y a autre chose. Quelque chose de plus profond, que je ne parviens pas à définir clairement.
        Le sangheili se sentait perdu. Les mâles de sa race avaient l’habitude de ne pas laisser leurs sentiments les envahir sur le champ de bataille, car cela laissait place à la confusion, mettant en danger leur vie et celles de leurs coéquipiers. Il était de coutume parmi les sangheilis d’effectuer de profondes méditations pour se purifier de ces pensées inutiles, tout comme il était de coutume de prononcer les litanies de haines avant le début d’une bataille. Tout ceci n’avait pour but que de laisser place à la seule ardeur du combat et à la férocité guerrière qui avait fait la réputation de leur race.
        Pourtant, Irul doutait. Il doutait de la nécessité de tout ceci. De tout cet endoctrinement qui leur apprenait que seul comptait l’honneur, qu’ils n’existaient que pour servir les prophètes, et que seuls les mâles sangheilis étaient dignes de participer à la Sainte Croisade. Tous ces dogmes lui semblaient subitement absurdes, tandis que ses émotions longtemps enfouies au fond de lui remontaient lentement à la surface. Ses sentiments lui apparurent de plus en plus clairement à mesure que les brumes de son endoctrinement se dissipaient, et il finit par trouver un semblant de réponse à la question d’Elda :
            - Peut-être que… je me suis attaché à toi.
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31 mai 2007 4 31 /05 /mai /2007 13:33

Petite information concernant l'avancée du dernier épisode de The Heretic en VOST : la traduction est terminée à 100%, et il ne me reste plus qu'à l'hébergé. Par contre, il semblerait que je sois obligé de couper l'épisode en trois, et non en deux parties comme je le pensais, du fait du poids de la vidéo (je pourrais aussi réduire la qualité, mais c'est pas ce que je préfèrerais faire...). Pour l'envoyer, je ferais cela demain, car je serai à Nancy où je pourrais accéder à un bien meilleur débit d'upload. Si tout ce passe correctement, je devrais pouvoir les mettre sur Daily Motion en une demi-heure à peine.

Sinon, pour ceux qui ont connu mon ancien projet de machinima Halo 2 Unlimited, sachez que je vai terminer les épisodes 3 et 4 pendant ces vacances, car cela me chagrinait de ne pas les avoir fini. Il n'y a plus besoin de faire de tournages (à part quelques scènes en mode campagne dont je m'occupe moi-même), donc le plus gros morceau du bouleau est fait. Je vous tiendrez informés de l'avancée globale du projet.

Mais sachez qu'une fois que ce sera fait, je commencerai un autre machinima quelque peu semblable... sur Halo 3.

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30 mai 2007 3 30 /05 /mai /2007 12:00
CHAPITRE SEIZE
 
2236 unités de temps du 53ème jour de la quatrième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ fabrique de munitions humaines, zone industrielle de la ville assiégée de Passadonis, Yvalos V, système Irulan.
     Alors qu’à l’extérieur de l’usine, l’enfer se déchaînait sous la forme d’un intense bombardement effectué par plus d’une vingtaine d’appareils Séraphins, l’escouade Delta en explorait l’intérieur le plus furtivement possible. Leurs systèmes de camouflage leur avaient permis d’éliminer les quelques gardes qui surveillaient l’entrée principale du bâtiment sans donner l’alerte, ce qui laissait l’effet de surprise intact. Mais il était clair que les humains allaient très vite se douter des intentions de l’Alliance en voyant que les bombardiers au dehors ne ciblaient jamais l’usine de munitions. Au moins cela dissuadera l’ennemi de tenter une évacuation d’urgence, se dit Irul. Et s’il restent terrés ici, ils n’ont aucune chance. Nous n’avons plus qu’à leur faire penser le contraire.
      Le bâtiment présentait tous les défauts de l’architecture humaine : sale, mal conçu et étroit. Il n’y avait absolument aucune logique apparente dans l’organisation des couloirs, conduits et cages d’escaliers, ce qui ne faisait pas de l’orientation une chose facile. Cependant, il était facile de comprendre que si les humains souhaitaient protéger un de leur officier, ils le placerait dans les profonds sous-sols de la structure, là où ils serait le plus à l’abris du bombardement. L’escouade Delta descendit donc au plus bas étage possible, éliminant sans remord les quelques gêneurs qui tentaient vainement de leur barrer la route.
       C’était dans ces tréfonds de l’usine que se trouvaient la plus grande partie des stocks de munitions produits. Les sangheilis traversèrent des salles remplies d’énormes caisses de métal dans lesquelles reposaient d’innombrables balles de calibre moyen, qui n’attendaient que d’être utilisées. Irul fit bien attention à ce qu’aucun membre de l’escouade ne ramasse une arme humaine, et particulièrement Naaldi qui savait très bien les utiliser.
        Soudain, Elda aperçut la cible.
        L’officier humain était au milieu d’un tas de caisses alignées en un grotesque muret défensif, protégé par une bonne trentaine de soldats bien armés et déterminés. Ce dernier carré désespéré se trouvait au fond de la dernière salle d’entrepôt, séparé du reste des caisses de munitions par une courte zone découverte d’une dizaine de mètres. Trop facile. Il y a un piège.
         Irul demanda au capitaine d’ordonner un arrêt, et celui-ci fit un signe de la main pour inciter tout le monde à rester à couvert. Irul passa alors furtivement sur le côté droit et vit les meurtrières creusés dans le mur latéral. De nombreux canons d’armes en dépassaient faiblement, traquant le moindre indice d’une présence ennemie, mais semblaient n’avoir pas détecté le sangheili camouflé. Prenant toutes ses précautions, celui-ci longea alors rapidement le mur jusqu’au petites ouvertures, et y glissa toutes les grenades à plasma qui lui restait. D’intenses cris de douleurs retentirent avant même les explosions qui emportèrent avec elle les quelques humains terrifiés. Irul jeta un regard furtif à travers l’une des meurtrières pour s’assurer qu’il ne restait aucun ennemi valide de l’autre côté, puis vérifia qu’il n’y avait pas de piège semblable dans le mur opposé, avant de rejoindre au plus vite ses coéquipiers. Dès qu’il eut donné le signal de « tout va bien », le capitaine Arko ordonna l’assaut.
          Les huit sangheilis foncèrent vers les derniers humains en une manœuvre d’encerclement avec deux guerriers sur le flanc gauche, deux sur celui de droit, et quatre au centre. Leur charge fut d’une férocité incroyable, emportant en un instant la moitié des humains sans qu’ils ne comprennent ce qui leur arrivait. Les autres comprirent rapidement qu’ils n’avaient aucune chance, mais continuèrent de se battre avec détermination. Lorsque le dernier d’entre eux tomba à terre, sa tête arrachée par la force sans pareil de Karji, un grand calme s’empara des sangheilis.
     Le capitaine Arko était étendu sur le sol, immobile.
     Irul s’empressa aussitôt de vérifier ses signes vitaux. Il fut heureux de constater que son officier n’était pas mort, seulement inconscient. Mais alors qu’il se relevait pour l’annoncer aux autres, il vit le poing de Naaldi fondre sur lui. Irul esquiva le coup en effectuant une roulade en direction d’Elda, qu’il tenta de couvrir avec son propre corps. Le vétéran leva alors son fusil à plasma dans sa direction en disant calmement :
            -   Irul, écarte-toi s’il te plait.
            -   Jamais ! De toute façon tu ne peux pas la tuer devant autant de témoins ! Renonces et le capitaine se montrera peut-être clément.
            -   Des témoins ? répéta Naaldi avec amusement.
        Les autres membres de l’escouade levèrent un à un leurs armes en direction d’Elda, mais Irul continua de s’interposer. Alors ils faisaient tous parti du complot ? … et moi qui les trouvais sympathiques. Finalement, ce ne sont que des brutes dépourvus de raison. Ils sont prêts à tuer un membre de leur race sans même sourcilier, et ils ont même osé frapper le capitaine pour cela. Que les dieux leur pardonne cet acte monstrueux.
            -   Si tu veux la tuer, Naaldi, il faudra d’abord me tuer moi !
            - Pourquoi mourir pour une femelle, Irul ? Ce ne sont que des procréatrices. Elles n’ont rien à faire au sein de l’armée. Le combat est une chose sainte qui leur est à jamais interdit, et je ne permettrai à aucune d’entre elle de porter une armure.
            -   La tolérance est une faiblesse ! renchérit Karji. Seuls les mâles sangheilis possèdent l’union de la force physique et de la détermination spirituelle pour suivre le Grand Voyage à travers la Sainte Croisade.
            -   C’est faut ! répliqua Irul. Elda est la preuve vivante que les sangheiles sont capables autant que nous de suivre la voie du Guerrier, et de mériter leur place auprès des dieux en combattant les ennemis de l’Alliance.
            - Mais elle va mourir, et toi avec si tu te refuse à nous laisser faire. Alors sois raisonnable et écarte-toi.
        Irul chercha désespérément une solution. Il savait qu’essayer de raisonner ses coéquipiers ne serviraient à rien, mais cela lui donnerait un peu de temps pour réfléchir. Face à autant d’ennemis puissants, l’affrontement direct n’était pas une solution, même avec la terrible épée à énergie qu’il avait toujours sur lui, d’autant qu’il ne souhaitait blesser aucun de ses frères, et encore moins les tuer. La fuite était la seule option envisageable, mais il lui fallait un moyen.
         Son regard parcourut rapidement la pièce à la recherche de quelque chose qui pourrait l’aider, et s’arrêta sur les caisses de balles qui se trouvait à côté de lui. L’une d’elle était ouverte, et cela donna une idée à Irul. Cependant, avant de le mettre à exécution, il devait en savoir plus :
            -   Qui vous a ordonné d’abattre Elda ?
        Les autres sangheilis s’échangèrent alors des regards surpris en chuchotant entre eux, avant que Naaldi se retourne vers Irul, apparemment amusé de cette question :
            -   Pourquoi penses-tu qu’on nous a ordonné de faire cela ? Lorsqu’on nous a annoncé l’arrivée de cette… chose, nous avons immédiatement délibéré en secret, et nous sommes tombé d’accord sur le fait qu’elle ne méritait pas de vivre. 
            -   Alors une dernière chose avant que tu ne nous tues tous les deux : je veux savoir qui à tirer sur Elda lors de notre mission de la base de ravitaillement.
        Naaldi se tourna alors vers son partenaire vétéran, Karji, dont les mandibules étaient largement écartées dans un signe de satisfaction, ainsi que d’une expression de défit. Le puissant sangheili plongea son regard dans celui d’Irul comme si ses yeux avaient été des épées, mais celui ne broncha pas. Le jeune guerrier serra les dents et le poing pour contenir sa rage. Mais cela ne suffit pas, et il porta sa main à sa bouche pour y mordre un grand coup, faisant couler son sang à faible goutte. Puis il brandit le poing en direction de Karji et annonça :
            - Je jure par mon sang de te faire connaître la souffrance éternelle à la Basilique des Tourments.
            -   Ah ah ah ! ricana Karji à pleine voix. Pour cela mon petit, il faudra d’abord que tu renaisse de tes cendres, car c’est tout ce que je laisserai de toi ! Et après, je m’occuperai de ta maudite femelle !
            -   Désolé de te décevoir, mais tu ne nous feras rien.
            -   A bon ? Tu crois peut-être que nous allons gentiment t’obéir et vous laisser partir ?
            -   Non, je n’ai pas besoin de ton accord pour ça.
     Sur ces mots, Irul plongea sa main dans la caisse de munitions pour jeter autant de balles qu’il le put en direction de Kaarji, et alors qu’elles étaient encore dans les airs, il tira une salve de son fusil plasma. Plusieurs tirs touchèrent une balle et les firent exploser, créant une réaction en chaîne dont la force équivalait à deux grenades à fragmentation humaines. Le souffle projeta les sangheilis au sol tandis qu’Irul et Elda coururent vers la sortie.
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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 18:23

