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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

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  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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10 septembre 2012 1 10 /09 /septembre /2012 18:12

RESPECT

 

 

« Le respect comporte l’estime de soi-même autant que le sentiment de la dignité d’autrui. »

Lucien Arréat

 

 

Nous abordons ici une notion qui, paradoxalement, est extrêmement employée dans notre société et qui est considérée comme assez simple à exprimer mais que bien peu de personnes présentent réellement. Le respect est une condition sine qua non de l’entente entre les gens, car le manque de respect est déjà une agression en lui-même, et à partir du moment où il y a agression il ne peut pas y avoir d’entente et encore moins de dialogue. Mais le respect tel qu’il est exprimé aujourd’hui en règle général est très éloigné de sa notion véritable, se rapprochant plus de celle de tolérance : plutôt que de montrer du respect à quelqu’un, on se montre moins agressif envers lui et on affiche face à son comportement une tolérance plus ou moins crédible, plus ou moins hypocrite, et derrière laquelle s’accumule progressivement nos mauvaises pensées. Notons d’ailleurs au passage que, contrairement à la notion de respect, celle de tolérance n’est en aucun cas incompatible avec celle de mépris qui ne fait que rajouter plus de mauvais sentiments dans les rapports humains. De ce fait, les gens ont de plus en plus de mal à exprimer un vrai respect plein et entier envers quoi que ce soit qui ne fait pas partie de leur sphère personnelle, même s’il s’agit de quelque chose de parfaitement justifié et honorable. Pourtant, comme le disait Goethe en son temps, « La tolérance ne devrait être qu’un état transitoire : elle doit mener au respect ».


En effet, le respect d’une personne envers une autre se gagne généralement avec le temps, cependant il existe des formes de respect qui devraient être systématiques mais qui ne le sont plus : le respect des aînés, le respect des parents, le respect des anciens et le respect des maîtres. Mais quel est le point commun entre toutes ces formes ? C’est qu’elles sont exprimées envers des personnes qui sont plus âgées que nous, et donc qui possèdent plus d’expérience que nous. Remarquez que je n’ai pas parlé du respect dû à un supérieur hiérarchique car celui-ci peut être plus jeune que nous dans certaines circonstances, toutefois même là ce respect est parfois justifié et peut donc exister à côté des formes présentées précédemment. En toute logique, si l’on regarde bien ce que nous venons de voir, la période de la vie où nous devons présenter le plus de respect est l’enfance, que ce soit envers nos parents ou envers nos enseignants ou toute autre personne adulte que nous rencontrons. Je vous laisse juger par vous-même si c’est le cas de la jeunesse française en général.


Aujourd’hui dans notre société, chaque geste, chaque discussion, chaque échange de regard est un combat spirituel où nos égos mutuels s’affrontent dans une sorte de lutte pour la survie ou pour la domination sur la meute. Car en général les hommes, quelle que soit leur classe sociale, veulent être le mâle dominant de leur petite meute personnelle, et j’imagine qu’il doit exister un phénomène similaire chez les femmes mais que je ne me risquerai pas à analyser ici. On pourrait donc d’une certaine manière comparer la vie de tous les jours à un champ de bataille spirituel,  et par conséquent je pense que nous pouvons appliquer ici les célèbres paroles du grand stratège chinois Sun Tse : « Connais ton adversaire et connais-toi toi-même ; eussiez-vous cent combat à soutenir cent fois, vous serez victorieux. Si tu ignores ton adversaire et que tu te connais toi-même, les chances de perdre et de gagner son égales. Si tu ignores à la fois ton adversaire et toi-même, tu ne compteras tes combats que par tes défaites. » Dans notre présente étude des relations humaines, se connaître soi-même revient en quelque sorte à se respecter de soi-même afin de s’accepter tel que l’on est, et le fait de connaître l’autre revient à le respecter malgré ses différences pour l’aider à avoir une meilleure opinion de nous. Une fois ces deux conditions remplies, le véritable échange social peut commencer.


