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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

M'ECRIRE

 

LIEN VERS MON NOUVEAU BLOG

Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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9 septembre 2009 3 09 /09 /septembre /2009 23:27

CHAPITRE SEPT : UNE VIEILLE CONNAISSANCE

 

 

      Les ninjas de Konoha et de Suna avaient décidé de s’arrêter un instant dans une auberge de Suidanko afin de se restaurer un peu et de décider de comment ils allaient continuer leur enquête. Assis autour d’une grande table ronde parsemée de plats assez pauvres mais nourrissants, ils avaient du mal à ne pas se sentir dépassés par les évènements. Certains d’entre eux commençaient à penser que cette affaire prenait des dimensions énormes et qu’ils n’étaient plus tellement en mesure de la gérer à eux seuls. Mais d’autres estimaient qu’il était de leur devoir de continuer. Naruto faisait parti de ces derniers, tout comme Sasuke, Lee et Shikamaru qui, en tant que chef d’équipe, avait cependant la dure responsabilité de prendre la décision finale. Le jeune Nara avait encore un souvenir douloureux de la première mission qu’il avait mené en tant que Chunin, lorsque ses amis et lui avaient tenté de ramener Sasuke à Konoha. Il ne souhaitait pas subir un autre échec de ce genre.

            -  Pourquoi est-ce qu’on ne retourne pas à Konoha pour demander des renforts ? fit Hinata assez timidement.

            -  L’équipe onze ne devrait pas tarder à nous rejoindre, répliqua Shikamaru. Ce n’est pas suffisant ?

            -   Peut-être pas, lui fit remarquer Témari.

        De tous les membres de l’équipe, Témari était celle qui avait la meilleure raison de vouloir reculer. Elle avait vu de près la puissance de leurs ennemis, ou du moins certains d’entre eux. Et bien que le groupe d’inconnus semblait comporter un ou deux éléments assez faibles, elle ne pouvait pas considérer qu’il serait facile de les neutraliser, même avec l’aide de l’équipe onze.

            -   Voilà ce que je propose, intervint soudainement Naruto : que ceux qui veulent repartir à Konoha le fassent sans tarder. Les autres peuvent venir avec moi.

        Personne n’osa prendre la parole, et Shikamaru se permit d’afficher un sourire discret. Décidément, pensa le garçon, il a toujours le chic pour faire avancer les choses. S’il était un peu moins téméraire et un peu moins stupide, il ferait un chef d’équipe incroyable. J’espère qu’il trouvera le temps de corriger ces petits défauts avant de devenir Hokage.

            -  Bon, ben tout le monde est d’accord ? fit le jeune Uzumaki. Personne veut abandonner ? Très bien ! Alors maintenant on peut manger sans se torturer la tête.

        Sur ce, il se remit à avaler son riz par grandes bouchées.

 

 



        Une fois le repas terminé, Shikamaru mena ses amis à l’extérieur de Suidanko.

            -   Je pense que c’est le bon moment pour utiliser ça, dit-il en sortant un rouleau de parchemin hors de son sac.

        Le garçon déroula le rouleau sur le sol, puis forma une série de sceaux avant de placer sa main droite au milieu d’un cercle tracé sur le papier. Aussitôt, l’objet disparut dans un petit nuage de fumée, duquel surgit un chat noir portant un bandeau de ninja de Suna comme il porterait un collier. Il avait le poil luisant et l’allure fière. Son unique œil valide à la couleur vert émeraude projetait une lumière quasi mystique rayonnant d’intelligence, comme s’il avait vécu tous les âges du monde. Son œil droit maintenu fermé se trouvait au milieu d’une cicatrice, et la partie métallique de son bandeau était parcourue d’éraflures légères mais innombrables.

            -   Je vous présente Yoruchi-sama, annonça Shikamaru. C’est le meilleurs pisteur de tout Suna.

            -    T’as intérêt à avoir une sacrée bonne raison pour m’avoir invoqué, gamin ! lança soudainement l’animal.

      La voix de Yoruchi était dure, grave et autoritaire. On y sentait une certaine colère, mais qui cachait ce qu’on pouvait percevoir comme de l’excitation.

            -    Nous avons besoin de vous pour retrouver quelqu’un, lui dit Shikamaru. Une jeune fille de Konoha du nom de Kara Lao. Elle fait partie d’un groupe de cinq ninjas inconnus qui ont attaqué le pays du Vent récemment.

            -    D’accord, fit Yoruchi. J’ai besoin de tous les détails possibles.

       Pendant un long moment, Shikamaru décrivit un à un les cinq personnes qu’il avait rencontré dans le désert avec Témari. Apparence, vêtement, allure, comportement, il n’avait rien oublié et les exposa au chat-ninja avec une précision remarquable qui ne manqua pas d’impressionner l’animal. Autour d’eux, les autres membres de l’équipe restèrent perplexes. Comment est-on sensé pister des individu en se basant sur leur apparence ?

            -  Très bien, dit finalement Yoruchi lorsque le jeune Nara eut terminé. Je vous préviendrai dès que je les verrai.

            -    Euh… j’espère que c’est une blague ! intervint Naruto.

      Mais Shikamaru n’avait pas l’air de plaisanter :

            -   Absolument pas. Yoruchi-sama a une manière bien particulière de pister ses proies. En fait, il…

            -   Une minute, gamin ! intervint le chat d’un ton agacé. Est-ce que je t’ai permis de parler de ça ? Soit déjà content que ta petite ami t’en ai parlé avant, car autrement tu n’en aurais jamais rien su. Contente-toi de me mener là où votre Kara a pu passer et tiens ta langue, compris ?

            -    Bien sûr, Yoruchi-sama.

       Renforcée par ce nouveau membre plutôt inhabituel, l’équipe se remit en route, Shikamaru ordonnant de reprendre la route vers Konoha. Durant tout le trajet, Yoruchi ne fit rien de ce qu’un animal ferait d’habitude pour pister quelqu’un, comme renifler le sol ou humer l’air à la recherche d’odeurs corporelles. Il se contenta d’observer d’un air placide le paysage autour d’eux au fur et à mesure qu’ils marchaient à pas lent vers le village caché de la Feuille.

       Mais soudain, alors qu’ils traversaient une épaisse forêt en passant par un petit chemin de terre, Yoruchi s’arrêta net et Shikamaru manqua de lui marcher sur la queue. Le chat-ninja s’assis tranquillement et ferma son œil gauche… pour ouvrir l’œil droit.

       Il n’était pas du même vert émeraude que l’autre, mais d’un noir absolu sur lequel on ne distinguait rien. Plonger son regard dans cet œil était pareil à plonger dans l’infini… ou dans le néant. Les jeunes ninjas qui tentèrent l’expérience furent immédiatement pris d’une violente nausée, mais Yoruchi ne leur porta pas la moindre attention. Il resta immobile plus d’une minute sans donner un signe de vie, comme si son esprit avait quitté son enveloppe de chat.

            -   Elle est passée par là, dit-il subitement.

            -   Quand ? demanda Shikamaru.

            -   La nuit dernière. Elle était avec les autres personnes que tu m’as décrites.

            -   Pouvez-vous nous montrer où ils sont allés ?

       Yoruchi ne répondit pas. Il referma son œil droit, attendit quelques instants, puis rouvrit l’autre avant de quitter le chemin de terre pour s’enfoncer dans la forêt. Les adolescents le suivirent sans discuter. Ils cheminèrent ainsi pendant un long moment avant que Yoruchi ne s’arrête devant un arbre immense, mais mort. Son tronc pourrait aisément dissimuler un buffle dans toute sa longueur, et ses branches nues transperçaient les frondaisons comme autant de fourches pour pointer le ciel.

            -   Ils sont entrés là-dedans, annonça Yoruchi. Gamin ! Appuie là !

       Le chat-ninja désigna un minuscule nœud dans le bois du tronc à hauteur de visage, et Shikamaru appuya dessus sans hésiter. Aussitôt, un bruit de mécanique résonna à l’intérieur de l’arbre, et l’écorce de celui-ci se souleva lentement, révélant une énorme cavité dans le végétale lui-même, et un escalier en spirale qui descendait vers les profondeurs.

     Avant que quiconque puisse dire un mot, Yoruchi annonça d’une voix lasse :

            -  Je pense que vous n’avez plus besoin de moi à partir de là. Je vous laisse à vos affaires.

            -  Ca a été un plaisir de vous revoir, Yoruchi-sama ! fit Shikamaru en s’inclinant respectueusement.

            -    Inutile de chercher à t’excuser, gamin. Fait juste attention à ne pas m’invoquer pour rien, la prochaine fois.

        Et sur ces mots, l’animal disparut dans une explosion de fumée. 

            -    Dit donc, lâcha Naruto en fixant le jeune Nara. Il est gracieux ton pote.

            -    Yoruchi-sama est comme ça, on n’y peut rien. Mais surtout ne me posez pas de questions sur lui où alors il reviendra spécialement pour me faire la peau.

        Naruto eut un air étonné et presque moqueur, mais Shikamaru montra clairement qu’il ne plaisantait pas. Puis il se tourna vers Hinata qui comprit immédiatement ce qu’il voulait. D’une simple pensée, elle activa son Byakugan et sonda le terrain en dessous d’eux.

            -    Il y a un énorme complexe souterrain là-dessous, dit-elle. Je perçois cinq présences, mais elles sont trop loin pour que j’arrive à les identifier.

            -     Est-ce qu’il y a des pièges ? lui demanda Naruto.

            -     Non… c’est bizarre.

            -     Ils sont peut-être tout simplement trop confiants. C’est notre chance.

       Naruto se tourna vers Shikamaru. La détermination dans son regard était plus forte que jamais et, comme d’habitude, elle était contagieuse. C’était en même temps sa plus grande force et son plus gros défaut, car si ce courage lui permettait de surmonter toutes les épreuves et de dépasser continuellement ses limites, cela le menait souvent à commettre des actions irréfléchies. Mais dans cette situation, le groupe pouvait avoir ses chances…

            -    D’accord, dit Shikamaru. On y va. Hinata ! Continue de scruter la zone pour nous éviter les surprises.

         La jeune Hyuuga acquiesça de la tête et l’équipe se mit en route. L’escalier les obligeait à passer un par un et Lee se porta volontaire pour passer en premier, car si quelqu’un pouvait réagir rapidement à une menace inattendue, c’était bien lui. Mais rien ne vint freiner leur avancée.

          Les couloirs souterrains en bas de l’escalier ressemblaient à ceux d’une vieille mine, la roche creusée étant soutenue par d’épaisse poutres de bois parfois renforcée avec des plaques de métal. Ils étaient éclairés par de nombreuses torches accrochées aux piliers de soutient, ainsi que par des lanternes suspendues sous certaines poutres. Une curieuse odeur d’encens saturait l’air, comme pour essayer de masquer une odeur derrière un puissant écran olfactif.

       Soudain, alors que le groupe avançait en direction des cinq individus qu’avait repéré Hinata, Sasuke s’immobilisa, son regard froid figé sur l’un des piliers du couloir.

            -   Qu’est-ce qu’il y a ? lui demanda Sakura, inquiète.

            -   Ce symbole, répondit l’Uchiwa en désignant l’image grossière d’un serpent à deux têtes gravé dans le bois. C’est celui d’Orochimaru.

       Un silence de mort envahi soudain les gorges des adolescents. Chacun d’entre eux avait gardé un souvenir particulièrement douloureux du jour où le légendaire sanin avait attaqué Konoha et tué le troisième Hokage, surtout Témari dont le village avait été manipulé pour devenir le pantin d’Orochimaru. Mais Orochimaru était mort. Sasuke l’avait tué voilà plusieurs mois de cela avant de partir à la recherche de la Main de l’Ombre, et personne n’osait remettre sa parole en doute sur ce sujet. Pourtant, l’idée de devoir affronter ce monstre avait de quoi glacer le sang…

            -   Shikamaru… fit brusquement Témari. Qu’est-ce qu’on fait ?

       Le garçon ne savait plus quoi penser. De toute évidence, cette cachette avait été réutilisée par quelqu’un d’autre après la disparition d’Orochimaru pour servir d’autres buts. Les cinq inconnus ayant attaqué le pays du Vent devaient certainement avoir découvert cette cachette d’une manière ou d’une autre et se l’approprier. Reste à savoir quel est leur objectif…

            -  On continue, dit-il simplement. Oubliez ce que vous venez de voir.

      Le groupe arriva finalement devant une grande porte de pierre polie bloquant l’extrémité du couloir. D’après Hinata, l’ennemi se trouvait juste derrière dans une vaste pièce remplie d’objets étranges qu’elle ne parvenait pas à identifier clairement. Sasuke ne perdit pas un instant à se demander s’il y avait un moyen simple d’ouvrir cet accès et chargea immédiatement un puissant Chidori qui fit voler la porte en éclats.

     La stupéfaction frappa l’équipe lorsque la fumée se dissipa. Il n’y avait pas cinq personnes dans cette pièce, mais six : les cinq inconnus que Shikamaru et Témari avaient rencontrés dans le désert et une autre personne, de taille moyenne entièrement enveloppée dans une longue cape noire à capuche.

            -   Hinata ? fit Naruto en se tournant vers la jeune fille. Qu’est-ce que…

            -   Je ne comprend pas… mon byakugan ne le voit pas.

            -  Bien sûr que tu ne peux pas me voir jeune Hyuuga ! lança l’inconnu d’un ton réjoui.

      En entendant cette voix, Naruto et Sasuke eurent un choc. Des souvenirs s’échappèrent des coins d’ombres de leur mémoire où ils avaient espéré les oublier pour venir s’imposer à leurs yeux. Ils ne s’étaient pas attendus à entendre cette voix à nouveau, surtout après la mort d’Orochimaru. Pourtant leurs sens ne pouvaient pas se tromper, c’était bien lui, et l’inconnu releva sa capuche pour révéler son visage et dissiper leurs doutes. La colère fit serrer les dents à Naruto alors qu’il prononçait le nom de cet ennemi qu’il avait cru pouvoir oublier :

            -   Kabuto…
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2 septembre 2009 3 02 /09 /septembre /2009 17:26

CHAPITRE DIX-NEUF : SACRIFICE

 

 

2327 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Salle de contrôle de l’installation 03.

 

       Lorsque le projet Spartan Imitation Soldier fut lancé, le haut commandement du CSNU imposa de nombreuses conditions quand à aux effectifs, aux moyens et aux méthodes d’utilisation de cette nouvelle force sensée appuyer les spartans. Car même si ces troupes permettraient d’améliorer considérablement leur efficacité, pour l’amirauté, la vie d’un SIS était infiniment moins importante que celle d’un véritable spartan. Et c’est pourquoi lors du recrutement de ces soldats, grâce à des batteries d’images subliminales et de conditionnement psychique, un ordre simple fut imprimé dans l’esprit de chaque SIS. Aucun membre du programme n’avait conscience de cela, pas plus que les spartans, et le secret le plus absolu avait été gardé sur la méthode et les moyens employés.

        Car c’est justement pour ce genre de situation que cet ordre avait été prévu.

 

        Sans réfléchir, tous les SIS présent dans la salle du téléporteur s’interposèrent entre les véritables spartans et les tirs ennemis, formant autant de boucliers humains qui encaissèrent le déluge de plasma sans broncher. Leurs armures fondirent en un instant et leurs corps furent brûlés jusqu’aux os, mais ils continuaient de se tenir debout. Les spartans de Green Team et Red team regardaient, horrifier, cette terrible scène. Il leur fallut un long moment avant de réagir en ouvrant le feu sur l’ennemi. Ils auraient tout le temps de pleurer la mort de leurs compagnons plus tard.

        Dalkos, quand à lui, n’avait pas bénéficié du sacrifice des SIS, mais son bouclier énergétique était parmi les plus puissants que l’Alliance pouvait produire. Il avait donc encaissé sans broncher les quelques tirs qui l’avaient touché parmi la masse avant de répliquer avec son propre fusil à plasma. L’acte des humains ne l’avait pas laissé indifférent, mais il se doutait bien que quelque chose n’était pas normal dans leur comportement, surtout lorsqu’il voyait des corps aux trois quart calcinés qui continuaient de défier l’ennemi. Est-ce là leur véritable part démoniaque ? se demanda-t-il. On leur prête tellement de légendes parmi l’Alliance qu’il devient impossible d’être sûr de ce qu’ils sont réellement, même lorsqu’on peut les voir d’aussi près.   