Et oui, ça y est, me partiels sont terminés! Cela veut dire que j'ai du temps à consacrer pour mes écritures, et bien d'autres choses (qui a dit "béta d'Halo 3" ?).

J'ai déjà deux chapitres prêts pour Troubles dans l'Alliance, dont le premier se trouve juste en dessous de ce post. Bien que la trame principale n'évolue pas trop dans ce chapitre, le deuxième est terriblement important, et il sera disponible dès demain midi ! Mon rythme d'écriture devrait être à peut prêt rapide, donc attendez-vous à un chapitre au moins tous les deux jours.

Concernant le septième et dernier épisode de The Heretic, j'ai finalement réussi à la télécharger en entier (note tout à fait inutile: il est excellent) et j'ai commencé la traduction. Il devrait être disponible sur DailyMotion d'ici deux tris jours, Dimanche après-midi au grand maximum. Du fait de sa grande longueur (26min25), je serai obligé de le couper en deux, et cela me prendra plus de temps que d'habitude pour l'uploader. Patience, donc, c'est bientôt fini.

En attendant, je vous laisse donc avec le quinzième chapitre de Trouble dans l'Alliance (plus j'écrit, et plus je sens qu'elle va être longue, cette fanfic...). Bonne lecture à tous!

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29 mai 2007 2 29 /05 /mai /2007 18:20
CHAPITRE QUINZE
 
