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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

M'ECRIRE

 

LIEN VERS MON NOUVEAU BLOG

Citation du jour

  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

rei.jpg

4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 09:42

23. Un lien par-delà le front :

            C’est d’un pas décidé que Constance et moi pénétrons dans la salle des ordinateurs, où se tient debout une demi-douzaine de scientifiques dont je devine l’appartenance aux Enfants de la Raison rien qu’au regard empli de respect qu’ils nous adressent. L’un d’eux nous désigne un poste où une fenêtre de dialogue est ouverte, ainsi qu’une vision de la webcam de nos contacts sudistes. Anxieux, nous nous asseyons devant l’écran, et entamons la discussion électronique :

            - Bonjour. Nous sommes Célestin Monteaut et Constance Barto, les fondateurs des Enfants de la Raison.  

            - Bonjour. Ici les fondateurs de la Sage Alliance. Quels sont vos objectifs ?

            Ceci, il n’y a pas de doute possible, est un test, et nous devons y répondre franchement. Constance le comprend tout aussi bien que moi, et tape :

            - Nous souhaitons rétablir la paix et la raison dans le cœur des gens, afin que l’Humanité suive enfin le chemin de la sagesse. 

            La réponse sudiste fut longue à venir, et nous craignions un instant qu’ils n’aient coupé le contact. Mais soudain, un message nouveau s’affiche :

            - Pourquoi vouliez-vous tant nous contacter ?

            Encore un test. Ces gars-là sont certainement loin d’être naïfs, et savent bien pourquoi nous avons souhaité avoir cet entretien. Ils veulent seulement que nous le leur disions nous-même, et c’est ce que je m’empresse de faire :

            - Nous voulons rassembler tous les pacifistes du monde et arrêter cette guerre tant qu’il est encore temps. Voulez-vous vous joindre à nous ?

            La réponse fut quasi immédiate :

            - Oui. Mais auparavant nous voudrions connaître les effectifs et moyens de votre organisation.

            - Nous possédons environ deux mille de nos membres en France métropolitaine et nous commençons à recruter dans les pays alentour. Nous possédons un budget de trente mille euros et sommes dispersés un peu partout dans divers secteurs de recherche ou de production du pays, ce qui nous permet d’avoir facilement accès à de nombreux moyens de communication. Et vous ?

            - Nous sommes un petit millier dispersés dans tout le Congo, plus quelques autres dans les pays frontaliers. La plupart de nos membres d’âge avancé ont de hauts postes nous permettant d’obtenir du matériel mais nous n’avons pas encore amorcé de budget. Heureusement, l’armée ne s’intéresse pas encore trop à nous. Nos membres sont à votre disposition.

            - Merci les gars. La raison vient de faire un grand pas en avant.

            Oui. Nous venons de remporter une grande bataille : continuer de nous étendre, même derrière les innombrables lignes de défense qui tentent de nous séparer.

            - On vous recontactera plus tard, affichent les sudistes avant de rompre la communication.

            Après avoir fermé la fenêtre de dialogue sur l’écran, Constance et moi nous tournons vers nos camarades, aux mines réjouies. Une fois de plus, ils viennent de se rendre à l’évidence qu’ils ne sont pas seuls dans leur lutte invisible, et qu’il y a encore beaucoup d’espoir.

            L’espoir est quelque chose de très compliqué, mais il reste l’une des choses les plus importantes de l’Humanité. C’est de cela que dépendent beaucoup de belles choses que je souhaite défendre, tout ce qui reste de l’honneur de l’Homme et lui donne le mérite de vivre. Beaucoup de gens vivent sans toutes ces choses, et sans espoir, mais son tellement apathiques qu’ils ne se rendent pas compte qu’ils sont désespérés. Pour moi, ce ne sont que des légumes, ou pire, des robots, manipulés à loisir par cette société que je tente de changer.

            Cette question d’alliance étant réglée, nous pouvons maintenant nous occuper d’autre chose, et je me tourne alors vers la femme de toutes mes passions :

            - Constance ! Dans combien de temps pourrons-nous observer ton phénomène ?

            - Si je ne me suis pas trompé, il se reproduira dans trois jours, à huit heures trente-sept.

