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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

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Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 10:29

L’ECOUTE


« Parler est un besoin, écouter est un art. »

Goethe

 

 

Nous ne pouvons pas forger notre propre personne de manière respectable et juste par nous-même, car c’est au contact des autres, de leurs pensées bonnes ou mauvaises, que l’on peut éprouver la justesse de nos choix. Ainsi, le premier pas vers la compréhension des gens entre eux, et donc de l’harmonie au sein d’une société, est de savoir écouter. Contrairement à ce que beaucoup de gens croient, cette action est beaucoup plus difficile qu’on puisse le penser à première vue, du moins dans notre monde actuel. Ceux qui ne sont pas tournés vers les autres ont tendance soit à refuser le dialogue, soit à n’écouter que de manière très distraite et subjective, le plus souvent avec comme seule pensée l’attente du moment où ils pourront parler à leur tour. Certain parmi les plus égocentriques ou les plus ignorants des justes manières n’ont même pas cette patience et ont à la place tendance à couper la parole à leurs interlocuteurs de manière aussi fréquente que brutale.

 

Pourtant comment dialoguer et progresser sans écouter ? La société du « dialogue de sourds », comme on dit, néglige totalement la nécessité de la compréhension des points de vue divergents, cependant nous devons réaliser que le fait de comprendre l’autre ne signifie pas forcément être d’accord avec lui. Avons-nous peur d’abandonner nos convictions face à l’argumentation ? Je ne crois pas. Pour moi, la véritable peur dans un dialogue se trouve plus loin que la simple disparition de nos certitudes : celle de devoir réaliser que, par nos paroles ou par nos gestes, nous avons commis une erreur, car cela apporterait aussitôt un sentiment de honte plus ou moins important selon la gravité de cette erreur, blessant ainsi notre égo. Notez que j’ai bien dit « réaliser » notre erreur, et non pas l’admettre publiquement devant une autre personne, car rien que le fait de s’apercevoir d’une erreur est déjà un sérieux coup que nous donnons à notre égo. Mais ce n’est qu’en admettant nos erreurs avec Sincérité que nous pouvons renforcer notre Honneur et celui des communautés auxquelles les gens nous associent, au détriment de notre égo personnel. C’est ainsi que les personnes orgueilleuses sont très souvent de mauvaise foi et ne peuvent pas permettre un véritable dialogue enrichissant.

 

Pourtant nous ne pouvons pas grandir spirituellement ni même espérer participer à l’évolution de notre société sans l’écoute des autres, une chose que l’écrivain essayiste irlandais George Bernard Shaw avait très bien compris lorsqu’il disait que « Le progrès est impossible sans changement, et ceux qui ne peuvent jamais changer d’avis ne peuvent ni changer le monde ni se changer eux-mêmes ». Comme je l’ai expliqué dans mes précédents articles, lorsque nous sommes jeunes et que nous devons être éduqués, nous devons écouter les maîtres car nous leur devons le Respect qui est dû aux plus expérimentés que nous. Mais aujourd’hui les enfants apprennent de plus en plus tôt à contester l’autorité des adultes, voir à développer une totale indépendance de pensée qui les rend hermétiques au dialogue éducatif et à toute forme d’enseignement. Et même ceux qui écoutent les maîtres dans leurs plus jeunes années ont tendance à remettre en cause la supériorité intellectuelle et culturelle de leurs éducateurs au fur et à mesure qu’ils accumulent du savoir et de l’expérience. La philosophie est d’ailleurs le domaine où c’est le plus facile de contester les éducateurs, étant donné que cette discipline permet l’existence d’absolument tous les modes de pensée, même les plus stupides. De ce fait, notre écoute envers les éducateurs se met à diminuer et, afin de protéger notre égo, nous diminuons d’autant plus notre écoute  envers le reste des gens qui sont, dans notre esprit, inférieurs aux éducateurs que nous n’écoutons déjà plus.

 

Ecouter, c’est d’abord accepter la contradiction ou tout du moins la différence d’opinion. L’écoute doit servir de temporisation au jugement qui, s’il est fait trop rapidement, peut fausser notre interprétation des paroles de l’autre et donc nous mettre dans l’erreur quant à ce qu’il pense. Car il faut également reconnaître que toutes les pensées ne sont pas faciles à exprimer, et que même des idées qui peuvent sembler simples et compréhensibles dans l’esprit du penseur le deviennent moins dès que celui-ci cherche les mots pour exprimer ces pensées. Sur ce point, nous rejoignons d’ailleurs la problématique abordée dans l’article sur la Raison au sujet de la divergence de raisonnement des gens, que ce soit entre les communautés ou au sein d’une même communauté.