2225 unités de temps du 53ème jour de la quatrième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ ville assiégée de Passadonis, Yvalos V, système Irulan.
            - Escouade Delta ! fit Irul. Ici éclaireurs. Nous avons réglé le problème. Continuons notre progression vers l’objectif. Terminé !
        Irul prit un échantillon de sang du sangheili mort dans l’un des tubes normalement utilisé pour contenir les magnétiseurs de rechanges pour son fusil plasma. Ces petits appareils en forme de cône servaient à polariser le plasma contenu dans l’arme afin de le diriger vers le canon à grande vitesse. Leur inconvénient était d’être assez sensibles à la chaleur, allant jusqu’à fondre partiellement lors des surchauffes, ce qui modifiait leur forme et réduisait énormément la précision. Chaque sangheili devait en emmener au moins un de rechange en mission, mais Irul n’avait pas trop de scrupule à se débarrasser de celui-ci. Les sages conseils de Karji lui avait éviter beaucoup d’ennuis techniques avec son équipement, et il était extrêmement rare qu’il fasse surchauffer son arme, surtout avec le nouveau contrôleur de température intégré aux armures sangheilis. J’ai bien plus besoin de savoir qui est ce sangheili. Je confierai cela au capitaine pour qu’il le fasse analyser.
       Après cela, Irul et Elda reprirent leur progression vers les usines de la villes. Ils les atteignirent en quelques minutes sans rencontrer aucun autre humain, et commencèrent à repérer le terrain. Il y avait là un entrepôt de produits chimique, plusieurs installations de sidérurgie et d’informatiques, et une énorme fabrique de munitions dans lequel le chef humain devait se trouver. Irul activa alors sa radio et entama son rapport :
            - Escouade Delta, ici éclaireurs ! Nous avons le bâtiment-cible en vue. Présence de nombreux tireurs d’élites sur les toits, ainsi qu’une paire de batteries anti-aériennes.
            -   Ici capitaine Arko ! Selon vous, quelle est la partie la plus vulnérable de leur dispositif de défense ?
        L’officier sangheili avait lu les rapport du précédent lieutenant de l’escouade, et y avait vu les prouesses tactiques d’Irul. Il avait entièrement confiance en lui pour ne pas risquer inutilement la vie de ses camarades dans un plan suicidaires. Le soldat utilisa ses macro-jumelle à leur agrandissement maximum et observa méticuleusement chaque secteur de la zone industrielle. Il balaya du regard chaque parcelle de terrain plusieurs fois avant de donner son verdict :
            -   Eliminer les snipers un a un prendrait trop de temps et leur permettrait d’organiser leurs défenses. Les batteries anti-aériennes me semblent beaucoup plus faciles à éliminer. Je propose qu’Elda et moi-même allions faire sauter l’une d’entre elle et que le reste de l’escouade se charge de l’autre. Une fois cela fait, nous pourrons demander un soutient aérien pour faciliter notre entrée.
            -   Bien, fit Arko. Donnez-moi les coordonnées de notre cible, et attendez que nous soyons en position.
     Les deux batteries étaient assez éloignées l’une de l’autre, ce qui rassurait Irul dans le fait que les autres membres de l’escouade Delta n’approcheraient pas Elda durant cette partie de l’opération. Celle qu’il allait devoir neutraliser avec la sangheile se trouvait au sommet d’une petite colline un peu à l’écart de la zone industrielle, ce qui en faisait une cible facile. Quant à celle que devait atteindre le reste de l’escouade était au milieu d’un parking, où les humains avaient aménagé des barricades avec les carcasses des voitures laissées là.
      Arko et ses sangheilis arrivèrent en vue de la zone quelques minutes plus tard. Irul avait déjà prit ses précautions pour s’éloigner d’eux, et il leur était donc impossible d’avoir un visuel sur Elda. Dès que tout le monde fut en place, le capitaine ordonna l’assaut.
       Le plan d’Irul était d’infiltrer les faibles défenses de la colline tandis qu’Elda lui fournirait un tir de couverture avec son sniper. Il ne voulait pas lui faire courir le risque de se retrouver encercler par l’ennemi. Et si jamais il se faisait lui-même tuer, elle pourrait toujours s’échapper et rejoindre l’escouade Delta. Bien qu’il y ait d’autres ennemis encore plus dangereux parmi eux…
        Irul activa son dispositif d’invisibilité et avança parmi la végétation entourant la colline. Le vent y soufflait vivement, et le mouvement du feuillage environnant rendait la faible perturbation de son camouflage y était totalement imperceptible. Une sentinelle passa devant lui, et mourut l’instant d’après avant de s’effondrer dans un buisson, la nuque brisée. Irul fonça à découvert jusqu’à la tranchée qui encerclait la colline et s’y jeta. Aucun coup de feu n’avait retentit. Très bien. Je n’ai pas été détecté. Maintenant, il s’agit de frapper vite et bien.
        La tourelle anti-aérienne n’était plus qu’à quelques dizaines de mètres devant lui et son seul moyen de la détruire était l’unique charge de démolition qu’il portait à la ceinture. Mais il devait d’abord sécuriser une partie de la tranchée pour éviter de se retrouver encercler une fois le travail accompli. Il dégaina alors l’épée plasma qu’il avait récupérée sur le corps du sangheili ennemi, avant de foncer sur le premier humain qu’il rencontra. Massacrant toute personne se trouvant sur son chemin, il traversa la moitié de la tranchée en laissant dans son sillage une rivière de sang et de cadavres. Une sirène d’alarme diffusa un son strident dans toute la zone, et les soldats ennemis commencèrent à se regrouper.
        Irul en profita pour foncer en direction de la batterie de missiles sol-air et y placer sa charge de démolition. La petite installation disparu dix secondes plus tard dans un flash aveuglant suivit d’une grande explosion bleutée. Alors qu’il tentait de quitter la zone, des tirs commencèrent à siffler aux ouïes du sangheilis. C’est alors qu’il aperçu des tirs de snipers à plasma jaillir de la position d’Elda. Plusieurs crânes humains éclatèrent sous ses décharges extrêmement précises et Irul put alors la rejoindre en toute sécurité. Dès qu’il fut auprès d’elle, il activa sa radio :
            - Escouade Delta, ici éclaireurs ! Objectif atteint. En attente d’ordre.
            - Eclaireurs, ici Arko ! Nous sommes pris pour cibles par des tireurs d’élite. Impossible d’atteindre notre cible dans la situation actuelle. Vous devez prendre l’ennemi à revers pour nous permettre d’avancer.
            -   Bien reçut. On arrive !
        De là où ils étaient, Irul et Elda pouvaient voir nettement les nombreux tirs et explosions qui parcouraient le parking, à seulement quelques centaines de mètres de leur position. Les humains s’y rassemblaient comme des ungoys attirés par une réserve de méthane, mais l’escouade Delta tenait bon. Ils s’étaient mis à couvert dans un petit bunker creusé au pied d’une installation énergétique, à la périphérie du parking. Irul activa ses macro-jumelles pour localiser les tireurs d’élite ennemis. Ils étaient cinq, postés sur le toit de l’usine chimique, et disposaient d’une garde rapprochée d’une quinzaine de soldats. Malheureusement pour eux, ils se trouvaient justement entre l’escouade Delta et les deux éclaireurs sangheilis.
            -   Elda ! fit calmement Irul. Cette fois-ci, tu ne pourras pas me couvrir de loin. Il suffirait que tu tires une seule fois pour que tous les snipers ennemis se retourne contre toi, et tu n’aurais alors aucune chance. Il vas donc falloir que tu viennes avec moi.
            -   J’y suis prête ! annonça-t-elle en échangeant son sniper contre une carabine à plasma.
      Ils ne perdirent pas une seule seconde et foncèrent vers l’usine, leurs camouflages optiques activés et les armes au clair. Irul attendit de se trouver juste devant la première sentinelle pour activer son épée plasma, éliminant ce gêneur d’un simple revers sans même ralentir l’allure. Tandis qu’ils gravissaient quelques escaliers qui menaient jusqu’aux toits, les deux sangheilis vérifièrent une dernière fois leurs armes. Puis ils virent leurs victimes.
      Trois humains gardaient l’escalier, mais aucun d’entre eux ne vit la mort invisible qui s’abattit sur eux, et ils furent massacrés en un instant sans que les sangheilis n’eurent à tirer. Les autres résistants ennemis se retournèrent immédiatement en entendant crier leurs compagnons. Ils tirèrent en aveugle et en automatique, espérant toucher quelque chose, mais Elda et Irul s’étaient déjà évanouit dans le décors. Leur seconde attaque le mena au beau milieu de la bande d’humains, qui pensaient être plus en sécurité s’ils étaient regroupés. Irul en trancha trois d’un simple coup d’épée. Elda ouvrit l’estomac d’un ennemi avec sa lame de combat tandis qu’elle en mitraillait deux autres de son fusil plasma.
      De simples humains ne valaient rien contre de vrais guerriers sangheilis en combat rapproché, même s’ils se battaient à six contre un. Les boucliers des soldats de l’Alliance encaissèrent les quelques faibles coups qu’eurent le temps de placer leurs adversaires avant de mourir. En à peine quelques seconde, toutes les vies autres que celles d’Irul et d’Elda avaient quitté cet endroit. 
           - Escouade Delta ? Ici éclaireurs ! La voie est libre. Faites ce que vous avez à faire.
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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 23:46