            - Heu, excusez-moi, fait l’un de nos camarades qui occupait l’un des autres ordinateurs.

            Cela fait longtemps que je n’ai pas entendu autant de gêne dans la voix d’une personne ; mais celle-ci est une gêne mêlée de peur et de tristesse, et je comprends immédiatement que ce jeune homme a quelque chose de très grave à nous annoncer. Qu’est-ce que cela peut encore être ? L’OPI a décidé de recourir à l’arme atomique ? L’API a enfoncé les défenses nordiques ? Quoi ?

            - Je ne sais pas comment vous le dire, continue-t-il, mais… c'est que... Paul est mort.

            Brutalement, tout le monde dans la pièce laissa s’échapper un cri d’effroi en tirant des yeux baignés d’une terrible surprise, stoppant net tout ce qu’il faisait. C’est comme si le temps venait de s’arrêter pendant plusieurs secondes où personne n’est  capable de dire quoi que ce soit. L’inévitable venait de se produire, et bien que je reconnaisse m’y être préparé, j’avoue désormais qu’il n’est pas possible de se préparer à une telle nouvelle. Paul, mon meilleur ami, mon second, vient de disparaître, nous laissant pour seul héritage nos souvenirs de lui. Il n’aurait jamais du être envoyé à la bataille. Mais dans toute guerre, il faut des morts, des victimes. C’est ainsi et on n’y changera rien, seulement nous avons été fous de croire que ce sort ne pouvait nous être réservé.

            Car la mort est plus universelle que la vie : tout le monde meurt, mais tout le monde ne vit pas. Certaines vies ne sont pas dignes d’êtres considérées comme telles, tandis que d’autres qui aurait du être illustres sont bafouées, gâchées, ou piétinées, comme celle de notre pauvre Paul qui n’avait rien demandé. Il voulait juste nous aider à ramener la Raison dans le cœur des hommes, mais cela l’a rendu trop faible pour survivre là où la cruauté de certains l’a amené. Inconsciemment, nous observons une minute de silence pour sa mort, le regard baissé comme si nous étions déjà devant sa tombe, et les yeux en pleurs pour certains.

            Mais pleurer est un bien faible mot pour définir la réaction de Sonia, qui déverse toutes les larmes de son corps sans chercher à se retenir, ce que je ne lui reproche pas. Il n’est pas bon de cacher aux autres ce que l’on ressent par rapport à quelque chose d’aussi grave que la mort de quelqu’un. Cela aurait pu être n’importe lequel d’entre nous qui serait décédé aujourd’hui, et peut-être même plus. Comment aurais-je réagi si c’était Constance qu’on avait envoyée se faire massacrer ? Comment aurait-elle réagi si cela avait été moi ? Comment auraient réagi nos compagnons ?

            - Comment est-il mort, finis-je par demander.

            - Il a sauté sur une vieille mine que les Américains avaient enfouie pendant la deuxième guerre mondiale. Personne ne savait qu’il y en avait encore à cet endroit, et son escouade y avait été envoyée en éclaireur. Son corps va être rapatrié et inhumé à Paris.
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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 09:24

22. Un nouvel objectif :

            - Les rayons X sont en général dégagés par les êtres vivants, explique Constance, mais il existe un autre phénomène émetteur : la formation d'un trou noir.

            - Tu déconnes ?

            - Non. Ce rayonnement est dû au gaz s'enroulant de plus en plus vite autour du trou noir. Bien que, normalement, la naissance d'un trou noir émette beaucoup plus d'ondes de ce type, c'est la seule explication rationnelle que j'ai pu développer en sept ans.

            Je connais bien Constance, et je sais donc que lorsqu'elle croit en quelque chose, c'est qu'il y a de très bonnes raisons d'y croire. Pourtant j'ai beau réfléchir, je n'arrive pas à comprendre ce qui pourrait justifier ses dires. Je l'observe alors fixement, la questionnant du regard, et elle finit par répondre :

            - Célestin. Sais-tu en quoi consiste un trou noir ?

            - Oui... c'est une déformation de l'espace-temps, comme un trou dans la consistance spatiale et temporelle de notre univers, et qui absorbe tout ce qui se trouve à proximité.