 

D’un point de vue personnel, je pense que la lecture est un excellent outil pour ouvrir son esprit aux pensées extérieures, car au travers de cette activité nous écoutons sans cesse les mots que nous lisons à l’intérieur de notre tête et nous invitons en nous les idées que véhiculent ces mêmes mots. Toutefois je ne parle pas ici de lecture d’ouvrages de fiction dans lesquels nous suivons la progression d’une histoire imaginaire pour nous évader momentanément de la réalité, ni de livres éducatifs renfermant principalement des informations brutes et plus ou moins irréfutables. Ce sont les livres philosophiques, politiques ou d’essai qui nous apprennent le plus à écouter intérieurement les avis argumentés d’autres personnes alors qu’il est extrêmement facile de « stopper la discussion » puisqu’il suffit de refermer le livre. A titre personnel, je peux témoigner que mon éveil spirituel a réellement commencé à partir du moment où j’ai cessé de lire des fictions pour passer à des ouvrages plus idéologiques tels que Bushido, l’âme du Japon de Izano Nitobe, Le Pouvoir du moment présent de Eckhart Tolle, ou encore le très enrichissant rapport de La Grande Implosion de Pierre Thuillier. Depuis, je fais beaucoup plus attention à ce que disent les gens autour de moi et je prends le temps d’analyser ce qu’ils me disent, même si leurs paroles ne sont pas toujours aussi sophistiquées que je le souhaiterais.

 

Cependant, dans la définition de ma Voie, porter de l’attention aux dires des autres n’est que la partie la plus évidente de l’Ecoute. En effet, pour beaucoup de gens, l’harmonie se limite uniquement aux autres êtres humains que nous rencontrons, mais ce faisant ils négligent tout le reste de leur environnement. Nous revenons ici à ce que j’ai présenté comme l’état de « supra-sensorialité » dans mon article sur l’Amour, et qui me permet de ressentir plus intensément et plus précisément ce que ressent mon corps à chaque instant. Il est dit que les aveugles et autres non-voyants ont tendance à développer des facultés sensorielles considérées comme largement au-dessus de la normalité, cependant ils n’en restent pas moins des êtres humains parfaitement normaux. De ce point de vue on peut dire que n’importe qui peut accéder aux mêmes facultés s’il possède suffisamment de volonté mais surtout aussi suffisamment de capacité d’Ecoute.

 

Avant tout il est impératif de comprendre que nous sommes actuellement dans une société essentiellement audio-visuelle, ce qui signifie que la très grande majorité de nos activités nous obligent à nous concentrer sur ce que nous voyons et entendons, négligeant ainsi les trois autres sens (le goût, l’odorat et le toucher). Notons toutefois que dans le télévisuel actuel, l’image est très grandement privilégiée par rapport au son puisque, alors que l’on développe continuellement des écrans de plus en plus perfectionnés, le format informatique sonore reste globalement très pauvre. Ce règne absolu de l’image participe à la dégradation lente de nos autres facultés sensorielles, ce qui au final nous fait perdre pied avec la réalité en nous obligeant à nous concentrez uniquement sur des images qui ne font pas partie de notre environnement immédiat.  J’ai plusieurs fois eu l’occasion de ressentir le désagréable résultat d’un travail intense sur ordinateur ou de jeux vidéo pendant plusieurs heures sans interruption : il devient subitement très difficile de marcher jusqu’à ce que le corps redécouvre le sens de l’équilibre et de l’orientation propre à la réalité. C’est du moins le symptôme qui m’a le plus frappé, mais je suis certain qu’il en existe de très nombreux autres plus graves et plus inquiétants.

 

 Tout cela pour dire que, à mon sens, il est absolument nécessaire de cultiver chacun de nos cinq sens pour ressentir pleinement le monde qui nous entoure et pour l’apprécier à sa juste valeur. Nous devons apprendre à être aussi attentif avec chaque partie de notre corps, que ce soit nos yeux, nos oreilles, ou la moindre parcelle de peau qui délimite notre enveloppe charnelle. Ainsi, nous pouvons mieux nous connaître nous-mêmes et mieux connaître notre environnement, ce qui réduit nos erreurs de jugement lorsque cela est combiné avec les autres vertus que je vous présente à travers ces articles.

 

 

Prochain article : LA CULTURE

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commentaires

Khorne 05/05/2013 12:40


Et ben, il était temps ! :p