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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

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  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 22:58

 

 

dd8a74a24c89369a477fa70028edc231.jpgLe titre de cet article peut paraître surprenant pour certains, mais je pense que ceux qui pratiquent les arts martiaux orientaux traditionnels et/ou le zen comprendront facilement le lien que je vais tenter d’établir ici. Pour dire vrai, je ne m’intéresse à ce sujet que depuis très peu car en cherchant à augmenter ma sérénité, mon calme et ma patience, j’ai voulu en savoir plus sur la pratique du zen. Mon père m’a alors conseillé un livre en sa possession : Zen & arts martiaux, écrit au travers d’entretiens avec le maître zen Taisen Deshimaru (décédé en 1982). Pour ceux qui s’intéressent à l’un ou à l’autre des deux sujets, je vous conseille très vivement cet ouvrage car il n’est pas très long et vous donne une vision posée et limpide sur la manière d’utiliser le zen dans nos actions, que ce soit dans le combat ou dans la vie de tous les jours. C’est suite à la lecture de ce livre et à une longue analyse personnelle que m’est apparu l’intéressant parallèle dont je souhaite vous parler dans cet article.

 

Alors pour la petite anecdote, le mot « zen » est le terme qui a été retenu par la civilisation occidentale pour diverses raisons littéraires et culturelles, le vrai mot utilisé par les orientaux pour désigner cette attitude étant Do. Il s’agit du même Do utilisé dans les noms tels que le kendo, le judo, l’Aikido et le Kyudo (tir à l’arc) ou encore Bushido, car à chaque fois il signifie en japonais « la Voie, la méthode, l’enseignement pour comprendre parfaitement la nature de son propre esprit et de son Moi ». C’est une philosophie de vie qui doit être exprimé en chaque instant, ce qui rejoint en quelque sorte ce que je présente au travers des articles que je poste à propos de ma propre Voie.

 

Maintenant rentrons dans le vif du sujet. Aussi original et intéressant que puisse être le concept des jedis dans l’univers de Star Wars, il faut se rendre à l’évidence que George Lucas a très peu inventé sur ce sujet. En effet, le combat éternel entre les chevaliers jedis et les siths, entre le côté « lumineux » (désolé je n’ai pas de terme officiel) et le côté obscure de la Force, n’est finalement qu’une représentation légèrement mystique et futuriste de deux écoles d’arts martiaux. J’aurais même tendance à dire qu’il représente plutôt l’opposition entre la conception orientale des arts martiaux et la conception occidentale de ces mêmes arts, mais n’allons pas trop vite. Commençons par introduire quelques concepts de base très importants avant d’entrer dans la comparaison elle-même. Par contre, ne considérez surtout pas cela comme un cours accéléré car je ne suis absolument pas maître en la matière.

 

Tout d’abord, il faut savoir que dans des arts martiaux tels qu’ils étaient enseignés au japon, la valeur d’un combattant se mesurait selon trois critères : Taï (le Corps), Wasa (la Technique), et Shin (l’Esprit).

Taï englobe toutes les aptitudes physiques pures telles que la puissance musculaire, l’endurance ou la résistance à la douleur. Il se cultive par l’entraînement purement physique sans faire intervenir les méthodes de combat. La musculation, la course, le massage, et bien d’autres choses permettent de cultiver le corps pour en faire l’outil principal du combat, car c’est lui qui devra accomplir le geste avec force et/ou rapidité et/ou précision.

Wasa regroupe l’ensemble des connaissances de l’individu sur les mouvements propres au style de combat qu’il pratique, impliquant les geste d’attaque, de défense, de parade, de feinte, d’enchaînement et bien d’autres. Ces techniques s’apprennent non pas au travers du combat, mais par la longue répétition de séries de mouvement sans la présence d’un adversaire. Dans de nombreux films d’arts martiaux, on voit des combattants accomplir des enchaînements de gestes, des successions d’attaques et de postures : on appelle cela des katas, et ils constituent la base de l’enseignement des techniques de combat. Nous y reviendrons un peu plus tard.

