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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

M'ECRIRE

 

LIEN VERS MON NOUVEAU BLOG

Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

rei.jpg

16 février 2009 1 16 /02 /février /2009 19:23

CHAPITRE VINGT : LES SERVANTS DE L'ENFANT-ETOILE



            -  Un illuminati ? répétai-je. Mais qu'est-ce que c'est ?

            -  Pour comprendre la réelle nature des illuminatis, tu dois d'abord connaître celle des psykers.

       A la mention de ce dernier mot, je ne pu m'empêcher d'esquisser un rictus de dégoût. Après tout, j'étais l'antithèse de ces êtres si étranges, leur Némésis absolue, le seul genre d'adversaire contre lesquels ils se retrouvaient toujours impuissants. De plus, si mes facultés d'Intouchable mettaient mal à l'aise la plupart des personnes normales, les psykers étaient incapables de supporter ma simple présence. Cela m'avait naturellement conduit à haïr ces sorciers au plus profond de mon être. Pour moi, ils représentaient une immense source de danger potentiel, une mutation qui conduirait l'Humanité à sa perte si elle n'était pas correctement contrôlée. Une chose qui était malheureusement impossible.

            - Un psyker, continua le prétendu Kantores, est un humain qui est né avec une mutation génétique affectant les capacités cérébrales. Cette mutation lui permet d'ouvrir une porte temporaire liant notre dimension avec celle du Warp, par laquelle transitent nos vaisseaux et où règnent les démons. Cette porte peut être plus ou moins grande et peut rester ouverte plus ou moins longtemps selon la force mentale du psyker.

            «  Mais cette puissance est une lame à double tranchant. Car tous les êtres, excepté les Intouchables comme toi, possèdent une présence dans le Warp, que l'on peut comparer à la lumière d'une étoile. L'intensité avec laquelle elle brille est proportionnelle à la force psychique de l'individu. Et bien évidemment, les démons sont attirés par ces lumières et attendent la moindre occasion d'utiliser les portes créés par ces psykers afin d'envahir notre dimension. Lorsque l'un d'entre eux y arrive, il prend le contrôle du corps du psyker en asservissant complètement son esprit. C'est ce que l'on appelle la possession démoniaque.

            -  Et en quoi un illuminati est-il différent d'un simple psyker ? fis-je d'un ton impatient.

            -  Et bien, un illuminati est un psyker qui a été possédé par un démon et qui a réussi à le renvoyer dans le Warp.

            -   C'est possible ?

            -  Parfaitement. Cela arrive rarement, car très peu de personnes ont la force mentale nécessaire pour repousser les attraits des créatures du chaos, et encore plus rares sont ceux qui peuvent rester sains d'esprit après une telle expérience. Beaucoup deviennent fous et se donnent la mort dans l'instant, car ils ont contemplé les terribles puissances tapies dans le Warp, qui ne désirent que notre destruction. Durant ce court instant où ils deviennent l'hôte d'un démon, ils partagent avec lui leurs pensées et leurs émotions. Ceux qui survivent à une telle chose sont définitivement marqués dans leur esprit et dans leur chaire.

      Subitement, je revis devant moi le visage de Volirius, et les horribles blessures qu'il portait. Maintenant je savais d'où venaient de telles marques. Je pouvais presque voir l'immonde forme de l'entité démoniaque le lacéré de ses énormes griffes tandis qu'il résistait à la possession. Et alors que cette image repassait en boucle devant mes yeux comme un enregistrement endommagé, j'essayais d'imaginer la détermination qu'il fallait pour résister à une telle chose.

       Illios n'était cependant pas au bout de son explication, et continua sur le ton d'un professeur qui ferait face à une salle d'apprentis :

-  De par la vision unique qu'ils possèdent et le sombre savoir qui leur a été si durement inculqué, les illuminatis tendent à se rassembler afin de combattre le chaos sous toutes ses formes. Ils joignent leurs efforts afin de protéger l'humanité contre les démons. Mais leur plus grande tâche reste la réalisation de l'Enfant Etoile.

            -   L'Enfant Etoile ? fis-je en fronçant les sourcils. Qui est-ce ?

      Illios ne répondit pas tout de suite. Il était instinctivement retourné à cette attitude du maître en train d'enseigner à son disciple, et bien que j'y étais habitué, je trouvais cela mal approprié à la situation. C'était comme si la nature des informations qu'il me transmettaient était sans importance, sans aucune conséquence sur l'issue réel de notre échange. Etait-il en train d'échafauder un plan afin de me duper et rediriger mes forces contre l'Inquisition et tout ce que j'avais juré de protéger ? Que voulait-il vraiment ?

      Je n'avais aucun moyen de savoir tout cela. Il m'avait trompé pendant toutes ces années, il pouvait aisément continuer maintenant. Et dans ce cas, quelle était réellement ma marge de manœuvre ?

            -   Sais-tu qui est l'Empereur ? me demanda-t-il avec un naturel qui me pétrifia.

            -   L'Empereur ? C'est... Il est notre guide, notre sauveur, le seigneur de...

            -   Non, ce n'est pas ce que je t'ai demandé : Sais-tu qui Il est ? D'où il vient ?

      J'étais incapable de donner la moindre réponse ou de faire le moindre signe. Débattre de la nature de l'Empereur relevait du tabou suprême. L'Empereur était l'Empereur, point final. Personne n'avait le droit de questionner sur une telle chose. Jusqu'où allait cette quête des illuminatis si elle touchait à l'être sur lequel reposait l'Imperium tout entier ? 

            -   Personne ne sait réellement comment est né l'Empereur, expliqua Illios, mais il existe plusieurs théories qui s'entremêlent. La plus commune dit qu'il est issu de la concentration des pouvoirs des plus grands sorciers de l'Ere des Luttes, tandis qu'une autre clame qu'il serait le fruit de la fusion totale de ces mêmes sorciers. Toujours est-il que l'Empereur constitue un être unique à la force et la sagesse inégalée, ainsi que le plus grand psyker qu'ai jamais connu l'Humanité.

            «   Mais lors de la Grande Hérésie, durant les derniers instants de la bataille pour le palais impérial, l'Empereur affronta l'archi-traître Horus en combat singulier. Il en ressortit vainqueur, mais le corps entièrement brisé. Afin de continuer à veiller sur l'Humanité, il conçu le trône d'or, le seul appareil capable de le maintenir en vie, et dont le fonctionnement nécessite le sacrifice de milliers de psykers chaque semaines.

       Soudain, Illios s'arrêta de parler de sa façon si particulière indiquant qu'il était temps pour moi de poser une question. Seulement, je ne savais pas vraiment ce que j'étais supposé demander. Toutes ces choses, toute cette connaissance si étrange à laquelle j'étais sensé me méfier me tournait la tête. Du mieux que je pu, je réfléchis à ce que je pouvais dire, et fini par demander :

            -   Quel est le lien entre l'Empereur et l'Enfant Etoile.

      Encore une fois, Illios ne répondit pas, mais il esquissa un léger sourire indiquant que j'avais posé la bonne question. Puis, sans un mot, il se dirigea vers le siège de commandement du Spear of Illumination, et appuya sur une série de touches qui firent apparaître plusieurs images sur l'écran tactique. Lorsque je vis ce qu'elles représentaient, mon sang se glaça instantanément et un vent de terreur me traversa l'esprit :

       J'avais devant moi une dizaines de représentations du très saint trône d'or de Terra, sur lequel siégeait l'Empereur.

       Par respect pour Son images, le corps de l'Empereur lui-même avait été masqué, mais ce n'était pas Lui que Illios voulait me montrer :

            -  Ces images proviennent d'un membre de notre organisation qui fait partie de la garde custodes du palais impérial. Une étude minutieuse nous a permis de voir d'irréparables dégâts dans certains systèmes du trône d'or.

            -   Quoi ? Vous êtes sûrs ?

            - Totalement. Les technoprêtres chargés de l'entretenir sont arrivés à la même conclusion, et notre agent est parvenu à mémoriser psychiquement leur analyse du trône. De plus, il apparaît clairement aux yeux de la garde custodes que Sa volonté faiblit un peu plus à chaque siècle qui passe. Il n'y a aucun doute là-dessus : l'Empereur est en train de mourir.

            -   Alors... l'Enfant Etoile... ce serait un...

            -   Un nouvel Empereur, répondit Illios en sentant que je n'étais pas capable d'accepter une telle idée. Voilà pourquoi notre organisation doit à rester secrète à tout prix.

            -    Mais... comment ?

            -  Ca, c'est maître Volirius qui te l'expliquera lui-même, car c'est la tâche pour laquelle il consacre sa vie depuis qu'il m'a chargé d'endosser le rôle d'inquisiteur à sa place. Mais avant cela, je dois d'abord savoir si tu es digne de continuer dans cette voie. Je te laisse quelques instants pour réfléchir.

     Ainsi, la véritable épreuve n'avait pas encore commencé. En premier lieu, il m'inculquait ce terrible savoir, et ensuite il voyait si je le rejoindrais loyalement les rangs de son organisation. De mon côté, je n'avais aucun moyen de lui cacher mes intentions, quelle qu'elles puissent être. Car si la plupart des inquisiteurs avaient souvent recours à des psykers pour sonder l'âme des gens, ce qui était totalement inutile sur moi, il suffisait que Yarn me questionne pendant quelques minutes pour lire en moi comme un livre ouvert. Sa perception de la psyché humaine était à ce point développée qu'il m'était impossible de lui mentir sans qu'il s'en aperçoive.

      Que devais-je faire ? Où était la vérité dans tout ceci ? Mon maître était-il encore en train de me tromper où était-il sincère depuis le début ? Je me sentais complètement perdu, l'esprit à la dérive sans aucun point de repère dans une mer de confusion. Durant toutes ces années où j'avais été son disciple, mon maître ne m'avais jamais paru autre chose que le parfait exemple de l'inquisiteur, le model que je voulais suivre. Il était courageux, fort, dévoué à l'Empereur, mais désormais il était une toute autre personne, que je ne pouvais cerner. Bien qu'il m'ait appris à analyser le comportement des gens lors des interrogatoires, je ne m'étais jamais attendu à devoir tenter de décrypter sa propre personnalité.

      J'avais devant moi une personne qui semblait ne pas vouloir dissimuler ses émotions et qui me paraissait sincère ou extrêmement douée pour feindre la sincérité. Il ne présentait aucun signe d'anxiété ou d'impatience, ce qui pouvait signifier un calme profond ou une assurance totale que le dénouement lui serait favorable. Encore une fois, je restais dans le flou, dans cette étrange bande de gris entre le tout blanc et le tout noir. Pourtant il fallait que je prenne une décision.  

       Après un longue minute de méditation, je répondit enfin :

            -   Je vais vous suivre, maître, si je peux toujours vous appeler comme ça.

            -   Bien sûr que tu peux. Et c'est avec joie que je t'accueille au sein des illuminatis.

       Mes yeux s'écarquillèrent soudain sous l'effet de la surprise. 

            -   Tout ce que tu avais à faire, m'expliqua Illios, c'était de me faire confiance. Je suis sûr que cela n'a pas été facile, mais maintenant le plus dur est fait. Repose-toi. Demain, nous irons parler à maître Volirius.

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12 février 2009 4 12 /02 /février /2009 22:02

CHAPITRE DIX-NEUF : LE MAÎTRE ET L'ELEVE



      Depuis l'orbite, le monde-chapelle d'Ouragos n'était pas aussi impressionnant que vu du sol. Son ciel à moitié couvert de nuages et ses vastes landes enneigées lui donnait l'apparence d'une planète absolument classique, sans la moindre particularité. De plus, la ville-sainte d'Isanam se trouvait de l'autre côté, dans la moitié nocturne de cette sphère blanche et grise faiblement éclairée par le soleil lointain. On aurait dit une énorme boule de neige tournoyant lentement dans l'espace.

       Eric avait placé le Phœnix à plus de sept cent mille kilomètres de la surface d'Ouragos, au-delà même de l'orbite lunaire, loin de la flotte de défense et de la plupart des senseurs radios, là où nous pouvions mener à bien notre rencontre avec maître Kantores. Celui-ci devait déjà être arrivé dans ce système depuis plus de dix heures selon son dernier message astropathique, mais les voies du Warp étaient plus qu'incertaines, et il était tout à fait possible que son vaisseau ai été retardé. L'histoire de l'Imperium regorgeait d'incidents de transit spatial dans lesquels un nombre incroyable de vaisseaux s'étaient retrouvés retardés, perdus ou transformés en épaves par les puissances de l'Immaterium. Mais je n'avais pas vraiment à me faire de soucis, car les transporteurs de l'Inquisition et des autres organismes de l'Imperium disposaient tous d'une technologie nettement plus sûre que celle équipés sur les simples vaisseaux marchands. Et le vaisseau de maître Kantores faisait partie des meilleurs...