            - Bien. Tu connais tes classiques. Seulement, que penses-tu qu'il advienne de tous ces éléments aspirés par un trou noir ?

            A cet instant, je me sens comme redevenu un élève devant un professeur me guidant par des questions vers la solution d'un problème. Constance, j'en suis entièrement persuadé, connaît parfaitement la réponse à cette question, mais si elle prend la peine de me guider au lieu de me donner cette réponse toute crue, c'est parce que la vérité serait trop difficile à connaître directement. M'appliquant de mon mieux, je réponds :

            - Ils sont perdus dans...

            - Dans quoi ? m'interrompt-elle.

            - Dans... un autre espace-temps ?

            Immédiatement, son visage s'illumine, et je comprends alors que j'ai touché juste. Mais elle n'est pas prête à tout me dire tout de suite et continue de me guider :

            - Et pourquoi as-tu répondu cela ?

            - Parce que c'était la seule solution. S'il n'y a pas d'espace-temps, il n'y a pas de matière ou espace quantique pour accueillir les éléments aspirés. Tu penses donc qu'il y a d'autres espaces-temps derrière les trous noirs ? Comment ?

            Constance reste silencieuse un moment, semblant chercher le meilleur moyen de m'expliquer sa représentation des choses. Après une longue réflexion qui me laisse anxieux, elle me dit :

            - Essaye de te représenter notre espace-temps comme tu l'as toujours fait, c'est-à-dire comme une surface plane étendue à l'infini dans seulement deux dimensions. Maintenant imagine un autre espace-temps parallèle au nôtre et juste en dessous.

            Tout en parlant, Constance se saisit d'une feuille et d'un crayon pour me représenter schématiquement sa pensée, de manière très compréhensible je dois bien l'avouer.

            - Maintenant, continue-t-elle, il est possible que, sous l'action de certaines forces qui me sont inconnues, les espaces-temps se déforment, tout comme dans le cas d'un trou noir. Des zones de ces espaces-temps se rapprochent alors et, lorsqu'elle sont suffisamment proches, s'unissent.

            - Un pont inter espace-temps ? Intéressant, mais je ne vois toujours pas la relation avec tes relevés d'ondes.

            - Pour que les deux espaces-temps restent stables l'un par rapport à l'autre, il faut que ces phénomènes de « ponts » soient réguliers et bien répartis sur toute leur étendue. Comme tu le sais, les scientifiques estiment qu'il existe des trous noirs au centre de chaque galaxie, mais à mon avis cela ne suffirait pas à établir une stabilité correcte. Il faut également de petits rapprochements de ce type. C'est ici qu'entre en jeu nos ondes.

            « Pour moi, il existe un réseau de minuscules et brefs trous noirs qui relient notre espace-temps à un autre. Tout à l'heure, je t'ai dit que l'origine des variations d'ondes était très proche, mais je ne t'ai pas expliqué pourquoi. En fait, ce n'est pas toujours de la même direction que nous viennent ces ondes. Mais en étudiant les courbes de long en large tout en prenant en compte le mouvement et la rotation de la Terre, ce qui m'a pris du temps, crois-moi, j'ai réussi à déterminer la position approximative ce mini-trou noir. Il est en fait situé entre la Terre et la Lune, et se déplace en même temps que notre planète. Je pense que c'est parce que chaque corps céleste possède une capacité d'interaction avec l'autre espace-temps qu'il y a besoin de ce genre de pont.

            Je reste ébahi. Si tout ce qu'elle vient de me dire est vrai, si elle a raison, Constance a fait une découverte qui pourrait bouleverser le monde de l'aérospatiale. Et elle l'a découverte toute seule à partir de ses seules connaissances et d'un relevé d'étude vieux de dix ans. Incroyable. C'est tout simplement incroyable.

            Mais je me rends compte que j'en avais complètement oublié la guerre dans laquelle nous nous trouvons, et cela diminue faiblement mon enthousiasme. Suffisamment pour que Constance le remarque, et me demande :

            - Qu'est-ce qu'il y  a ?

            - C'est quelque chose de magnifique que tu as découvert là, Constance. Vraiment, j'admire. Mais à quoi cela pourrait-il bien nous servir dans notre situation actuelle ?