Le milieu des machinimas (films tournés sur un jeu vidéo) connait une expension terrible en france ces derniers temps. Il y a seulement un an, le nombre de projets réalisés dans l'hexagone se comptait sur les doigts de la main, et aujourd'hui il existe des dizaines de personnes travaillant dans ce milieu, et de nouveux films apparaissent chaque mois, avec plus ou moins d'importance. Bien sûr, beaucoup de ces films ne sont que des bouts d'essai ou des coups de délire entre copains pour se détendre et faire rire. De ce fait, il existe trés peu de projets sérieux basés sur des histoires intéressantes qui s'insèrent vraiment dans l'univers du jeu, et particulièrement en ce qui concerne mon jeu fétiche: Halo. (note: le premier qui me parle de Red VS Blue comme d'une référence dans le genre, je le claque)

C'est pourquoi quand une nouvelle équipe jeune motivée se décide à réaliser un film de ce genre, il est normal d'en parler.

Imaginez le premier contacte entre les humains et les covenants, sur la planète Harvest, en l'an 2525. Une incroyable flotte de ces aliens béliqueux surgit du sos-espace et fait débarquer ses troupes en masse à la surface, anihilant toute résistance humaine sans la moindre pitié. Tout semble perdu pour les colons de cette petite planète éloignée. Mais l'espoir renaît sous la forme de trois spartans, envoyés pour combattre l'envahisseur extraterrestre et connaître ses motivations. Voici comment début l'histoire de Tribal Halo.

Créée par le trés motivé Jo725, cette série est tournée par Xbox Connect (connection multi-console) et possède une large équipe, mais cherche toujours des personnes volontaires pour les aider, particulièrement des acteurs et des voix. Si vous souhaitez en savoir plus sur ce projet ou si vous souhaitez participer à l'aventure, vous pouvez aller sur son site (maintenant disponible dans les liens du blogs) afin de lire l'interview faite sur le blog d'Arbiteur-Major, ou d'aller parler directement aux membres de l'équipe sur le forum.

Voici pour finir un petit trailer réalisé pour le projet, avant le début des tournages. Une autre bande-annonce devrait arriver trés prochainement avec cette fois-ci des extraits des épisodes à venir.