          La réplique des spartans et du légat de l’inquisition fut terrible, un schéma de tir précis et meurtrier s’opposant à la masse de plasma se dispersant dans la vaste pièce. Un à un, les guerriers d’Erko tombaient. Le commandant en second lâcha un grognement de frustration, mais il ne bougea pas et se contenta d’observer le carnage. Ses troupes avaient rempli leur rôle, même si elles auraient pu faire mieux. Comprenant qu’ils ne parviendraient pas à causer plus de pertes chez les humains, il ordonna le repli et ses guerriers obéirent dans l’instant, s’éloignant à pas rapide tout en lâchant des salves de couverture.

          Mais les spartans ne les poursuivirent pas. Ils venaient de perdre presque tous les SIS qui les accompagnaient, le seul survivant étant Franck-H17, le leader de la Raven Squad. Fred l’avait plaqué au sol avant que les tirs ne pleuvent sur eux deux, ne cherchant même pas à comprendre pourquoi il voulait se sacrifier ainsi devant lui. Le soldat était complètement sonné, et se remettait à peine de l’état de transe dans laquelle il s’était retrouvé inconsciemment.

-   Qu… qu’est-ce qui s’est passé ? demanda-t-il alors qu’il émergeait. Qu’est-il arrivé aux autres ?

            -   Je ne sais pas, lui répondit Fred. Je ne sais pas ce qui s’est passé… mais ils sont morts.

          A part Franck et Dalkos, il ne restait plus que les six spartans de Green Team et de Red Team, ce qui incluait Kelly et Fred. En quelques instants seulement, l’équipe avait été saignée à blanc. Fred avait un mal fou à contenir sa douleur, serrant les dents pour empêcher les jurons de sortir. Il connaissait personnellement chacun de ces hommes qui avaient ainsi donné leurs vies. Il les avait formé pendant des mois pour en faire les meilleurs, des soldats dignes de combattre aux côtés des spartans, mais à aucun moment il ne leur avait demandé de faire une chose pareille. Ce sont sans doute ces enfoirés de l’ONI. Ils leur ont fait quelque chose avant de nous les confier. Si je mets un jour la main sur ceux qui ont fait ça… 

        Mais Fred prit soudain conscience qu’il était en train de sombrer dans une logique de vengeance, un sentiment qui ne pouvait que le déconcentrer de son objectif et diminuer ses chances de réussite. Ses camarades réclamaient une vengeance, c’est vrai, mais d’abords il avait une mission à accomplir. Car s’il ne parvenait pas à stopper l’activation de Halo, tout serait fini, et il n’aurait plus l’occasion d’honorer la mémoire de ses compagnons.

        Lentement, Fred se releva, laissant à Franck le temps de reprendre ses esprits. Afin de se replonger dans l’instant présent, il vérifia l’état de son arme. Une bonne chose, car son chargeur était presque à sec. Il le changea pour un nouveau et engagea la première balle dans la chambre.

            -  Qu’est-ce qu’on fait ? demanda Kelly. On repasse le portail pour demander du renfort aux autres ?

            -   Non, dit simplement Fred. On continue. Les autres ont leur propre mission à mener. 49 ! Passe devant !

 

 


 

      Au niveau du Seuil, la bataille avait pris des dimensions tout simplement épiques. Les troupes du commandant Erda étaient si nombreuses qu’elles auraient pu former cinq cordons de soldat tout autour du cercle extérieur de la gigantesque structure. Pour le moment, ils ne se risquaient pas trop à foncer têtes baissées dans les lignes de tirs des spartans et de leurs alliers, mais dès que l’artillerie serait là, tout cela allait vite changer.

       Pour le moment, ils se contentaient de tester les défenses humaines, envoyant des petits groupes de ghosts pilotés par de simples unggoys en plusieurs endroits bien précis, et observaient combien de temps il fallait avant que tous les appareils soient détruits. En quelques minutes, ils avaient déterminé le passage le plus difficile à défendre, et concentrèrent leurs attaques dessus.

        C’était Joshua qui s’occupait d’organiser les défenses, Linda n’appréciant que très peu la charge de gérer d’autres vies que la sienne. Le spartan faisait de son mieux pour réagir rapidement à chaque nouvelle stratégie d’approche de l’ennemi, demandant souvent de l’aide au capitaine Lifumee car il était beaucoup plus familier des tactiques de l’Alliance. Ensembles, ils parvinrent à repousser les premiers assauts sans trop de difficulté, mais chaque minute voyait arriver de nouveaux problèmes avec si peu de temps pour les résoudre.

        De son côté, Linda avait trouvé un poste de tir à peu près correcte au niveau d’une ouverture dans la façade du bâtiment où ils se réfugiaient tous. De là, elle avait une vue sur une bonne partie du désert et s’assurait que personne n’ose s’approcher par ce coin là. Elle signait chacun de ses tirs en visant précisément l’œil de ses cibles, ce qui avait la particularité d’effrayer les survivants qui n’hésitaient pas longtemps avant de se replier. Cela n’était d’ailleurs pas une mauvaise choses car ses réserves de munitions étaient loin d’être abondantes.

            -   A ton avis, fit Joshua alors qu’il passait non loin d’elle. Tu penses qu’ils s’en sortiront de l’autre côté ?

        Linda ne répondit pas. Elle n’était déjà pas du genre très bavarde dans les situations détendues, mais sur un champ de bataille, elle entrait dans une sorte d’état second où toutes ses facultés étaient concentrées sur son fusil. Joshua se rendit alors compte qu’il cherchait seulement à se rassurer lui-même. Il avait l’habitude de dire n’importe quoi pour détendre l’atmosphère lorsque les choses allaient mal. Et là, on ne pouvait pas dire que les choses se passaient à la perfection…

            -     Est-ce que tu as peur ? demanda soudain Linda de sa voix froide.

            -     Peur ? On est des spartans, quand même ! Pourquoi tu me dis ça ?

            -   Le fait qu’on soit des spartans ne nous empêche pas d’avoir peur, continua-t-elle sans s’arrêter de tirer et de recharger. Nous n’avons pas peur de l’ennemi, mais nous avons peur d’un tas d’autres choses : peur de voir nos amis mourir, peur de voir une planète de plus être vitrifiée, peur d’échouer à notre mission, peur que la race humaine soit anéantie. Quelle est celle qui te correspond le plus, en ce moment ?

        Joshua ne parvint pas à répondre. Son esprit tenta de chasser cette pensée, mais la vérité lui réapparaissait de plus en plus nette malgré ses effort pour l’oublier. Linda avait raison : il avait peur.

            -   Mais qu’est-ce qu’il font ? lâcha-t-elle soudain.

            -   Il se passe quelque chose ? fit Joshua en s’approchant.

            -   On dirait qu’ils se replient. Ca veut peut-être dire que leur artillerie est arrivée.

        Cette perspective ne plaisait pas du tout à Joshua. Les chars Apparitions étaient spécialisés dans le pilonnage longue distance depuis des positions de repli. D’habitude, les spartans contournaient leur ligne de feu pour les attaquer sur le flanc ou l’arrière avec des armes lourdes, mais dans cette situation, cela était complètement impossible. Les véhicules n’auraient qu’à se mettre hors de vue et faire pleuvoir les obus à plasma jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien du Seuil qu’un tas de sable vitrifié et de la poussière.

         Mais il ne se passa rien. Un silence des plus inquiétants venait d’envahir le champs de bataille.

         C’est alors que le capitaine Lifumee s’approcha, le regard rempli d’une lueur indescriptible.

            -  Spartans ! dit-il rapidement. Vous devriez écouter ça ! Cela émet sur les fréquences d’urgence sub-spatiales.

         Le capitaine amplifia le signal sonore de la radio de son armure, et la voix d’un sangheili apparemment jeune mais fort se fit entendre dans la salle :

            -  … mensonges de ceux qui avaient promis de nous guider ! Nous avançons sans le savoir vers notre destruction, celle-ci ayant été dissimulée derrière une fausse croyance voulant nous faire croire que nous trouverons tous le salut en servant cette croisade que nous menons depuis des années ! 

            «   Mais aujourd'hui, il est temps de cesser cette folie ! Il est temps pour nous de réclamer vengeance contre ceux qui nous ont ainsi trompé et fait miroité de faux espoirs qui ont causé la perte de tant de nos frères ! Il est temps de cesser cette guerre stupide contre une race qui n'a jamais mérité notre haine, et de retourner notre fureur contre ceux qui ont toujours été nos véritables ennemis !

            «   Je déclare la sécession de la race sangheili toute entière ! Je déclare notre rejet total des croyances des prophètes ! Je déclare la guerre contre le reste de l'Alliance ! Et par là même, je déclare le commencement de l'Ere de la Révolte !

            «  A tous mes frères, j'ordonne un assaut immédiat contre les prophètes, les jiralhanaes, et tous ceux qui oseront se dresser contre notre vengeance ! Battez-vous pour notre liberté, et rétablissez l'honneur souillé de nos ancêtres !

         Les quelques spartans et SIS présents étaient tous très perplexes. Qu’est-ce que cela signifiait ? Etait-ce une ruse de l’ennemi pour chercher à les faire sortir de leur forteresse ? Probablement pas. Les sangheilis n’étaient pas du genre à user de ruses pour remporter des batailles, et préféraient plutôt mourir jusqu’au dernier en combattant noblement. Alors ce message était véridique ?

            -     Qui est-ce ? demanda Joshua.

            -     C’est Irul Sulamee, commandant suprême des armées de l’Alliance.

            -     Vous le connaissez bien ?

            -   J’ai eu l’honneur de le rencontré lors d’une réunion du Grand Conseil il y a quelques mois. Jamais je ne mettrai sa parole en doute et je lui donnerai ma vie sans hésiter.

            -     Et vous pensez que le commandant Urda ferait de même ?

        Même pour un humain, il était facile de comprendre que l’expression qui s’affichait sur le visage du sangheili était un doute profond.

            -    Il est si près de son objectif… lâcha Lifumee presque pour lui-même. Je ne pense pas qu’il abandonnera aussi facilement. D’autant que son action aurait tendance à aider la race sangheili maintenant qu’elle a quitté l’Alliance.

         Joshua réfléchit. En quoi ce message avait changé la situation ? Apparemment, Urda ne se détournerait pas de son but, mais ses troupes seraient peut-être moins enclins à le suivre, désormais. L’équipe qui avait infiltré la salle de contrôle allait sans doute pouvoir profiter de la confusion, même si elle ne durerait pas longtemps. Urda allait sans doute chercher à convaincre ses subordonnés de continuer le combat. A moins que nous ne faisions le premier pas nous-même… pensa Joshua.

            -  Capitaine, dit-il en enlevant son casque. M’accompagnerez-vous dehors ?

         Les yeux du sangheili se teintèrent d’incompréhension, puis un large sourire apparut entre ses mandibules.

            -  Je pense que ma présence est plutôt indispensable pour ce genre de chose, répondit-il.
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(prochainement)
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20 août 2009 4 20 /08 /août /2009 11:21

CHAPITRE SIX : LE PEUPLE DISPARU

 

 

      Il avait fallu presque une journée entière de marche vers le nord pour atteindre la frontière séparant le pays du Feu de celui des Rizières. Ce petit pays avait autrefois abrité le village caché du Son, qui n’était rien d’autre que l’armée privée d’Orochimaru ayant attaqué Konoha voilà trois années de cela. Depuis ce jour, le village du Son avait été détruit et le pays des Rizière avait été placé sous la tutelle de Konoha et de Suna qui lui interdisaient formellement d’entretenir une armée de ninjas pour une durée de quinze ans. Sa seule force militaire était composée de soldats en armes faisant plus office de police que d’armée, car leurs capacités étaient très nettement en dessous de celles du moindre des adeptes du ninjutsu.

      Alors qu’ils cheminaient vers Suidanko, le plus important village du pays, Shikamaru essayait de réfléchir aux liens qui pouvaient unir Toshiro Nagasi et les ninjas qui le suivaient. Ce groupe n’avait rien de normal, et la présence de Kara Lao, une jeune fille n’ayant jamais montré aucune capacité ou intérêt pour le combat, était un fait des plus troublants. Il avait beau explorer toutes les scénarios possibles dans la limite du raisonnable, il ne voyait pas comment Kara avait put être transformé à ce point. Bien sûr, elle n’avait montré aucune technique ninjas durant le combat au pays du Vent, mais elle avait survécu à un affrontement contre Témari, ce qui prouvait qu’elle était loin d’être aussi ignorante qu’avant dans l’art du combat. Survivre aux attaques d’un jounins demandait de la maîtrise de soit et une excellente condition physique. Elle avait disparu depuis seulement quatre mois et elle avait atteint au moins l’équivalent d’un rang chunin…

       Shikamaru fut interrompu dans ses réflexions par l’image du village de Suidanko. C’était là que son groupe d’enquête devait commencer les recherches sur Kara, en particulier chez madame Jango, la fameuse tante pour laquelle elle avait fait ce voyage dont elle n’est jamais revenue. D’après les informations recueillis chez ses parents, elle était partie seule, croyant que la route était suffisamment sûre depuis la destruction du pays du Son. Elle avait semblée très impatiente d’aller aider sa tante, Kara étant d’un naturel très altruiste, pensant toujours d’abord aux autres avant de se soucier d’elle-même. Personne n’avait voulu l’accompagner jusqu’à Suidanko, mais cela ne semblait pas l’avoir empêcher de partir… et de disparaître.

       Ce village était tout ce qu’il y avait de plus simple : un ensemble de maisons en bois bien bâties dans une vallées parcourue par de nombreuses rivières. Les seules barrières que l’on pouvait y voir étaient celles qui délimitaient les enclos des divers troupeaux de bétails, et seuls quelques gardes surveillaient les routes menant jusqu’au village. Les habitants étaient pour la plupart de simples pêcheur ou des paysans exploitant les terres voisines, très peu de marchands et de commerçants, ce qui indiquait une activité extrêmement limitée avec l’extérieur.

       La maison de madame Jango se trouvait à la périphérie du village, et constituait l’une des nombreuses demeures isolées réparties sur les collines alentours. Une vieille dame était en train d’étendre son linge au soleil lorsque le groupe d’enquête de Shikamaru y arriva.

            -      Excusez-moi, fit le jeune Nara. Êtes-vous madame Jango ?

            -   Grand Dieu non, répondit la vieille dame en interrompant sa tâche. Je suis madame Shilone. Madame Jango est morte depuis deux mois, des suites de sa maladie, je suis désolée. C’était une bonne âme, mais elle n’avait aucune famille dans la région après que son époux soit décédé lui aussi, voilà bien des années.

            -     Est-ce que quelqu’un est venu lui rendre visite peu avant sa mort ? Une jeune fille, blonde, du nom de Kara Lao ?

            -      Sa nièce ? Oh… oui, on m’avait dit qu’elle souhaitait lui rendre visite, c’est vrai. Mais elle n’est jamais venue. Remarquez, je la comprends, la petite : la route est dangereuse, surtout ces derniers temps. Elle a dû avoir peur de venir jusqu’ici.

        Les soupçons de Shikamaru se confirmèrent : Kara n’était jamais arrivée jusqu’à Suidanko. Ce qui laissait deux possibilités. Soit elle avait été enlevée sur le trajet par Toshiro et sa bande, soit ce voyage n’était qu’un prétexte pour quitter le pays et rejoindre ce groupe de sa propre volonté. Cette deuxième théorie était la pire à envisager, car dans ce cas cela signifiait qu’elle pouvait avoir pris absolument n’importe quel route…

       Shikamaru espéra sincèrement que sa première théorie était la bonne.

            -    Je vous remercie pour votre aide madame, dit-il pour prendre congé.

            -   Si vous revoyez la petite, surtout soyez indulgents avec elle. Ce n’est pas de sa faute.

            -   J’y penserai.

        Shikamaru se retourna vers ses amis. Ils tiraient tous des mines mêlant l’inquiétude au doute. La disparition de Kara n’avait rien de banal et ils commençaient à le ressentir très clairement.