       En attendant que mon maître et son équipage aient vaincu les caprices du Warp, je m'étais occupé du cas de Claire, dont l'état restait stationnaire depuis qu'elle s'était évanouie sur Ouragos. Pour le moment, ses facultés psychiques ne s'étaient toujours pas réveillées, mais cela viendrait forcément un jour ou l'autre. Il me faudrait la livrer aux Vaisseaux Noirs de l'Inquisition avant ce jour, mais pour l'instant je voulais savoir qui était celui qui avait tenté de la contrôler. Avec un peu de chance, ce psyker avait laissé une impression mentale dans la mémoire de Claire. Ce genre de chose était fréquent dans le cas de violent usage de pouvoirs psychiques sur les esprits, et particulièrement avec les pouvoirs de télépathie et de contrôle mental. J'espérais juste que la sœur de bataille reviendrait à elle avant que ce ne soit trop tard, et qu'on pourrait tirer quelque chose d'elle.

       Mais avant tout, il fallait que je parle à mon maître.


       Soudain, Eric arriva dans ma cabine :

            -  Asphar ! Le Spear of Illumination est arrivé !

            -  Enfin ! fis-je en me levant de mon lit pour me diriger vers le poste de pilotage.

       Derrière la vitre du cockpit, je pu voir le mince rectangle gris d'un vaisseau se détacher sur le fond noir de l'espace. Sa forme élancée et sa proue pointue lui donnait l'allure d'une frégate militaire de l'Imperium, mais son origine était tout autre. Le Spear of Illumination avait autrefois été un vaisseau d'exploration léger de l'Adeptus Mechanicus, sous le commandement du magos Macronus et originaire du monde-forge de Gryphonne-IV. A cet époque, bien sûr, il portait un autre nom, mais mon maître ne me l'a jamais dit. Son rôle était d'inspecter des planètes de l'Imperium susceptibles de dissimuler des morceaux de la technologie perdue. Mais lors de l'un de ses voyages, le Spear of Illumination fut attaqué par des hérétiques qui souhaitaient mettre la main sur la formidable technologie qu'il contenait, afin la revendre au plus offrant. Ce n'est que par un curieux hasard que l'inquisiteur Kantores avait croisé la route de ce vaisseau et avait découvert son changement d'allégeance, avant de le purifier de ces traîtres.

        Bien évidemment, les dirigeants de Gryphonne-IV contactèrent aussitôt mon maître afin qu'il leur remette la technologie contenue dans le vaisseau, ainsi que les corps de son équipage. En effet, les données que renfermaient les implants corticaux du magos Macronus étaient d'une valeur immense pour l'Adeptus Mechanicus, et plusieurs de ses équipements ne devaient jamais sortir du culte de Mars. En récompense pour son dévouement, Kantores reçu le Spear of Illumination lui-même avec un équipage de serviteurs spécialisés. Peu d'inquisiteurs peuvent se targuer de posséder un vaisseau aussi perfectionné.

         Alors que celui-ci se rapprochait du Phœnix, je pus voir les formes majestueuses de sa coque, sur laquelle étaient alignées plusieurs batteries de canons et d'armes d'artillerie navale. Par rapport aux autres vaisseaux de son gabarit, le Spear était nettement supérieur dans de nombreux domaines : vitesse, manœuvrabilité, puissance de feu et résistance. C'était une merveille de technologie, uniquement comparable avec les autres bâtiments de l'Adeptus Mechanicus. Grâce à lui, mon maître avait pourchassé et détruit de nombreux vaisseaux hérétiques qui croyaient pouvoir distancer n'importe quel appareil impérial. Nombre de ses enquêtes ont été résolue par la puissance de ses moteurs ou par celle de ses canons.

         Sa baie d'amarrage était assez vaste pour contenir trois autres engins comme le Phœnix, mais elle ne renfermait que deux navette légères standards Aquila et un chasseur léger de classe Vulture. Plusieurs serviteurs étaient là à entretenir les diverses machines disposées à travers la pièce, ne s'arrêtant même pas pour observer notre appareils se poser sur le sol du hangar. Ils ne se détournèrent pas non plus de leur occupation lorsque mon équipage et moi prîmes pied sur le pont. Je savais que mon maître ne sentait pas le besoin de venir nous accueillir personnellement à notre arrivée, ou même de nous envoyer quelqu'un pour nous montrer le chemin, car je connaissais les coursives du Spear par cœur. 

       D'un pas flottant sous la gravité artificielle, nous traversâmes la moitié du vaisseau pour atteindre le pont de commandement où nous attendait Illos Kantores, seul. Sans son habituelle armure énergétique il était nettement moins impressionnant, mais j'étais bien placé pour savoir que sa principale force n'était pas celle du corps. Cependant, quelque chose était bizarre : le fait qu'il se tienne ainsi devant nous, sans protection ni personne pour surveiller nos agissements sur son vaisseau, après ce que Yarn m'avait révélé sur Ouragos. Pourquoi ?

            -   Salut Asphar ! fit Illos sans me laisser réfléchir plus longtemps. Désolé pour mon retard, mais même le Spear n'est pas à l'abris des aléas du Warp.

            -    Je sais, dis-je simplement pour briser ce semblant d'amabilité. J'y ai passé assez de temps pour le savoir. Venons-en aux faits !

        Illos ravala son sourire de façade et ses yeux se remplirent d'une certaine tristesse. Je me souvins alors qu'il avait déjà formé deux autres inquisiteurs avant moi, et que tous deux avait été tué. Le premier était mort en servant l'Empereur, mais le second avait été exécuté par Illos lui-même pour avoir trahi l'Imperium. Il attendait énormément de moi, et pourtant il ne me faisait pas confiance. Une contradiction qui me laissait présager le pire.

            -   Bien, lâcha-t-il. Je pense qu'il n'est plus nécessaire de te dissimuler quoi que ce soit. Seulement, j'aimerai que nous soyons seuls pour cela.

       Je me tournai alors vers Fidge qui avait observé la salle de fond en comble sans même bouger de sa place. D'un signe de tête quasi imperceptible, il m'indiqua que l'endroit était sûr. J'ordonnai alors à mes hommes de m'attendre à l'extérieur, et quelques instants plus tard la porte d'accès se refermait derrière eux.

       Un froid silence s'installa dans chaque parcelle des quelques mètres me séparant d'Illos. Son regard était dur tout en étant accablé, et la moue que dessinaient ses lèvres sèches témoignaient de l'hésitation qui régnait en lui. Malgré cela, je ne vis aucun signe d'inquiétude sur son visage.

            -   Tout d'abord, commença Illos, il faut que tu comprennes à quel point ce que je vais t'avouer ne dois jamais sortir de cette pièce. C'est un secret qui dois être gardé à tout prix.

            -   Ce sera à moi d'en juger. Si sa nature est pure alors je le garderai jusqu'au retour de l'Empereur, sinon je vous tuerez moi-même sur-le-champ, que vous soyez mon maître ou pas.

            -   Je reconnais bien là ta nature chevaleresque, Asphar.

      Pendant un instant, Illos se contenta de me regarder droit dans les yeux, de ce même regard à la dureté fragile. Sur mes poignets, les Serres d'Eridios attendaient la moindre pression musculaire pour jaillir et frapper, un ordre que je m'apprêtais à devoir donner à chaque seconde. Je savais que si les choses venaient à dégénérer, cela signifierait ma mort et celle de mon équipe, mais je préférais disparaître en sachant que l'Inquisition ne soufrerait pas d'un traître aussi puissant.

       Lentement, Illos se tourna vers la large baie vitrée qui formait un demi-cercle autour du pont de commandement, et à travers laquelle on pouvait voir la lointaine boule glacée d'Ouragos. Puis, au bout de quelques instants, il finit par avouer :

            -   Je ne suis pas le vrai Illos Kantores.

      Cette révélation me secoua tellement que chaque de mes muscles tressauta, et les griffes d'Eridios sortirent de leurs fourreaux d'acier sans que je puisse les en empêcher. Pourtant, cela ne fit pas réagir cet homme qui venait soudain de devenir un étranger pour moi.

            -   Cela va faire soixante-quinze ans maintenant, continua-t-il sans se retourner. Le véritable inquisiteur Kantores m'avait recruté parmi les milliers d'orphelins anonymes issus de la guerre civile sur Mazilia. Alors que je n'étais encore qu'un enfant, il me forma dans le but de faire de moi son représentant, l'homme qui porterait son identité afin qu'il puisse continuer son œuvre en secret, sans attirer les soupçons de l'Inquisition.

            -   Mais il ne s'est pas détourné de l'Empereur, n'est-ce pas ? fis-je avec inquiétude.

            -  Bien sûr que non ! Mais la façon dont il Le sert ne doit jamais être connue des Ordos, car elle serait aussitôt considérée comme hérétique par les puritains bornés qui continuent d'influencer les décision des Conclaves. Mais toi, Asphar, tu as peut-être l'ouverture d'esprit nécessaire pour comprendre la nécessité d'une telle action.

       Je fis un effort monstrueux pour rester immobile. J'avais furieusement besoin de m'asseoir ou de démolir quelque chose afin de libérer mon esprit de toute cette tension. Prenant une série de profondes respirations, je retrouvai mon calme progressivement. Puis, d'une voix dure et inquisitoriale, je lançai :

            -   Dites-moi tout !

       L'homme devant moi se retourna alors et jeta sur moi un regard qui se voulait neutre mais qui laissa filtrer un soupçon d'embarras. Il savait combien sa situation présente était dangereuse, mais il avait parié sur ma compréhension. A partir de là, cela pouvait soit être l'unique moyen de me faire voir une vérité à la pureté dissimulée, ou alors une ruse afin de m'attirer dans un piège. S'il avait simplement voulu me tuer, il aurait put détruire ma navette aussi facilement qu'un Astartes broierait le crâne d'un homme.

       Pourtant, j'avais beau me plonger aussi profondément que je le pouvais dans ses yeux sombres, je n'arrivais pas à y voir le moindre signe de méfiance. L'hésitation qui régnait en lui au début de notre discussion avait même disparu, laissant place à une certaine fatalité à travers laquelle il laisserait le destin décider de comment cela finirait. Et enfin, sur un ton détaché mais où je perçu un besoin de prudence, il m'avoua :

            -  Le vrai Kantores se fait aujourd'hui appeler Thlénor Volirius, et il dirige désormais la guilde marchande Sarudienne qui sert de couverture à ses opérations. C'est également un puissant psyker et, plus important que tout,... c'est un illuminati.

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7 février 2009 6 07 /02 /février /2009 23:17

CHAPITRE QUATRE : COMPAGNIE DE HEROS



        Jack et Rei furent les premiers surpris par l'attaque des sangheilis contre les brutes. Au milieu de la mêlée, John concentrait toute son attention sur ses nombreux adversaires, cherchant à chaque seconde une nouvelle façon de les surprendre et garder l'avantage. James, lui, étant bien trop occupé à tirer dans la masse des ennemis en lâchant un torrent de jurons. De plus, le marine avait du mal à entendre quoi que ce soit à travers le vacarme de sa mitrailleuse lourde qui crachait des éclairs de plombs dans un énorme capharnaüm. Mais les deux spartans ne comprenaient pas quelle était la raison de cette division au sein de l'Alliance covenante, et pendant un moment, ils se surent pas s'ils devaient se réjouir ou s'en inquiéter. Pendant que les fils de sangheilios encerclaient formaient un cordon d'exécution autour de la bataille, les quatre humains continuèrent l'affrontement qui ne faiblissait pas d'un iota. Bien que la situation venait de tomber en leur défaveur, les jiralhanaes semblaient avoir la ferme intention de massacrer les Démons avant de tomber.

        La mêlée était impressionnante et dépassait de loin ce que les spartans avaient eut l'habitude. Jack et Rei étaient obligés de combattre dos à dos pour éviter d'être submergés tandis que leur major traversait les rangs ennemis, totalement insaisissable et semant la plus grande panique. Sa technique de combat était clairement basée sur une improvisation quasi instinctive et stupéfiante : une fois la chambre de son fusil à pompe vide, il s'en servait comme d'une batte de base-ball le temps de trouver une autre arme intéressante sur l'une de ses victimes. Les ceintures de grenades que portaient certaines brutes constituaient pour lui un excellent amplificateur d'explosion qu'il envoyait au milieu de ses opposant après y avoir coller une grenade à plasma. Il réagissait à chaque situation avec une rapidité sur-humaine et savait parfaitement anticiper les mouvements des brutes, comme s'il les avait affronté depuis des années.

        Mais il y avait aussi autre chose. Une chose sans laquelle les humains n'auraient pas survécu plus de quelques secondes au milieu de tout cela : chaque fois qu'une brute était sur le point de porter un coup imparable sur l'un d'eux, celle-ci était touchée par de mystérieux tirs mortels sous lesquels elle s'effondrait instantanément. Durant un instant, ils crurent que des renforts du CSNU étaient arrivés et qu'une équipe de snipers les couvraient depuis les collines, mais la vérité était tout autre.