Shin représente l’intuition, l’action inconsciente, la maîtrise de soi. Il est cultivé par le zazen (la méditation zen) pour obtenir discipline, sagesse et sérénité afin que, dans un combat, l’égo et la peur soient endormis pour laisser l’intuition diriger notre corps.

 

Au début du livre Zen & arts martiaux, il est question de savoir quel aspect est le plus important : le Corps, la Technique ou l’Esprit ? De manière générale, il est admis qu’un Corps fort est inférieur face une Technique forte car, comme on le dit si facilement, « sans maîtrise la puissance n’est rien ». Mais la Technique est-elle supérieure à l’Esprit ? Un combattant possédant un nombre infiniment plus grand de techniques de combat est-il meilleur qu’un combattant ayant accompli la parfaite maîtrise de soi ? C’est là que se créent deux écoles divergentes avec d’un côté celle qui estime que l’Esprit est aussi important que la Technique, et de l’autre celle qui pense que la Technique est plus importante. Alors, sans vouloir intentionnellement classer ces deux écoles d’après les notions de bien et de mal, nous allons voir que cette différence de vision des arts martiaux peut être, d’une certaine manière, comparée à la différence d’utilisation de la Force entre les chevaliers jedis et les guerriers siths.

 

Mais revenons un instant sur les katas brièvement évoqués dans notre description du wasa. En japonais, le mot kata signifie « forme », car il consiste à reproduire avec notre propre corps des postures qui sont le plus souvent dessinées et qui représentent des techniques éprouvées par les maîtres, d’où leur importance dans le wasa. Selon que l’on est d’une école ou d’une autre, les enchaînements des katas sont exécutés soit rapidement, soi lentement : ceux qui trouvent l’Esprit inutile exécutent les gestes rapidement car ils s’entraînent à les réaliser comme s’ils étaient en situation de combat, tandis que ceux qui le considèrent comme important effectuent ces mêmes gestes plus lentement pour laisser le Corps et l’Esprit s’en imprégner. Quel est l'intérêt de le faire lentement ? Et bien pour que, lors d’un vrai combat, sans que l’on ait besoin de réfléchir, ce soit l’Esprit inconscient qui guide le Corps pour accomplir le bon geste au bon moment en saisissant l’occasion, l’opportunité, que l’on nomme suki en japonais.

 

474idsicPour vous donner un exemple culturel moderne, dans le film Le dernier samouraï (2003) le personnage occidental joué par Tom Cruise souhaite apprendre le maniement de l’épée, mais il se fait constamment battre par son entraîneur jusqu’à ce que le jeune guerrier qui l’héberge lui explique pourquoi au travers d’une simple phrase : « Too many mind » (en français : « trop de pensées »). L’occidental comprend alors que, dans le maniement de l’épée, il ne faut pas réfléchir mais laisser l’intuition guider notre corps, car sinon cela crée un temps d’attente que l’adversaire peut mettre à profit pour nous pourfendre (d’autant que, contrairement à ce que l’on voit dans les films, la plupart des combats entre sabreurs se jouaient en un ou deux coups, rarement plus). Ce concept est visible principalement dans la scène où le même personnage de Tom Cruise, ayant maîtriser l’art du sabre, fait face à une demi-douzaine d’épéistes : d’abord il vide son esprit, se mets en position, puis pendant tout le combat il laisse son intuition guider son corps en choisissant les techniques les mieux adaptées à chaque instant, et ce n’est qu’une fois le combat fini, lorsque sa conscience reprend le dessus, qu’il revoit dans son esprit les mouvements qu’il a accompli. Cette scène représente assez bien ce que dit Deshimaru lorsqu’il explique qu’un maître du combat peut vaincre une douzaine d’adversaires sans difficulté s’il laisse son esprit le guider : « C’est ce que l’on voit dans les films japonais. Pour les Européens, cela a l’air impossible. En fait, ce n’est pas du théâtre. Car dix personnes ne peuvent pas toutes attaquer la même personne en même temps, elles viennent l’une après l’autre. Quand un maître de judo est attaqué successivement par dix élèves, son esprit change rapidement et se concentre vite sur chaque nouvel adversaire ».