            -   Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? demanda Naruto.

            - On va commencer par contacter la police locale. Peut-être auront-ils plus d’informations. 

       Le groupe se dirigea alors vers le centre du village, où se trouvait le quartier général de l’armée du pays des Rivières. C’était un bâtiment solide situé sur un petit îlot émergeant de plus grand cour d’eau du pays. On y accédait par un unique pont de bois et de nombreux gardes armés et en uniforme surveillait l’entrée, cependant n’importe quel ninja de rang chunin aurait put balayer cette défense et entrer à l’intérieur s’il le voulait.

        Dès qu’ils aperçurent les symboles de Konoha et de Suna sur les bandeau des adolescents, les gardes s’écartèrent du passage et les saluèrent en levant bien haut leurs lances trois fois pour leur faire frapper le sol pont de façon synchronisée. A l’intérieur du camp, plusieurs recrues étaient en train de faire des exercices de combat au sabre ou à l’arc sous l’œil vigilant de leurs supérieurs. Shikamaru repéra un bâtiment bien gardé au centre de l’édifice et supposa qu’il s’agissait du poste de commandement. D’un geste, il demanda à ses compagnons de le suivre.

         Mais apparemment, la nouvelle de leur arrivée était déjà parvenue aux oreilles du chef des armées locales, Jin Sakonoa, car ce dernier sortit du bâtiment alors qu’ils approchaient. C’était un homme fort de très haute stature, que son uniforme bleu sombre semblait à peine contenir, bien qu’il semblait faire au moins quarante ans. Sa moustache fine et ses cheveux courts étaient d’un noir profond et une cicatrice sur le côté droit de sa mâchoire marquait une certaine expérience du combat. Il avait le regard sévère et le visage dur, probablement à cause de ses lourdes responsabilités dans un pays où l’art ninja avait été interdit.

            -   Commandant Sakonoa, fit Shikamaru en courbant légèrement la tête. Nous sommes mandatés par Konoha pour une mission d’enquête à propos d’une disparition.

            -    Sept ninjas pour une simple disparition ? s’étonna Jin. De qui s’agit-il ?

            -    Kara Lao, une habitante du pays du Feu, et la cousine de mon coéquipier Rock Lee ici présent.

         Lee inclina la tête respectueusement, mais sans cesser de regarder fixement le commandant de son air sérieux.

            -  Elle est impliquée dans une attaque menée contre le pays du Vent, continua Shikamaru. C’est pourquoi nous devons rassembler toutes les informations qui pourraient nous mener jusqu’à elle.

            -    Alors entrez, fit le commandant. Cette discussion risque de prendre un moment.

        Jin mena le petit groupe de ninja à l’intérieur du poste de commandement jusqu’à son bureau. C’était une salle assez petite en comparaison avec le rang de celui qui l’occupait, mais elle était suffisamment décoré pour montrer son importance. Des armes de cérémonie et un uniforme d’apparat blanc et bleu occupait l’un des murs, tandis qu’un autre était à moitié recouvert par une grande carte du pays sur laquelle Shikamaru remarqua de nombreuses indications marquées en rouge ou en noir. Le commandant Sakonoa s’assis sur son fauteuil de cuir noir et pris une mine plutôt inquiète :

            -   J’aimerai être assuré que ce que je vais vous dire ne remontera jamais jusqu’à vos supérieurs.

            -    Cela dépendra de l’importances de ces informations, dit simplement Shikamaru.

            -    C’est bien ce que je craignais. Néanmoins vous devez comprendre que si l’ennemi apprend que je vous ai aidé, c’est le peuple du pays des Rivières tout entier qui en subirait les conséquences.

            -    L’ennemi ? Quel ennemi ?

            -   Nous l’appelons « l’ennemi » car nous ne savons absolument rien sur lui, pas même s’il s’agit d’une ou de plusieurs personnes. Tous ceux qui ont pu voir cet ennemi sont morts ou disparus. Cela fait plus de deux ans que nous le cherchons.

       Jin se leva alors de son siège et se dirigea vers la carte accrochée au mur.

            -   Ces indications désignent les derniers endroits où étaient supposées se trouver les victimes lorsque l’ennemi est apparu. Les marques noirs indiquent les morts tandis que les rouges font référence à des disparus.

        Shikamaru était stupéfait par le nombre d’indications qui recouvraient la carte. Il devait bien y en avoir plus d’une centaine, mais seulement quelques une étaient noire. Ces marques étaient tellement nombreuses et dispersées à travers la géographie qu’il ne parvenait pas à en tirer une quelconque logique ou même un début de piste sur où cet « ennemi » pouvait se trouver sur cette carte. Car une chose au moins était sûr : il était caché dans le pays des Rivières. C’était l’endroit idéal pour commettre toutes ces disparitions et tous ces meurtres, maintenant que la seule forme de défense locale était une armée de simples soldats. Mais est-ce que cet ennemi est l’ennemi que nous recherchons ?

            -   Y a-t-il un lien quelconque entre les victimes ? demanda le garçon.

            -   Seuls les enfants et les vieillards sont épargnés, répondit Jin. A part ça, personne n’est à l’abris, quelle que soit sa condition. Même l’un de nos gardes a disparu il y a un an de cela. Un certain Hakagi Hitaku.

        Ce nom résonna dans l’esprit de Shikamaru qui sembla soudain faire un bond dans le temps à l’intérieur de sa tête. Hakagi… c’est comme ça que Toshiro avait appelé cet espèce de dément que nous avons affronté à Suna. Est-ce que ce serait possible que…

            -   Avez-vous une photo de ce garde ? demanda subitement Shikamaru.

            -   Euh… bien sûr, fit le commandant en retourna à son bureau pour en sortir une pile de documents. Attendez un instant… Ha ! Le voilà !

        Il tendit une fiche d’identité au jeune Nara qui ressentit une pointe d’excitation en voyant que l’homme sur la photo était exactement celui contre lequel il avait combattu dans le désert, excepté ses cheveux qui était coiffés au bol. Et bien que sur cette photo il ne possède pas dans les yeux cette lueur de folie que Shikamaru avait pu contempler, il n’y avait aucun doute : cet Hakagi Hitaku était l’un des ennemis qu’ils poursuivaient. Tout comme Kara, il a disparu avant de faire partie de ce groupe. Il ne s’agit plus de disparitions, mais d’enlèvements. On enlève ces gens et ils deviennent alors autre chose. Est-ce que toutes ces disparitions ont fini ainsi ? J’espère franchement que non. Mais cela fait une deuxième personne qui ne savait absolument rien du ninjutsu et qui se révèle être un combattant de haute catégorie. Est-ce que ce serait Toshiro qui aurait perpétré tous ces enlèvements ? Ou y a-t-il autre chose ? Toshiro avait parlé d’un maître, ce qui veut dire qu’ils sont dirigé par quelqu’un d’encore plus important…

        Cela commence à devenir extrêmement inquiétant.

            -   Comment était cet Hakagi Hitaku ? questionna le garçon.

            -   Oh… il avait un gros manque de confiance en soit. Pour vous dire, il a raté deux fois l’examen d’entrée dans notre armée mais il semblait ne pas avoir d’autre choix pour vivre car il était originaire d’une famille très pauvre. Les autres soldats de son unité le considéraient plus comme un poids mort tout juste bon à effectuer les basses besognes, mais il avait un sens de la justice assez peu commun. Plusieurs fois il a été blessé en voulant interrompre une bagarre ou arrêter un voleur. Son chef espérait qu’il puisse progressé pour devenir un bon soldat, mais il a subitement disparu, lors d’une patrouille qu’il effectuait tout prêt d’ici, d’ailleurs.

            -   J’ai besoin de consulter les fichiers de toutes les personnes qui ont été enlevées. Apparemment, nos deux affaires sont reliées.

            -    Très bien, fit le commandant en indiquant la pile de dossier. Faites comme vous voulez.

        Shikamaru passa dix bonnes minutes avec Témari à examiner les photos d’identité de chacun des disparu du pays des Rivières, mais aucun d’entre eux ne leur rappelait les autres ennemis qu’ils avaient rencontré. Il n’y avait aucune personne nommée Iralia ou Ulgo dans les dossiers, ce qui pouvait signifier deux choses : soit ils faisaient déjà partie du groupe avant les enlèvements, soit ils avaient été enlevés autre part. Cette deuxième possibilité était tout à fait envisageable, car le dossier de Kara n’était pas parmi les autres. Une chose normal considérant le fait qu’elle venait du pays du Feu et que les autorités locales n’avaient sans doute pas été averties de sa présence.

            -  Nous vous remercions de votre collaboration, commandant, fit Shikamaru. Nous allons maintenant partir et tenter de trouver ceux qui ont enlevé votre peuple.

            -   Que les cinq rivières guident vos pas, déclara Jin en s’inclinant pour les remercier. Faites très attention à vous. L’ennemi est très puissant.

        Le garçon ne répondit pas, mais en son fort intérieur, il pria pour que l’équipe numéro onze arrive au plus vite pour les aider…

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17 août 2009 1 17 /08 /août /2009 19:23

CHAPITRE CINQ : VISAGES INCONNUS

 

 

        Le petit matin se levait sur Konoha et le pays du Feu tout entier alors que l’équipe numéro sept revenait au village. Naruto était heureux de revoir les murs d’enceinte qui indiquait un repos bien mérité dès que ses amis et lui auraient fait leur rapport de mission à Tsunade.

        La composition de l’équipe numéro sept avait quelque peu changé depuis les évènements de Kumo et de la Main de l’Ombre : désormais, c’était Sasuke qui dirigeait le groupe en tant que jounin. Grâce à Sakura et à l’amour qu’elle lui portait, le jeune Uchiwa était devenu beaucoup moins morose, ayant presque oublié son désir de vengeance. Naruto savait bien qu’un jour viendrait où il mènerait l’équipe contre Itachi, mais il espérait que ce jour viendrait le plus tard possible. Pour le moment, Sasuke était redevenu cet ami à moitié rival qu’il appréciait tant, avec lequel il aimait tant partager ses aventures.

         Afin de garder un nombre total de quatre ninjas, Hinata était venue compléter l’équipe. Cependant, elle cherchait toujours à économiser le pouvoir de la Pierre Florale. La puissance qu’elle en avait tiré involontairement lors de la bataille de Kumo contre la reine démoniaque Makura l’avait grandement effrayée, et elle préférait donc se reposer sur ses seules aptitudes personnelles pour réussir. Elle s’entraînait toujours dur avec Naruto afin de progresser, mais son père continuait de la considérer comme un échec de la famille Hyuuga, ce qui l’attristait profondément. Afin de ne pas se fâcher continuellement avec sa famille, elle habitait désormais chez Naruto, lui apportant toute l’aide nécessaire à chaque moment de sa vie avec la bonté d’une mère et l’affection d’une épouse. Jamais Naruto n’aurait pu imaginer que l’équipe numéro sept deviendrait un groupe aussi soudé et aussi cher à son cœur.

         Cette nuit, ils avaient accompli leur onzième mission ensembles : retrouver un groupe de bandits qui avaient attaqué une caravane de marchands itinérants du pays de l’Eau et ramener le butin à ces derniers. Cela leur avait pris une journée et une nuit entière, mais ils étaient parvenus à débusquer les voleurs, à les mettre hors d’état de nuire, et à ramener la marchandise sans aucun accrochage. Ce n’était pas une mission vraiment dangereuse, mais depuis quelques temps, aucune demande d’aide importante n’était arrivée à Konoha, à croire que le monde commençait à s’apaiser. Même Kakashi et Gai ne trouvaient plus de mission au-dessus du rang B, ce qui avait mis en suspend l'un de leurs meilleurs moyens de compétition.

       L’équipe de Sasuke passa les énormes portes du village et se dirigea vers la maison de l’Hokage. En chemin, ils tombèrent sur Haruka qui parcourait les couloirs de l’énorme bâtiment à la recherche de matériel médical.

            -    Tiens ! fit la jeune fille en voyant le groupe arriver. Bonjour tout le monde !

            -    Salut, Haruka ! répondirent les ninjas tous en cœur.

            -    Dis, Sakura, est-ce que tu pourrais me dire où sont rangés les parchemins d’inhibition ?

            -    Dans la bibliothèque de l’aile Ouest. Lorsque tu rentres, regarde sur ta droite un peu en hauteur. Ca devrait être là.

       Haruka était devenue une disciple de Tsunade dans le but de passer ninja-médecin et apporter un soutient non négligeable au village qui avait toujours besoin de ce genre de spécialistes. Elle avait enfin trouvé un but dans sa vie, une chose qui faisait peut-être encore plus plaisir à Naruto et à Hinata qui l’avait tiré de son existence triste.  

            -  Votre dernière mission s’est bien passée si j’en crois vos visages, fit Haruka en souriant.

            -  Un peu que oui ! répondit Naruto avec enthousiasme. J’ai même inventé une nouvelle technique. Je te la montrerai plus tard si ça t’intéresse. 

        Haruka fit oui de la tête, puis Sasuke ordonna au groupe de continuer son chemin. Ils gravirent les escaliers menant aux niveaux supérieurs jusqu’à atteindre le bureau de l’Hokage, dont la porte était ouverte. Tsunade était en train d’étudier les compte-rendus médicaux de l’hôpital de Konoha, qu’elle avait l’habitude de gérer durant son temps libre. Et justement, elle avait beaucoup de temps libres depuis ces dernières semaines.

       Comme d’habitude, Sasuke fit preuve d’un peu trop de professionnalisme en entrant dans la pièce :

            -    Equipe numéro sept au rapport, Tsunade-sama.

            -    Je t’écoute.

            -   La mission s’est déroulée sans difficulté. Nous avons retrouvé les bandits avec le butin avant qu’ils ne traversent la frontière vers…

            -     Tsunade-sama ! cria Shikamaru en faisant irruption dans la salle, suivi aussitôt par Témari. Je dois vous parler d’urgence !

        Les membres de l’équipe numéro sept sursautèrent en voyant arriver ainsi les deux ninjas. On pouvait facilement voir la surprise sur leurs visages, sauf sur celui de Sasuke qui exprimait plutôt de la frustration pour avoir été interrompu dans son rapport.

            -   Qu’est-ce qu’il y a ? demanda calmement Tsunade.

            -   Je porte une demande d’aide de la part du Kazekage, répondit le garçon en mettant un genoux au sol respectueusement. Un groupe de cinq étrangers a pénétré le pays du Vent et a tué une patrouille avant de s’évanouir dans la nature.

            -    Et qu’est-ce que Gaara-san veut de Konoha, exactement ?

            -   Excepté celui qui semble guider ce groupe, Toshiro Nagasi, aucun de ces ennemis n’a pu être identifié et nous ignorons totalement ce qu’ils sont venu faire au pays du Vent. Ils ne portaient aucun symbole d’appartenance à un pays ou à une organisation quelconque et aucun d’entre eux ne se trouve dans le bingo book. Nous ne savons même pas s’ils ont atteint leur but lors de leur incursion. Nous aurions besoin des services de renseignement de Konoha pour découvrir qui ils sont et ce qu’ils veulent.

        Naruto était assez perturbé d'entendre Shikamaru parler comme s’il était un véritable ninja de Suna. Il n’était pas devenu un étranger pour autant, mais il semblait cependant s’être éloigné d’eux d’une certaine façon. Même ses manières semblaient avoir déjà changé quelque peu. Tsunade s’était attendue à un tel changement, toutefois elle ne pensait pas que cela se ferait aussi vite. Sa relation avec Témari avait certainement accéléré le processus.

            -    Entendu, répondit l’Hokage. Cette affaire semble mériter notre attention. Mais il va me falloir des indications sur ces étrangers.

            -   Je peux vous faire une description complète de chacun d’eux, déclara Shikamaru. Vous savez que ma mémoire ne me fait jamais défaut.

            -    Ce ne sera pas nécessaire.

        Tsunade se leva alors de son fauteuil et s’avança vers Shikamaru.

            -    Il existe une technique de médecine ninja permettant d’explorer les souvenirs d’une personne lorsque son esprit est ouvert. On l'utilise très souvent durant les enquêtes ou les interrogatoires quand cela est possible. Je vais juste te demander de te détendre.