       Elda débarqua sur le sol de la planète avec la deuxième vague de Séraphines, à une centaine de mètre à peine de la portion d'autoroute où la bataille se déroulait, escortée par une douzaine de sangheile d'élite. Les sœurs de la première vague affrontaient les jiralhanaes avec une froide efficacité contrairement à leurs équivalents mâles dont la fureur de guerre avait tendance à les pousser à des actes souvent suicidaires. De plus, les fils de Sangheilios auraient probablement eut du mal à accepter l'ordre de couvrir les humains.

       Les Séraphines étaient principalement équipées de carabines et de snipers afin d'engager l'ennemi à moyenne ou longue portée, car elles n'étaient pas assez fortes physiquement pour risquer un corps à corps avec les féroces jiralhanes. Elda préférait largement que ses troupes restent à distance, là où elles prenaient le moins de risque et seraient les plus efficaces.

            -   Commandante ! fit sa première lieutenante Garlia. Nos snipers s'occupent de protéger les humains le temps que l'ennemi soit anéanti. Tout se déroule selon votre plan jusque là.

            -   Parfait, répondit-elle. Assurez-vous de la survie des spartans en priorité. Je ne veux pas que l'état-major humain nous tienne grief pour avoir laissé un seul d'entre eux mourir.

            -    Ce sera fait, commandante.

     Garlia retourna aussitôt en direction des troupes de la première vague, et Elda la suivit pour observer le combat de plus près. D'une simple pensée, elle actionna le zoom de son casque intégral et put voir clairement les trois spartans créer autant de dégâts aux jiralhanaes que la moitié de ses sangheilies. Ils étaient impressionnants. Leur force égalait à peine celle de leurs féroces adversaires, mais ils étaient tellement plus agiles, précis et expérimenté. L'un d'eux avait brisé la nuque d'une brute du tranchant de la main avant d'empoigner son cadavre pour l'utiliser comme bouclier contre une pluie de tirs, puis d'activer les grenades spike accrochées à sa ceinture et de le jeter sur ses opposants. Quatre énormes simiens furent criblés de piques l'instant suivant. Les deux autres spartans combattaient l'un à côté de l'autre, ne s'éloignant jamais de plus d'un mètre ou deux, comme s'ils étaient reliés par un cordon invisible.

       La vision de ces deux humains perturba profondément Elda. La sangheile était impressionnée par la coordination quasi télépathique qui se manifestait dans chacun de leurs gestes, plusieurs de leurs attaques étant combinées afin de les rendre encore plus imparables : lorsque l'un d'eux brisait les jambes d'un ennemi sous ses bottes métalliques, c'était l'autre qui l'achevait en plantant un couteau de combat sur son crâne tandis que son partenaire le couvrait. Parfois, le premier immobilisait un ennemi des deux mains et laissait au second l'occasion de le mettre hors de combat ou suffisamment infirme pour ne plus représenter une menace. Cet accord parfait ressemblait au lien étrange que présentaient les couples de Lekgolos qui s'entraînaient ensemble depuis leur naissance, mais à un niveau cent fois plus élevé. Cela relevait de quelque chose de complètement étranger à un simple entraînement.


         Il fallut cinq bonnes minutes pour anéantir l'ensemble de l'armée jiralhanae et transformer cette portion d'autoroute en un vaste charnier puant le sang et le béton brûlé au plasma. Tandis que les séraphines achevaient méthodiquement les blessés ennemis, Elda et sa garde d'honneur allèrent à la rencontre des humains qui restaient sur leurs gardes. La commandante les salua de la main en annonçant :

            -  Je suis Elda Fulsamee, chef de cette section de combat, et envoyée du commandant suprême Irul Sulamee. Nous sommes venus vous porter assistance.

            -  Irul Sulamee ? s'écria Jack. C'est...

            -  C'est lui ? demanda Rei avec le même émoi.

      John sentit immédiatement que ses deux coéquipiers devenaient subitement très instables : leurs mains commençaient à trembler tandis que leurs émotions commençaient à prendre le pas sur leurs décisions. Avant même qu'ils n'aient pu faire le moindre geste, John les empoigna chacun par une épaule et les plaqua tout deux au sol avec violence. Des humains normaux auraient eut la colonne vertébrale brisée et le crâne en miette, mais pas des spartans. Jack et Rei n'osèrent pas répondre au geste de leur major et restèrent immobiles jusqu'à ce que John explique d'un ton posé :

            -  Oui, il s'agit bien de l'élite que vous avez affronté sur Alkador. Mais avant de laisser vous laissez guidé par vos sentiments sachez ceci : j'ai rencontré Irul Sulamee il y a peu de temps et il m'a parlé de vous deux. Il m'a demandé de vous dire qu'il était désolé et qu'il vous pardonne. Maintenant essayez d'imaginer quel genre d'humilité et de contrôle de soit il lui a fallut pour me dire ceci, et vous trouverez peut-être le moyen de faire de même.

     Sur ces mots, le major lâcha Jack et Rei pour les laisser réfléchir par eux-même, sans contrainte. Les deux spartans se relevèrent lentement comme s'ils devaient réapprendre à se tenir debout alors qu'ils reprenaient leurs esprits. Leurs mains se joignirent instinctivement afin qu'ils se rassurent par la présence de l'autre, cette présence qui faisait leurs vies et sans laquelle ils n'étaient rien. John n'avait jamais compris réellement la portée de leur union, cependant il les connaissait suffisamment pour savoir comment ils raisonnaient : pour eux, tous les alliés de l'univers ne valaient rien s'ils n'étaient pas ensembles. C'était un sentiment assez éloigné de la discipline habituelle des spartans, mais c'était également ce qui les rendaient si forts, et John respectait cela à sa manière en tant qu'officier.

            -  J'ai besoin de vous, leur dit-il. Et pour vous dire la vérité je ne suis pas aussi emballé que vous à l'idée de nous allier à ces types, mais sans eux nous n'auront jamais la puissance nécessaire pour protéger la Terre. Alors oublions un instant notre haine et tentons de travailler ensembles, d'accord ?

            -   Bien parlé, humain, répliqua Elda.

      Alors qu'il se tournait vers la commandante, John s'aperçu qu'elle avait sa main posée sur la poignée de l'épée plasma accrochée à sa ceinture. Ses muscles étaient parfaitement détendus, témoignant d'un calme volontaire, et ses yeux avaient un éclat de sagesse toute récemment acquise.

            -   Sans votre intervention, expliqua-t-elle, j'aurais sans doute tué vos deux camarades. Mais ils ne sont pas les seuls à qui vous avez donné une leçon aujourd'hui. Je serai honorée de me battre à vos côtés, désormais, peu importe combien nous étions ennemis autrefois.

            -   Merci, commandante Fulsamee.

       John tendit sa main à la sangheile, et celle-ci la serra délicatement pour montrer son profond respect envers le major. Autour d'eux, les séraphines observaient avec attention ce moment historique où une guerre de plusieurs décennies prenait fin de ce simple geste.

        Soudain, une lumière aveuglante illumina le ciel l'espace d'un instant, et un vaisseau de l'Alliance surgit du sous-espace à quelques kilomètres à peine des héros. L'énorme vaisseau se déplaçait lentement, comme un animal blessé qui agonise, traçant derrière lui un long sillage de fumée noire et de débris de toute sorte. Il ne faisait aucun doute que ce bâtiment était gravement endommagé. Mais alors qu'il se rapprochait de la position tenue par les séraphines, John put reconnaître à la surface de sa coque externe les horribles bubons et tentacules si caractéristiques de cet ennemi qu'il croyait ne plus jamais avoir à affronter.

        Le vaisseau survola la savane sur quelques kilomètres en perdant constamment de l'altitude, jusqu'à ce qu'il s'écrase dans un grand fracas qui secoua les plaines environnantes.

            -   Qu'est-ce que c'est ? demanda James naïvement. D'autres brutes.

            -   Pire, répondit John.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 23:59

CHAPITRE DIX-HUIT : RETROUVAILLES



            -  Vous avez fait assassiner Travis Meldios ?

      Ma voix était étrangement aiguë, comme si l'air venait soudain de se faire plus rare. Mes pensées commencèrent à être emplies de doutes alors que cette révélation bouleversait toute l'avancée de mon enquête.

            -  Cet aristocrate arrogant était une gêne pour mon organisation, expliqua Volirius tout en restant confortablement calé dans son fauteuil. J'ai alors fait marcher mes relations afin d'obtenir son exécution, et sa navette personnelle fut détruite lors de l'un de ses voyages d'affaire.

            -   Par qui ? De quelles relations avez-vous usées ?

            -   Celles de l'Inquisition, me répondit une voix familière quelque part devant moi.

        Brusquement, l'une des colonnes qui décoraient la pièce s'anima devant mes yeux, et une silhouette humaine s'en détacha pour avancer vers moi. Je n'eut pas besoin de voir son visage pour savoir de qui il s'agissait.

        C'était Yarn Taganos, l'un des autres agents de mon maître Kantores, et c'était un as dans l'art de la discrétion. Il avait utilisé le léger aveuglement causé par la lumière du jour derrière la baie vitrée pour se dissimulé dans l'ombre d'une colonne afin que l'on ne puisse pas le voir à contre-jour, un procédé qu'il appréciait beaucoup dans sa simplicité enfantine. Je compris immédiatement qu'il ne nous avait pas joué ce numéro pour le plaisir de me foutre la trouille, mais pour me prouver que c'était bien lui, car avait changé de visage plus d'une fois depuis que je le connaissais.

         Yarn était un interrogateur, tout comme je l'ai été avant de devenir inquisiteur. Il était l'un des disciples les plus proches de mon maître, et je m'entendais relativement bien avec lui malgré mes facultés d'Intouchable. Sa faculté à se fondre dans le décors, une foule, ou un champ de bataille m'avait toujours impressionné. Il était le meilleurs pour espionner les gens ou recueillir des renseignements, surtout avec les innombrables contacts et indics qu'il connaissait sur toutes les planètes où il avait poser le pied. C'était également un hacker de première, ses fantastiques notions d'informatiques étant capables de venir à bout de la plupart des systèmes de cryptage ou de protection réseau. Yarn était une mine inépuisable d'informations, et un formidable analyste de la pensée humaine. Ses connaissances de la psychologie lui permettait de mieux comprendre la personnalité d'une personne que l'aurait fait un psyker avec un sondage mental.

        Car malgré tous ces incroyables talents, Yarn n'était qu'un simple humain. Bien sûr, il avait reçu des implants mémoriels afin de lui permettre d'emmagasiner les colossales quantités d'informations qu'il récoltait avec une passion quasi obsessionnelle, mais à part cela, il était un homme cent pour cent naturel. Et c'était probablement pour cela que je le respectais autant.

            -  J'ignore si je dois être ravi ou effrayé de te voir ici, lui avouai-je.

            -  C'est ce que je craignais, répliqua-t-il. Je sais que dans cette situation ton instinct t'encourage a ne plus me faire autant confiance qu'avant, mais écoute quand même ce que j'ai à te dire : tu as dirigé ton enquête dans la mauvaise direction. Les hérétiques que tu cherches ne sont pas ici.

            -  Comment espères-tu me faire croire cela après l'accueil que mes hommes et moi avons reçu ?! rageai-je. Tu n'entends pas les coups de feu au dehors ?!

            -  Non, mais j'ai vu le combat depuis le hublot de ma navette. Je viens à peine d'arriver en tant que messager de notre maître, afin de t'empêcher de commettre l'irréparable. Je suis désolé que le président Volirius ait réagit aussi violemment à ton arrivée, mais saches que c'était une décision prise par maître Kantores lui-même.

        Je ne pu m'empêcher de faire un pas en arrière en entendant ces mots, frappé par l'extrême dureté de ce qu'ils signifiaient. Pourquoi ? Pourquoi mon maître tenait-il tant à protéger Volirius au point de vouloir me faire éliminer ? Et pourquoi avoir envoyé Yarn précisément à ce moment ? Tout cela n'avait aucun sens ! 

            -  Je sais que c'est dur à entendre, continua Yarn, mais c'est la vérité. Les véritables tâches de la guilde sarudienne sont tout autres que le simple commerce marchand, et celles-ci ne doivent jamais être connue de l'inquisition ou de qui que ce soit. Jusque là, j'étais le seul à partager ce secret avec lui. Plus d'une fois il a voulu t'en parler, mais car il craignait que tu ne soit pas du même avis et ne détruise tout ce que nous avons construit ici.

            -   Et qu'est-ce qui lui a fait changer d'avis sur mon exécution ?

            -   Ton dernier message. Lorsque tu lui as rendu ton rapport sur les activités de Travis Meldios, il a été extrêmement impressionné, crois-moi ! Et le patron, il en faut pour le surprendre. C'est pourquoi il a jugé que tu étais un trop bon élément pour être gaspillé comme ça, et il veut te donner une chance de... faire partie de l'organisation.

       Je me rendis soudain compte que mes pulsations cardiaques avaient pris un rythme endiablé. Pourtant ce n'était pas moi qui était en position de faiblesse, d'un point de vue militaire.