            - J'ai ma petite théorie là-dessus. Si elle s'avère juste, nous pourrions changer le monde entier.

-         Alors je t'aiderai à vérifier ta théorie.

-    Ne t'inquiètes pas, va. Tout ira bien, tu peux me faire confiance là-dessus.

-     Mais comment penses-tu vérifier une telle thèse ?

            - Où sommes-nous, Constance ? lui fais-je pour jouer le même jeu de questions-réponses.

            - Dans un centre d'études spatiale, pourquoi ?

            - Sais-tu exactement en quoi consistait son fonctionnement avant la guerre ?

            - Non. Mais toi tu le sais, c'est ça ?

            - Cette installation contrôle un couple de satellites d'observation, peut-être d'espionnage, et analyse ses données depuis une quinzaine d'années pour le gouvernement français.

            Passé le moment d'étonnement devant cette révélation, c'est une joie sans limite qui surgit furtivement dans les yeux de Constance lorsqu'elle comprend où je veux en venir :

            - Tu aurais l'intention d'utiliser des satellites d'espionnage pour observer notre mini trou noir ?

            - Rien de plus facile. J'ai déjà repéré la salle de contrôle, et elle est apparemment abandonnée. Ce sera très simple.

            - Je suis désolée de n'être pas aussi enthousiaste que toi, Célestin, mais il y a un os : premièrement, je ne penses pas que tu ais les compétences pour diriger un satellite orbital, et deuxièmement, je ne vois pas pourquoi l'OPI délaisserait deux satellites d'observation lorsqu'ils pourraient servir à espionner l'API.

            - Ces satellites sont d'un modèle moins récent que les quelques cinquante satellites d'espionnage qui saturent l'espace au-dessus des pays de l'API, et ont donc été mis en réserve pour le cas où ils viendraient à être utiles. Pour l'instant, le poste de pilotage est vacant. Et en ce qui concerne le pilotage lui-même... j'ai à portée de main quelques enfants de la Raison qui possèdent toutes les compétences nécessaires pour ce travail.

            Je ne saurais pas dire si tout cela, tout ce qui se déroulait actuellement et à quoi je participais, était dû à une coïncidence extraordinaire ou si un indicible destin nous avait rassembler, Constance, moi, et tous les Enfants de la Raison. C'est comme si le rôle que nous nous apprêtons à jouer avait été écrit depuis des lustres. Sans Constance, il n'y aurait pas cette fabuleuse découverte, et sans les Enfants de la Raison, il n'y aurait pas les moyens de la vérifier. Et sans moi, la réunion de tous ces êtres exceptionnels n'aurait jamais pu se faire, et le savoir de Constance serait resté anonyme. Peut-on parler de chance à ce stade de coordination ? ... si nous réussissons, je croirais pour la première fois au destin.

            - Tu es fabuleux, Célestin, m'avoue Constance.

            - Tu l'es aussi, réplique-je.

            A ce moment, je sens une main inconnue se poser sur mon épaule, et je me retourne pour apercevoir l'homme de la cafétéria.

            - Célestin, tu as oublié l'heure ? La salle des ordinateurs est ouverte depuis quinze minutes.

            - Oh ! Désolé. Avez-vous tenté quelque chose ?

            - Oui. Le contact est établi. Vos amis congolais vous attendent pour une discussion en direct.

            - Parfait. Joli travail. Nous allons donc y aller.

            Constance et moi nous levons alors, et alors que nous nous dirigeons vers la salle informatique, je retiens notre indic' qui s'apprêtait à disparaître une fois de plus, et lui chuchote :

            - J'ai quelque chose à annoncer aux Enfants de la Raison. Il faut donc organiser une réunion pour ce soir, vingt-deux heures.

            - Bien compris, chef, réplique-t-il ironiquement comme un soldat avant de partir.
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4 mai 2008 7 04 /05 /mai /2008 09:12
21. Léger changement de travail :

            Le signal du réveil général me tire brutalement et sans ménagement de mes doux rêves, et je ne peux qu'obtempérer à son ordre. Le plus rapidement que me le permet ma fatigue, je me mets en condition d'aller travailler au laboratoire. Mais ma plus grande motivation reste l'espoir de pouvoir accéder, moi ou Constance, à la salle des ordinateurs pour chercher à contacter nos éventuels semblables sudistes.