         L’Hokage posa la paume de sa main sur le front de Shikamaru qui ferma aussitôt les yeux. Son niveau de concentration si exceptionnel le fit entrer dans une sorte de transe en un instant, permettant ainsi à Tsunade de commencer. En concentrant son chakra dans sa main, elle relia son esprit à celui du garçon et trouva rapidement le centre de la mémoire. Ses souvenirs sont incroyablement précis, réalisa Tsunade intérieurement. Dans toute ma vie, je pense que je n’ai utilisé cette technique que sur quatre ou cinq personne, mais c’est la première fois que je rencontre un esprit aussi bien rangé.

          Alors qu’elle explorait les souvenirs de Shikamaru, ce dernier voyait sa vie se rembobiner devant ses yeux clos. Mais il n’y avait pas que les images : il ressentait absolument tout ce qu’il avait déjà ressenti, que ce soit le bruit des discussions ou simplement le souffle du vent sur son visage. Il revécu son dur combat contre la mystérieuse et puissante Iralia, mais aussi quelques moments de douceur avec Témari qu’il aurait préféré gardé secret. Ne t’inquiète pas, lui dit Tsunade par la pensée, je ne dirai rien à personne. Mais je suis heureuse de savoir que ça se passe bien pour vous deux…

       Lorsque l’Hokage eut une image bien précise de chacun des cinq inconnus, elle interrompit sa technique et son esprit quitta celui de Shikamaru.

            -   Maintenant je comprends pourquoi cette affaire préoccupe tellement Gaara-san, avoua-t-elle à voix haute. J’ai pas mal voyagé dans ma vie et j’ai rencontré beaucoup de grands ninjas, mais ces visages me sont totalement inconnus. Excepté la jeune fille. Elle... sa tête me dit quelque chose.

        Tsunade retourna soudain à son bureau et s’assit un instant pour réfléchir.

            -    Shikamaru ! Témari ! Je veux que vous restiez ici le temps que j’enquête là-dessus. Sasuke ! Ton équipe et toi devez rester à disposition. J’aurai sûrement une mission à vous confier très prochainement.

            -    Comme vous voudrez, Hokage-sama, répondit humblement Sasuke.

 


 

       Ce n’est que le lendemain matin que Tsunade convoqua les deux équipes. Lorsque Naruto et ses amis franchirent à nouveau la porte de son bureau, Shikamaru et Témari étaient déjà là, mais il y avait également une quatrième personne : Lee.

            -   Gros sourcils ? s’étonna Naruto. Qu’est-ce que tu fais ici ?

        Mais Lee ne répondit pas. Il se contenta de regarder son ami de son air si sérieux avant de lâcher un soupir.

            -  Lee va vous accompagner pour la mission que je vais vous confier, expliqua Tsunade. Il est… impliqué à un certain niveau. J’ai fait de nombreuses recherches dans les dossiers de Konoha avant de trouver des informations intéressantes. La jeune fille qui avait attiré mon attention se nomme Kara Lao, et c’est une cousine de Lee.

        Les jeunes ninjas dirigèrent aussitôt leurs regards vers le garçon qui avait baissé la tête dans un signe d’incompréhension. Cette nouvelle avait dû lui faire un sérieux choc.

            -  Kara était une habitante du pays du Feu qui a disparu il y a plusieurs mois de cela alors qu’elle rendait visite à une vieille tante malade au pays des Rizières. Ce qui est étrange, c’est qu’elle n’était pas ninja et qu’elle ne présentait aucune prédisposition pour en devenir une. Elle représente cependant notre seule piste sérieuse car le chef de ce groupe, Toshiro Nagasi, a disparu depuis trop d'années pour que nous puissions étudier sa piste.

            -   Alors si j’ai bien compris, conclu Shikamaru, nous allons devoir enquêter sur la disparition de Kara pour voir si on ne peut pas retrouver sa trace, c'est ça ?

            -   Exactement. Avec un peu de chance, vous pourrez découvrir quelque chose qui nous permettra de mettre la main sur ce groupe.

            -    Est-ce que nous disposerons de renforts ? Pour le cas où on leur tomberait dessus par hasard...

            -    Pas dans l’immédiat, mais je vous enverrai l’équipe onze dès qu’elle sera rentrée de mission.

      Naruto se permit un sourire en entendant cette nouvelle. L’équipe onze était une nouvelle équipe fondée après le départ de Shikamaru. L’envoie du jeune Nara au pays du Vent avait fait réaliser à Tsunade que plusieurs équipes de ninjas avaient été affaiblies ou diminuées  petit à petit : Ino avait quitté son groupe pour s’entraîner aux techniques médicales, Hinata avait rejoint l’équipe sept pour être avec Naruto et Lee travaillait le plus souvent en solo ou avec son maître Gai. Du coup, les membres restants de plusieurs équipes avaient été réunis pour former l’équipe onze : Neji, Tôji, Shino et Kiba. Etant le seul jounin du groupe, c’était Neji qui avait été nommé leader, et il faisait un travail remarquable. Parmi toutes les équipes de  chunins de Konoha, la numéro onze était sans doute la seule en mesure de se mesurer à la numéro sept.

            Si par chance Shikamaru parvenait à retrouver Kara et les étrangers avec qui elle voyageait, cette aide serait plus que bienvenue…

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14 août 2009 5 14 /08 /août /2009 13:35

CHAPITRE QUATRE : TEMPÊTE

 

 

       Bien que Shikamaru ait réussi à répartir les adversaires de la meilleur manière en fonction des aptitudes de chacun, le garçon sentait bien que la situation était loin d’être en faveur de Suna. Il suffisait que Toshiro entre dans la danse pour que l’équilibre soit brisé. De plus, la brute qu’il retenait comme un ours en laisse devait être très fort lui aussi et pouvait leur poser de sérieux problèmes. Dès qu’ils auront l’impression que leurs collègues sont en difficulté, ils ne manqueront sans doute pas d’intervenir, et ce combat risque vite de tourner au carnage. C’est pourquoi on doit essayer de battre ces trois là rapidement, avant qu’ils ne puissent revoir leur stratégie.

        Mais c’était une chose plus facile à dire qu’à faire. L’adversaire de Shikamaru n’était pas n’importe qui et allait lui mener la vie dure. Contre un tel ennemi, il valait mieux ne pas mettre de gants…

            -   Kage uwagi no jutsu ! (le manteau des ombres)

        Aussitôt, l’ombre de Shikamaru enveloppa entièrement son corps, ne laissant aucune zone où les gouttes mortelles d’Iralia pourrait le toucher. De plus, lorsqu’il revêtait cette forme pendant la nuit, le jeune Nara voyait sa force et sa rapidité être démultipliée, des avantages qui ne lui seraient pas inutiles ici.

        Mais la belle Iralia semblait avoir plus d’une carte maîtresse à lui lancer :

            -   Suiton ! Nami katana no jutsu ! (technique d’eau, épées de vague)

        L’eau contenu dans deux de ses gourdes s’échappa soudain de leurs récipients pour se diriger vers les mains de la jeune femme et y former deux longues lames liquides qui vibraient d’un infime mouvement de vague. Le manteau d’ombre avait beau être aussi résistant que le roc, Shikamaru doutait de son efficacité à le protéger contre de telles armes. Afin de jauger leur puissance, il étira l’enveloppe de son bras en une pointe qui fila vers Iralia, qui la trancha d’un simple mouvement rotatoire, dispersant la matière noire dans la nuit. C’est pire que ce que je pensais, pensa Shikamaru. Ces lames peuvent tailler mon manteau d’ombre comme du papier. C’est sans doute le mouvement de vague qui agite l’eau des lames qui leur donne ce tranchant, un peu comme une scie électrique. Je ne peux pas les parer avec ce que j’ai, donc il va falloir les esquiver.   

        Heureusement, la vitesse améliorée du garçon lui permettait aisément de s’écarter rapidement des lames pour n’attaquer que de loin. Lorsque Iralia se jeta sur lui sans un cri ni une émotion sur son visage froid, Shikamaru bondit en arrière tout en faisant partir de ses dix doigts autant de flèches noires qui filèrent à toute vitesse. Mais Iralia réagit en un instant et forma une série de sceau tandis que ses katanas liquides restaient mystérieusement suspendus dans les airs.

-  Suiton ! Taiyou hei no jutsu ! (technique d’eau, le mur de l’océan)

        Une quantité d’eau surprenante apparut soudain devant la jeune femme pour stopper les projectiles d’ombre qui furent capturés dans la masse liquide. L’instant d’après, le mur d’eau de dispersa dans l’atmosphère, emportait avec lui les flèches noires de Shikamaru. Si je perds de la matière noire à chaque attaque, je vais vite atteindre mes limites. Heureusement qu’il fait nuit, sinon je ne pourrais déjà plus maintenir cette forme…

       Le jeune garçon se risqua à jeter un œil vers Témari qui semblait carrément jouer avec son adversaire. La jeune fille qui était face à la kunoichi de Suna ne s’était toujours pas décidé à répliquer, et subissait une à une des attaques répétées toujours plus violente. Cette partie du combat semblait déjà gagnée d’avance.

        De l’autre côté du front, Kankouro attaquait de toute part l’épéiste fou avec ses trois marionnettes, usant d’une panoplie de pièges intégrés tous plus mortels les uns que les autres. Mais la rapidité de ce combattant ne s’appliquait pas seulement à ses attaques, mais aussi à ses parades. Faisant montre de réflexes presque surnaturels, ils déviait chaque kunai, paraît chaque lame cachée et esquivait les projection de substances dangereuses aux natures diverses. Bien que Kankouro mène ce combat avec bravo, il ne faisait qu’occuper son adversaire et l’empêcher d’attaquer. Jusque là il ne lui avait infligé aucune blessure.

        Shikamaru n’eut pas le temps d’observer plus longtemps : Iralia était revenue à la charge. Le garçon bondit sur le côté pour éviter une nouvelle fois les redoutables lames et contre-attaqua en projetant une unique flèche en direction du sol. Lorsqu’elle toucha le sable, la flèche se transforma en une ombre rampante qui fila vers Iralia avant de ressurgir quelques mètres plus loin. La trajectoire inhabituelle du projectile ne laissa pas à la jeune femme le temps de réagir. La flèche lui transperça l’épaule droite, lui arrachant un cri de douleur étouffé en même temps qu’une légère éclaboussure de sang.

        Soudain, les trois combat cessèrent brusquement. Les adversaires de Témari et de Kankouro reculèrent dès qu’ils entendirent la souffrance de leur partenaire.

            -   Et bien ? fit Toshiro d’un ton agacé. Qu’est-ce qui vous arrive à vous trois ? Vous n’êtes même pas capables d’éliminer des ennemis aussi faibles ?

            -    Désolé Toshiro, fit Iralia en reprenant son souffle. J’ai été prise par surprise.

            -  Ca ne fait rien, je le comprends parfaitement. Par contre, Hakagi, je te trouve franchement un peu faiblard.

       L’épéiste ne répondit pas. On aurait presque dit qu’il était incapable de répondre.

            -   Quand à toi, ajouta Toshiro en se tournant vers la jeune fille en tenue verte. Je me demande bien ce que tu fais avec nous. Continue comme ça et je demanderai au maître qu’il te remplace.

        La jeune fille baissa la tête en signe de honte. Bien qu’elle portât un uniforme de combat, elle n’avait rien d’une combattante, ni dans l’allure ni dans le mental. Effectivement, on se demandait bien ce qu’elle faisait avec de tels tueurs…

         C’est alors que Toshiro se tourna vers la grande brute à ses côtés :

            -   Allez, Ulgo. Finis-moi ça rapidement, qu’on puisse terminer la mission.

            -   Bien chef, fit le géant dans un sourire.

         Soudain, alors que le dénommé Ulgo avançait à pas lent des ninjas de Suna, ses trois comparses s’éloignèrent de plusieurs centaines de mètres. Même Toshiro prit la peine de reculer, ce qui alerta Shikamaru au plus haut point. Je n’aime pas ça. Ils veulent laisser le champs libre à leur collègue. Ce qui veut dire…

-   Tout le monde ! cria le garçon. Repliez-vous ! Vite !

        Les ninjas de Suna ne perdirent pas une seconde et repartirent vers le canyon en courrant. Derrière eux, il entendirent la terre trembler à un tel point qu’ils manquèrent plusieurs fois de tomber. Shikamaru risqua un œil en arrière et vit une quantité phénoménale de sable s’élever dans les airs pour les poursuivre tel un raz-de-marée terrestre cherchant à les engloutir. Ils n’avaient que quelques dizaines de mètres d’avance sur cette déferlante qui gagnait du terrain à chaque seconde. Même lorsqu’ils s’engouffrèrent dans un ravin entre les premières falaises du canyon, le mur de sable continuait à les suivre, comme s’il rassemblait toujours plus de dunes alors qu’ils avançaient et que le désert tout entier prenait vie.

         Shikamaru repéra une caverne dans l’une des parois du canyon et décida de s’y abritait. Ce trou était sans doute leur seule chance de survie face à une telle chose. Par chance, le boyau rocheux était suffisamment profond et montait en pente forte. Le sable ne parvint pas à y rentrer sur plus de cinq mètres, mais l’entrée se retrouva entièrement ensevelie, plongeant la caverne dans le noir absolu.

            -  On devrait être à l’abris pour un moment, annonça Shikamaru avant de s’effondrer sur le sol de pierre.

            -   Mais qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? s’écria Kankouro en gesticulant.

            -   On ne fait rien du tout, du moins rien concernant ces cinq enfoirés. Les renforts de Suna ne devraient pas tarder à leur tomber dessus donc maintenant, c’est leur problème. Nous, on va déjà essayer de sortir d’ici en vie.

       En effet, cette première formalité n’était pas aussi simple qu’on pourrait le penser. Vu la quantité de sable qui avait été lancé à leurs trousses dans le canyon, Shikamaru estima qu’il devait y avoir au moins trois mètres de sables devant l’entrée de cette grotte. Avant de chercher à déblayer cette zone, il valait mieux essayer de trouver un autre accès.

            -   Je vais aller explorer le fond de la grotte, annonça Shikamaru à ses amis. Vous, restez ici et attendez-moi.

            -    Mais on n’y voit rien ! fit Kankouro. Comment est-ce que tu vas faire ? Avancer à tâtons ?

            -    Ne t’inquiète pas pour lui, lança Témari en essayant de se détendre.

        Shikamaru forma alors le sceau de l’ombre et prononça :

            -   Kage miharashi no justu ! (œil de l’ombre)

        Témari ne purent voir les yeux de Shikamaru virer au noir complet, mais le jeune Nara se mit à voir aussi clair qu’en plein jour. Tout lui apparaissait désormais dans un mélange de couleurs grises, et il pouvait clairement voir que le tunnel se prolongeait en continuant de s’élever. Le garçon grimpa la pente sur plusieurs dizaines de mètres avant de tomber sur un cul-de-sac. Oh merde… moi qui pensais qu’on aurait peut-être pu rejoindre le plateau au-dessus, c’est raté. Si j’estime la hauteur que j’ai grimpé à l’intérieur de la falaise jusque là, je dois être à mi-chemin de la surface. On pourra jamais creuser de ce côté pour se faire une sortie.

         C’est alors qu’il remarqua une large faille dans le sol, suffisamment grande pour qu’un homme même bien enveloppé puisse s’y engouffrer. Shikamaru décida de risquer le coup et se mit à descendre une paroi quasi verticale qui plongeait vers les entrailles du canyon. En bas, il découvrit une autre grotte naturelle semblable à la première et se mit à en explorer les nombreux tunnels. Il lui fallut un bon quart d’heure avant de finalement trouver un passage menant à l’extérieur et n’étant pas recouvert par le sable.

         Alors qu’il repartait en arrière pour aller chercher ses amis, le garçon aperçu la lueur d’une flamme se refléter sur les paroi de la caverne. Témari et Kankouro apparurent devant lui, accompagnée d’une marionnette dont ils avaient réglé le lance-flamme au minimum pour en faire une torche.

            -   On commençait à s’inquiéter, s’excusa Témari. Tu as trouvé une sortie ?

            -   Oui, un peu plus loin. Suivez-moi.

            -  Maintenant, on est sûrs de ne pas arriver à temps pour aider les renforts, grogna Kankouro.