            -   Quelle organisation ? demandai-je, inquiet.

            -   Je ne suis pas autorisé à te le dire. C'est le patron qui te dira tout lorsqu'il sera là.

            -   Il va venir ? Mais... et les autres artéfacts du chaos ?

            -  Ne t'inquiètes pas, d'autres inquisiteurs sont à leur recherche. Illios a transmis ton rapport aux seigneurs de l'Ordo et aux différents Adeptus menacés, excepté pour l'artéfact dissimulé ici.

            -   Pourquoi cela ? m'écriai-je.

            -   Le patron ne veut pas que l'Inquisition mette le nez dans cette affaire avec la guilde. Nous devrons enquêter là-dessus seuls.

        Je ne savais plus quoi faire. D'un côté, je pouvais me risquer à faire confiance à Yarn en suivant les désirs de mon maître tout en espérant ne pas tomber dans un piège, et de l'autre, je pouvais tenter d'arrêter Volirius, ce qui impliquait de tuer ses gardes du corps et peut-être même Yarn. Mon esprit était plus tourmenté qu'il ne l'avait jamais été. Durant des années passées aux côté d'Illios Kantores parmi ses meilleurs acolytes, je n'avais jamais imaginé me retrouver devant une telle situation. Ceux en qui j'avais eut le plus confiance devenaient soudainement... autre chose.

            -    Quand est-ce que maître Kantores sera ici ? demandai-je d'un ton lourdement pesé.

            -   Il est parti d'Hullorden peu après avoir reçu ton rapport, répondit Yarn. Si tout se passe bien, il sera avec nous d'ici trois à quatre jours.

            -   Alors je vais te faire confiance, mais saches que jusqu'à ce qu'il arrive, vous serez tous gardez en détention par sécurité.

            -    Je comprends parfaitement, fit Vilirius en se levant de sa chaise. Par contre, serais-ce trop vous demander de faire arrêter le combat ? Je peux vous assurer que mes hommes se rendront sans discuter.

       Il y avait quelque chose en cet homme qui me mettait mal à l'aise. Durant tout le long échange que je venais d'avoir avec Yarn, il n'avait pas bronché et n'avait pas montré le moindre signe d'inquiétude. Il était d'un calme effrayant, comme si la notion de peur était totalement absente chez lui. Peut-être était-il physiquement incapable d'exprimer ou même de ressentir la peur, mais je ne savais pas si l'une ou l'autre de ces hypothèse étaient à même de me rassurer sur son compte. Ce n'était pas un homme ordinaire, cela au moins j'en étais certain.

        D'un signe de tête, je fis signe à Claire d'ordonner à ses sœur de cesser l'attaque. Sans dire un mot, elle activa sa radio et transmis les ordres dans un murmure.

        Alors que je m'avançais vers lui, Yarn écarta les pans de son long manteau afin de me présenter les deux lourds pistolets à munitions solides qui pendaient dans des holsters sous ses aisselles. C'étaient ses armes favorites, à chacune desquelles il avait donné un nom d'étoile dans le langage de sa planète natale, le sombre monde-ruche de Valos. Rentrant mes griffes énergétiques dans les fourreaux de mes gantelets, je saisis ses armes et les coinçaient derrière la ceinture de mon uniforme.

            -  Prends-en bien soin, me dit-il avec un sourire.

       Ne sachant pas quoi lui répondre, je me contentai d'hocher la tête avant de reculer. Pendant ce temps, les soldats d'élite qui protégeaient Volirius déposèrent chacun leurs armes sur le sol délicatement sous le regard de Claire et s'en éloignèrent pour se ranger en ligne près de la porte de sortie.  Il m'apparaissait désormais très clairement que ces hommes étaient effectivement des troupes de choc de l'inquisition mandaté par mon maître afin de protéger Volirius et son « organisation ». Jusqu'où est-ce que cette affaire allait-elle réellement ? Etait-elle liée aux actions de Meldios, ou tout ceci n'était-il qu'une coïncidence ? J'espérai bien le découvrir le plus rapidement possible, avant que la situation ne m'échappe et que des innocents n'en payent les conséquences.

       Mais alors que la sœur de bataille conduisait les soldats vers la cage d'escalier, elle poussa subitement un grand cri et s'effondra sur le sol. Immédiatement, je saisis les pistolets de Yarn et en pointai un vers lui et Volirius, l'autre visant les troupes de choc. C'est alors que je m'aperçu qu'il n'y avait pas eut de coup de feu. Et soudain, alors que Claire se trouvait accroupie par terre, je vis du givre commencer à recouvrir la partie du sol marbré qu'elle touchait des mains. Alors que je m'approchais lentement d'elle, tenant toujours fermement mes armes en l'air, j'entendis mes pas résonner de façon étrange, et la lumière du jour se mit soudain à faiblir sans explication. Cela termina de confirmer mes doutes : Claire était un psyker, et elle était en train de s'éveiller.

      Je continuai de m'avançais vers elle lorsqu'elle leva une main pour me faire signe de m'arrêter. Toujours tordue par la douleur, elle me regarda avec des yeux étranges brillant d'une lumière surnaturelle, puis balbutia :

            -  L'ennemi... l'ennemi approche. Les pièces... sont en place.

      Ses paroles étaient confuses, interrompues par d'étranges sons isolés comme des test de prononciation. On aurait dit qu'elle était en train de réapprendre à utiliser ses cordes vocales, cherchant la bonne vibration pour chaque syllabe et la façon d'expulser l'air hors de ses poumons. Les veines de son visage se mirent subitement à apparaître, bombant sa peau comme un réseau de canalisation recouvert d'une simple bâche d'un rose pâle, et elle se mit à trembler de tout son corps.

            -   N... n... nous arrivons. Att... endez-nous. Ne... n'avancez... plus d... dans l'ombre.

      Elle délirait. Son état empirait à vue d'œil. Si cela continuait, elle allait s'éveiller complètement et créer une explosion psychique incontrôlable dont je ne pouvais prévoir l'ampleur. Elle pouvait aussi bien être un faible psyker pouvant à peine allumer la flamme d'une bougie qu'un psyker de niveau Alpha capable d'incendier Ouragos en un clin d'œil. Je devais faire tout mon possible pour empêcher ses pouvoirs de faire surface, et pour cela je n'avais qu'un seul moyen.

       Oubliant Yarn et les hommes de Volirius, je me précipitai vers elle à grands pas et m'agenouilla à ses côtés afin de l'englober dans ma sphère anti-psy. Aussitôt, la lumière dans ses orbites disparut et son visage retrouva aussitôt forme humaine, mais la brutale coupure de son lien avec le Warp l'affaiblit au point de lui faire perdre connaissance.

            -  Bon sang ! fis-je en vérifiant ses signes vitaux. Mais qu'est-ce qui s'est passé ?

            -  Selon toute évidence, répondit Volirius d'un ton froid et distant, quelqu'un a cherché à prendre le contrôle de son corps pour vous parler.

            -  Quoi ? Vous voulez dire... un psyker ?

            -  Oui. Et un psyker extrêmement puissant.

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11 janvier 2009 7 11 /01 /janvier /2009 17:00

Bon, tout d'abord, je tiens à vous annoncer que l'écriture de Halo: l'Arche de l'Alliance est suspendue pour le moment. En effet, je n'arrive pas à progresser dans le scénario, même globale, malgré tout la bonne volonté que j'y mets. Il m'est extrêmement difficile pour le moment de savoir exactement ce que je vais faire avec mes héros, et comment je vais modifier le scénario officielle de Halo 3. J'ai quelques idées de moments légendaires ou de rebondissements intéressants, mais pas assez pour créer un puzzle entier pour l'instant.

Donc du coup, c'est la fanstorie ILLUMINATI qui prend la priorité le temps que j'arrive à élaborer suffisamment le script de base de l'Arche de l'Alliance. Car les aventures d'Asphar Silverstein me sont beaucoup plus faciles à écrire actuellement, et l'univers de Warhammer 40.000 me parle plus que celui de Halo en ce moment (c'est comme ça, j'ai aussi mes périodes au niveau des préférances ^^). Alors je vais changer une nouvelle fois le programme des publications en espérant pouvoir revenir à la normale bientôt.


Et maintenant, voici une autre nouvelle importante pour les fans de Warhammer 40.000 : depuis que je me suis lancé dans l'écriture de ILLUMINATI et la création de mon personnage inquisiteur Asphar Silverstein, j'ai toujours voulu créer un univers concret dans lequel son aventure (et les autres qui suivront) puisse se dérouler. Mais l'Imperium tel qu'il est décrit par les autorités compétentes de Games Workshop est trop vaste, trop dispersé, et également trop flou. C'était une cause perdue d'avance.


Jusqu'à ce que je mette la main sur un exemplaire du livre de règle de Dark Heresy, le jeux de rôle officiel dans l'univers de Warhammer 40.000 où les personnages que l'on se crée évoluent au sein d'un secteur impérial entier décrits de façon incroyablement précise. Me basant sur ces informations, j'ai commencé à concevoir une carte de mon propre secteur impérial, Hullerstorm, avant d'écrire les descriptions de ses planètes et l'histoire de ses personnages principaux. C'est un travail énorme qui demandera un long temps avant qu'il ne soit achevé, mais je progresse pas à pas vers cette perfection à laquelle j'aspire pour l'univers de mon héros.


Et aujourd'hui, je dispose de suffisamment d'informations à peu près certaines pour vous présenter la première ébauche du secteur Hullerstorm. J'ai donc créé un blog spécialement pour cela, et vous pouvez y accéder en cliquant sur CE LIEN.


Gardez à l'esprit qu'il s'agit encore d'un brouillon. De nombreuses choses peuvent encore être changées, comme des noms de planètes, leur description ou même leur emplacement, ainsi que les organisation qui s'y trouvent. En bref, c'est encore un univers adaptable selon les imperfections que j'y décèlerai ou les défauts que vous trouverez. Car vous pouvez parfaitement intervenir sur certains articles afin de me dire ce qui va et ce qui ne va pas, ce qui m'aidera énormément à progresser dans cette énorme création.


Et surtout, ne croyez pas que cette tâche va me prendre du temps supplémentaire et empiéter sur l'écriture de mes fanstories, car cela fait plus de six mois que je travaille là-dessus. Je le fais simplement à un rythme acceptable, dans l'ordre de mes priorités.


Sur ce, je vous souhaite un bon voyage à travers le secteur Hullerstorm. Seulement, n'oubliez pas d'emporter votre bolter ^^ !

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4 janvier 2009 7 04 /01 /janvier /2009 13:20

CHAPITRE DIX-SEPT : RENCONTRE AU SOMMET



      Mes suivants se mirent immédiatement en position de combat, au cas où le psyker aurait été accompagné, mais il n'y avait absolument personne d'autre à cet étage. Apparemment, la guilde avait été beaucoup trop confiant en leur premier assassin, mais je me doutais bien qu'il en enverrai d'autres dès qu'ils se seraient aperçu de leur échec. Beaucoup d'autres.

            -   Xan ! fis-je au technogure. Trouve un moyen de remettre l'ascenseur en route, et vite !

            -   J'ai déjà essayé, mais l'alimentation a été coupée à la source. Il est impossible de le remettre en marche d'ici.

            -  Que l'Empereur les damne ! jurai-je. Claire ! Essayez de contacter vos supérieures ! Dites-leur que nous avons besoin d'aide !

       La sœur de bataille s'afféra immédiatement à sa radio, mais ne reçut aucune réponse. La guilde avait dû mettre en marche un système de brouillage pour nous isoler. A moins qu'il ne s'agissait de la structure même du bâtiment qui le mettait à l'abris des systèmes d'espionnage externes, une pratique courante chez les marchands. Dans tous les cas, nous étions dans de sales draps. Je me mis alors à regretté de n'avoir pas être venu avec une escorte plus importante.

       C'est alors que je sentis une étrange odeur me picoter les narines, et m'aperçus que l'air provenant des conduits d'aération se mit brusquement à prendre une teinte jaunâtre inquiétante.

            -  Du gaz ! hurlai-je aussitôt.

       Malheureusement, seuls Xan, Claire et la sœur hospitalière Ilda disposaient de respirateurs. Dans un élan quasi instinctif qui m'impressionna, Ilda se précipita vers moi, et retira son respirateur pour me le donner. Elle savait que l'appareil respiratoire de Xan faisait partie intégrante de son corps, et que celui de Claire était incorporé à son armure. Elle était donc ma seule chance de survie. Sans dire un mot, elle plaça son respirateur sur mon visage, expliquant son geste par un simple sourire doublé d'un regard où se lisait la fatalité des évènements. Ses doigts se mirent soudain à glisser sur l'appareil alors qu'elle se mettait à tousser, sous l'effet du gaz. Puis, brusquement, elle s'effondra, et ses paupières tombèrent sur ses yeux.