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27 mai 2007 7 27 /05 /mai /2007 10:35
14. Besoin de paix :
      Lorsque mes yeux daignent se relever, le soleil est déjà haut. J’ai débranché mon réveil pour que les rêves de cette nuit durent le plus longtemps possible, et ne finissent pas sur un bruit inhumain. Impossible donc de savoir quelle heure il se fait, mais je m’en moque complètement.
      Constance dort encore, blottie contre ma poitrine, ses bras n’ayant jamais cessé de m’enlacer ; les miens non plus d’ailleurs. Et je serais bien incapable d’arrêter cet état de fait, même si le monde entier s’écroulait. Elle dort profondément, arborant un magnifique sourire qui me prouve son bonheur, ce bonheur que je m’étais promis de lui donner.
       Soudain, elle se réveille, lentement, ses yeux semblant avoir à soulever leur propre rêverie pour s’ouvrir une nouvelle fois, d’un regard nouveau. Peut-être est-ce le changement de ma respiration entre le rêve et l’éveil qui l’a réveillé ? Ou est-ce encore une preuve de notre parfaite harmonie ?
    - Tu es réveillé ? fait-elle d’une voix encore à moitié endormie tout en s’étirant.
                - Depuis quelques secondes à peine.
       Elle ferme alors les yeux un instant, comme pour prendre l’élan spirituel nécessaire pour effectuer le bond pour sortir de la brume du sommeil. Battant légèrement des paupières, elle lâche dans un soupire de satisfaction infinie :
                -   Oh, quelle nuit !
       Oui. Quelle nuit ! Inoubliable, indescriptible, une transcendance à travers les sept cieux. C’était ma première expérience, et c’était exactement comme je le voulait, et à l’image de Constance : parfait.
        Et là, mes yeux dans ses yeux, je me dit que je ne laisserait rien aller contre notre bonheur. J’ai attendu cela toute ma vie, et elle aussi. Maintenant que nous nous sommes enfin trouvé, aucun de nous deux ne quittera l’autre volontairement. Il y a tant d’amour dans son regard qui plonge en moi, tout comme je plonge en elle. Nous sommes immergé en l’autre, mais pas en apnée. Nous vivons en l’autre, nous avons donné une part de nous-même en l’autre, déplaçant notre centre de gravité sentimental. S’éloigner de l’autre, désormais, ce serait s’éloigner de nous-même, et se déchirer, pour n’avoir plus qu’un souvenir de ce que nous étions.
      Jamais je ne la quitterai. Plus jamais. Et elle non plus, ne me quittera pas. J’ai toujours craint que mon grand amour soit une femme à l’amour fragile, et que notre relation ne vive que brièvement. Mais désormais, cette peur n’a plus raison d’être.
      Brusquement, des visions de la gare à feu et à sang me viennent à l’esprit. Cette horreur à laquelle nous avons échappé, il n’y a même pas vingt-quatre heure. Hier, nous étions camarades de classe, et aujourd’hui, nous sommes amants. Est-ce que notre confrontation face à la Mort y est pour quelque chose ? Non. Mes sentiments dataient de bien longtemps. En fait, je l’ai aimé dès la première fois que je l’ai vue. Et elle ? Depuis-quand m’a-t-elle laissé entrer dans son cœur ? Je revois là tous ces regards plein de tendresse qu’elle m’avais offert de son plein grès depuis bien longtemps. Voulait-elle me montrer ce qui était en elle ?  
     Et maintenant, que veut-elle ? Que souhaite-t-elle me faire comprendre à travers son doux regard ? … Elle veut être protégée. Depuis son ouverture mentale vers le monde elle se moquait de mourir, mais craignait de ne rien laisser d’elle après sa mort. Maintenant, tout à changé en elle. Elle a frôlé la Mort, et s’est rendu compte qu’elle en a peur. Elle a besoin de réconfort et d’amour, de beaucoup d’amour. Ces récents évènements qui ont fait des millions de victimes –victimes dont on aurait très bien put faire partie- l’ont terrorisé. Il faudrait que je trouve un moyen de l’écarter de tout ça, pour qu’elle récupère réellement, et moi aussi.
        Je lui propose donc :
                   - Et si on passait les vacances à la campagne ? J’ai mes parents qui habitent dans un petit village de Lorraine où tu te sentirais sûrement très bien, et en sécurité. Ca te dit ?
         Son visage s’illumine alors d’un sourire admirable, de ces sourires dont aucun amoureux ne se lasse jamais, qui vous donnent la meilleure raison d’exister. Je pourrais rester une éternité à regarder ce sourire. Pourtant celui-ci ne dure pas longtemps, balayé par d’autres soucis :
                   -   Oui mais… je dois t’avouer que... je n’ose toujours pas rentrer chez moi.
                   -   Pourtant il faudra bien que tu y ailles aujourd’hui, au moins pour aller chercher de nouvelles affaires. Les autres ont été perdues dans l’attentat.
                   - C’est vrai.
         Mais elle n’était pas vraiment résolue à revoir ses parents si tôt après cette expérience. Elle avait besoin de décompresser et eux aussi. Je décide donc d’aller seul chez elle pour aller chercher le nécessaire.
        Me rendant à l’adresse qu’elle m’a notée sur un papier, je tombe nez à nez avec sa mère qui jardine devant chez elle. Assez charmante malgré un âge certain, elle avait le même regard que sa fille, et un petit peu de son apparence, surtout au niveau de la chevelure qu’elle garde toujours noire. Calmement, je réfléchis à comment lui expliquer ce pourquoi je suis venu. Après quelques réflexions peu concluantes, je décide de jouer franc jeu comme je l’ai toujours fait :
                   -   Bonjours madame Barto ! Je suis un ami de votre fille Constance. Elle vous a peut-être parlé de moi. Célestin Monteaut.
                   -    Oui. Vous êtes le malheureux qui l’a emmenée à la gare ce jour maudit, c’est ça ?
         Dite sur un autre ton, cette phrase m’aurait parue comme un reproche terrible et éternel, mais la femme l’avait prononcé avec une peine amicale, sans aucune agressivité. Pourtant je dois bien me faire pardonner :
                    -    Je suis sincèrement désolé, madame. Je…
                    -   Vous n’avez pas à être désolé. De toute façon si vous ne l’aviez pas emmenez en vacance de neiges nous l’aurions fait. Il parait que vous l’avez sauvée de la catastrophe, bravement, et je vous en remercie du fond du cœur. Mais pourquoi êtes-vous venu et elle non ? Est-ce qu’elle va bien ?
                    -    Elle va très bien. Mais elle est encore sous le choc et elle a besoin de tranquillité. Revenir ici ne lui semble pas être une bonne solution alors je vais l’emmener chez mes parents à la campagne pour l’éloigner un peu de tout cela. Je suis venu vous en demander l’autorisation, et aussi pour chercher quelques affaires pour le séjour. Ses bagages ont étés perdus durant le drame.
        La dame me regarde soudain avec méfiance pendant deux ou trois secondes, puis s’accorde à me faire confiance. Après tout, j’ai sauvé la vie de sa fille. Elle m’invite alors à entrer. Elle monte à l’étage et revient quelques minutes plus tard avec une valise, contenant certainement les affaires nécessaires. Elle me la tend chaleureusement tout en disant :
                     -    Prenez soin d’elle, Célestin. Vous êtes la première personne avec laquelle elle accepte de vivre, et cela fait de vous quelqu’un de spécial. Elle a confiance en vous, donc j’aurai confiance en vous.
                     -      Merci de votre confiance, madame. Je saurai en être digne. Et si par hasard vous voulez nous contacter, voici le numéro de mon portable et celui de la maison de mes parents.
       Je lui tends alors un petit papier sur lequel les deux numéros sont écrits. Elle le prend tandis que je saisis la lourde valise, et nous nous saluons avant que je ne parte retrouver Constance.
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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 12:23
13. La spirale de haine dans le cycle guerrier de l’humanité :
          Nous sommes rentrés chez moi, Constance ne pouvant supporter les larmes de ses parents qu’au téléphone. Son appel fut court et simple, résumant simplement qu’elle allait bien et qu’ils ne devaient pas s’inquiéter. Cet excès d’attention dont elle ne voulait pas sur un sujet qui était terminé est pour elle quelque chose d’à peine supportable. Que des parents s’inquiètent pour leur fille est normal, tout à fait compréhensif, mais Constance a raison : si elle avait été chez elle, ils l’auraient cajolée et protégée pendant au moins une semaine. L’important n’est pas là. Elle a survécu, et c’est tout ce qui compte.
           Pour ma part, je n’ai jamais informé mes parents de ce que je faisais depuis cinq ans. Ils ne peuvent donc pas savoir que j’ai manqué de me mourir, et c’est tant mieux comme ça. Tout le monde s’inquiète, tout le monde a peur, mais les épreuves passées n’ont plus aucune importance dès qu’elles sont franchies. Il est inutile de pleurer sur les souffrances vécues, surtout si ce ne sont pas les nôtres, il faut juste tirer un enseignement de cela, et laisser de côté notre peur qui n’a plus raison d’être.