            -    Quelque chose me dit qu’ils n’ont pas eut besoin de nous, lâcha Témari.

         Après être ressortis à l’air libre, les trois ninjas se dirigèrent vers le lieu où ils avaient affronté leurs étranges adversaires. Une peur indescriptible s’empara d’eux lorsqu’ils s’aperçurent que cette partie du désert avait été totalement transformée : un cratère d’un bon kilomètre de diamètre et profond de plus d’une centaine de mètres avait remplacé les dunes éternelles, mettant à nue les roches sédimentaires qui soutenaient le désert. Par tous les dieux… lâcha Shikamaru. Quelle puissance peut bien avoir causé une telle chose ?

         Le jeune Nara et ses amis approchèrent avec inquiétude jusqu’à ce qu’ils aperçoivent les nombreuses silhouettes qui entouraient le cratère. C’étaient des ninjas de Suna. Et parmi eux se trouvait Gaara.

            -   C’est toi qui a fait ça ? demanda Shikamaru en approchant du kazekage.

-   Non. C’était déjà ici lorsque nous sommes arrivés.

            -   Et les ennemis ?

            -   Aucune trace.

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13 août 2009 4 13 /08 /août /2009 16:37

CHAPITRE TROIS : TRAQUE DANS LE DESERT

 

 

    Une demi-journée de marche avait suffit aux trois jeunes ninjas pour atteindre le lieu de l’incident. Celui-ci n’était pas difficile à identifier : on pouvait remarquer de très loin l’immense anomalie géographique qui trouait le paysage désertique. C’était comme si une demi-douzaine de dunes avaient tout simplement disparu.

     Et au milieu se trouvaient les corps de la patrouille de Suna.

    Une équipe de chunins était déjà là avec un ninja-médecin qui analysait les blessures des morts depuis plusieurs heures dans l’espoir d’en découvrir plus sur l’ennemi inconnu qui les avait attaqué. Shikamaru s’avança aussitôt vers lui pour lui demander de faire son rapport :

      -   Apparemment, dit le spécialiste, tous les membres de l’équipe ont été tué de la même façon : toute l’eau de leur corps a disparu. Leur sang est complètement desséché, ce qui a interrompu net leurs fonctions vitales.

      -  Cela signifie donc une technique de Suiton (élément de l’eau) extrêmement puissante, en déduit Shikamaru.

      Mais ce qui effrayait le plus le jeune Nara n’était pas seulement la puissance de cette technique, mais le fait que d’après la disposition des corps, les trois ninjas qui en avaient été victimes ne semblaient même pas avoir eut le temps de réagir. Leurs trois cadavres étaient tous réunis au même endroit et n’étaient pas espacés de plus de deux mètres. Or les patrouilles de Suna avaient l’habitude de se déplacer groupés afin d’être le plus discret possible, puis se dispersaient au moindre signe d’un ennemi. S’ils ne s’étaient pas séparé lors du combat, cela signifiait qu’ils n’avaient même pas vu venir l’attaque. Gaara avait raison : l’ennemi qui avait fait cela ne devait pas être sous-estimé.

      Mais Shikamaru se doutait bien que même si ces hommes avaient tous été tués par la même personne, il n’y avait sans doute pas qu’un seul ennemi. Même les membres de l’Akatsuki ne se risqueraient pas seuls dans le pays du Vent. Cependant aucun indice ne permettait de connaître combien d’adversaires avaient ainsi pénétré dans le domaine de Suna. S’il y avait eut des traces de pas, le vent et le sable les avaient recouvertes.

      -    A ton avis, fit soudain Témari. Qu’est-ce qui a créé cette crevasse ?

      -  Il y avait sans doute une source d’eau enfouie profondément dans le sol. La technique utilisée pour éliminer la patrouille l’a sans doute fait disparaître elle aussi, ce qui implique que cette technique possède une très grande aire d’effet.

      -   C’est horrible, lâcha Kankouro en observa les cadavres desséchés du coin de l’œil. Comment peut-on tuer quelqu’un comme ça ?

       Shikamaru compatissait lui aussi. Ces hommes n’avaient pas mérité de finir comme ça. Personne ne méritait de finir comme ça, vidé de toute son eau jusqu’à ce que le sang ne parvienne plus à se déplacer pour oxygéner le cerveau ou alimenter les muscles. Ils s’étaient retrouvés dans l’incapacité de bouger ou même de tenir debout, avant de perdre toutes leurs facultés sensorielles pour mourir dans la solitude absolue. Cela avait probablement pris plusieurs minutes.

      -    Qui que ce soit qui ait fait ça, lâcha Shikamaru, il va le payer.

      -   Mais comment savoir dans quelle direction se trouve l’ennemi ? demanda Témari en regardant aux alentours. Nous n’avons aucun indice.

            -   Si : la position de la frontière et des autres patrouilles qui n’ont rien remarqué d’anormal. Cela indique que l’ennemi est arrivé par le Nord-Est, et qu’il a probablement continué sa route au Sud-Ouest sans s’arrêter.

            -     Alors mettons-nous en route immédiatement.

 

 


 

        Ce n’est qu’à la nuit tombée que l’équipe de Jounins repéra enfin un groupe d’individu qui avançait au milieu du désert en direction d’un massif rocheux nommé le pic des flèches, en référence à une armée de bandits qui y avait autrefois établi leur forteresse. Cinq silhouettes se dessinaient entre la pleine lune et le sable encore chaud, marchant à pas étrangement lents comme s’ils avaient parfaitement le droit d’être là.

        Les ninjas de Suna observaient leurs ennemis depuis le haut plateau d’un grand canyon qui s’élevait au milieu du pays du vent, et se trouvait à plus d’un kilomètre des silhouettes. Cette distance avait beau paraître rassurante, Shikamaru ne parvenait pas à se sentir en sécurité. Le souvenir des cadavres desséchés de la patrouille semblables à des momies était toujours imprimé sur ses rétines.

            -   Qu’est-ce qu’on fait, Shikamaru ? demanda Kankouro d’un air inquiet. Ils sont plus nombreux que nous.

           -   Mais ils ne se dirigent pas vers Suna, remarqua le garçon, ni vers aucune ville ou village de la région. Leur objectif doit se trouver quelque part ici, et nous ignorons totalement ce que c’est.

            -    Alors qu’est-ce qu’on fait ? fit Témari. On les suit pour savoir où ils vont ?

            -    On va essayer.

       C’est alors que les cinq inconnus s’arrêtèrent.

            -   Qu’est-ce qui se passe ? demanda Témari. Ils nous ont repéré ?

            -   Je ne pense pas. Un bon stratège aurait continué de marcher pour nous attirer dans une embuscade. Soit ils sont assez confiant pour vouloir nous affronter directement, soit ils sont arrivés où ils voulaient.

            -   Mais il n’y a absolument rien là, remarqua Kankouro.

            -   C’est justement ce qui m’inquiète, répliqua Shikamaru.

        Le garçon se tourna vers Témari. Elle avait déjà sorti un parchemin d’invocation d’oiseau messager, celui que toute les patrouilles du pays de Suna possédaient afin de prévenir le village de tout danger imminent. Elle attendait l’approbation de Shikamaru, et celui-ci la lui donna. Aussitôt, elle déploya le parchemin d’un mouvement rapide, puis forma un sceau d’invocation qui le transforma en un grand aigle royale. L’oiseau de proie s’éleva aussitôt dans les airs, comme porté par un puissant vent ascendant, avant de se diriger vers Suna.

            -    Et maintenant ? demanda Kankouro.  

            -    Maintenant on attaque, répondit Shikamaru en sortant un kunai explosif.

            -    Ils sont plus nombreux que nous, remarqua le marionnettiste, et un seul d’entre eux a réussi à éliminer une patrouille de chunin. S’ils sont tous aussi fort, c’est du suicide.

            -    Les renforts seront bientôt en route, mais ils mettront du temps à venir. Je ne sais pas ce que sont venu faire ces types, mais pour qu’ils se risquent à attirer notre attention comme ça, ce doit être sacrément important. Je ne les laisserait pas atteindre leur objectif aussi facilement.

            -    Tu as raison, l’appuya Témari. On peut au moins essayer de les retenir le temps que les renforts arrivent. Et puis, la nuit est tombée. Cela devrait nous avantager.

        Cette dernière remarque diminua quelque peu la confiance de Shikamaru. Le pouvoir de l’ombre qu’il avait hérité de Kuro était certes beaucoup plus puissant lorsqu’il faisait nuit, mais le garçon n’aimait pas l’utilisé à un tel niveau. Depuis les évènements de la Main de l’Ombre, il s’était souvent entraîné à maîtriser de nouvelles techniques, mais il avait toujours redouté de pousser ses limites, de peur d’être transformé par la part de démon qui se trouvait en lui. Maintenant je comprends ce que ressent Naruto à propos de Kyuubi, se dit-il. La peur d’être absorbé par son propre pouvoir, de le laisser prendre le contrôle de son corps et de son esprit. Comment connaître les limites à ne pas franchir ? Et peut-on revenir en arrière si l’on fait un pas de trop ?

        Mais le jeune Nara n’avait pas le temps de se préoccuper de ces choses. Ils avait une mission à mener. C’est ainsi qu’il ordonna à son équipe de le suivre, puis il sauta de la falaise du canyon. Il atterrit sur un rocher cinquante mètres plus bas, puis sur un autre, et encore un autre jusqu’à atteindre le sol sablonneux du désert. Les trois ninjas de Suna bondirent de dune en dune en adoptant une formation d’attaque. Quand ils furent à une centaine de mètres des inconnus, Shikamaru lança son kunai dans leur direction, mais celui-ci fut dévié par une force inconnue qui l’envoya droit vers le ciel. Lorsque le parchemin explosif qui y était attaché se déclencha, il était déjà si haut que l’explosion fut à peine remarquable au milieu du scintillement des étoiles.

         Face à cette défense inconnue, Shikamaru et ses amis s’arrêtèrent net. Devant eux se trouvaient cinq personnages aussi insolites les uns que les autres qui ne prirent même pas la peine de prendre une posture de combat. Aucun d’entre eux ne portait de bandeau de ninja, ce qui était particulièrement étrange.

         Celui qui attirait le regard en premier était un géant de plus de deux mètres à la musculature impressionnante, qui ne portait qu’une simple tunique en tissu brun, un pantalon ample noir et des sandales. Son visage aux semblait avoir été taillé à la serpe tant il était couvert de cicatrices, et sa large mâchoire remuait sans cesse comme pour mâcher ou déloger quelque chose de coincer entre ses dents. Ses yeux étaient diminués par ses énormes sourcils aussi noir que ses cheveux coupés à ras, mais brillaient d’une volonté intérieure puissante. Il devait avoir une bonne quarantaine d’années, mais il n’était pas pour autant le membre le plus âgé du groupe.

          En effet, à côté de lui se tenait un homme aux traits tirés par la vieillesse, accusant une bonne soixantaine d’années. Il était mince, presque squelettique, et son faciès était creusé par cette faible constitution. Ses long cheveux gris en désordre lui tombaient à moitié sur le visage, dissimulant en partie les signes de son âge avancé. Toutefois, il ne semblait souffrir d’aucune faiblesse, ni de cors ni d’esprit, et ses yeux étaient aussi perçant que ceux d’un aigle. Il portait un simple kimono d’un blanc éclatant, soutenu par une ceinture qui portait également un long katana au fourreau entièrement noir, mais il n’avait absolument rien aux pieds. Shikamaru avait du mal à croire qu’il ait pu marché ainsi durant toute la journée sur le sable brûlant.

         La troisième personne faisant face aux ninjas de Suna était une femme approchant de la trentaine, aux cheveux aussi bleus que l’océan qui tombaient presque jusqu’au sol. Son visage était magnifique, bien qu’elle ne portait aucun maquillage, sa peau de pêche et ses traits angéliques suffisant à éveiller bien des passions chez n’importe quel homme. Cependant, il suffit de regarder ses yeux pour comprendre qu’elle possède un tempérament froid et sans pitié, probablement dénué d’émotion ou de compassion. Elle portait une tenue de ninja de couleur noir très serrée plongeant sur sa forte poitrine, avec un haut col recouvrant les côtés et l’arrière de son cou délicat, le tout recouvert de quelques légères plaques de protections aux ornements d’argents. Ses mains étaient gantées de noir également, et à sa ceinture se trouvaient seulement quatre petites gourdes d’eau. Mais ce qui était le plus étrange chez cette femme était que malgré le climat aride du pays du vent, son corps était entièrement trempé, comme si elle venait de marcher pendant plusieurs heure sous une pluie torrentielle ou de traverser une rivière à la nage. Il ne faisait aucun doute pour Shikamaru qu’elle devait être celle qui avait tué les hommes de la patrouille. Son affinité au Suiton était d’une évidence frappante.

         A la droite de cette femme se trouvait un homme du même âge, de constitution assez moyenne et au dos voûté, lui donnant une apparence presque insignifiante aux côtés de ses comparses. Il était vêtu d’un long manteau à haut col de couleur bleu sombre, aux bordures et ornements blancs, et portait un katana de soldat à la ceinture. Son corps tout entier semblait agité de tics minuscules tandis que ses yeux indiquaient une folie au-delà de l’entendement, appuyé par un sourire malsain qui mettait mal à l’aise. Ses cheveux noirs mi-longs répartis en pic désordonnés n’arrangeait rien à son aspect inquiétant.

          La cinquième personne du groupe était une jeune fille d’apparence fragile, au regard témoignant d’un manque de confiance en soit. Probablement l’élément le plus faible de l’équipe selon Shikamaru, qui lui donnait à peine seize ans. Portant une tenue de ninja souple, couleur vert sombre avec des protections argentées, chacun de ses gestes montrait une grande hésitation. Son visage d’adolescente était baissé presque en permanence, mais possédait cependant une grande beauté. Ses yeux bleux lui donnaient un air innocente tandis que ses cheveux blonds coiffés en une longue tresse brillaient sous la lumière de la lune comme une aube naissance.

         Ces cinq individus se tenaient donc devant les ninjas de Konoha sans dire un mot ni faire un geste.

            -   Qui êtes-vous ? demanda Shikamaru d’une voix autoritaire. Et que faites-vous ici ?

         Personne ne lui répondit.

            -  Shikamaru, fit Témari en pointant de son énorme éventail l’homme en kimono blanc. Cet homme, c’est Toshiro Nagasi, un bandit du pays du Vent qui avait disparu depuis plusieurs années.

            -    Il est fort ?

            -    Non. A peine au niveau jounin.

            -    Alors on devrait se concentrer sur les autres.

       Mais Shikamaru n’eut pas le temps d’élaborer une stratégie plus avancée. D’un simple geste, le dénommé Toshiro donna l’ordre d’attaquer. Il retint cependant le géant à ses côté et resta en arrière à observer le combat. C’est lui le chef ? s’écria Shikamaru intérieurement. Pourtant cette femme aux cheveux bleus semble être d’un niveau bien supérieur. Et pourquoi n’envoie-t-il que ces trois-là contre nous ? A-t-il une stratégie derrière ça ou est-il simplement très confiant ?  

       Les questionnements du garçon restèrent en suspend alors qu’il dû esquiver une attaque verticale portée par le sabre de l’homme au regard de fou. Il attaquait avec une rapidité stupéfiante, mais enchaînait les coups simples sans démontrer une réelle maîtrise du talent d’épéiste. Il ne cherche pas à feinter ou à concevoir un enchaînement. Avec une telle vitesse, un maître du sabre m’aurait déjà tué. Il ne devrait pas me poser trop de problèmes…

        De son côté, Témari était aux prises avec l’étrange femme aux cheveux bleus, restant à une distance raisonnable d’où elle pouvait réagir rapidement à toute attaque. Elle n’avait nullement l’intention de subir le même sort que la patrouille de Suna. Son adversaire ne semblait pourtant pas vouloir utiliser cette technique, se contentant de lancer des attaques de Suitons basiques comme des projectiles d’eau. Sa capacité à utiliser l’eau atmosphérique était colossale, et laissait présager qu’elle ne faisait que s’échauffer.