      Je vérifiai immédiatement ses signes vitaux. Ils étaient stables. Ce n'était qu'un simple gaz anesthésique, ce qui signifiait que la guilde souhaitait nous prendre vivants. Par contre, cela signifiait également que les équipes de récupérateurs ne devaient pas tarder à arriver.

      Comme en réponse à mes pensées, le plafond s'illumina brusquement d'une lumière aveuglante et un flot d'étincelles se mirent à tomber sur le sol alors qu'on découpant une ouverture dans la couche de plas-béton. Maintenant fermement le respirateur d'Ilda sur mon visage, j'ordonnai à Claire et à Xan de se mettre à couvert. Ils étaient tous deux encore assez près de l'ascenseur, de l'autre côté de la pièce, et je n'avais pas le temps de les rejoindre.

       Un énorme morceau circulaire du plafond vint s'effondrer dans un bruit sourd au milieu de la pièce, et plusieurs silhouette en armure complète jaillir du plafond dans la brume jaunâtre causée par le gaz, et commencèrent à examiner les corps qui se trouvaient à terre. Risquant un coup d'œil par-dessus l'énorme machine qui me dissimulait, je vis qu'ils étaient dix, tous équipés de fusils mitrailleurs de très bonne qualité. Il ne leur fallut pas longtemps pour s'apercevoir que toutes leurs cibles n'avaient pas été neutralisées par le gaz. L'un d'eux, qui devait être le chef d'équipe, fit une série de geste dans le langage de combat standard de la garde impériale, pour ordonner à ses hommes de se disperser.

       C'est lorsque l'un d'eux passa aux côtés de la cachette de Claire que le premier coup de feu retentit. La sœur de bataille lâcha une courte rafale avec son fusil bolter et transforma l'agent de sécurité en passoire. Profitant de la confusion, je surgis de mon propre couvert et plongea les lames d'Eridios dans les corps de mes deux plus proches ennemis. Alors que le reste de la troupe de la guilde se retournait pour me mettre en joue, Clair effectua un tir de suppression qui les obligea à se mettre à couvert, non sans en tuer deux de plus. Les cinq survivants n'eurent pas le temps de m'empêcher de les charger, et furent rapidement mis en pièces par mes griffes énergétiques.

       Mais alors que le combat semblait terminé, d'autres soldats me tirèrent depuis le trou découpé dans le plafond. Heureusement, la brume artificielle les empêcha d'avoir une visée précise, et je m'en tirai avec une blessure noble à l'épaule. Claire dégoupilla un duo de grenade à fragmentation et attendit quelques secondes avant de les balancer dans l'ouverture au-dessus. Plusieurs cris de douleur retentirent lors de l'explosion, avant de se transformer en râles agonisants. Avec une certaine prudence, la sœur de bataille escalada une série d'ordinateurs pour atteindre le trou et examiner l'étage au-dessus.

            -     C'est dégagé ! m'annonça-t-elle.

            -   Parfait, fis-je en reprenant mon souffle. Xan ! Tu restes ici et tu veilles sur les autres ! On compte sur toi.

       Bien qu'il ne soit pas officiellement un combattant, le lexmechanicus n'était pas sans défense, et avait de bonne notions militaires. Ramassant un fusil mitrailleur sur l'un des corps de la milice, il se posta dans un coin et activa tous ses senseurs mécaniques pour détecter d'éventuelles nouveaux arrivants. Prenant appuie sur les machines qui encombraient la salle, je grimpai rejoindre Claire, pour découvrir autour du large trou circulaire les débris de plusieurs corps, déchiquetés à un point tel qu'il m'était impossible de savoir combien ils étaient à l'origine. Cet étage était quasi identique à celui d'en dessous : sans fenêtre et rempli de machines informatiques en tout genre, à la seule différence qu'il y avait de la lumière. Ce qui signifiait des ascenseurs en état de marche.

            -  Cherche un moyen de sortir d'ici ! ordonnai-je à Claire.

       Mais la sœur de bataille n'avait pas attendu cet ordre pour examiner l'étage dans ses moindres recoins. De mon côté, je n'avais pas fait trois pas que je tombais en face d'une machine de purification, modèle Dannus-R6700. A l'origine, cet engin était fait pour éliminer tout agent infectieux des corps des membres de l'Adeptus Mecanicus, ou des éléments suspects qu'ils récupéraient. Mais plusieurs autres agences, entreprises et groupuscules avaient découvert en cette machine un tout autre intérêt.

        Cependant, cette découverte ne m'était plus d'aucune utilité. Ce n'était plus qu'une preuve de plus de la culpabilité de la guilde Sarudienne dans cette affaire, et je me contentai de noter mentalement son emplacement dans le bâtiment, pour une récupération future, avant de poursuivre des recherches plus pressentes. J'ignorais combien de temps l'effet du gaz soporifique mettrait à se dissiper, et je ne pouvais donc plus compter que sur Claire pour continuer. Mais je savais qu'affronter l'ensemble de la milice privée de la guilde à nous deux était pure folie. Notre priorité était donc de trouver un moyen de demander des renforts à l'Ordre du Cœur Lumineux.

        Mais dans ces niveaux sans fenêtres et avec un important brouillage radio empêchant toute communication vers l'extérieur, nos options étaient plutôt limitées. Après avoir étudié un peu la structure globale de notre environnement, je demandai à Claire de me donner les explosifs qu'il lui restait et elle me tendit un couple de grenades. J'y ajoutait une dose de plastique explosif que je gardais pour ce genre d'occasion et plaça le tout contre un mur avant de le faire détonner. Dans un grand fracas une importante portion du mur vola en éclat et la pâle lueur du jour pénétra enfin à l'intérieur du bâtiment.

        Prudemment, je m'avançai vers l'ouverture ainsi créée pour y jeter une fusée éclairante qui alla s'écraser en bas du building. Quelques instants plus tard, je vis avec satisfaction arriver les deux rhinos que j'avais gardé en réserve, et les deux escouades de sœurs de bataille engager le combat avec les miliciens de la guilde.

            -   Et maintenant ? fit Claire. Est-ce qu'on les attends ?

            -   Non. Ces gardes sont bien entraînés et n'ont pas l'air de vouloir se rendre même s'ils n'ont aucune chance. Ils vont juste cherché à retenir nos renforts le temps que leurs chefs s'enfuient.

            -   Par où ? Le bâtiment va être encerclé en un rien de temps !

            -   Il y a une plate-forme à navette sur le toit, dis-je en m'éloignant rapidement.

        Il y avait un escalier de service non loin par lequel nous montâmes vers les étages supérieurs du bâtiment où nous croisâmes de nombreux serviteurs affolés par la bataille au dehors. D'après la hauteur qu'avait grimpé l'ascenseur avant qu'il ne s'arrête, nous avions probablement dû parcourir les trois quarts de l'édifice. Les hauts membres de la guildes s'attendaient sans doute à ce que nous soyons neutraliser facilement, et nous avaient donc tendu leur embuscade aussi près que possible de leurs bureaux pour qu'ensuite on nous y transporte facilement. Cette stratégie était bonne, mais ils avaient fait l'erreur de nous sous-estimer, en mettant trop de confiance en leur psyker.

         D'un autre côté, j'admet que sans mes facultés d'Intouchable, ce type nous aurait sans doute pu tous tué.


        Au bout d'un moment, nous arrivâmes enfin au sommet de la cage d'escalier, qui se terminait par une lourde porte de fer nécessitant un code pour être ouverte. D'un coup rageur de mes griffes, je mettais en pièce les verrous de sécurité et enfonçais du pied la porte qui s'ouvrit sur un grand vestibule richement décoré. Deux soldats nous attendaient là, mais avant qu'ils puissent épauler leurs armes, Claire avait lâché une salve dans leur direction et ses bolts trouèrent leurs armures comme du papier mâché. Alors qu'ils s'écroulaient sur le sol tapissé, je réalisai que ces hommes étaient équipés des combinaisons standards des troupes de choc de l'Inquisition, ce qui me secoua les entrailles. Où est-ce que ces hérétiques avaient bien pu mettre la main sur de tels équipements ? Mis à part les énormes trous causés par les bolts de ma suivante, ces armures étaient en excellent état, ce qui signifiait deux choses : ces hommes les avaient obtenue neuves et ils savaient parfaitement comment les entretenir.

        Soudain, je craignis de m'être retrouvé devant la plus effroyable réalité de l'Inquisition : la trahison de l'un des nôtres. Il n'est pas rare qu'un inquisiteur, si fort soit-il, soit corrompu par les sombres pouvoir qu'il est amené à affronter, parfois sans même s'en rendre compte. Plus j'y pensais, et plus je réalisai que cette hypothèse était crédible. Un inquisiteur avait tout pouvoir sur les institutions de l'Imperium, et il lui était nettement plus facile de récupérer secrètement tous les artéfacts que nous avions vu dans l'antre de Meldios, tout comme il lui était plus facile de les faire dissimuler ensuite au quatre coins du secteur Hullerstorm... 

       En essayant de garder mes idées claires, j'ordonnais à Claire de me suivre et nous traversâmes le vestibule jusqu'à une grande porte de bois ornementée. Derrière se trouvait une immense salle richement décorée et remplissant presque tout cet étage. Des colonnes de pierres antiques soutenaient le reste de la structure tandis qu'une grande baie vitrée donnait une vue imprenable sur la ville sainte d'Isanam. Derrière un vaste bureau, entouré d'une demi-douzaine de soldats semblables à ceux que nous venions de rencontrer, un homme était assis.

       La guilde Sarudienne avait beau être dirigée par un conseil d'une dizaine de dirigeants principaux, cette organisation était chapeautée par un président à vie, celui que l'on nomme Thlénor Volirius. Il avait fondé la guilde il y a quatre-vingt années de cela, et durant tout ce temps il l'avait adroitement menée vers la réussite qui était la sienne aujourd'hui. D'apparence assez âgé mais au regard encore jeune, le front haut et le menton court, son visage à la rudesse infinie portait d'horribles marques de blessures qui m'étonnèrent. Une personne aussi importante avait largement les moyens d'obtenir les opérations de chirurgie nécessaires pour faire disparaître de telles lacérations, et pourtant celles-ci me semblaient bien être vieilles d'au moins quelques dizaines d'années. Comment le maître d'une guilde marchande aurait put subir ce genre de mutilation ? Et pourquoi les aurait-il gardé tout ce temps ? 

      Soudain, Volirius s'adressa à nous.

            -  Il semble que je vous aie sous-estimé, inquisiteur Silverstein. Votre ténacité est remarquable.

            -   Pourquoi êtes-vous restez ici ? Vous auriez pu vous échapper depuis longtemps.

            -  La vérité c'est que mes options sont assez limitées, et que la fuite n'est pas la meilleur solution à ma portée.

            -    Je ne sais pas ce que Meldios vous a promis, mais jamais je ne me détournerais de la lumière de l'Empereur, même si cet hérétique m'offrais l'Imperium tout entier !

            -   Meldios ? fit Volirius dans un air de surprise. Travis Meldios ? N'est-il pas sensé être mort il y a quarante-huit ans ?

            -   Mort ? Non, il était seulement porté disparu. Pourquoi croyez-vous qu'il était mort ?

            -    Parce que je l'ai fait assassiner il y a quarante-huit ans.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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2 janvier 2009 5 02 /01 /janvier /2009 12:01

CHAPITRE SEIZE : REFERMER SES SERRES



      Je m'étais enfermé depuis maintenant huit heures dans la bibliothèque du couvent principal de l'Ordre du Cœur Lumineux, seul, à étudier les informations recueillis au court de mon enquête. J'avais étalé devant moi toutes les données concernant les consommations énergétiques des différents secteurs de la ville d'Isanam. Il m'avait fallu plus de trois heures pour repérer ce que je cherchais : plusieurs augmentations brusques et momentanées des besoins énergétiques correspondant à la consommation d'une machine de purification, et qui ne seraient apparues que récemment. Ce phénomène n'était observé que dans le secteur Gamma-7 de la ville, et j'avais donc aussitôt cherché un plan correspondant.

      Ce secteur était constituée d'un ensemble de bâtiments administratifs où étaient établis les bureaux de plusieurs des industries les plus florissantes d'Ouragos. Il y avait là des secteurs d'activités incroyablement variés, allant des exploitations minières aux banques de séquences génétiques, en passant par plusieurs agences de protection privées. Ensembles, ces bureaux devaient contenir pas moins d'un tiers de l'économie de ce monde et plus de la moitié des emplois de la population, tout cela dans une surface d'à peine un kilomètre carré. Ces immeubles représentaient la puissance économique d'Ouragos dans sa forme la plus administrative.

     Et pour moi, ils représentaient un gain de temps considérable pour mon enquête, car la plupart de ces bureau d'entreprises n'avaient pas l'espace nécessaire pour entreposer la machine de purification que je cherchais. Ce genre d'appareil faisait la taille d'un char de combat super-lourd Baneblade, une chose qui ne s'entrepose pas n'importe où discrètement. Aussi, mon attention se porta uniquement sur les agences qui disposaient des plus grands espaces dans ce secteur, ce qui m'amenait logiquement aux entreprises les plus puissantes.