            Constance a l'air aussi motivé que moi et pour les mêmes raisons. Seulement, je décerne une certaine quantité d'inquiétude dans le premier regard qu'elle m'adresse avant de retrouver une certaine foi en me voyant.

            -  Alors, fait-elle tout bas avec amusement. Comment ça va, Célestin ? Prêt à rallier le monde entier à ta cause ?

            Je me contente de lui sourire, me demandant si c'est le bon lieu et le bon endroit pour parler de nos projets. Mais de toute façon, avant ce soir, l'OPI saura que ce centre de recherche abrite des pacifistes, et Dieu seul sait comment ils réagiront. J'ai demandé à ce que n'importe quel Enfant de la Raison essaye de les contacter, afin de leur donner une idée de l'importance de notre organisation.

            Malheureusement, la salle des ordinateurs n'est pas encore ouverte, le gérant ne la déverrouillant qu'à partir de dix heures. Nous nous dirigeons vers notre laboratoire, où une demi-douzaine de collègues scientifiques s'excite déjà, la plupart penchés sur leurs nombreuses feuilles de calcul, et nous les imitons.

            D'un oeil plus ou moins expert, j'observe les données concernant le programme spatial  « Guerre des Etoiles ». Le but est de mettre en orbite un satellite doté d'une arme « laser » capable de détruire les missiles tactiques lorsqu'ils évoluent en haute atmosphère. Le principe de l'arme consiste en une accumulation de photons dirigés dans une même direction et sur une très mince trajectoire afin que le tir soit précis et destructeur. En théorie, la création d'une telle arme ne devrait pas poser de problème, car nous arrivons déjà à fabriquer de petits appareils laser, mais il reste à s'assurer de son bon fonctionnement à une échelle plus grande, et avec les paramètres d'un satellite. La plupart de nos collègues ont déjà effectué des tests pas tous très concluants, et nous ont laissé les résultats à analyser. Je me penche donc sur un tas de feuilles en essayant d'oublier quel sens a tout ceci.

            Seulement, alors que je m'efforce de comprendre comment les testeurs ont pu faire autant d'erreurs, je lève les yeux vers Constance. Elle est là, assise en face de moi, à travailler sur une suite de calculs complexes, entièrement plongée dans son étude. Seulement, lorsque je me penche légèrement pour voir ce qu'elle a trouvé, ... je remarque que ce qu'elle écrit sur ses feuilles ne renvoie en rien au travail pour lequel on nous a envoyé ici. Inquiet, je lui demande tout bas :

            - Constance ! Qu'est-ce que tu fais ?

            - Quoi ? fait-elle en s'arrachant de ses réflexions pour répondre. Qu'est-ce qu'il y a ?

            - Qu'est-ce que c'est que tes calculs ?

            - Ca ?... oh, juste une vielle conviction de gamine. Je travaille là-dessus depuis mes quatorze ans et c'est le lieu rêvé pour continuer.

            - Mais ce n'est pas ce que l'on attend de nous...

            A cette remarque, son regard se remplit d'une froideur terrible, comme si j'étais devenu un étranger pour elle, et cette simple pensée me terrorise au plus haut point. Je me rends alors compte que j'ai peut-être parlé avec reproche, et que cela l'a irrité. Elle dit qu'elle travaille là-dessus depuis dix ans, ce qui veut dire que cela doit être très important pour elle. Et je sais parfaitement qu'il faut toujours prendre avec des pincettes les choses que chérissent les autres. Une précaution que je n'ai malheureusement pas appliquée cette fois. Je voudrais me rattraper mais il est trop tard et, impassiblement, Constance réplique :

            - Ecoute, Célestin. Je suis non violente, et tu le sais. Par conséquent, je me refuse de travailler sur un tel projet de défense spatiale, surtout sous les ordres d'un gouvernement raciste, autoritaire et guerrier. Fais ce que tu veux, mais s'il te plait, ne me reproche pas mes choix.

            - Excuse-moi...