         Kankouro, lui, attaquait la jeune fille hésitante. Celle-ci ne faisait qu’éviter les coups des trois marionnettes déployées par le ninja qui les contrôlait à distance. C’était comme si elle ne voulait pas se battre, qu’elle voulait simplement discuter pour résoudre un malentendu. Mais aucun des cinq individu ne prononça un seul mot.

         Soudain, la femme qu’affrontait Témari recula en portant la main à l’une de ses gourdes. Le bouchon sauta d’une simple pression et elle plongea deux de ses doigts à l’intérieur avant de lancer une volée de goutte d’eau en direction de son adversaire. Oh non ! fit Shikamaru. Pas maintenant ! Pas elle !

         D’un simple réflexe, Shikamaru forma le sceau de l’ombre et se concentra. Son bras noir devint soudain aussi noir que la nuit et changea de forme pour prendre l’apparence d’une grande lame qui stoppa le sabre du fou qui l’attaquait comme un forcené. Dans le même temps, son bras gauche effectua la même transformation, mais s’étira en un grands mur noir qui alla s’interposer entre Témari et les projectiles liquides de son adversaire.

         Les gouttes percutèrent la surface d’ombre et s’évaporèrent aussitôt, sans causer aucun dégât. Cela causa une certaine frustration chez Toshiro.

            -  Et bien Iralia ? dit-il à la femme aux cheveux bleus. Je croyais que ta technique était imparable ? Qu’est-ce qui t’arrive ?

            - Elle n’est pas imparable, expliqua Shikamaru. Elle utilise simplement de l’eau chargée de son chakra pour déclencher une réaction d’évaporation instantanée sur la cible qu’elle touche. Ce procédé se répand jusqu’à se trouver à court d’eau avec laquelle réagir. Mais cette technique est sans effet contre une surface totalement dépourvue d’eau, comme une ombre.

        Subitement, tous les combats cessèrent et les ninjas de Suna en profitèrent pour reculer d’une bonne dizaine de mètres. Shikamaru dissipa rapidement son ombre, redoutant d’approcher de la limite fatale trop rapidement, puis donna ses ordres :

              -   On va échanger nos adversaires. Je prends cette Iralia. Kankouro, tu prends le taré avec son sabre, et Témari tu te charges de la fille.

         Les compagnons de Shikamaru acquiescèrent.

            -   Très bien, fit-il. Maintenant, le vrai combat va pouvoir commencer…

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12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 22:40

CHAPITRE DIX-HUIT : DERNIER CARRÉ

 

 

2247 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / Seuil de la salle de contrôle de l’installation 03.

 

       L’information fut confirmée par les éclaireurs laissés en arrières par les forces alliées sangheilis : l’ennemi approchait, et avec des effectifs suffisants pour occuper une grande ville. Deux croiseurs étaient en route pour assurer une suprématie aérienne avec leurs innombrables appareils embarquées, et le commandant Urda avait également envoyé une compagnie d’artillerie blindée d’Apparitions qui serait là d’ici moins d’une demi-heure. Cette dernière menace était d’ailleurs la plus dangereuse, car même s’il était possible de se réfugier dans les structures du Seuil pour se protéger des unités volantes et résister à l’infanterie, les spartans et leurs alliés n’avaient rien pour résister à un pilonnage d’une telle force.

            -   49 ! lança Fred en se tournant vers le moniteur. Combien de temps te faut-il avant  d’ouvrir le portail ?

            -    Environ quatre secondes et huit dixièmes, dépositaire.

            -    Très bien. Alors tu vas l’ouvrir immédiatement, et dès qu’on l’aura tous traversé, tu le refermeras.

            -   Je crains malheureusement que cela ne soit pas possible, répondit la machine. Les protocoles de sécurités stipulent qu’une fois ouvert, le portail ne peut pas être réinitialisé avant l’activation de l’installation.

                 -   Alors est-ce qu’on peut le détruire ?

      Aussitôt, le moniteur sursauta dans les airs comme s’il venait de recevoir une décharge de calibre cinquante à bout portant. La lumière bleu de sa sphère centrale vira au rouge, ce qui n’était pas bon signe.

            -  Comment pouvez-vous envisager d’endommager cette installation ? s’écria-t-il. Je ne permettrai jamais une telle chose !

            -  Calmez-vous, Anomaly, intervint Kelly en voyant l’IA s’énerver. On ne savait pas que cela vous ferai tant. Excusez-nous.

       Le moniteur tourna rapidement son globe lumineux vers la spartan, puis vers Fred, avant de lâcher :

            -   Très bien. J’accepte vos excuse. Mais je trouve quand même étrange que des Dépositaires ignorent ainsi des protocoles aussi élémentaires. 

            -    On n’a pas le temps pour ces trucs là, 49 ! fit Fred. Dans quelques minutes cet endroit va être la plus grande concentration de face de poulpe de l’anneau… sans vous offenser, Dalkos.

            -   Les habitudes insultantes sont toujours difficiles à oublier… démon.

        Le spartan sourit derrière son casque.

            -   Seigneur, intervint soudain Lifumee. Je vous demande la permission de rester ici avec mes troupes pour empêcher l’ennemi de vous suivre à travers le portail.

            -  Votre demande est refusée, capitaine. Vous ne pourrez jamais affronter une telle armée tout seul, même retranché dans ce temple.

            -    Alors Blue Team restera ici également, fit Linda de sa voix neutre. Mon équipe est spécialisée dans la défense de zone.

            -   Yellow Team reste aussi, ajouta Joshua. Je préfère largement défendre une zone connue que d’attaquer un building sans aucune reconnaissance.

        Dalkos observa les deux leaders spartans qui venaient de se porter ainsi volontaires. Il avait appris à mépriser les humains, à les considérer comme des être inférieurs dans tous les domaines, et surtout à n’avoir aucune pitié envers eux. Mais ces combattants, ces spartans, n’étaient pas des humains, ou tout du moins pas des humains normaux. En les appelant Démons, les forces de l’Alliance n’étaient peut-être pas très loin de la réalité, car ils n’avaient d’humain que l’aspect. Tout en eux dépassait de loin les limites de ce que la race humaine était capable de fournir, comme si leur corps avait été transformé à travers une possession démoniaque enfermée à l’intérieur de leurs armures.

         En tant que membre de la sainte inquisition de l’Alliance, Dalkos avait eut accès à toutes les informations concernant les affrontements où étaient intervenus les spartans. Il savait de quoi ils étaient capables, même en nombre très réduit. S’il devait comparer leurs compétences à celles de ses frères sangheilis, le légat estimait qu’ils pouvaient égaler des soldats d’élite, car même s’ils étaient peut-être moins bien équipés, ils possédaient un talent tactique hors du commun qui pouvait facilement leur donner l’avantage. Je ne peux oublier le sang qu’ils ont sur les mains, se dit Dalkos, mais je dois admettre que je n’arriverai jamais à stopper le commandant sans leur aide.

            -    C’est d’accord, dit le sangheili en inclinant la tête. Essayez de retenir l’ennemi le plus longtemps possible.

        Soudain, Dalkos eut un choc. Il venait de dire « ennemi » en parlant des troupes du commandant Urda, qui comportait des milliers de ses frères de race. Le légat de l’inquisition avait déjà mené des campagnes de purge contre de nombreuses hérésies depuis sa nomination, durant lesquelles il s’était retrouvé forcé de combattre d’autres sangheilis qui s’étaient détournés du Grand Voyage. Mais cette situation était différente : ces guerriers n’étaient pas des hérétiques. Ils ne faisaient que suivre les ordres de leur commandant. Urda est le seul hérétique ici. Je lui ferai payer chacune des morts injustes qui auront été causées par sa folie. Je le jure sur mon honneur de sangheili, car c’est tout ce qu’il me reste. 

        Sans dire un mot, Dalkos se détourna des spartans et alla rejoindre le capitaine Lifumee et ses guerriers d’élite. Pendant ce temps, les chefs d’équipes spartans en profitèrent pour se concerter une dernière fois en utilisant leur fréquence radio cryptée.

            -   Vous êtes sûr de vouloir rester là, les gars ? demanda Fred.

            -   Il faut quelqu’un pour couvrir vos arrières, expliqua froidement Linda. Personne ne peut prédire quel niveau de résistance vous affronterez dans la salle de contrôle, et il vaut mieux que vous ne soyez pas pris entre deux feux.

            -   Dans ce cas, soyez prudents. Et si cela devient trop chaud ici, repliez-vous à travers le portail, puis préparez un comité d’accueil de l’autre côté.

            -   Compris. Bonne chance.

        Les spartans se regardèrent les uns les autres. Ils n’avaient pas besoin d’abaisser leurs visières polarisées pour deviner les sentiments de chacun, car ils se connaissaient trop bien pour ne pas remarquer les signes d’inquiétudes qu’ils présentaient tous. Ce combat était une opération suicide, même pour des spartans. Leurs chances de survie étaient infimes, compte tenu des forces qu’ils affrontaient et de l’incertitude sur ce qui les attendait de l’autre côté du portail. Aucune des missions qu’ils avaient accomplis n’avait été aussi risquée que celle-ci, mais ils ne pouvaient pas reculer. Leur devoir était de protéger l’Humanité au péril de leur vie. Mourir en sauvant les autres était leur destin à tous.

        Car ils n’étaient pas humains. S’ils l’étaient, ils auraient eut une enfance, des parents, une famille, un passé. Mais ils n’avaient rien eu de tout ça. Même les six années d’insouciance qu’ils avaient vécu chacun de leur côté avant leur enrôlement forcé avaient été effacées de leur mémoire par l’endoctrinement et le lavage de cerveau. Au lieu d’une enfance heureuse, ils avaient eu neuf ans d’entraînement militaire, et la seule personne qu’ils pouvaient considéré comme une mère, c’était le Dr Halsey. A part cela, leur seule famille, c’était l’armée. Leur passé, c’était la guerre.

         Etre spartan, cela signifiait n’avoir aucune existence, ne vivre que pour se battre, se battre pour gagner, et gagner pour les autres.

            -   Et bien les gars, fit Fred d’un ton solennel, je crois John ne sera pas le seul à avoir des histoires à raconter lorsqu’il reviendra sur Terre.

         Les spartans éclatèrent tous de rire, sauf Linda qui se permit simplement un sourire en coin que personne ne remarqua derrière la visière de son casque. La tension était redescendu. Ils étaient prêts.

            -   49 ! lança Fred au moniteur. Tu peux ouvrir le portail, maintenant.

            -   Avec plaisir, fredonna l’IA.

         Un faisceau vert surgit alors du sol et frappa un point invisible au milieu de la salle, provoquant une explosion de lumière qui se limita à la forme d’une grande flamme verdâtre. Ce portail ressemblait à un brasier de plasma immobilisé dans l’air, pointant des flammes d’une netteté absolu aussi bien vers le haut de la salle que vers le bas. 

            -   C’est parti… lâcha Fred.

            -   Je passe le premier, annonça Dalkos. Si le commandant se trouve juste derrière, je ne voudrai pas manquer l’occasion de lui trancher les mains.

        Le grand sangheili se jeta dans le portail qui l’avala en un instant. Peu après, Fred et la Red Team suivirent de la même manière. Ce fut ensuite le tour de Kelly avec la Green Team et de la Raven Squad, que Fred comptait bien avoir à ses côtés pour l’affrontement ultime.

        Il ne restait alors plus que Linda, Joshua, le capitaine Lifumee et tous les soldats qu’ils commandaient, spartans et sangheilis. Une fois leurs amis partis, les spartans commencèrent à se sentir un peu seuls. Mais ils savaient que la tâche qu’on leur avait confiée était loin d’être ingrate, au contraire, car s’ils échouaient, le groupe qui venait de partir se retrouverait dans une situation extrêmement dangereuse. L’armée ennemie devait être stoppée net, quel qu’en soit le prix.

        Et ils la stopperaient.

 

 


 


        La première chose que Dalkos vit en ressortant du portail fut une énorme porte en métal froid, à l’aspect et aux ornements géométriques typiquement forerunners. Elle devait bien faire dix mètres de haut et six mètres de large, ce qui permettait d’estimer son épaisseur entre trente et cinquante centimètres. Il s’agissait sans doute de la porte menant au cœur de la salle de contrôle.

         Le sangheili se trouvait au milieu d’une vaste salle cylindrique aux dimensions titanesques puissamment éclairée, au décors extrêmement vide qui donnait un aspect imposant, presque écrasant. Au moins, il n’y avait aucun ennemi ici.

         Quelques instants plus tard, les spartans surgirent un à un du portail et se dispersèrent à travers la salle afin de sécuriser la zone et surveiller la porte. 049 Shameful Anomaly ferma la marche, mais le portail ne se referma pas pour autant. Fred s’approcha de Dalkos alors qu’il observait la pièce et lâcha :

            -   Je m’imaginais déjà débarquer juste devant ton commandant, mais apparemment on dirait qu’il va falloir marcher un peu pour ça.

            -   C’est mieux ainsi, avoua le sangheili. De cette manière, nous conservons l’effet de surprise. Les troupes laissées sur le Seuil laisseront croire que nous sommes toujours tous là-bas pendant que nous avancerons discrètement dans la Salle de Contrôle.

            -    Je croyais que les sangheilis n’aimaient pas de cacher de leurs ennemis ?

        Dalkos perçu le côté provocation de la question, mais y répondit avec le plus grand sérieux :

-         Parfois nous savons faire preuve de discrétion, lorsque la situation l’impose.

        Les deux héros furent soudain interrompus par un bruit de mécanique qui résonna à travers toute la salle. Lentement, la porte se mit à coulisser sur le côté.

            -  Qui a ouvert la porte ? questionna Fred furieux. C’est toi, 49 ?

        Mais le spartan n’eut pas besoin d’attendre la réponse de l’IA, car une silhouette apparut alors que les énormes battants se déplaçaient. Une silhouette de sangheili.

            -   Et bien Dalkos ? fit la silhouette. Votre honneur aurait-il été à ce point souillé que vous ayez choisi de vous allier à ces démons ?

        Le légat de l’inquisition reconnu la voix de Erko ‘Siunlee, le commandant en second de la flotte Faithfull Judgment. S’il y avait bien un frère qu’il aurait souhaité ne pas avoir à affronter, c’était lui. Sa réputation le précédait dans toute l’armada de l’Alliance. Il était le bras droit du commandant, son meilleur combattant et son allié le plus fidèle. Jamais il ne se détournerait de la cause de son maître, et jamais il n’abandonnerait un combat tant qu’il serait capable de se battre.

        Plusieurs dizaines de sangheilis apparurent aussitôt autour de Erko, pointant leurs armes à plasma sur Dalkos et ses alliés spartans qui n’avaient aucun endroit où se mettre à l’abris. Ils n’y avait là aucun membre de la garde rapprochée du commandant, ce qui était d’une certaine manière rassurant pour le combat à venir, mais qui signifiait également que Urda était encore loin d’ici. Dalkos ragea intérieurement de s’être fait piégé de la sorte.

            -   Le commandant connaissait depuis longtemps l’existence du Seuil, expliqua Erko. Il l’a découvert dès l’investigation de la Salle de Contrôle. Mais il savait qu’il était beaucoup plus facile de vous détruire après avoir divisé vos forces. Votre stupide attaque s’arrête ici, et les quelques combattants que vous avez laissé derrière vous ne tarderont pas à être exterminés par notre armée, ou à traverser le portail pour venir mourir à vos côtés. Rien n’empêchera le commandant de nous débarrasser de tous les gêneurs qui souillent cette galaxie.

       Sur ces mots, Erko leva lentement son bras, qui tenait la poignée d’une épée à plasma encore non activée.

       Lorsque la lame d’énergie apparut dans un flash aveuglant, les forces du commandant en second ouvrirent le feu.

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LA SUITE

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SOMMAIRE

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4 août 2009 2 04 /08 /août /2009 12:46

CHAPITRE SECOND : SOUS LE VENT

 

 

     Les premiers rayons du soleils apparaissaient au-dessus des crêtes rocheuses des montagnes occidentales. L’air était encore froid comme à chaque matin, mais ne tarderait pas à devenir étouffant dès la deuxième moitié de la matinée, et le soir sera encore accueillit comme un répit bienvenu. Le ciel gagnait lentement en luminosité tandis que le paysage sortait de l’ombre nocturne qui se retirait comme un voile, et la roche et le sable du pays du Vent revenaient à la vie alors que le soleil se remettait à les illuminer pour une nouvelle journée. C’était un cycle extrêmement banal et régulier, mais d’une beauté qui émerveillait encore Shikamaru à chaque fois.