     Après une longue étude des plans et informations fournis gracieusement par les membres de l'Adeptus Arbites chargés de surveiller cette zone, je ne retins rapidement que trois candidats capables d'abriter la machines : les chantiers navals de la maison noble Isfarios, la guilde Sarudienne de transporteurs marchands, et l'agence de construction générale Xanthor. Chacune de ces trois entreprises disposait d'un bâtiment administratif entier, structurellement isolés des autres construction du secteur Gamma-7 qui étaient pour la plupart reliées par des ponts, des passerelles ou d'autres voies de communication diverses. En examinant un peu plus en détail, je m'aperçue que les agents de sécurité du bâtiment des chantiers navals appartenaient à une autre entreprise dont la maison Isfarios louait les services, alors que les deux autres avait leur propre service de protection privée. Ces deux là étaient donc les plus suspectes, car il est plus facile de garder un secret quand on possède sa propre milice.

       Il ne restait donc plus qu'à départager la guilde marchande et l'agence de construction. Je laissai mon intuition me guider, et rapidement tous mes soupçons se tournèrent vers la guilde Sarudienne. Les marchands sont, de part leur nature, ceux qui sont les plus en contact avec l'univers extérieur, avec ses richesses, ses ressources, et ses dangers. Si la corruption hérétique avait trouvé le chemin d'Isanam, il y avait de fortes chances pour que les marchands y soient impliqués. 

        Je me levai finalement de mon siège et quittai la bibliothèque pour rassembler ma suite. La chanoinesse Thérésa m'avais donné le commandement temporaire de deux escouades de sœurs de bataille. Elle m'avait également permis de prendre à mon service deux membres de l'Ordre du Cœur Valeureux pour ma suite personnelle.

      Le premier était une sœur hospitalière du nom de Ilda Antares, dont les connaissances de la médecine n'étaient plus à prouver. Bien sûr, elle n'était pas une combattante, mais je ne pouvais plus envisager de mener mon groupe vers le danger sans personne pour soigner les éventuels blessés. Sa robe d'un blanc immaculé enveloppait une armure légère noire comme la nuit, dont les décorations argentée représentant le lys de l'Adepta Sororita brillaient même sous la faible lueur du soleil.

      La seconde personne qui me suivait désormais n'était pas réellement un membre de ma suite, mais plutôt un agent de liaison entre l'Ordre du Cœur Lumineux et moi. En effet, la chanoinesse Thérésa avait insisté pour que je sois accompagné par l'une de ses sœurs de bataille, qu'elle avait elle-même choisie pour transmettre mes ordres au reste des troupes. La sœur Claire Ophélias me semblait être quelqu'un de particulièrement douée malgré son jeune âge, qui était la seule raison pour laquelle elle n'avait pas encore été promue sœur supérieure. Elle était d'ailleurs la seule sœur de son rang à avoir reçu une épée énergétique des mains de la chanoinesse elle-même. Tout dans ses gestes, son allure, et son regard, m'indiquait qu'elle était beaucoup plus expérimentée qu'elle ne le laissait penser à première vue.

       Lorsque je pénétrai dans la coure intérieure du couvent où m'attendaient ma suite ainsi que les deux escouades de sœurs placées sous mes ordres, j'ordonnai immédiatement le départ pour le secteur Gamma-7.





      Quelques minutes plus tard, le rhino transportant ma suite et moi-même se trouva devant le bâtiment administratif de la guilde marchande Sarudienne. D'une hauteur impressionnante de huit cent mètre de haut, c'était un fier édifice cylindrique de métal froid, dont le reflet bleuté semblait chercher à le dissimuler dans le ciel dégagé de ce milieu de journée. Très peu de ses innombrables étages possédaient des fenêtres, et d'après le plan que j'avais examiné, le toit abritait un hangar à navette. C'était un édifice plutôt admirable, mais j'avais appris depuis longtemps que ce genre d'apparence ne signifiait absolument rien. 

       Je ne pris pas de détours pour pénétrer le building. Je fit arrêter notre transporteur devant l'accès principale et me dirigea ensuite à pied vers l'entrée, suivit de mes hommes de mains. J'avais laissé notre escouade de sœur de bataille aux limites du secteur, ne voulant pas affoler les dirigeant de la guilde au point de détruire précipitamment toute preuve utilisable. Lorsqu'un groupe d'agents de sécurité approchèrent pour nous arrêter, je n'eu qu'à lever mon insigne inquisitoriale pour qu'ils s'écartent sans rien dire. L'un d'eux sortit cependant un dispositif radio et parla un instant dans le combiné, probablement pour informer ses supérieurs de notre arrivée. Fidge les examina avec un œil attentif, et je me penchai alors vers lui pour lui demander :

            -   Qu'est-ce que vous en pensez ?

            -   D'après leur posture et leurs manières, je dirais qu'il s'agit d'anciens membres des troupes de défenses de la flotte.

            -   Comment pouvez-vous en être aussi sûr ?

            -   Ils se comportent comme de véritables soldats, et leur démarche montre clairement qu'ils ont passé une bonne partie de leur vie sous une gravité artificielle. Je dirai que ce sont d'anciens combattants de la flotte. Ils sont très prisés par les guildes marchandes pour protéger leurs vaisseaux.

            -   Pensez-vous qu'ils nous causerons des problèmes ?

            -   Et bien, fit-il dans un sourire en coin, tout ce que je peux vous conseiller, c'est de ne pas trop les chauffer.

       La grande porte d'entrée était équipée d'un système de détecteur de mouvements et s'ouvrit à notre approche dans un bruit de rouages mécaniques bien graissés. Le hall se trouvant derrière était tout simplement gigantesque, prenant tout l'espace de ce qui, dans un immeuble classique, auraient été les six premiers étages. Les murs étaient entièrement recouverts d'or, et ornés de nombreuses décorations venues de planètes aussi diverses que lointaines. Devant la porte d'entrée, deux rangées de statues de bronze représentant les divinités d'un monde féodal reculé formaient un couloirs jusqu'au bureau circulaire de la réception. Au centre du hall, un énorme dispositif holographique affichait l'ensemble des planètes du secteur d'Hullerstorm, colorées dans des teintes assez fantaisistes. Bien sûr, ces images n'avait aucun intérêt en elle-même, mais avaient sans doute l'avantage d'impressionner les visiteurs.

       Mais je ne perdis pas de temps à contempler les richesses superficielles de cette salle, et me dirigeai d'un pas rapide vers les agents de la guilde assis derrière leur bureau. C'était des serviteurs à moitié mécaniques, qui manipulaient plus de trois ordinateurs chacun en même temps, même lorsqu'ils levèrent les yeux vers nous à notre approche.

            - Par autorité de la sainte inquisition, annonçai-je d'une voix forte en présentant mon insigne, je souhaite m'entretenir avec les dirigeants de votre guilde.

            -  Nous avons été prévenus de votre arrivée, inquisiteur. Suivez-moi, je vais vous guider.

       Le serviteur se leva alors de son siège pour se diriger vers l'un des grands ascenseurs de verre qui longeaient les murs du halls. Entièrement conçus en verre de façon à permettre de contempler les richesses de la guilde, il était assez grand pour que tout notre petit groupe tienne sans problème à l'intérieur. Après avoir inséré l'un de ses doigts mécaniques dans une serrure intégrée, le serviteur appuya sur une série de touches et l'ascenseur se mit à monter. Nous traversâmes ainsi plusieurs dizaines d'étages où s'affairaient divers serviteurs, marchands et capitaines de vaisseaux, ainsi que plusieurs clients en instance de négociation. Puis, l'ascenseur passa devant quelques niveaux où se trouvaient essentiellement des ordinateurs, cogitateurs et machines de stockage de données où l'on ne voyait absolument personne et où ne se trouvait absolument aucune fenêtre. Et brusquement, l'ascenseur s'arrêta devant l'une de ces étages déserts, toutes lumières éteintes.

            -   Qu'est-ce que cela signifie ? s'emporta Fidge en saisissant le serviteur par le cou. Qu'est-ce que t'as foutu ?

       Mais le pauvre homme semblait tout aussi désemparé face à l'évènement, et ne réussi qu'à bafouiller un flot de mots incompréhensibles. Puis, brusquement, il fut prit de violentes convulsions alors que la partie mécanique de son cerveau semblait subir une surchauffe ou un incident, avant de rendre l'âme. Fidge relâcha le cadavre à moitié fumant dans un geste rageur, avant de dégainer l'un de ses sabres pour attaquer l'épaisse couche de verre constituant la porte de l'ascenseur.

        C'est alors que je vit une silhouette surgir de l'ombre derrière les amas d'ordinateurs entreposés là. C'était un homme grand, enveloppé dans une ample robe de cuir brun, dont le grand âge l'obligeait à s'appuyer sur un bâton aussi grand que lui, à l'extrémité duquel on pouvait voir un étrange dispositif sphérique sur lequel courrait de nombreux arcs électriques. Je compris rapidement qu'il s'agissait là d'un psyker, probablement l'un des plus puissants dont devait disposer la guilde. Il était clair que notre ascenseur ne s'était pas arrêté à cet étage par hasard.

         Aujourd'hui je reconnais que, en ces temps lointains, j'avais les psykers en horreur. Le lien qui existe entre eux et le Warp en fait des être dangereux, capables d'utiliser les énergies malsaines de cette autre dimension à des fins destructrices. Chaque jour, des milliards de psykers naissent à travers la galaxie, et on ne découvre la plupart d'entre eux que lorsqu'il était trop tard pour contrôler leurs terribles pouvoirs. En tant que membre de l'Ordo Hereticus, j'avais pour mission de neutraliser tout psyker qui n'était pas assermenté et loyal à l'Imperium, que ce soit en les capturant ou en les réduisant en cendres. Et même si ce psyker là semblait clairement avoir été mis sous contrôle, sa loyauté me semblait très douteuse...

         Lorsqu'elle aperçut notre ennemi inattendu, Claire écarta violemment Fidge et activa son épée énergétique pour découper la porte beaucoup plus efficacement. Il ne lui fallut que quelques instants avant d'avoir créé une large ouverture dans la couche de verre renforcé et sortir la première. Malheureusement, le psyker de la guilde avait déjà canalisé un flot d'énergie qu'il relâcha en un trait de foudre aveuglant sur nous. Instinctivement, mes hommes se mirent aussitôt à terre en espérant éviter l'attaque. Cependant, je n'avais aucune raison d'en faire autant.

         Le trait psychique disparut instantanément lorsqu'il arriva à un mètre de moi, faisant retomber la pièce dans les ténèbres. Je savourai la surprise que je lu sur le visage du psyker, alors qu'il commençait à reculer d'un pas transpirant l'inquiétude, puis m'approchai lentement de lui. Mon adversaire lança vers moi plusieurs autres attaques psychiques, mais elles s'évaporèrent toutes aussi brusquement que la première lorsqu'elles atteignirent ma sphère de négation. Le psyker comprit alors ce qui se passait, et d'une voix tremblante, il bafouilla :

            -   Tu es... tu es...

-   Et oui, répliquai-je en faisant sortir mes griffes énergétiques. Je suis un Intouchable.

      Le psyker de la guilde trébucha sur un câble alors qu'il reculait et tomba à la renverse, terrorisé. Je m'arrêtai à deux pas devant lui afin de l'englober dans ce vide dimensionnel qui était ma vie, observant la façon dont il y réagissait. Une immense faiblesse s'empara du psyker alors que ses liens avec le warp étaient coupés, et ses yeux fixèrent avec horreur les Lames d'Erudios qui luisaient d'énergies crépitantes sur mes poignets. Avec une pointe de satisfaction dans la voix, je récitai :

            -   Au nom de l'Empereur-Dieu sanctifié, et par autorité de la sainte Inquisition, je vous accuse, vous et vos comparse, de traîtrise et d'hérésie manifeste.

       Puis j'abattis mes griffes sur le visage du psyker, dont la cervelle et les os du crâne furent dispersés sur le sol en une immonde pulpe bouillie.

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1 janvier 2009 4 01 /01 /janvier /2009 00:00



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29 décembre 2008 1 29 /12 /décembre /2008 00:11
CHAPITRE VINGT-ET-UN : RETOUR


      Le matin se levait enfin et tout était enfin revenu à la normale. Les orages qui dévastaient le Pays de la Foudre s'étaient dispersé et le climat avait repris son vole en toute liberté, ou presque. Les habitants qui s'étaient réfugiés dans les cavernes de Kumo durent cependant se mettre à l'œuvre pour réparer les terribles dégâts qui avaient été causés dans tout le pays, une tâche qui prendrait certainement beaucoup de temps. L'hôpital du village était rempli de blessés en toute sorte que les quelques médecins-ninjas encore capables d'exercer tentaient de soigner du mieux qu'ils pouvaient. Partout, on cherchait à rebâtir un nouvel avenir après la tempête. Le pire avait été évité, et à présent le Pays de la Foudre pansait ses plaies.