            Soudain, le regard de Constance se détend, comme un élastique que l'on lâche après l'avoir brutalement étiré. Qu'est-ce ce qu'elle attendait ? Des excuses ? ... non, ce n'est pas son genre. Alors que s'est-il passé ?

            - Non, Célestin, fait-elle en baissant les yeux. C'est à moi de m'excuser. Je me suis emportée.

            Un long silence couvre sans difficulté notre petit espace tandis que tout le monde s'agite comme à son habitude dans la salle. Je n'ose pas dire quoi que ce soit, craignant de dire une bêtise dans une situation déjà trop sérieuse pour cela, et Constance se sent obligée de s'expliquer :

            « Nous réagissons tous ainsi : nous nous accrochons à quelque chose qui nous semble important ou agréable, ... et dès que quelqu'un ou quelque chose remet en cause cette chose, nous réagissons violemment. Or, la raison est la première victime de toute réaction violente. Nous n'aimons tout simplement pas que ce pour quoi nous prenons tant de temps soit critiqué et, inconsciemment, nous le protégeons. J'aurais du savoir me contrôler...

            - Ce n'est pas ta faute, Constance. Comme tu l'as dit, nous sommes tous comme ça. Le fait de comprendre pourquoi tu as fait cela et l'enseignement que tu en tires suffit à t'excuser. Et si tu me parlais de cette chose que tu défendais ainsi ?

            Elle relève aussitôt la tête, et je comprends à son humeur qu'elle n'attendait que cela. Qu'est-ce que cela lui coûtait de me proposer d'en parler ?... peut-être autant que cela me coûtait de lui dire que je l'aime, il y a quelques temps. Mais passons, et écoutons ce qu'elle a de si passionnant à me faire partager :

            - Il y a quelques années, une revue scientifique spécialisée dans l'aérospatiale publia les résultats d'écoute du programme SETI durant les cinq dernières années sur son site web. Bien sûr, ce n'était que pour faire beau et remplir le trop plein d'espace vide dans leurs données, mais pour moi c'était quelque chose de très important. J'ai donc copié ces données et les ai analysé pendant des années, pensant y trouver quelque chose que les gars de la NASA auraient manqué, sans succès.

            «  Mais un jour, j'ai eu comme une illumination.

            Elle allume alors son ordinateur portable qu'elle garde toujours à portée de main, et ouvre un document contenant ces fameux résultats d'écoute du plus grand programme de recherche d'extraterrestres. Des dizaines de courbes d'intensité d'ondes variées emplissaient un unique graphe sur la durée gigantesque de cinq années complètes.

            «  Comme tu peux le voir, la plupart des courbes sont régulières, à part quelques anomalies ou fausses alertes comme le passage d'un astéroïde ou une tempête solaire. Seulement, sur l'une d'elle représentant la quantité d'un facteur 160 du rayonnement X, provenant d'un certain secteur de l'espace...

            Constance pointe alors son curseur sur une courbe relativement stable, presque rectiligne, bref, qui n'attire pas l'attention en général.

            « ... tu peux observer d'infimes petits bond d'une régularité quasi parfaite de un toutes les deux semaines environ. Et à chaque fois, le bond possède la même intensité, comme si c'était un phénomène extrêmement précis qui le générait. Or, il n'y a apparemment dans ce secteur de l'espace rien qui puisse produire des rayons X, car il faudrait en envoyer une quantité énorme pour que ces ondes ne se dispersent pas avant d'atteindre la Terre.

            - Qu'est-ce que tu veux dire ? Qu'il y a des extra-terrestres qui nous envoient des rayons X depuis des milliers d'années-lumière ?

            - Non. Ce n'est pas logique. Et de plus, l'origine de cette variation est très proche... mais je t'expliquerai ça après quelques autres indications. Ma théorie est qu'il existe un phénomène régulier très proche de la Terre qui génère ces variations.

            - Mais tu ne sais pas de quoi il s'agit, n'est-ce pas ?