           Soudain, mon portable se met à vibrer dans ma poche avec la vigueur habituelle de son espèce d’engins. Très peu de personne connaisse mon numéro, principalement parce que je souhaitais que très peu de personne m’appel. Nerveusement, je décroche :
                        -    Oui ? Qui est-ce ?
                        -    Célestin ? C’est Paul ! Dieu que je suis content pour vous. Ca va ?
                        -   Oui, on est juste un peu sonnés. Ecoute, Je penses que nous allons avoir besoin de calme. Si tu veux bien, j’aimerais que toi et Sonia preniez en charge l’organisation un peu plus longtemps que prévu.
                        -    Pas de problème, Célestin. Après ce que vous avez vécu, c’est normal de s’isoler un peu, et nous ferons le maximum pour vous aider.
                        -     Merci Paul. On se revois après les vacances, d’accord ?
                        -     D’accord. Prenez soin de vous tous les deux. Salut !
                        -     Salut Paul !
          Nous restons alors entre nous, seuls comme à notre habitude, une totale harmonie découlant de nos regards. Et mes pensées sont subitement attirées par ce qui s’était passé dans la gare. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Qu’ai-je vu et entendu réellement ? Je n’ai fait que voir et échapper à une explosion, mais qu’est-ce qui a bien put la provoquer ?
          La meilleure façon de le savoir, c’est de regarder les infos. Ce sera peut-être de la manipulation d’information mais j’aurai là au moins une part de la vérité. Et quelques minutes plus tard, le journal de vingt heures début de manière tragique :
                         -   Chers téléspectateurs, c’est un jour tragique pour l’OPI qu’aujourd’hui. En effet, vers onze heures ce matin, une vague d’attentats à la bombe ont frappé les capitales de tous les pays membres sans exception. Le bilan provisoire des morts et disparus s’élève actuellement à 4.3 millions d’hommes et de femmes. Dans la journée, un groupe terroriste inconnu s’appelant l’ « armée des frères du Sud » a revendiqué l’ensemble de ses attentats. Ils menacent de déclencher d’autres explosions toutes aussi meurtrière si l’OPI continuait de fermer ses frontières aux réfugiés qui se massent par milliers devant les barrages militaires et les zones frontières interdites. Les dirigeants de l’OPI sont sur le point de se réunir et je crains que nous ne soyons informés de leur décision que demain matin au plus tôt. Aucune autre information sur la dimension politico-militaro-diplomatique n’a put être trouvée.
                                  « Les pays membres de l’OPI effectueront une minute de silence demain à onze heures trente en mémoire des disparus d’aujourd’hui. Nous retrouvons maintenant notre envoyé spécial en direct de la gare du Nord de Paris pour un…
         J’éteins le poste pour ne pas avoir à le débrancher furieusement. Je ne me laisserai pas prendre au piège. A chaque catastrophe, à chaque attentat monstrueux, tant que cela se passe dans un pays puissant auquel le nôtre doit allégeance ou fidélité, les médias ne font que nous gaver d’images insoutenables pendant des semaines. Des bâtiments détruits, des corps à perte de vue, ou encore les proches pleurant sur la disparition d’une personnes chère. Tout cela accompagné de commentaires catastrophiques et tournés de façon à faire augmenter de manière significative le patriotisme des téléspectateurs, afin qu’ils soient prés à servire leur pays de n’importe quelle manière, même par la guerre. Pour ma part, j’ai vu suffisamment de mort pour aujourd’hui.
                                      - L’API est tombée sur la tête, s’exclama Constance le regard vide toujours dirigé vers le poste. Pourquoi ?
                                      -    Il y a dans le monde des gens qui œuvrent pour la paix, et d’autres pour la guerre. Lorsque les deux s’expriment, l’effort de paix est ruiné par les agressions causées, et on ne retient de cela que la guerre.
                                      -    A ton avis, comment vont réagir les dirigeant de l’OPI ?
                                      -    Ils vont faire ce qu’ils ont toujours fait : répondre à la violence par la violence, et ne jamais négocier. De toute façon on ne saura pas leur vraie décision, puisque la véritable réunion a certainement déjà eut lieu. Celle de ce soir ne sera qu’un camouflage officiel, dans le but de nous berner.
                         - Mais alors… ce sera la guerre totale ! Une troisième guerre mondiale ! Ce serait désastreux !
                          -    Je sais. Mais nous n’avons pas d’autres choix que de subir ce qu’ils ont décidé. C’est le privilège des chefs d’état.
          Il était inutile de pousser la discussion plus loin. Cela ne sert à rien de se dire que « si telle chose était ou n’était pas arrivé… », non, cela ne faisait que créer de nouveaux remords. Nous ne sommes que deux simples étudiants en manque d’affection, deux grains de sables dans la machine de haine du monde. Nous serons écrasés si nous tentons de nous opposer à son fonctionnement. Mieux vaut penser à autre chose.
                        -   Célestin, me fait Constance avec une sorte de gêne dans sa voix devenue timide. Tu m’avais proposé un soir de… de dormir ici. Ca tient toujours ?
                         - Pourquoi me poses-tu cette question ? Bien sûr que ça tient toujours, et plus que jamais.
             Je possède une petite chambre d’ami, que j’ai aménagée spécialement pour ce jour, et qui communique avec ma chambre par une petite porte. Si elle avait accepté la première fois, elle y aurait passé la nuit sans problème, mais je vois bien dans ses yeux que la solitude est une chose qu’elle ne peut même plus envisager désormais.
             Seulement, le fait me retrouver maintenant avec elle dans un même lit me perturbe énormément. Cela n’aurait pas dût se passer si vite. Trop de choses arrivent en même temps : l’amour, les sentiments… et les contacts. Il y a trop de contacts dans ce petit lit qui semble s’être rétrécit pour nous rapprocher.
            Je suis gêné, horriblement gêné. Du matin au soir, je me retrouve dans le même lit qu’un merveilleuse jeune femme, que j’aime d’un amour fou, et qui me le rend bien. Que dois-je faire dans une telle situation ? Et que veut-elle faire dans une telle situation ? Dans la pénombre de ma chambre à couchée, je n’arrive pas à distinguer son regard. Il n’y a que son corps, parfaits, sous les couvertures épaisses nécessaires à ma peau frileuse, que je touche plus que je ne le regarde. Nos bras sont enroulés autour de l’autre, le serrant aussi fort que s’il était sur le point de s’envoler, de disparaître, et de nous laisser avec nos seuls souvenirs de cet instant magique.
             Encore une fois, je comprends la logique de la philosophie de Constance : la vie est courte, et fragile aussi. Que nous restera-t-il si demain, l’autre nous échappe ? De quoi pourrions-nous nous souvenir si par hasard, l’un de nous deux mourrait ? Rien que quelques regards immortalisés dans nos mémoires, quelques mots, et de l’espoir, beaucoup d’espoir… mais un espoir perdu. Devons-nous attendre que la mort s’empare d’un d’entre nous pour s’apercevoir que nous avons trop hésité devant la possibilité des instants d’amour infinis ? Non. Ce serait aller à l’encontre de nos sentiments.
               Mais je ne veux pas être seul volontaire. Ce ne sont pas des choses à prendre à la légère. Je veux que Constance soit d’accord ; qu’elle ne mette pas en doute l’image de la pureté même que je la voie incarner, et dont je ne veux la dépouiller. Que faire ? Mon Dieu, que faire ? De nouveau, je souffre, pris dans un nouveau dilemme qui me semble pire que le premier. J’étais en bas de l’échelle des sentiments, et maintenant je suis sur le point d’atteindre les sommets. Vais-je vraiment les atteindre où vais-je tomber, et m’écraser en bas sur ma conscience qui ne pourra pas amortir ma chute avec ses réconforts habituels. La souffrance est tellement forte…
          Constance porte alors la main à mon visage… et étale une grosse larme le long de ma joue gauche. Avec incompréhension, elle murmure :
                    - Célestin, tu pleure ?
        - Oui, je crois.
                    - Pourquoi ?
                    - Je… je…
           Je n’arrive pas à sortir ces mots, ces trois mots qui font la Vie. Pourtant ils sont simples, comme des mots magiques : tout le monde les connaît, mais personne ne les utilise. Voyant que les mots ne veulent pas venir, et la pièce étant trop sombre pour utiliser le regard, je tente de lui parler avec des gestes. J’approche alors ma main de sa joue. Elle est douce, fraîche, et chaleureuse à la fois, paraissant attendre ce moment de contact proche, réel, qui ne trompe pas. Je caresse alors cette joue qui veut se fondre en moi, et sens alors quelque chose. Quelque chose d’humide, au coin de son œil.