Ainsi donc, comme pour la Confiance traitée précédemment, commençons par les bases avec le respect de soi-même, que l’on peut également appeler l’estime de soi. Car en effet il est totalement illogique d’exiger de quelqu’un qu’il nous apprécie si nous ne nous apprécions pas nous-mêmes, vu que dans une telle situation nous ne saurions même pas pourquoi quelqu’un d’autre pourrait nous apprécier. Cela demande une certaine honnêteté et un effacement de l’égo devant l’autocritique, ce qui n’est pas toujours facile et plusieurs éléments parmi les plus sombres de notre personnalité peuvent rester dissimuler en offrant d’innombrables petits défauts en pâture à ce jugement interne. Il faut donc faire cela en plusieurs séances d’introspection, éventuellement avec l’aide d’un véritable ami pour vous donner un point de vue extérieur et faciliter la traque de vos défauts les plus subtiles. D’une certaine manière, la confiance en soi et l’estime de soi sont deux choses intimement liées car il est très difficile de posséder la première sans présenter d’abord la seconde, vu que, pour être sûr de ses propres compétences, il faut d’abord les avoir acceptées en premier lieu. Cela implique donc d’abord de se connaître intimement, d’accepter ses bons et ses mauvais côtés, ses forces et ses faiblesses, ses qualités et ses défauts, pour ensuite déterminer si l’image finale que nous avons de nous-mêmes est bonne selon nos critères personnels. Le principal problème de ce procédé, c’est que si les critères personnels d’un individu sont déjà corrompus alors il se confortera dans son opinion de l’idéal de vie et deviendra un peu plus perdu sur le mauvais chemin, rendant son retour à la raison d’autant plus difficile voire même impossible. Quoi qu’il en soit, pour un individu raisonnable et sain d’esprit, le simple fait de se respecter soi-même est une étape essentielle pour survivre dans notre société actuelle.


Suivant le même parallèle du précepte ancestral de Sun Tse, l’étape suivante de notre stratégie de l’échange social est de savoir respecter les autres, non pas pour lui imposer nos idées et notre mode de pensée, mais pour assurer un échange courtois où ce sont les meilleures idées qui sont valorisées et non pas celles qui sont lancées avec le plus de force. Là encore, notre situation sociale actuelle étant ce qu’elle est, il est souvent essentiel de savoir faire le premier pas et à maintenir notre position le temps que la personne en face réalise que nous sommes sincères. Cette étape permet de faire disparaître les tensions et de faciliter l’échange autant que la compréhension, car comme le disait Molière, « On voit l’ardeur dont une âme est saisie bien mieux dans le respect que dans la jalousie ». En effet, l’un des aspects les plus viciés par lesquels peut s’exprimer l’égo n’est autre que la jalousie, qui est intimement lié à l’envie que j’ai précédemment opposée à l’Amour dans l’article concerné. Par le même mécanisme, la jalousie n’est souvent qu’une pulsion primitive qui nous rend étroits d’esprit en focalisant nos pensées sur l’objet de notre convoitise, et les personnes non éveillées ont alors tendance à vouloir assouvir cette jalousie par des moyens peu respectueux et donc peu respectables.


Il y a une cependant réplique de l’acteur Louis De Funès dans le film Les bons vivants (1965), de Gilles Grangier et avec des dialogues de Michèle Audiard, qui me fait très peur à ce sujet : « Les gens parfaits sont des emmerdeurs ». Or, le sens de cette phrase ne se trouve pas dans le premier degré, car il est illogique que des gens parfaits soient emmerdants par eux-mêmes puisqu’ils sont respectueux envers les autres. Non, la vérité derrière cette phrase est que le commun des mortels ne supporte pas les gens parfaits, car en les côtoyant ils réalisent à quel point ils n’évoluent pas dans les mêmes sphères spirituelles et au final ils ont l’impression d’être vus de haut avec mépris. Mais le révérant Jesse Jackson disait justement à ce sujet : « Ne regardez jamais quiconque de haut, sauf si c’est pour l’aider à s’élever », un enseignement que les gens « ordinaires » considèrent souvent comme impossible à trouver chez qui que ce soit, à l’exception éventuellement des saints religieux des temps anciens. Il faudra probablement des années (voir même des décennies) d’intense respect de certaines personnes envers les autres pour faire peut-être changer cet état d’esprit, car plus le temps passe et plus j’ai l’impression qu’il est quasiment impossible de changer certains modes de pensée de notre population.