 

Et maintenant, après cette longue mais nécessaire introduction aux arts martiaux, venons-en aux jedis et à leurs adversaires siths. Quelle est la différence fondamentale entre eux ? Ils utilisent tous deux la Force, mais cette Force n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même, c’est l’usage que chacun en fait qui détermine son alignement. Alors qu’est-ce que c’est ? Et bien pour faire simple, les jedis et les siths se différentient principalement dans la manière dont ils parviennent à maîtriser la Force : les premiers le font par la méditation tandis que les autres utilisent la colère et la haine. Or, à quoi sert le zen dans les arts martiaux ? A faire le vide pour laisser notre corps être dirigé par notre esprit inconscient, mais pourquoi est-ce aussi important ? Parce que dès que nous réfléchissons en utilisant notre cerveau frontal, non seulement nous perdons du temps à réfléchir alors que le cerveau profond (l’intuition) peut réagir plus vite, mais surtout nous ouvrons ainsi une porte par laquelle les émotions et en particulier la Peur peut nous envahir.

 

yodaJustement, lors de son entraînement sur Dagobah dans l’Empire contre-attaque (1980),  Luke Skywalker doit descendre dans une grotte pour y affronter sa peur. Car quand il demande à Yoda ce qu’il y a dedans, celui-ci répond « Seulement ce que tu y apportes », mais Luke échoue à cette épreuve car il répond à sa peur en tentant de la détruire physiquement alors que c’est à l’intérieur de lui-même qu’il doit la combattre. C’est la première étape de la maîtrise de soi dans le cadre des arts martiaux et que Deshimaru explique très bien de la façon suivante : « tous les samouraïs et les Maïtres japonais savaient qu’avant d’être digne de tuer quelqu’un, il leur fallait d’abord savoir se tuer soi-même : avec l’épée, ils apprenaient non seulement à trancher l’adversaire, mais surtout à trancher leur propre conscience. S’ils ne pouvaient le faire, ils ne réussissaient pas à gagner ». En clair, si vous laissez la peur contrôler votre Esprit, vous hésitez, et par votre hésitation vous perdez le contrôle de votre Corps et c’est ainsi que vous échouez. Dans le même film, on voit d’ailleurs Luke tenter de sortir son chasseur X-Wing des marécages en utilisant la force et échouer. Puis, lorsque Yoda le fait à sa place, le jeune apprenti dit qu’il n’arrive pas à y croire et c’est là que Yoda explique « Voilà pourquoi tu échoue ». Il ne croyait pas en la Force et surtout il ne croyait pas en lui-même, donc il hésitait. Dans le film suivant, Le retour du Jedi (1983) on voit le même Luke complètement transformé, marchant sans peur dans le repère de Jabba le Hutt, car il a terminé sa formation et possède la maîtrise de soi.

 

Les jedis doivent faire preuve d’une concentration absolue et ne pas laisser la peur ou d'autres émotions violentes les envahir afin de garder le contrôle de la Force, ce qui rejoint le principe de la méditation zen pour atteindre la maîtrise spirituelle de soi. Dans la célèbre phrase de Yoda « fais-le… ou ne le fais pas, mais il n’y a pas d’essai » (que mon père m’a sortie des centaines de fois sans que j’en comprenne réellement le sens) le vieux maître jedi cherche à montrer que chaque action doit être accomplie comme si notre vie était en jeu. Car si nous ne considérons pas un acte comme étant important, même vital, nous acceptons quelque part dans notre esprit la possibilité d’échouer, ce qui nous empêche d’utiliser toutes nos forces dans la réalisation de cet acte et nous fait finalement échouer. C’est l’autre enseignement très important du zen : agir en chaque instant comme si notre vie était en jeu pour rassembler toute notre énergie dans la dans chacun de nos gestes et dans chacune de nos pensées avec la plus grande discipline. On peut d'ailleurs facilement imaginer que le Ki, l'énergie spirituel de l'individu dans la culture orientale, est en quelque sorte l'un des meilleurs équivalent de la Force dans notre monde.