     Se sentant responsable de ce qui était arrivé, les ninjas de Konoha avait insisté pour aider les villageois à restaurer leurs habitations. Bien qu'ils n'aient pas tous totalement récupérés de leurs durs combat, chacun faisait de son mieux pour participer afin de se faire pardonner. Mais ils savaient aussi qu'ils faisaient ça également pour se pardonner à eux même. Etant un champion de l'auto-punition volontaire, Lee transportait sur son dos une incroyable masse de pierres entre les différents chantiers, tandis que les autres adolescents préféraient se limiter à des rôles moins violents.

      Hinata et Naruto avaient décidé d'aider à la mise en place de la charpente d'un toit quelque part au milieu des ruines causée par leur combat de la nuit dernière contre Makura. Cette maison avait été endommagé par l'un des Rasengans géants que le jeune Uzumaki avait utiliser pour éliminer les démons de la reine des ténèbres, et on pouvait encore voir les quelques endroits où les flux de chakra avaient tranché la pierre et le bois des habitations. Alors qu'ils voyaient cette bâtisse revivre de leurs mains, les deux amoureux sentaient la culpabilité quitter leurs esprits peu à peu, et surtout Hinata dont la Pierre Florale brillait d'une lumière de moins en moins hésitante désormais.

       Cependant, la jeune fille eut la sensation que quelque chose d'autre tourmentait Naruto. Et alors qu'ils posaient une nouvelle poutre le long du toit, elle lui demanda :

            -   A quoi penses-tu ?

            -   Sasuke... Je me demande s'il va accepter de revenir à Konoha, cette fois.

       Hinata n'osa pas répondre. Personne n'était capable de prévoir les réaction de l'Uchiwa, même après ce qui venait de se passer, et elle préféra laisser Naruto réfléchir par lui-même.

            -  J'espère juste qu'il ne va pas essayer de nous échapper encore une fois quant il se réveillera, dit-il simplement.

            -  Ne t'inquiète pas : Sakura veille sur lui, et elle est peut-être la personne la plus capable de le ramener à Konoha.

            -   Tu es sûre ?

     Mais il suffit à Naruto de plonger son regard dans les yeux de sa bien-aimée pour avoir sa réponse. Hinata avait autrefois été quelqu'un d'incroyablement hésitant et peut-être la kunoichi de Konoha qui avait le moins foi en elle-même, mais maintenant elle possédait une assurance plus grande qu'on ne l'aurait jamais cru, même sur un sujet aussi incertain que la décision de Sasuke. La lumière de la Pierre Florale était d'un bleu doux qui s'accordait avec le ciel éternellement dégagé de Kumo, et vibrait au rythme des battements de son cœur comme elle le faisait lorsqu'il était chargé d'amour.

            -  Tout se passera bien, lui dit-elle. Après tout, c'est ton ami, non ?

            -  Bien sûr !

            -  Alors fait-lui confiance.

      Naruto hésita. Après tout, Sasuke était incroyablement borné, et même la force n'avait pas suffit à le raisonner il y a trois ans de cela. Mais Hinata savait comment balayer les doute du garçon : s'avançant pour poser une main sur sa joue, elle l'obligea à la regarder dans les yeux, afin qu'il y voit combien elle était sûre de ce qui adviendrait pour Sasuke. Depuis qu'elle avait reçu la Pierre Florale, elle avait appris non seulement à maîtriser mais aussi à connaître les émotions ainsi que les pensées humaines, et pour elle il n'y avait aucun doute.

       Sans avertissement, Naruto se jeta sur les lèvres de la Hyuuga et l'embrassa passionnément, répondant à cet appel du coeur avec la fougue qui le caractérisait tant. Puis il posa son front contre celui de la jeune fille en enroulant ses bras autour d'elle, un sourire de bien-être illuminant leurs visages à tous les deux. Et alors qu'ils ne se lassaient pas d'explorer la passion de l'autre à travers leurs regards, il lui demanda :

             -  Quand on sera revenus à Konoha, que dirais-tu de venir vivre chez moi ?

             -  Ce serait vraiment formidable, répondit Hinata en l'embrassant à son tour.


 




      Sasuke se réveilla dans ce qui semblait être une minuscule chambre d'hôpital, mais sans fenêtre et dont la porte était faite d'acier trempé. Une faible lampe illuminait les murs blancs de la pièce qui pouvait à peine contenir un lit, une petite table recouverte de produits divers et une petite chaise de bois. Sur cette chaise se tenait Sakura, qui d'après les cernes sous ses yeux devait l'avoir veillé depuis bien longtemps. Le jeune Uchiwa se sentait faible, son corps répondant à peine aux ordres qu'il envoyait à ses muscles, mais il savait que ce n'était pas dû à une quelconque drogue qu'on lui aurait administré pour l'empêcher de fuire.

            -   Quelle heure est-il ? demanda-t-il d'une voix lasse.

            -   Presque midi.

       Sakura semblait faire beaucoup d'effort pour ne pas laisser transparaître ses émotions, serrant les poings sur ses genoux alors qu'elle regardait Sasuke. Le garçon détourna cependant ses yeux pour fixer le haut de la pièce, les pensées commençant à affluer en masse dans sa tête. 

            -  On nous a chargé de te ramener à Konoha, annonça Sakura d'un ton dur. Est-ce que tu acceptes de nous suivre ?

        Mais l'Uchiwa ne répondit pas. Il continua à observer le plafond de la chambre, le regard toujours aussi vide. Sakura souffla alors pour exprimer son exaspération devant l'obstination du garçon. Lentement, elle se leva de sa chaise pour partir. Mais avant de pouvoir faire un pas, Sasuke agrippa sa main pour la retenir. Alors qu'elle se retournait vers lui, elle se rendit compte combien ce geste lui avait demandé d'effort, car sa prise sur le poignet de la jeune fille était extrêmement faible, mais cela avait suffit à la faire réagir.

            -   Dans quel état est le village ? demanda Sasuke.

            -   Quoi ?

            -   Est-ce que l'armée des ombres a pu être retenue ?

            -   O... oui mais... comment sais-tu pour... ?

      Sasuke leva alors sa main afin de la regarder de près, comme s'il n'était pas sûr que c'était la sienne ou même qu'elle soit réelle. Dans un effort particulièrement intense, il serra le poing et se sentit soudain plus vivant. Il se sentit de retour.

            -   J'étais conscient pendant tout ce temps, dit-il d'une voix sombre. Pendant que Kuro utilisait mon corps afin de détruire ce monde. J'ai vu à travers ses yeux toute l'horreur qu'il a commis, toute la souffrance qu'il vous a fait enduré, à vous et aux habitants de ce pays et... et je suis désolé. 

       Sakura fut paralysée en entendant ces mots. Sasuke était quelqu'un d'extrêmement fier qui n'acceptait aucune faiblesse ni du corps ni de l'esprit, pour lui comme pour les autres. Cette personnalité s'était d'ailleurs encore plus renforcée lorsqu'il avait quitté Konoha pour obtenir l'enseignement d'Orochimaru, abandonnant derrière lui tout ce qu'il considérait comme une gêne. Il n'était pas le genre de personne à faire des excuses. 

            -  C'est à cause de moi si tout cela est arrivé, continua-t-il. Tous ces morts, toute cette destruction... c'est ma faute. Je ne pensais qu'à acquérir la puissance de tuer Itachi, tandis que vous... vous tous... vous êtes venus me chercher.

            -   Naruto n'a jamais cessé de penser à toi, avoua Sakura. Il a toujours voulu partir à ta recherche.

            -   Je sais. Mais je ne voulais pas revenir.

            -  Et maintenant ?

      L'Uchiwa regarda alors Sakura droit dans les yeux, et la jeune fille ne put s'empêcher de tressaillir tandis que son cœur se mit à battre deux fois plus vite. Des milliers d'émotions la traversèrent alors qu'elle se demandait quel serait la réponse de Sasuke. Et c'est alors que, lentement, un sourire apparut sur le visage du garçon. D'abord maladroit, comme si son visage ne se rappelait plus comment faire, puis de plus en plus franc, jusqu'à devenir la plus belle chose que Sakura ait jamais vu de toute sa vie. Avec une sympathie qui était étrange à entendre dans sa voix, Sasuke annonça :

            -   Oui. Je reviendrai avec toi à Konoha.





      Assis sur le bords de la falaise longeant le mur Nord de Kumo, leurs jambes pendant dans le vide, Témari et Shikamaru admiraient le levé du soleil qui était plus que magnifique vu depuis ce toit du monde. La jeune fille avait posé sa tête dans le creux de l'épaule de son bien-aimé et joint leurs mains comme si elle craignait de le voir s'envoler subitement. Elle aurait voulu que ce moment dure pour l'éternité, que le temps se fige sur ces instant de bonheur absolu où leurs cœurs ressentaient enfin la paix intérieure, mais c'était un désir impossible. Témari voulait surtout oublier le fait que, bientôt, Shikamaru allait repartir pour Konoha, et elle pour Suna. Ce n'est pas juste, se disait-elle. Pourquoi faut-il que nous soyons séparés ainsi, juste parce que nous n'appartenons pas à la même nation ? Une passion aussi forte ne devrait pas avoir à se soucier de ce genre de barrières...

         Mais Témari se rappela qu'elle avait déjà beaucoup de chance. Après tout, Shikamaru aurait très bien pût resté enfermé dans le monde des démons pour l'éternité si Kuro l'avait voulu. La jeune fille avait du mal à imaginer le puissant Grand Démon des ténèbres devenir subitement sentimental au point de permettre à son adversaire de revenir parmi les mortels. Peut-être voulait-il récompenser celui qui est parvenu à le vaincre. Peut-être voulait-il faire un dernier cadeau à son descendant. Ou peut-être cela fait-il partie d'un plan plus insidieux...

        Soudain, la main de Shikamaru se posa sur la joue de la jeune fille qui tourna alors les yeux vers lui. Son regard était inquiet :

            -  Qu'est-ce qu'il y a, Témari ?

            -  Je... je me demandais comment est-ce que nous allions faire, maintenant ?

            -  C'est simple : on se démerdera chacun de notre côté pour être envoyés sur les mêmes missions. Après tout, Suna et Konoha sont en très bon termes depuis que ton frère est Kazekage, non ?

            -   C'est vrai. Mais...

       Témari ne savait pas comment expliquer ce qu'elle ressentait. A cet instant précis, elle avait l'impression de vivre un rêve dont elle devrait inévitablement se réveiller. Mais je ne veux pas me réveiller.

            -  Si jamais ça ne marche pas, continua Shikamaru, je demanderai à Tsunade-sama d'être nommé ambassadeur de Konoha au village de Suna. Comme ça on pourra se voir tous les jours.

            -   Vraiment ?

            -   Bien sûr, Témari-chan. Je ferais absolument tout ce qui est possible pour qu'on soit ensembles.

        Les deux adolescents sourirent en imaginant ce nouveau futur qui s'ouvrait à eux. Il était certain que de nombreux obstacles se dressaient encore entre eux, mais ils étaient prêts à se battre afin que leurs vies restent unies pour toujours. Un destin formidable les attendait, et ils avaient l'intention de le réaliser quoi qu'il leur en coûte.

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Les aventures continuent dans la deuxième trilogie :

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LA QUÊTES DES PIERRES D'ETERNITÉ
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Lien vers le chapitre 1
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28 décembre 2008 7 28 /12 /décembre /2008 18:06

CHAPITRE TROIS : VOUS NE PASSEREZ PAS !



0027 heures, 6 novembre 2552 (calendrier militaire) / ruines de Old Mombasa, Afrique du Sud, Terre.


      Les trois spartans embarquèrent sans tarder sur le Dark-Eye, non sans emmener avec eux le caporal James Hoffman qui ne comptait pas rester seule avec l'armada extraterrestre qui approchait. La frégate décolla et vola à quelques dizaines de mètres sous le seuil radar pour s'éloigner rapidement de New Mombasa et de la trentaine de croiseurs covenants qui commençaient à s'y rassembler. Les énormes vaisseaux argentés tournaient autour des ruines tels des charognards attendant la mort de leur proie, tout en employant leur puissance de feu à creuser le terrain qu'ils survolaient.

      Depuis le poste de pilotage du Dark Eye, les quatre soldats observaient les cartes stratégiques qui s'affichaient sur le moniteur principal. On y voyait les dernières positions connues des forces terrestres covenants et les emplacements des défenses que le CSNU avait établies autour des différentes villes proches de New Mombasa. Jusque là, toutes ces zones avaient pu être maintenues protégées sans difficulté car les covenants n'avaient pas véritablement cherché à étendre leur territoire, mais avec la nouvelle flotte ennemie qui venait d'arriver, les choses étaient tout à fait différentes.