Je me prends cependant à espérer que Goethe avait raison lorsqu’il disait que « Si vous traitez un individu comme il est, il restera ce qu’il est. Mais si vous le traitez comme s’il était ce qu’il doit et peut devenir, alors il deviendra ce qu’il doit et peut être  ». Ce procédé est très facilement applicable pour les pires principes imaginables comme l’esclavage, le machisme et d’autres modes de pensée tyranniques, mais c’est extrêmement plus compliqué pour ce qui concerne les bons sentiments et l’élévation de la personne sur le plan spirituel. De ce fait, l’Education est très fortement concernée par ce problème, car le respect entre l’élève et le maître est une porte par laquelle peut passer l’enseignement beaucoup plus facilement que tous les autres moyens connus.  C’est un effort qui doit être fait par tous à tout moment, donc avant de reprocher  quelqu’un qu’il vous manque de respect, demandez-vous d’abord si vous lui avez montré le moindre signe d’estime.


Par contre, le respect ne s’applique pas forcément à tout. En effet, il existe des choses qui ne sont dignes d’aucun respect pour des raisons de morale et de justice, des choses qui doivent absolument être condamnées dans nos esprits et dans nos actes car le simple fait de ne pas les réprimer sert à justifier leur existence. C’est là que, encore une fois, intervient notre sens de la Justice. Si vous avez lu l’ensemble des articles précédents, vous avez pu vous rendre compte à quel point cette vertu influe sur de nombreux aspects de notre personnalité, et celui de Respect y est profondément lié car on ne peut pas respecter quelque chose que l’on considère comme injuste. Lorsqu’on ne peut pas le combattre d’une manière ou d’une autre, on peut tout juste le tolérer et, derrière cette tolérance, le haïr ou le mépriser. C’est un chemin très sombre et très dangereux car à partir du moment où on ne respecte plus rien, on se met progressivement à tout détester jusqu’à être totalement intolérant et, pour les cas les plus extrêmes, vouloir tout détruire autour de soi. C’est ainsi que l’on devient progressivement un agent du Chaos.


Le respect est l’un des aspects les plus humains de notre existence et c’est pourquoi nous devons le préserver. Tout comme l’honneur, un homme sans respect n’est plus un homme mais une bête sauvage qui agit uniquement dans son propre intérêt égocentrique, prenant tout ce que le monde mets à sa portée sans montrer en retour le moindre signe de gratitude ou de considération. Comme nous l’avons vu, il ne doit pas s’agir d’un comportement systématique devant tout et n’importe quoi, mais dans un monde idéal nous n’aurions pas besoin de nous demander quels aspects de nos vies méritent notre respect ou non. La première chose à reconnaître est que nous sommes nés dans un monde qui a été bâti par de nombreuses générations qui nous ont précédé et auxquelles nous devons être reconnaissantes, comme l’explique si bien ce proverbe chinois : « En buvant l’eau du puits, n’oubliez pas ceux qui l’ont creusé ». Ensuite nous devons réussir à nous montrer respectueux envers ceux de nos contemporains qui le méritent, en oubliant les principes de rivalités reproductives qui sont propres aux animaux.


Mais le respect n’est en réalité qu’un état d’esprit qui doit ensuite s’exprimer au travers d’actes et de paroles justes qui forment ce que nous appelons la Politesse, et qui sera l’objet du prochain article sur ma Voie.

 

 

Prochain article : LA POLITESSE

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