            - Si.
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1 mai 2008 4 01 /05 /mai /2008 10:18

CHAPITRE QUATRE : LES FILLES DE L'EMPEREUR


     L'Ordre du Cœur Lumineux était parmi les ordres les plus puissants de l'Adepta Sororita. Avec ses trois milles deux cent sœurs de bataille, ses centaines de véhicules blindés et plus d'un million de serviteurs de toute sorte, la ville d'Ouragos était une forteresse imprenable pour tout ennemi usant de moyens conventionnels. Sous les ordres de la chanoinesse Thérésa Jornilius, les combattantes du Cœur Lumineux étaient réparties dans six couvents différents dispersés à travers la cité, prêtes à combattre toute menace qui se présenterait.

     Le couvent principal se trouvait non loin du palais de l'Eclésiarchie, et était presque aussi impressionnant que celui-ci, car construits par le même architecte à peu près à la même époque. Par rapport à la demeure du cardinal, ce couvent n'était pas extrêmement haut, mais était en revanche particulièrement étendu, principalement en ce qui concernait le secteur des hangars à véhicules et les plate-forme d'atterrissage des chasseurs Lightwings. Autour de cette zone, les trois ailes du bâtiment principal abritaient les chambres de six cent sœurs de bataille, avec au centre de l'aile Nord la cellule de la chanoinesse dirigeante de l'Ordre.

     L'inquisiteur Volirius observa longtemps les murs dégarnis de la salle incroyablement vide pour quelqu'un d'une telle importance. Les sœurs de bataille ne cherchaient pas la possession matérielle, mais la révélation spirituelle en combattant pour l'Empereur. C'était pourquoi même la chanoinesse Thérésa n'avait comme objets personnels qu'une petite boîte en vieux bois remplis de souvenirs des batailles qu'elle avait mené. Asphar comprit alors ce que c'était que de faire partie de l'Adepta Sororita : dévouer chaque parcelle de son corps et chaque instant de sa vie dans l'unique but de servir l'Empereur divin.

     La chanoinesse était quelqu'un d'incroyablement charismatique, dont le regard pénétrant traduisait la détermination absolue avec laquelle elle accomplissait son devoir sacré. Elle occupait ce poste depuis maintenant plus de dix ans, depuis que l'ancienne chanoinesse de l'Ordre avait disparu mystérieusement lors d'une mission d'investigation contre des hérétiques, et que même son corps n'avait pas été retrouvé. Du haut de ses quarante-deux ans, Thérésa était une guerrière expérimentée au visage dur, ne laissant paraître aucune faiblesse physique ou morale quand à sa capacité à diriger l'Ordre du Cœur Lumineux. Le climat froid d'Ouragos donnait à tous ses habitants un teint extrêmement pâle, et les sœurs de batailles partageaient ce trait de caractère que Asphar ne connaissait que trop bien. Comme toutes ses autres sœurs, Thérésa avait les cheveux blancs, décolorés selon un effet secondaire des injections qu'on leur avait fait pour supprimer leurs hormones. Car pour l'Adepta Sororita, des guerrières n'avaient aucune place pour les sentiments inutiles comme la compassion ou l'amour. Seul comptait la dévotion pour l'Empereur et la haine de Ses ennemis.

     Thérésa lu avec attention la plaque de données que lui avait donné Asphar, et qui décrivait la mission de l'inquisiteur. Lorsqu'elle eut finit, elle lui jeta un regard amical et annonça :

            -  Je me doutais bien qu'un jour vous finiriez par venir à moi avec de telles instructions. La présence d'hérétiques sur Ouragos devient de plus en plus évidente ces derniers temps, et je comptais passer à l'action personnellement si aucun ordre du cardinal ne venait. Mais maintenant que vous êtes là, notre chasser sera bien plus facile.

      Asphar accepta ces compliments avec un sourire retenu en inclinant légèrement la tête. Les inquisiteurs étaient formés dans l'unique but de traquer et de purifier les mutants, xénos, ou hérétiques se dissimulant parmi les honnêtes citoyens de l'Imperium. Pour cela, ils disposaient de moyens dont seule l'Inquisition disposait, ainsi que d'un savoir et d'un entraînement adapté à leur fonction. De plus, le mandat inquisitorial que possédaient les plus hauts inquisiteurs leur permettait de réquisitionner à peu près n'importe quelle ressource impériale d'un simple mot, du plus petit appareil de transport à des régiments entiers de gardes impériaux.