 

Mais alors qu’en est-il du côté obscure ? Lorsque, dans l’Empire contre-attaque, Luke Skywalker demande à Yoda si le côté obscure et le plus fort, celui-ci répond simplement « Non. Plus rapide, plus facile, plus séduisant ». Alors quel est le secret des siths ? Comment maîtrisent-ils la Force plus rapidement et plus facilement que les jedis sans utiliser la méditation. La réponse est donnée par Yoda dans la même scène un peu plus tôt : « La colère, la peur, l'agression forment le côté obscur de la Force ». Pour les siths, la peur fait partie intégrante de leur mode de pensée, car ils l’utilisent pour pousser leur égo à toujours se surpasser et ainsi devenir plus forts, plus puissants. Ils sont en permanence guidés par un esprit de compétition égocentrique, si l’on peut dire, alors que la compétition est un concept totalement absent chez les jedis, tout comme la jalousie ou même simplement le désir. Les apprentis siths ne vivent que dans l’ambition de vaincre leur maître, et ce n’est pas pour rien que l’Ordre des sith a été détruit par Darth Bane pour en refonder immédiatement un nouveau en imposant la fameuse Règle des Deux : « Deux ils doivent être. Ni plus, ni moins. Un pour incarner le pouvoir, l'autre pour l'implorer ». En effet, auparavant lorsqu’un maître possédait plusieurs disciples, même s’ils étaient beaucoup moins forts ces derniers pouvaient s’allier momentanément pour le vaincre, et les siths devenaient alors de plus en plus faibles à chaque génération. En imposant la règle des deux, l’apprenti unique doit obligatoirement être plus fort que son maître pour pouvoir le vaincre, et les siths gagnent alors progressivement en puissance.

 

La colère et l’agression sont également très importantes pour le côté obscure dans un combat, car ces sentiments permettent de museler la réflexion pour laisser plutôt agir l’intuition instinctive. Par la fureur, on « by-pass » (on court-circuite) la phase de réflexion pour obtenir la même absence de peur qu’avec la méditation zen. C’est en cela que le côté obscure est plus rapide et plus facile, car au lieu de s’entraîner longuement et continuellement à la maîtrise de soi, on laisse simplement s’exprimer sa rage intérieure pour agir instinctivement et pour employer toutes ses forces dans la bataille. Sur la notion de ne pas se laisser envahir par la peur, Deshimaru parle d'ailleurs d’un entraînement qu’aurait donné le célèbre épéiste Miyamoto Musashi à un disciple samouraï : après un long entraînement physique accompli en remplissant de nombreuses et éprouvantes tâches quotidiennes, il l’obligea à s'entraîner pendant un an à marcher sur le bord extrême du tatami de son dojo (le lieu d’entraînement), puis il le mena dans la montagne là où se trouvait une poutre de bois traversant un ravin d’une profondeur inouïe, terrifiante. Le disciple hésita devant le précipice jusqu’à ce qu’un aveugle vint à passer et à traverser sans hésitation sans tenir compte de la présence des deux hommes. Le disciple comprit alors que l’épreuve finale était d’utiliser dans une situation de danger mortel le même mouvement de déplacement qu’il avait perfectionné sur le tatami où il ne risquait absolument rien. A cette histoire on pourrait ajouter l’image d’un homme qui, voyant son ennemi juré de l’autre côté du ravin, enjambe l’obstacle sans réfléchir par la seule force de sa fureur.

 

Maintenant, je pense que vous avez compris le parallèle entre les jedis, les siths, et les deux écoles d’apprentissage des arts martiaux. Je finirai simplement sur cette citation du maître Deshimaru qui résume assez bien le concept que je cherche à vous transmettre ici : « Dans les tournois modernes, on ne lutte pas pour sa vie ou pour sa mort, mais pour gagner des points : force de corps et de la technique suffisent alors. Dans les temps anciens, il en était tout autrement puisque la vie se trouvait en jeu : alors l’intuition décidait de tout, en dernier ressort. Aujourd’hui, on devrait retrouver cela ; dans chaque combat, faire comme si la vie se trouvait engagée, même avec des sabres de bois. Alors, les Arts martiaux retrouveraient leur vraie place : la pratique de la Voie. Sinon ce n’est qu’un jeu… ».

 

JediSithCodes

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