-   Toi aussi ?
            -   Je t’aime, Célestin.
            -   Je t’aime, Constance.
        C’est la première fois que nous nous le disions, et cela me parut être comme la réalisation d’un destin, comme ces moments qui sont dans tellement de livres et de films. Ces instants qu’on sait que cela va arriver, mais on ne sait pas comment. Et lorsque cela vient enfin, c’est un feu d’artifice d’émotions, d’où il peut tout naître.
         Comme si c’était une réaction de nos lèvres face à cette déclaration réciproque, nous échangeons immédiatement un tendre baiser qui nous emmena sur les nuages doré d’un paradis oublié, où nous sommes les rois d’une nuit. Et lorsque, contraints par notre besoin naturel à la respiration, nous acceptons de nous séparer un peu, Constance met sa tête au creux de mon épaule et soupire amoureusement :
            -   Célestin, je sais ce que tu veux. Et je sais que tu en as peur. Mais si tu m’aimes, si tu m’aimes vraiment, fais-le.
            -    Tu es sûre ?
            -    Oui, Célestin. Oh oui : Fais-moi l’amour !
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25 mai 2007 5 25 /05 /mai /2007 12:48
12. Lumière dans les abysses de l’humanité :
          Du bruit dehors. Des cris, des appels. Je n’arrive pas à distinguer les mots, mais je les entends, au-dessus de nos têtes. Constance est endormie… ou évanouie. Sa plaie a arrêté de saigner, mais le choc a été peut-être trop violent pour elle. Cela me semble faire une éternité que nous sommes coincés ici, les gravas de la gare nous ayant complètement enseveli, et l’air commençant à devenir vide. Il fait sombre ici. Trop sombre. J’entends à nouveau les bruits de pas sur les gravas et les paroles lancées à qui peut les écouter. Mu par le désir fou de vivre, je frappe contre le haut du wagon et hurle de toutes mes forces.
          Rapidement, les bruits se font de plus en plus proches, de plus en plus fort. On déblaye les débris là-haut. Les voix commencent à devenir perceptibles :
                   - Aidez-nous ! On en a un ici ! Dépêchez-vous !
          La lumière du jour vient subitement me frapper jusqu’à m’éblouire tandis qu’un pompier enlève la dernière grosse pierre au-dessus de la vitre latérale du wagon qui en est devenu le plafond. Seulement, mes yeux se sont trop habitués à l’obscurité, et même le temps gris de la capitale suffit à m’aveugler un court instant. Le secouriste me demande alors :
                   - Ca va monsieur ?
                   - Oui, je vais bien. Mais j’ai ici une amie qui est blessée à la jambe. Elle a reçut un éclat de métal à la cuisse et a besoin de soins.
                   - D’accord, j’appelle les secours. Hé ! On a un blessé ici ! Amenez les brancardiers !
                   -    Y a-t-il d’autres survivants ? lui fais-je.
                   -    Quelques personnes se trouvant à proximité de la sortie ont put fuir à temps. Mais en ce qui concerne celles qui étaient à l’intérieur, vous êtes les premiers que l’on retrouve.
          A ce moment, deux hommes arrivent et pénètrent dans le wagon. Ils observent un instant la blessure de Constance afin de voir comment la sortir au mieux, puis se mettent à la porter doucement jusqu’à l’extérieur. Une fois qu’elle est tirée d’affaire, je sors à mon tour… et ne peux que considérer les dégâts.
          Le grand bâtiment ne mesure plus que quelques mètres de hauts, et n’est plus que cendres et pierres morcelées. Des feux persistent encore non loin d’ici, et le ciel est assombri par leur fumée noire qui cache le soleil. De nombreux pompiers, ambulanciers, policiers, et même des soldats sont là pour fouiller les décombres de l’ancienne gare, devenu un tas de pierres en flamme. A quelques centaines de mètre du désastre, des milliers de personnes sont retenues derrière des barrières de sécurité bien gardées. La plupart semblent être des proches des voyageurs puisqu’en larme, suppliant les forces de l’ordre de les laisser passer. Le désespoir est partout.
          Je me mets à suivre les secouristes, qui ont placé Constance sur un brancard, jusqu’à une ambulance. Je prends place à ses côtés qui reste plongée dans un état d’inconscience. Inquiet, je demande :
                     - Est-ce qu’elle va bien ?
                     - Oui, me soulage un médecin. Elle est juste évanouie. Ses signes vitaux sont normaux, soyez rassuré.
           Le trajet jusqu’à l’hôpital fut mouvementé, nos corps balancés à droite et à gauche par les virages sec et à une allure d’enfer de la part du véhicule. Une fois arrivés, on place Constance dans une chambre et j’insiste pour rester avec elle. Les secouristes me donnent juste une couverture pour me réchauffer, la plupart de mes habits ayant été lacérés par les flammes et les pierres. Dans un miroir accroché à côté du lit de Constance, j’observe mon visage couvert de noirceur et de blessures. J’ai peine à croire que je suis en vie. Est-ce un miracle ? Ou bien suis-je mort et tout ceci n’est qu’une illusion ? Jusqu’à quel point peut-on faire confiance à ses propres sens ? Sur les milliers de personnes présentes dans la gare au moment de l’explosion, nous serions apparemment les seuls survivants. Est-ce injuste ? Devrions-nous aussi être morts pour faire croire aux proches des victimes que leurs disparus n’avaient aucune chance de s’en sortir ? Non. Nous sommes des survivants, et peut-importe que cela soit dut à de la chance, de la volonté, ou quoi que ce soit. L’important est que nous sachions que le fait d’avoir réchappé de ceci est exceptionnel, et que les gens exceptionnels sont appréciés de manières très différentes par les gens normaux, ceux qui sont tous des êtres exceptionnels potentiels mais ne le voient pas.
             Et de toute façon, qu’est-ce que cela veut dire « être exceptionnel » ? Est-ce avoir accompli quelque chose d’incroyable ? Peut-être, mais incroyable pour qui ? Uniquement pour les autres, qui se refuse à croire, même en voyant les faits, que ce que vous avez accomplit soit possible. Car celui qui accomplit quelque chose qu’il croyait impossible ne le considère plus comme telle une fois cette chose accomplie. Ce sont les autres qui nous rendent exceptionnels, en propageant une illusion de l’impossibilité exceptionnellement réalisée. Comment les autres verront-ils notre survie ? Comme un acte impossible ou une évidence statistique ? Je n’aimerai subire ni l’un ni l’autre, mais il le faudra pourtant bien.
             Il ne me reste plus qu’à attendre que Constance se réveille.
             Elle reprend connaissance deux heures après qu’on l’ai amenée ici. Deux heures durant lesquelles je n’ai pas fait autre chose que la regarder, si belle dans le sommeil profond où elle se trouvait. Elle lève des paupières lourdes de fatigue, et ne fait aucun autre mouvement. Puis, elle m’aperçoit immobile sur ma chaise, à sa droite. Avec une indifférence derrière laquelle je soupçonne tout de même beaucoup de choses, elle lâche :
                    - Nous sommes en vie.
                    -  Oui Constance, nous sommes en vie.
                    - Grâce à toi.
                    - Non Constance. C’est grâce à toi que nous sommes là.
                    - Mais je n’ai rien fait. C’est toi qui nous a protégé.
                    - Si tu n’avais pas été là, je n’aurais pas eut le courage de le faire.
            Cet aveux me paraît soudain être pour Constance comme une chose à laquelle elle s’attendait depuis longtemps, mais pas à ce moment là, et qui lui procure une joie impossible à cacher. Avec son si joli sourire, elle me dit lentement :
                     - Je le savais. 
                     - Qu’est-ce que tu savais ?
                     - Que tu m’aimais.
             Elle m’a finalement percé à jour, même si j’avoue y être pour quelque chose. De toute façon il fallait bien que cela soit fait un jour ou l’autre. Il y a des choses que l’on ne peut pas se permettre de cacher éternellement, et l’amour en fait parti. Pourtant je n’arrive pas à voir d’enthousiasme dans le regard de Constance, juste de l’amusement. Il faut que je sache :
                      -   Mais toi, est-ce que tu m’aimes ?
              Sans chercher à répondre, et sans aucun signe de fatigue, elle se lève brusquement et m’embrasse. Jamais je n’aurais cru pouvoir vivre un tel instant de bonheur, surtout après un le désastre que nous venons de vivre. Deux survivants s’embrassant tendrement après avoir frôlé la mort, comme si c’était la récompense de leur survie. Je pense que le monde entier pourrait s’effondrer désormais que nous ne nous arrêterions pas. Nous sommes désormais unis, attachés par ces liens invisibles que les gens ne prennent jamais la peine de voir ou de considérer avec sérieux. Nos liens sont sérieux, et je mettrai tout en œuvre pour que cela reste ainsi jusqu’à ma mort. Délicatement, nous arrêtons cet instant magique, et Constance me fait alors :