       Soudain, Athéna se matérialisa sur l'un des afficheurs holographiques du pont de commandement. Son apparence de déesse grecque de la guerre allait parfaitement avec les impressionnantes armures des spartans. Après tout, ces derniers devaient le nom de leur sections aux guerriers d'élite de la cité de Sparte du temps de la Grèce antique, ces hommes qui avaient défié des armées innombrables sans faillir et sans crainte. Avec Athéna à leur côté, Jack et Rei s'étaient toujours sentis plus proches de ces lointaines origines qui leur donnaient foi en eux, et maintenant John partageait lui aussi ce sentiment.

      D'une voix calme et posée, l'IA déclara au spartans :

            -  Je viens d'apprendre que les troupes défendant l'ancienne Mombasa ont décidé d'évacuer leur position pour escorter les civils vers un abris souterrain.

            -  Je ne leur donne pas tort, lâcha Jack. Le coin ne va pas tarder à être vraiment infréquentable.

            -  En effet, continua Athéna. Je détecte un grand nombre de navettes ennemies se dirigeant vers les diverses défenses établies par le CSNU dans cette région.

            -  On doit aider les hommes de Mombasa à rejoindre cet abris, fit John. Si les covenants cherchent vraiment à prendre pied ici, ils ne laisseront personne quitter cette zone vivant. 

      Les deux autres spartans acquiescèrent d'un hochement de tête. Leur devoir était de protéger l'Humanité, et ils ne pouvaient se permettre de laisser tant d'hommes et de femmes risquer leurs vie seuls s'ils pouvaient les aider. Rapidement, le Dark Eye vira de bord et se dirigea vers l'ancienne Mombasa.

      La vieille ville n'avait pas autant souffert que sa jeune sœur mais était tout de même dans un bien piètre état : des rangées de buildings s'étaient effondré comme des châteaux de carte sous le pilonnage de l'artillerie covenante tandis que les bâtiments plus petits avaient tout simplement été pulvérisés sous les bombes à plasma, ne laissant que des ruines fumantes. De larges cratères ponctuaient les rues et allées entre les décombres tandis que de grandes colonnes de fumées s'élevaient continuellement dans le ciel déjà noir. Partout, on ne voyait que le désastre et la mort.

       Excepté pour l'autoroute qui traversait la ville et où tous les survivants humains s'étaient rassemblés pour former un long convoi de véhicules s'éloignant lentement vers l'Ouest. Le Dark Eye se stabilisa à une centaine de mètres devant la tête de cette caravane afin de déposer les trois spartans et le caporal James qui ne souhaitait pas s'éloigner de ses héros.

       Les premiers véhicules qui arrivèrent devant eux furent une demi-douzaine de Mongoose. Ces petits bolides rapides comme le vent constituait l'avant-garde du convoi et remplissait principalement un rôle d'éclaireur selon les tactiques standards du CSNU. Lorsque ces engins aperçurent les spartans, ils ralentirent l'allure avant de s'arrêter à quelques mètres d'eux, et le sergent qui menait le groupe mit pied à terre pour saluer John :

            -  Major ! Sergent Steeve Loward, deuxième section de reconnaissance de Mombasa. Permettez-moi de vous dire qu'on est foutrement ravis de vous voir ici.

            -  Quelle est la situation, sergent ?

            -  Jusque là, tout se passe bien, mais notre arrière-garde nous a fait part d'un important débarquement ennemi de l'autre côté de la ville il y a quelques minutes.

            -  On va se débrouiller pour qu'ils ne vous emmerdent pas. Continuez d'avancez et bonne route !

            -   Merci major. Bonne chance !

       Sur ces mots, le sergent remonta sur son véhicule et donna l'ordre du départ. Une minute plus tard, le reste du convoi commença à traverser cette section de l'autoroute pendant que les spartans débarquaient du matériel et des armes du Dark Eye pour établir une solide défense. Il y avait là des véhicules militaires, bien sûr, mais aussi beaucoup de bus appartenant au service de transport public local, tous chargés de civils apeurés. C'est alors que Jack se tourna vers James :

-   Tu peux partir avec eux, tu sais ?

-   Et vous laisser tout seuls ? répliqua le caporal dans un sourire. Jamais de la vie !

       Jack se demanda si le soldat se rendait compte de ce qu'il faisait. Nous n'allons pas à la pêche. Nous allons nous battre, et pas contre une simple poignée de grognards. Ce combat va être incroyablement intense, le plus intense qu'il n'a jamais connu dans toute sa vie. Pour des spartans, c'est une mission presque moyenne, mais pour un simple soldat...

            -   Si tu veux rester avec nous, dit Jack d'un ton dur, saches au moins ça : ne t'attends pas à ce qu'on te bichonne. Lorsque l'ennemi arrivera, on ne prendra pas de risque inutile pour toi, et si jamais les choses tournent mal et qu'on doit se tirer d'ici, aucun de nous ne t'attendra. Fais de ton mieux, mais ne nous gêne pas, ne nous ralenti pas, et ne compte pas sur nous pour sauver ton cul. Si jamais tu bloques ma ligne de tir, je t'abas pour dégager la vue. C'est bien compris ?

       Une boule se forma soudain dans la gorge du marine. Serrant fort son fusil d'assaut, il avala sa salive avant de répondre :

            -   ... J'ai compris, monsieur. Je ne vous décevrez pas.

       Quelque instants plus tard, le convoi fut parti et James ne sembla pas regretter cela le moins du monde, même lorsque les premières troupes ennemies furent en vue, si nombreuses qu'elles semblaient faites d'un seul corps. Jack se demanda jusqu'où pouvait aller l'inspiration guerrière que les spartans transmettaient aux troupes régulières à leurs côtés, et estima que certaines choses ne possèdent pas de limites. Devant eux, à une poignée de kilomètres à peine, une armée capable d'anéantir un bataillon d'infanterie standard avançait vers eux, et pourtant ce soldat ne présentait pas la moindre peur.  Espérons juste qu'il ne jouera pas au héros.

            -  Athéna ! fit soudain John dans la radio. Mets la frégate à l'abris et attends notre signal pour venir nous chercher, d'accord ?

            -   Bien reçu, John. Bonne chance !

       Le Dark Eye s'éloigna alors derrière les collines de la savane, laissant les quatre soldats seuls face à la marée extraterrestre qui convergeait vers leur position. En première ligne se trouvait une meute de ghosts lancés à la poursuite des réfugiés tels des chiens de chasse. Au-dessus d'eux, volant à hauteur de surveillance, de nombreux banshees observaient le terrain afin de s'assurer que le chemin était dégagé. Mais lorsqu'ils aperçurent la triple rangée de solides barrières établie par les humains, plusieurs d'entre eux firent demi-tour pour rendre compte à leurs supérieurs. Quelques instants plus tard, ce fut au tour des ghosts de voir l'obstacle, mais ils ne ralentirent pas l'allure pour autant et foncèrent vers leurs ennemis, slalomant au milieu des carcasses de voitures abandonnées sans apercevoir les charges explosives qui y étaient placées.

        Le déflagration créa une véritable mer de flamme et projeta nombre des véhicules antigravs vers le ciel pour les laisser y exploser en autant de magnifiques feux d'artifices bleutés. L'effet sur le reste de l'armée covenant fut immédiat et les troupes de l'Alliance cessèrent brusquement d'avancer en voyant le funeste destin que venaient de connaître leurs éclaireurs. Plusieurs banshees piquèrent vers les positions des spartans afin d'enquêter sur la nature de leur ennemi, et ils furent accueillis chaleureusement par une paire de roquettes explosives distribuées par Rei et par la mitrailleuse lourde que manipulait James.

        La phase suivante fut cependant celle que les spartans craignaient le plus. En effet, alors que lorsqu'une armée du CSNU se heurtaient à une opposition trop forte, la stratégie habituelle était de pilonner l'adversaire avec toute la puissance de feu disponible, une armée covenante préférait répliquer en noyant ses ennemis sous une nuée de grognards. Déjà, les spartans pouvaient voir un grand nuage vivant apparaître au loin à travers les visions grossissantes de leurs visière, tandis que des centaines de petits extraterrestres craintifs recevaient l'ordre de charger.

            -   Ok, fit John. Maintenant vous savez ce que vous avez à faire !

       Aussitôt, les quatre soldats saisirent chacun un fusil sniper qu'ils armèrent avec des balles perforantes à ailettes stabilisatrices, avant de se mettre en ligne devant la horde de grognards. Puis ils s'accroupirent afin de placer leur ligne de tir au niveau des corps des petites créatures. A partir de ce moment là, la précision n'avait aucune importance, car il suffisait de tirer dans la masse pour que chaque balle transperce plus d'une dizaine d'ennemis. En quelques salves, un nombre impressionnant de grognards fut mis hors de combat. Et alors que ses coéquipiers continuaient de perforer leurs rangs, John jeta son fusil pour attraper un mortier et propulser un unique obus dans les airs en direction de la marée ennemie.

       Lorsque le projectile explosif retomba sur le sol, les quelques flammes qu'il provoqua embrasèrent l'énorme quantité de méthanes qui s'était échappé des réservoirs dorsaux des grognards morts, créant une réaction en chaîne si grande qu'elle consuma toute chose vivante dans un rayon de trente mètres. Ceux qui ne furent pas tués sur le coup se transformèrent en torches vivantes, hurlant à la mort en s'agitant comme des possédés avant de s'effondrer ou de voir leur propre réserve de méthane exploser dans leur dos. Quant aux quelques chanceux qui avaient dépassé la zone de déflagration, ils furent éliminés rapidement sous les tirs des spartans. Une fois de plus, l'armée de l'Alliance fut impressionnée par cette formidable démonstration de force, mais elle n'abandonna pas pour autant.

        Il ne restait plus qu'une seule option aux officiers brutes qui commandaient l'opération, et ils s'y résignèrent avec rage : faire avancer tout ce qui restait de l'armée derrière les quelques chars dont ils disposaient. Trois Apparitions prirent la tête de la formation, écartant  ou démolissant les carcasses de voitures humaines sous leur blindage. Mais ils n'eurent pas le temps d'aller bien loin, car leurs mouvements étaient trop limités et rien n'empêcha les humains de les détruire l'un après l'autre avec quelques tirs de roquettes. Les brutes progressèrent alors de couvert en couvert, cherchant protection derrière les voitures abandonnées.

            -  James ! fit Rei en se tournant vers le soldat. Va à l'arrière et couvre-nous avec la mitrailleuse !

            -    Mais...

            -   Discute pas ! Le coin va devenir très chaud, ici !

       James partit alors derrière la dernière rangée de barricades et s'installa derrière l'arme lourde qui l'attendait tandis que les spartans faisaient de leur mieux pour freiner l'avancer de l'ennemi. Forts de leur nombre impressionnants, les jiralhanaes ne montraient plus la moindre hésitation. Ils voulaient voir couler le sang des Démons, et rien ne devait les en empêcher.

       Rapidement, le corps à corps devint inévitable. Les trois spartans faisaient de leur mieux pour contenir les nombreux adversaires qui se jetaient sur eux, usant de toute leur force pour briser leurs corps. Le premier jiralhanae qui tenta d'enjamber la barrière fut projeté dans la direction opposée par un violent coup de pied de la part de John qui fusilla un autre opposant dans le même temps. Jack jeta une paire de grenades au milieu des ennemis avant d'écraser le crâne de la brute la plus proche entre ses poings. Rei, elle, esquiva la lame d'un sabre-grenade avant de saisir l'arme pour la diriger vers la gueule de son utilisateur, qui fut pulvérisée par un tir à bout portant. Puis elle utilisa son cadavre comme bouclier supplémentaire et vida le reste du chargeur sur les brutes en approche. A l'arrière, James mitraillait dans la masse afin de réduire le travail des spartans, mais malgré tout ses efforts, il y en avait toujours trop.

      Quelques secondes seulement après le premier contact, John donna l'ordre de se replier sur la deuxième barrière, mais ce n'était qu'un trop court répit. La meute fut de nouveau sur eux en un rien de temps, et la situation commençait à devenir sérieusement compromise.

            -   On doit se tirer d'ici ! fit Jack en jetant sa dernière grenade.

            -   Je n'arrive pas à contacter Athéna ! annonça Rei alors qu'elle envoyait son genoux dans le ventre de son adversaire. L'ennemi semble brouiller nos communications !

            -   Alors c'est la merde !

      Les spartans eurent soudain l'impression de participer à la bataille de Reach, lorsque leurs semblables avaient dû défendre les générateurs planétaires. Bien sûr, ces trois héros n'avaient pas eut l'occasion d'être à leurs côtés durant ce terrible affrontement qui avait ébranlé le CSNU, mais ils sentirent que cela devait ressembler un peu à ce qu'ils subissaient en cet instant.

       C'est alors que Rei aperçut un nombre impressionnant de navettes Phantom surgire des nuages pour fondre vers leur position. Oh non... ils ont demandé des renforts ! On est foutus !

        Mais lorsque les appareils approchèrent, leurs canons ne mitraillèrent pas les humains. A la place, ils lâchèrent une pluie de plasma sur les brutes en faisant débarquer des escouades de sangheilis qui se jetèrent à l'assaut.

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