      Le jeune garçon contemplait le spectacle depuis le balcon de son appartement. Il portait encore son pantalon de nuit noir, mais rien sur le torse car ici, on apprenait à dormir avec presque rien. A l’intérieur, Témari dormait encore. Shikamaru avait prit l’habitude de se lever un peu plus tôt qu’elle spécialement pour observer le levé du soleil, un acte qui semblait l’aider à s’adapter au climat particulier du pays du Vent. Il avait craint de subir le mal du pays, ou une nostalgie quelconque due à ce brusquement changement de vie, mais bizarrement jusque là il se sentait extraordinairement bien.

      L’ambassade de Konoha était une grande tour de pierre érigée non loin de la massive maison du Kazekage, sur la zone périphérique nord de Suna. Les trois premiers étages étaient occupés par les bureaux administratifs où étaient réglés les affaires traitées conjointement entre les deux villages, tandis que les trois étages supérieurs abritaient les demeures des ambassadeurs officiels à raison d’un appartement par niveau. Shikamaru avait été installé au sommet de la tour, ce qui ne le gênait pas car les escalier entretenaient sa forme et son balcon lui donnait une vue imprenable sur la région. Une vue dont il ne manquait pas de profiter chaque matin tant que la température était encore assez douce.

Soudain, il sentit deux bras l’enlacer tendrement par derrière et une paire de lèvres se poser sur ses joue aussi délicatement que la brise matinale. Le parfum enivrant de Témari parvint jusqu’à ses narines pour l’arracher à ses rêveries de paysage pour se plonger dans de nouvelles teintées de passion, d’affection et d’amour.

       Cela faisait à peine deux semaines qu’il avait quitté Konoha pour ce poste privilégié, qui lui avait surtout permis de vivre avec celle qu’il aimait sans aucune contrainte, mais pour lui c’était comme si ce bonheur durait depuis un éternité. Il n’aurait échangé cela pour rien au monde, et elle non plus probablement.

        -   Tu t’es levé tôt ce matin, dit-il en tournant la tête pour se plonger dans le bleu des yeux de la jeune fille. Qu’est-ce qui se passe ?

        -  Rien, fit-elle dans un murmure. C’est juste que je commence à percevoir lorsque tu quittes le lit. Et je déteste ça.

        -    Alors tu n’as qu’à regarder le soleil avec moi. Ce sera une belle façon de commencer nos journées.

        Témari ne répondit pas, mais Shikamaru savait qu’elle acceptait entièrement l’invitation. Elle s’ennuyait vite désormais lorsqu’ils n’étaient pas ensembles, et elle avait la curieuse manie de s’inquiéter pour lui dès qu’elle restait sans nouvelles plus d’une demi-journée. Inutile d’essayer de décrire son état lorsqu’elle revenait d’une mission de plusieurs jours…

          -   Tu as quelque chose de prévu aujourd’hui ? demada Shikamaru.

          -   Je dois donner un cour de Fûton (technique de vent) dans l’après-midi. A part ça je suis libre.

        Afin d’être envoyée le moins souvent en mission hors du village, Témari avait pris un poste de professeur à mi-temps à l’académie ninja de Suna. Elle formait les jeunes genins du pays du vent en leur enseignant au mieux les savoirs et philosophies propres à tout ninja, une tâche pour laquelle elle montrait de grandes qualités. Elle a déjà un fort esprit maternel, se dit Shikamaru. Elle sait s’y prendre avec les enfants. Et bien qu’elle soit encore trop jeune pour en avoir elle-même, j’imagine qu’elle y pense déjà. Je devrais peut-être éviter de trop creuser le sujet si je veux échapper à la question de notre futur.

        -   De mon côté, je n’ai pas de dossier vraiment urgent, donc…

        -   Tu ne vas pas encore fuir tes responsabilités ? fit Témari en lui tapotant du doigt le bout de son nez. Si tu n’arrives pas à faire ton travail, tu seras renvoyé illico à Konoha. Et là je ne sais pas si j’y survivrais.

        -  Moi non plus, avoua le garçon. D’accord, je vais me charger de ces affaires. De toute façon ça ne devrais pas me prendre longtemps. Et après on pourras aller faire un pique-nique en montagne pour observer le coucher de soleil ? 

        -   Tu ce que tu veux, tant que tu parviens à satisfaire aux besoins de l’ambassade. Maintenant je vais m’habiller.

        Témari s’éloigna dans sa robe de nuit d’un blanc éclatant que la lune avait l’habitude de faire briller comme une étoile tombée du ciel. De son côté, Shikamaru attendit que le soleil se soit au moins à moitié extirpé des montagnes à l’horizon pour quitter le balcon et passer à la cuisine pour préparer le petit déjeuné. Il avait vite appris à faire sa part de vie commune pour éviter les prises de tête avec sa petite amie et se sentir utile dans cette situation là aussi, même s’il était encore loin d’être un cordon bleu.

        Mais alors qu’il préparait un thé aromatisé, quelqu’un toqua à la porte d’une manière plutôt nerveuse. Abandonnant là son travail, Shikamaru alla ouvrir. C’était Jagano, l’un des autres membres de l’ambassade de Konoha, l’un des plus anciens. Bien qu’il n’ait encore qu’une cinquantaine d’année, le travail de bureau l’avait grandement affaibli, et les premières rides de la vieillesse commençaient à émerger sur son large front. Ses cheveux grisonnant étaient coiffés en une longue queue de cheval qui lui tombait entre les omoplates recouvertes pas sa tunique brune brodée d’or. Ses yeux qui d’habitude exprimaient une lassitude non contenue, qu’il faisait d’ailleurs partager à tous ceux qui l’entouraient, renfermaient à présent une excitation particulière que le jeune Nara n’avait encore jamais vu chez cet homme.

        -   Qu’est-ce qui se passe, Jagano ? fit-il en s’appuyant contre le cadre de la porte.

        -   Nous venons de recevoir un message du Kazekage. Il veux vous voir d’urgence ainsi que votre… amie.

        -   OK. Donnez-nous juste quelques minutes pour nous préparer et on y va.

        -   Très bien, fit l’ambassadeur en repartant, mais ne le faites pas attendre.

        Shikamaru ne releva pas la remarque et ferma simplement la porte. Alors qu’il revenait vers la cuisine, il s’aperçut que Témari s’était occupé de finir le thé alors qu’elle n’avait pas complètement fini de s’habiller.

        -    Qui s’était ? demanda-t-elle.

        -    Mon chef.

        -    Et qu’est-ce qu’il voulait ?

        -    A vrai dire, c’est ton frère qui veut quelque chose. Il vous nous voir, tout les deux.

 

 


 

        Gaara était on ne peut plus impressionnant dans son habit de Kazekage. Il se tenait debout sur le toit de sa majestueuse maison à observer le réveil de Suna et de tout le pays du vent. Maintenant qu’il dominait le démon du sable qui dormait en lui, il arrivait à dormir, ce qui le rendait beaucoup plus lucide et apte à diriger son village. Son pouvoir avait gagné en puissance au fur et à mesure qu’il maîtrisait ses capacités. Il ne portait plus l’énorme gourde remplie de sable chargé de chakra comme du temps de l’attaque de Konoha, car il n’en avait plus besoin. Personne dans tout le pays du Vent ne pouvait se mesurer à lui. Il incarnait le pouvoir du désert lui-même.

        Il ressentit la présence de Shikamaru et de Témari bien longtemps avait qu’ils n’atteignent le toit de l’édifice, et se tourna vers l’escalier par où ils arrivèrent afin de les recevoir.

        -    Tu voulais nous voir, Gaara ? fit Témari avec une légère inquiétude.

        -   Oui. Il y a eu un incident particulièrement troublant et j’ai besoin de mes meilleurs éléments pour traiter cette affaire.

         -   Qu’est-ce qui s’est passé ? demanda Shikamaru.

        -  Trois ninjas de notre village ont été tué la nuit dernière. Il était en patrouille à la frontière Est du pays et c’est l’équipe chargée de la relève qui les ont découvert. Actuellement, nous ignorons la nature de l’ennemi qui les a attaqué, ainsi que ses effectifs ou ses objectifs. Mais nous devons découvrir rapidement qui a fait cela et réagir pour montrer la force de Suna.

        -   Donc si j’ai bien compris, dit Shikamaru d’un air détendu, tu veux qu’on enquête sur cette attaque, qu’on trouve les responsables et qu’on se charge d’eux. C’est ça ?

        -    Exactement. J’ai souhaité que tu participe à cette affaire car je connais tes grandes facultés de réflexion et d’analyse. Tu es probablement celui qui est le plus à même de réussir à découvrir notre ennemi inconnu.

        Shikamaru accepta la flatterie qui n’en était pas vraiment une. Gaara avait beau s’être amélioré dans ses relations avec les gens, il ne savait pas encore ce que c’était que le mensonge, le bluff ou l’hypocrisie, ou du moins il ne savait pas comment les pratiquer. Chacune de ses paroles était toujours extrêmement franche et réfléchie, un langage pur qui était la réflexion de sa pensée.

        -  Et pour ce qui est de neutraliser l’ennemi, continua Shikamaru, tu comptes envoyer qui ?

        - Témari et Kankouro t’accompagnerons, mais c’est toi qui prendra les décisions. Kankouro sait où l’attaque a eu lieu. Il vous y guidera dès que vous serez prêts.

        Les deux jeunes ninjas inclinèrent la tête puis prirent congé du kazekage. Mais juste avant qu’ils ne quittent le toit, Gaara leur lança un dernier avertissement :  

        -   Surtout, faites très attention. Les hommes qui se sont fait tué étaient tous des chunins et apparemment, ils n’ont même pas eu le temps de se défendre. Ne sous-estimez pas la force de l’ennemi.

        -   On tachera d’y penser, dit simplement Shikamaru.

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29 juillet 2009 3 29 /07 /juillet /2009 22:56

CHAPITRE DIX-SEPT : PAR LA PORTE DE DERRIERE

 

 

2128 heures, 18 septembre 2552 (calendrier militaire) / base secrète humain de l'installation 03, section de refroidissement de l'installation 03.

 

       -  Répétez ? lança Dalkos au capitaine Lifumee d’un air incrédule.

       -  Les troupes du commandant Urda ont pris le contrôle de votre vaisseau, seigneur légat. Tous ceux qui se sont opposé à cette transition de pouvoir ont été exécutés.

    Dalkos ne s’était pas attendu à une réaction aussi rapide de la part de ce traître. Celui-ci devait certainement avoir tout planifié depuis le début en infiltrant le Warrior of Faith avec ses meilleurs guerriers pour assurer la réussite de l’opération. Cela ne servait sans doute à rien d’essayer de raisonner la flotte, Urda y ayant déjà répandu ses mensonges ignobles. Et le fait que Dalkos se soit allié aux humains n’allait pas aider à faire entendre la vérité…

       -  Nous n’avons plus le choix : nous allons devoir stopper le commandant avec ce que nous avons. Mais pour cela, il nous faut un plan…

     Le grand sangheili se tourna alors vers les spartans. Ils attendaient, immobiles, tels des statues de métal prêtes à s’éveiller pour apporter la destruction sur leurs ennemis. Dalkos les craignait tout autant qu’il les respectait. Pour lui, ces soldats étaient dignes d’être considérés comme les égaux des sangheilis, et cela suffisait largement pour accepter l’éventualité d’une alliance, même temporaire, entre leurs deux factions.

       -  Humains ! fit-il à Fred. Apparemment, je ne suis plus en mesure de remettre les choses dans l’ordre par ma seule autorité. La seule option qu’il nous reste est la force.

       -  Que comptez-vous faire exactement ? demanda le spartan d’un ton neutre.

       -  Le commandant Urda va utiliser l’Index et les Régulateurs pour activer Halo. Or il n’y a qu’un seul endroit où il peut le faire.

       -  Vous parlez de la salle de contrôle, n’est-ce pas ? intervint Shameful Anomaly de sa voix mélodieuse en flottant jusqu’à eux.

       -   Exactement. Pouvez-vous nous indiquer où elle se trouve, Oracle ?

     En guise de réponse, le globe lumineux du moniteur projeta une représentation holographique de Halo. L’image ne faisait pas plus d’un mètre de diamètre, mais possédait une précision qu’aucun autre appareil humain ou covenant ne pouvait espérer approcher. Une flèche clignotante apparut soudain à un point précis de la surface intérieur de l’anneau virtuel.

       -   La salle de contrôle de l’installation 03 est une structure un peu particulière, expliqua l’IA forerunner. Mes créateurs l’ont construite dans une vaste zone au climat désertique où vos semblables ont déployé un grand nombre de forces. Je décompte environ trois mile entités combattantes autour de la structure.

      - Urda a anticipé notre réaction, déclara Dalkos aux humains. C’est un stratège extrêmement doué qui ne laisse rien au hasard. Je doute fortement que nous puissions franchir ce blocus d’une manière ou d’une autre.

      -   49 ! lança Kelly au moniteur. Y a-t-il un autre moyen d’atteindre la salle de contrôle ?

    Une deuxième flèche apparut aussitôt non loin de la première sur l’affichage holographique de Halo. Le moniteur expliqua aussitôt :

      -  La salle de contrôle ne possède pas d’entrée physique comme vos civilisations ont l’habitude d’en construire, mais un point d’accès par téléporteur qui mène directement au cœur de la structure. Jusque là, il est resté fermé. Je peux activer ce portail et vous permettre ainsi d’entrer dans la salle de contrôle par ce moyen.

      -   Pourquoi est-ce que Urda ne l’a pas utilisé jusque là ? demanda Dalkos d’un air suspicieux. Et comment a-t-il pu pénétrer dans la salle de contrôle autrement ?

      -    Apparemment il n’a pas connaissance de l’existence de ce portail, c’est pourquoi ses forces ont utilisé un grand nombre d’explosifs pour créer une entrée directe à la base de la structure. Un procédé certes violent et regrettable, mais néanmoins efficace.

      -    Ca signifie que nous allons pouvoir contourner tout le blocus qu’il a mis en place pour nous stopper, compris Joshua. C’est une occasion en or.

      -  Ca n’est pas encore gagné, répliqua Fred. L’intérieur de la salle de contrôle doit certainement être remplie de troupes d’élite qui n’ont certainement pas l’intention de nous voir jouer les trouble-fêtes…

 


 

      Alors qu’il marchait en direction de la salle d’activation de Halo, Erko se demandait comment le commandant allait accueillir les nouvelles qu’il lui apportait. La situation avait déjà failli dégénérer plusieurs fois au cours de cette quête et, vu la susceptibilité du maître de flotte, l’annonce d’une éventuelle complication dans ses plans n’allait certainement pas améliorer son humeur…

      Les troupes qui avaient été choisies pour garder ce lieu sacré, des sangheilis d’élite resplendissants dans leurs armures blanches, inclinèrent la tête lorsque Erko passa devant eux. La caste spéciale des Lames d’Argent constituait la garde rapprochée du commandant. Il connaissait personnellement chacun d’entre eux, pour la simple raison qu’il les avait tous formé jusqu’au dernier lorsqu’il lui-même partie des Lames d’Argent en tant que premier capitaine. Il connaissait leurs capacités, qui étaient sans doute les meilleures parmi toute la flotte Faithfull Judgment, toutefois ces guerriers devraient se mettre au moins à cinq contre lui s’ils voulaient avoir une chance de le vaincre en combat.

      Les Lames d’Argent ouvrirent la porte menant à la salle d’activation, et Erko pénétra dans le plus saint sanctuaire de tout Halo. La beauté intérieur de cet endroit était surprenante quand on la comparait à la grossièreté de son aspect extérieur. Car bien qu’étant une prouesse architecturale remarquable, l’expansion unidimensionnelle à l’extrême ne collait pas avec la grâce des structures standards forerunners. Mais il suffisait de contempler le cœur de ce temple pour constater que les dieux disparus savait parfaitement représenter l’importance capitale de ce lieu.