                       - Peux-tu répéter la question ? Je dois t’avouer que je n’ai pas très bien entendu.
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24 mai 2007 4 24 /05 /mai /2007 12:45
11. Deux vies bouleversées :
          C’est le grand jour. La gare est bondée de monde, tous aussi pressés que nous de partir. Le grand bâtiment a été récemment rénové et amélioré, couvrant de son immense toit de pierre les nombreux quais où se bousculent les vacanciers, dont la moitié ignorent que l’augmentation subite des prix de tickets sert à amortire ceux des travaux. Mais il ne faut plus que je pense au monde autour de moi. Je dois m’évader, avec Constance, de cette vie grise et banale.
           Nous avons laissé la direction des Enfants de la Raison à nos remplaçant. Après tout, ils sont là pour ça. Je suis sûr que Paul s’en sortira très bien, et Constance semble avoir une entière confiance en sa suppléante. De toute façon, il ne se passera certainement pas grand chose d’important durant les réunions des vacances, principalement parce que la plupart des élèves vont partir quelque part en groupes organisés pour passer d’agréables moments, tout comme nous.
          Je vois déjà d’ici les longs moments de rires et de camaraderie durant les descentes de pistes, les discussions pendant les remontées mécaniques, les repas ensembles dans un environnement agréable… tout cela me donne une pêche phénoménale, une envie folle d’y être déjà. Nos bagages à la main, nous avançons parmi la folle qui se bouscule, gesticule, crie à tue-tête, bref, le chaos du monde moderne.
          J’ai toujours remarqué que les gens se comportent étonnamment plus sauvagement lorsqu’ils sont regroupés que lorsqu’ils sont seuls ou très peu nombreux. J’appelle cela l’effet de masse, ou la faculté qu’a la foule à continuellement être bien plus que la simple addition de toutes les folies individuelles des personnes qui y sont embourbées. Cela m’amuse autant que cela me fait de la peine. Le fait d’être amusé parce que je porte un regard sérieux sur un monde déraisonné s’estompe devant la tristesse de ne pouvoir le sortire de sa vie absurde.
           Mais il n’est plus temps pour moi de porter de nouveau mon regard sur les autres. Tout ce qui m’intéresse désormais, c’est la semaine de détente que je vais passer avec Constance. Marchant à mes côtés, elle me présente un sourire qui en dit long sur la joie qui palpite en elle. Peut-être arriverai-je à la conquérir ? Qui sait ? J’ai peut-être le profil pour la rendre heureuse, puisque j’y arrive aujourd’hui, en ce moment même. J’aurais presque envie de l’embrasser comme simple réponse à ce si joli sourire… mais je me contente de sourire en retour.
          Bizarrement, le train de onze heures trente est à l’heure, destination le massif central. D’habitude ils ont au moins dix minutes de retard durant l’hiver. Enfin, c’est tant mieux pour nous : nous partirons plus vite d’ici. Je regarde alors cette fière suite de wagon arriver au loin pour pénétrer dans la gare, prêt à nous emporter loin de la ville et de sa tristesse. Je n’aurais jamais cru pouvoir tant aimer un train, moi qui déteste les transports en commun bourrés de monde jusqu’au manquement d’air.
          Nous approchons alors du quai d’embarquement, ralentis par le poids de nos lourdes valises ainsi que par la foule condensée à l’extrême dans chaque recoin de cette gare. La porte du wagon nous semble être à une année-lumière de nous tant nous avançons lentement, parmi ces êtres gris plus dans le fond que la forme, et je lance alors à Constance un regard d’amusement face au faible comique de la situation.
           Mais brusquement, un bruit assourdissant se fit entendre. Un bruit mêlant celui du métal frappé contre du métal, d’un souffle incroyable nous faisant tomber à la renverse, et du cri de stupeur de toutes les personnes présentes qui me glace le sang. Mes oreilles deviennent sourdes durant deux secondes pendant lesquelles je vois venir vers nous des flammes gigantesques depuis l’autre côté de la gare, comme des chevaux de feu galopant dans la gare de verre et d’acier. Une explosion !
          Le souffle est tel qu’il renverse tout le monde dans la gare, ainsi que les cadis, les bagages, et même notre wagon qui se met à pencher vers nous dangereusement. Aussi rapide que sous le commandement d’un réflexe, sauf que ce n’en était pas un, je plaque Constance au sol le plus loin possible du train, me plaçant au-dessus d’elle pour la protéger de mon mieux. Le wagon tombe subitement dans un tremblement de fin du monde, à peine quelques centimètres devant nous, juste avant que les flammes n’arrivent. Une chaleur épouvantable me passe sur le dos, semblant faire fondre mes habits pour mieux me brûler la peau. Mais le feu ne fait que passer au-dessus de nous, car le wagon renversé nous couvre parfaitement de la calcination pure et simple. Rapidement, les débris de l’explosion succèdent aux flammes, tombant sur le sol ou sur les gens comme des météorites incandescentes de destruction. Un gros morceau provenant d’une colonne s’abat brusquement juste à côté de ma tête et de celle de Constance, qui reste paralysée. Elle n’ose pas regarder ce déchaînement de désastre, et pleure dans mes bras en criant de toute la force de ses poumons. Mais les débris continuent de tomber, toujours aussi meurtriers, la gare commençant petit à petit à s’effondrer, la plupart de ses piliers et murs porteurs ayant été fragilisés.
           Rapidement, des morceaux du toit de pierre commencent à pilonner l’intérieur de la structure. Des centaines de gens sont écrasés, brûlés ou évanouis par le souffle qui les a projetés contre les murs. La mort est partout autour de nous, à nouveau seuls, et menace de nous prendre à n’importe quel moment. C’est alors que je comprends la signification de la philosophie de Constance ; devoir être prêt à mourir n’importe quand. Le monde est cruel, et nous devons vivre avec, acceptant ses règles d’illusion pour paraître immortel… mais cela nous empêche de voir que notre vie tient à peu de choses.
          Pourtant, je me refuse à croire que je vais mourir ici, avec Constance, alors que nous avons encore tant de choses à faire. Ce serai peut-être un cliché digne d’un roman shakespearien, mais ce serait aussi trop bête. Gâcher tant de jeunesse et d’espoir, ça, je ne peux m’y résigner, tout comme je ne peux me résigner à mourir sans savoir si nous avons une chance de vivre heureux ensembles. Mais où fuir ? La sortie de la gare est trop loin, et nous ne ferons sûrement pas dix mètres sans être écrasés. Il faut trouver une autre solution. Voyons… le wagon ! Il faut trouver une des écoutilles du toit. Par chance, il y en a une à un mètre sur notre droite, que la violence de la chute a ouverte. Prenant mon courage à deux mains, j’y emmène Constance qui peine à marcher. Peut-être est-elle blessée ? Je verrai cela à l’abri.
          Le train semble offrir une protection suffisante. L’intérieur ressemble à un décor de film apocalyptique, avec son lot de chaos, de corps inanimés et de ruine d’une ancienne puissance. Personne d’autre ne semble avoir pénétré en vie ce train. Doucement, je pose Constance sur le mur devenu sol et l’étend de manière à l’examiner.
                 -   Ca va, Constance ? Hé ! Réponds-moi je t’en supplie !
                  -   Je… je vais bien, fait-elle dans un gémissement aussi faible qu’un murmure. Il y a juste que… je… je ne sens plus ma jambe gauche.
          Je baisse alors le regard, et discernes une déchirure dans son pantalon, au niveau de la cuisse. J’écarte les lambeaux de tissus et peux alors voir une blessure de deux ou trois centimètres, causée par un bout de métal ancré dans la chaire. Sûrement un éclat projeté par l’explosion ou un débris tombé un peu trop violemment.
                  -   Tu a un morceau de métal dans la cuisse. Je vais le retirer mais cela risque de faire mal. Tu es prêtes ?
                  -     Vas-y, répondit-elle en s’agrippant solidement à un siège.
         Je saisis alors l’intrus et le sors délicatement, sans tremblement ni geste brusque. Le morceau vient tout seul et quitte la plaie sans histoire. Je déchire rapidement une ample part de ma chemise pour en faire un garrot de fortune pour stopper le saignement. Pendant ce temps, les débris du toit de la gare tombent de plus en plus violemment sur le wagon, mais celui-ci semble tenir bon. Avec un peu de chance, dans quelques minutes, les pompiers et les ambulances seront là. Ils nous retrouveront.
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