       Le commandant Urda se tenait seul au beau milieu de cette salle, et observait avec attention un grand hologramme doré représentant une structure forerunner inconnue. Il était d’un calme fantomatique, mais Erko doutait fortement qu’il en reste ainsi après avoir entendu les dernières nouvelles de la situation.

           -     Tu as un message pour moi Erko ? fit le commandant sans même se retourner.

           -   Et bien… il semblerait que le légat Dalkos soit toujours en vie. De plus… les troupes du capitaine Lifumee ne sont toujours pas revenues du front.

           -    Alors cela signifie qu’ils ont décidé de s’allier aux Démons, murmura Urda presque pour lui-même. Mais cela ne change rien à nos plans : nous continuerons comme prévu et les races inférieures seront bientôt anéanties. 

       Erko s’inclina suffisamment pour que le commandant perçoive son geste sans avoir à se retourner, puis quitta la salle afin de préparer la suite des opérations.

 

 


 

       La salle de contrôle de Halo était visible à plus de cent kilomètres à la ronde, immense et fine telle une flèche d’acier pointée vers le ciel, prête à détruire toute vie dans la galaxie. Le désert qui l’entourait était un océan de dunes toutes semblables, parfaitement identiques, sculptées par des millénaires de courants aériens artificiels. Quelques rares structures mineures perçaient par endroits la régularité quasi infinie du sable, mais aux abords de la salle de contrôle rien d’autre ne s’élevait comme pour éviter de se sentir insignifiant face à sa grandeur.

        A environ cinquante-deux kilomètres de l’immense construction se trouvait ce que Shameful Anomaly nommait le « Seuil » de la salle de contrôle : un cercle de métal d’un kilomètre de diamètre et hérissé de six branches verticales. A l’intérieur de ce cercle, une minuscule portion du désert de l’anneau avait été isolée, et renfermant un ensemble de bâtiments en pierre semblables à des temples anciens à moitié enfouis sous le sable. C’était vers cet endroit que les quelques navettes humaines et sangheilis transportant l’étrange coalition temporaire se dirigeait afin d’activer le portail d’entrée vers la salle de contrôle.

         Dans la soute arrière d’un Pélican, Fred ressentait l’inquiétude de ses troupes quand aux chances de réussite de la mission, et à vrai dire il se faisait lui aussi un peu de soucis à ce propos. Car même s’il serait sans doute assez facile d’empêcher l’activation de Halo et d’éliminer le commandant élite, les spartans se retrouveraient ensuite dans une situation des plus délicates…

            -   Daneira ! lança-t-il afin de détourner son esprit d’un futur peu agréable.

         L’Intelligence Artificielle se matérialisa aussitôt en deux dimensions sur l’affichage tête haute de sa visière :

            -   Qu’y a-t-il, Frédéric ?

            -   As-tu détecté des forces ennemies dans les parages ?

            -   Négatif. Aucune présence inconnue repérée dans mon champ de détection.

            -   Préviens-moi si jamais ça change.

        Fred ne se sentait pas bien. Quelque chose ne tournait pas rond là dedans. Il y avait sans doute plusieurs milliers d’installations différentes à la surface de Halo, toutes plus impressionnantes les unes que les autres. Or, l’ennemi avait su laquelle était la salle de contrôle dès son arrivée ici, et pourtant il ne savait rien sur la manière d’y pénétrer ? C’était stupide.

            -   49 ! dit Fred en saisissant doucement le moniteur qui flottait à côté de lui. A quoi sert ce cercle autour du Seuil ? Et pourquoi ces bâtiments anciens ?

            -    Ce cercle est un périmètre de sécurité destiné à empêcher toute entité contaminée par le Parasite de pénétrer à l’intérieur du Seuil et, par conséquent, de la salle de contrôle. Pour le moment, il n’est pas activé, mais si jamais le Grand Confinement venait à être brisé, il protègerait cet endroit contre toute infestation extérieure. Quant à ces structures primitives, je suis désolé, mais mes créateurs ne m’ont pas doté des capacités d’appréciation artistique requises pour juger du style d’architecture choisi pour le Seuil.

            -    Pas grave. Tant que tu nous assures de pouvoir l’activer quand il faudra, le reste, on s’en fout.

       Les navettes franchirent le périmètre de sécurité inactif du Seuil et se posèrent sur la vaste étendue de sable entourant les structures internes. Toutes les troupes débarquèrent en quelques secondes et plusieurs groupe d’éclaireurs partirent vers les espèces de temples afin de les inspecter.

            -    Notre attaque devra être rapide et sans pitié, annonça Dalkos au capitaine Lifumee. Nous enverrons toutes nos troupes à travers le portail et balayerons toute résistance qui se dressera devant nous. Le commandant Urda répondra de ses actes devant moi puis je le traînerai en justice sur Sangheilos afin qu’il y soit châtié comme il se doit.

            -    Bien, seigneur. Nous vous suivrons jusqu’au bout pour l’honneur de notre race.

            -  Et une fois que cette affaire sera terminée, nous nous occuperons du cas des humains.

            -   Vous avez toujours l’intention de les laisser repartir ?

            -   C’est une décision qui m’a coûté, mais je ne peux oublier ma dette à leur égards. Je ne permettrai pas qu’il en soit autrement.

            -   Nous ferons comme vous l’ordonnerez, seigneur.

        Les troupes humaines et sangheilis, guidés par Shamefull Anomaly, investirent rapidement l’une des structures forerunners dont l’intérieur n’était qu’une succession de couloirs de pierre sans aucune décoration ni inscription nulle part. Ce n’est qu’en arrivant dans la salle principale qu’ils découvrirent le seul signe de la formidable technologie des forerunners : deux curieux petits appareils situé l’un dans le sol et l’autre dans le plafond de la pièce. A l’intérieur, on pouvait voir d’étrange hologrammes hauts en couleurs à la signification inconnue, et ils semblaient n’être que les prolongements d’un système dissimulé dans la roche de ce temple.

            -   Voici le téléporteur, annonça Shamefull Anomaly en avançant vers le dispositif. Je vais l’activer pour vous.

       Une grande lumière verte apparut aussitôt entre les deux appareils, prenant la forme d’une sorte de flamme étirée vers le haut. Ce portail n’était pas très grand, et ne permettait sans doute de ne faire passer qu’une seule personne à la fois. Fred anticipait déjà sur l’éventualité d’être accueillit par une ordre de troupes d’élite de l’autre côté du téléporteur, et envisageait un plan pour contrer ce désavantage.

      Mais soudain, l’image de Daneira s’afficha sur sa visière et l’IA lui annonça :

            -   Frédéric ! Les troupes ennemies postées devant la salle de contrôle se dirigent en masse vers notre position !

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25 juillet 2009 6 25 /07 /juillet /2009 12:00

CHAPITRE PREMIER : LES DESIRS DU COEUR

 


       Le soir tombait sur Konoha, tel un decrescendo de lumière faisant lentement entrer le village dans la nuit chaude et étoilée, tandis que les habitants essayaient de profiter des derniers instants de la journée pour terminer leurs diverses tâches. Les marchands se dépêchaient de livrer leurs produits ou de les embarquer, les commerçants annonçaient aux clients la proche fermeture de leurs boutiques, et la garde de nuit se réveillait pour aller prendre la relève sur les remparts. C'était une soirée tout ce qu'il y avait de plus banale à Konoha, ce qui prouvait que le village profitait d'une paix peu commune et extrêmement agréable.

        Au milieu de tous ces mouvements de fin de journée, le jeune Shikamaru Nara marchait de son pas nonchalant vers la maison de l'Hokage. Sa journée à lui avait été particulièrement éprouvante, mais contrairement à d'habitude c'est à lui qu'il le devait, et non à un quelconque concours de circonstances hasardeux. Les quelques marches qu'il eut à monter pour atteindre le bureau de Tsunade lui donnèrent l'impression de faire un mètre de haut chacune, et d'avoir été multipliées par dix depuis la dernière fois qu'il les avait montées. Toutefois, il fit de son mieux pour ralentir les battements frénétiques de son cœur, évacuer l'acide qui semblait avoir inondé chacun de ses muscles et calmer le feu qui agitait son esprit. Lorsqu'il frappa finalement à la porte de Tsunade, il avait l'air de revenir d'une simple promenade.

            -   Entre, Shikamaru ! lui répondit l'Hokage.

        Le chunin s'exécuta et pénétra dans le bureau aussi lentement qu'il le put avant de refermer doucement la porte derrière lui. Tsunade se tenait debout devant la grande baie vitrée donnant sur la Falaise aux Visage où étaient sculptés les faciès des cinq Hokages. Et bien que son propre visage si jeune et féminin soit lui aussi présent parmi eux, son regard restait fixé sur celui du troisième, son grand-père qui l'avait formée ainsi que les deux autres senins. Une fois que Shikamaru fut entré, elle se retourna vers lui en affichant un sourire malicieux :

            -   Alors ? lui fit-elle tranquillement. Comment était-ce ?

            -  Je... ne m'attendais pas à ce que les épreuves soient aussi difficiles, avoua difficilement Shikamaru.

            -   Peu de candidats pensent le contraire. Mais il en est ainsi depuis la création du village, et je ne te cacherai pas qu'il existe des examens beaucoup plus difficiles.

         Shikamaru déglutit involontairement.

-  Mais si je t'ai fait venir ici, continua Tsunade, ce n'est pas pour te parler de l'examen, mais de tes résultats. Et je dois dire que... je suis assez impressionnée. Tu as fais beaucoup de progrès depuis cette affaire au pays de la Foudre, et je ne m'attendais pas à ce que tu développes tes capacités aussi rapidement.

       Le jeune Nara prit bien garde de ne rien répondre à cette remarque. Il ne voulait pas rappeler à l'Hokage comment il avait découvert ces capacités, et encore moins les origines démoniaques de son pouvoir de manipulation de l'ombre. Tsunade faisait partie des rares personnes à en être au courant pour l'instant, avec les membres de la loge Ikari du pays de la Foudre et les amis de Shikamaru. Il avait essayé d'en parler une fois ou deux avec son père, mais à chaque fois il avait ressentit que ce dernier le savait depuis toujours. Si c'était vrai, il aurait peut-être dû lui en vouloir. Mais en réfléchissant bien son père devait certainement avoir ses raisons, et comptait sans doute lui en parler un jour lorsqu'il le sentirait prêt. Un jour comme celui-ci.

            -   Alors ? fit le garçon. Quel est le verdict ?

            -  Le conseil du village a délibéré pendant sept minutes seulement avant de t'accorder le rang de Jounin.

        Shikamaru se permit un léger sourire sur le coin des lèvres.

            -    Et maintenant ? fit Tsunade en s'effondrant dans son fauteuil. Qu'est-ce que tu comptes faire ? Diriger une équipe de genins ? Enseigner à l'université ? Ou essayer de rejoindre les ANBU ?

            -    Je souhaite être nommé ambassadeur permanent au village de Suna, déclara le jeune Nara d'un ton détaché mais où se dissimulait une pointe d'excitation.

            -    Quoi ?

       La surprise de Tsunade était comme les premiers souffles de vent qui annoncent une tempête. Shikamaru savait ce qu'il demandait, et il avait ses raisons, mais il savait également qu'il devait ménager l'Hokage s'il voulait espérer obtenir son approbation. Et pour le moment, c'était assez mal parti.

            -    Je veux aider à améliorer les relations entre Suna et Konoha, expliqua-t-il calmement. Cette entente est la chose la plus bénéfique qui soit arrivé à nos deux villages depuis leur création, et je souhaite employer toutes mes compétences à maintenir cet état de fait, voir même l'améliorer encore plus.

       Tsunade regarda le jeune jounin pendant un long moment de son regard sévère, et Shikamaru fit de son mieux pour rester de marbre afin de montrer sa détermination. Il ne voulait pas paraître faible ou influençable, néanmoins ce n'était pas une simple négociation avec un vendeur de ramen qu'il menait là, mais une demande d'expatriation dans un pays étranger, et non des moindres. Certes, Suna était devenu un allié de poids pour de nombreuses missions depuis qu'Orochimaru les avait bernés pour attaquer Konoha, et cette alliance était encore plus forte depuis que Gaara était devenu Kazekage. Mais cela n'obligeait pas forcément l'envoie d'un jounin en tant qu'ambassadeur permanent simplement pour maintenir cette situation. Du moins c'était l'avis de Shikamaru, et il espérait que Tsunade n'aurait pas la même pensée.

            -   Très bien, fini-t-elle par dire. Ce sera la version que je donnerai au conseil du village pour expliquer ton départ. Maintenant, est-ce que tu peux me donner la vraie raison ?

       Shikamaru prit aussitôt un air étonné.

            -   Pas la peine de faire le surpris, mon garçon. Tu ne penses quand même pas que je vais gober aussi facilement une excuse dans ce genre, non ? Je te pensais plus intelligent que ça, pour un Nara.

            -   Je... je veux rester auprès de Témari, dit-il simplement en s'inclinant pour s'excuser. Pardonnez-moi de vous l'avoir caché.

            -    Oh mais tu ne me l'as pas caché, puisque je le savais déjà.

            -    Quoi ? fit-il en se relevant.

            -  Elle m'a envoyé un message depuis Suna avec le soutient de Gaara, me demandant de t'envoyer chez eux jouer les ambassadeurs. Je ne suis pas dupe, Shikamaru : je sais reconnaître quand une femme est amoureuse, et celle-ci t'aime vraiment beaucoup si j'en juge par les mots qu'elle emploie. Je voulais juste que tu restes honnête avec moi avant de partir.

         Une nouvelle fois, Shikamaru s'inclina devant l'Hokage, cette fois-ci en signe de respect.

            -   Je vous remercie infiniment. Dite au conseil que je m'acquitterai de ma tâche comme seuls savent le faire les Naras.

            -  Je n'y manquerai pas. Maintenant va rejoindre ta petite chérie. Vous devez sans doute avoir beaucoup de choses à vous dire...

          Shikamaru ne répliqua pas et se contenta de s'incliner une dernière fois pour prendre congé avant de se diriger vers la sortie. Mais alors qu'il franchissait la porte et s'apprêtait à la refermer, Tsunade leva la main pour le retenir :

            - Oh, et Shikamaru ! Une dernière chose : préviens-moi pour la date de tes fiançailles. Un mariage entre Suna et Konoha est une chose que nous ne manquerons pas de célébrer.

            -  Qu que qu'est-ce que vous dites ?! Balbutia le garçon comme si on venait de lui dire que le village était en flamme.

            -  Quoi ? Tu ne penses jamais à ce genre de choses ?

            -  Mais pourquoi est-ce que je devrais y penser ? Continua-t-il sur le même ton affolé.

            -   Parce que les femmes y pensent, elles.


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        Shikamaru essaya de se vider l'esprit sur le chemin qui le ramenait chez lui. La dernière remarque de Tsunade l'avait laissé profondément troublé. Il n'avait jamais pensé au futur de sa relation avec Témari, et encore moins à l'éventualité de l'épouser. Ce genre de projection lui donnait froid dans le dos, encore plus que l'idée de se retrouver au bord d'un précipice avec un raz de marée arrivant derrière lui. Il avait rarement fait des cauchemars durant sa vie, même après avoir découvert les origines démoniaques de son clan, mais à présent il appréhendait des rêves agités où il serait tourmenté par l'image de Témari en robe blanche. Il faut que j'arrive à me sortir ça de ma tête, se dit-il à lui-même. Ce n'est pas ce dont j'ai besoin en ce moment. Et de toute façon, qu'est-ce qui me dit que Témari pense au mariage ? Après tout elle n'a que... deux ans de plus que moi... oh merde, elle y pense, c'est sûr. Je vais être pris au piège. Telle que je la connais, c'est elle qui va me demander de l'épouser et je n'aurai pas la force de lui dire que c'est trop tôt... qu'est-ce que je vais faire ?

         Un instant, Shikamaru songea à retourner voir Tsunade pour lui demander de trouver une excuse qui l'empêcherait d'être envoyé à Suna. Mais ses jambes refusaient de faire demi-tour ou même de s'arrêter. Son cœur voulait aller à Suna, rejoindre Témari, et contre ça il ne pouvait absolument rien. Finalement, peut-être que je vais me faire à cette idée.

          J'espère juste qu'elle m'en laissera le temps...

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