      Du fait de leur rattachement à l'Eclésiarchie, les sœurs de bataille travaillaient toujours en étroite collaboration avec l'Inquisition, car elles constituaient le poing vengeur de l'Empereur qui s'abattait sur ceux qui s'étaient détournés de la foi Impériale, le Lectio Divinitatus. Thérésa avait donc plusieurs fois suivis les ordres d'un inquisiteur afin de purifier la ville d'Ouragos des impurs qui voudraient souiller cette ville sainte. Asphar pouvait lire tout cela dans son regard, mais s'abstenu de le montrer, et se contenta de donner ses directives :

            -  Je vais réquisitionner plusieurs de vos sœurs pour une traque, ainsi que quelques serviteurs et deux véhicules de transport Rhino.

            -   Vous avez des exigences précises quand à leurs capacités ?

            -   En effet. Je vous ai préparé une liste complète de ce dont j'ai besoin.

      Asphar tendit une plaque de données à la chanoinesse, et celle-ci parut satisfaite par ses exigences. Sans rien dire de plus, elle se dirigea vers la porte de sa cellule, qu'elle ouvrit pour s'adresser à l'une des sœurs qui y étaient postées en lui confiant l'objet :

            -  Véronica ! Je voudrais que vous rassembliez tout le personnel du couvent qui correspond à ces critères et qui sont disponibles. L'inquisiteur Volirius procèdera à leur sélection pour une traque.

            -    A vos ordres, ma sœur.

      La sœur s'éloigna dans les couloirs de l'aile Nord et Thérésa referma alors la porte de sa cellule. La chanoinesse se tourna ensuite vers Asphar, qui observait ses gestes d'une manière particulièrement inquisitoriale.

            -  Qu'est-ce qui vous fait croire qu'il y a une forte présence hérétique sur Ouragos ? demanda-t-il lentement.

            -   Des messages codés laissés un peu partout dans des lieux publiques. Nos scribes et sages tentent de les interpréter sans résultat depuis maintenant trois semaines.

            -    En avez-vous des exemplaires ici ?

       Mais l'inquisiteur n'avait pas finit sa phrase que Thérésa lui tendait déjà une liasse de petites feuilles de mauvaise qualité. Sur ces feuilles, des phrases apparemment sans aucun sens étaient écrites assez salement, mais Asphar savait que plusieurs personnes sur Ouragos devaient pouvoir les lire autrement. Il avait déjà eut affaire plusieurs fois à ce genre de stratagème, bien qu'il n'ait pas toujours réussi à en percer leur code. Et malheureusement, les phrases qu'il lisait sur ces papiers ne lui donnaient pas l'impression qu'il pourrait percer celui-là.

            -   C'est du Haut Gothique, annonça-t-il avant de se rendre compte que Thérésa devait avoir également reconnu le langage le plus évolué de l'Imperium. Cela signifie que ce culte est constitué d'individus très éduqués, et par conséquent très dangereux. Il faut donc orienter nos recherche en ce sens.

            -   Nous sommes arrivés à la même conclusion. Mais si l'on exclue les pèlerins qui cheminent vers Terra, Ouragos possède une population extrêmement riche, et la quasi-totalité de ses natifs connaît donc le Haut Gothique. Ce seul critère ne nous est d'aucune utilité.

            -   La meilleurs cachette des hérétiques est toujours la foule, expliqua Asphar. Ils utilisent du matériel de mauvaise qualité car il est accessible à tous, et nous ne pouvons absolument pas déterminer sa provenance. L'emploie du Haut Gothique pose le même problème. Est-ce que vos scanners ont décelé quelque chose de particulier sur la composition du papier ou de l'encre ? Un élément présent en des proportions particulièrement grande, par exemple ?

            -  Non, c'est plutôt le contraire : certains constituants de l'encre sont présents en dessous de la normale.

       Une lueur s'alluma brusquement dans le regard de l'inquisiteur. Un début de piste apparut lentement devant lui, teintée d'un sentiment profond de déjà-vu qui le laissait grandement enthousiaste. Il regarda de nouveau plusieurs des inscriptions codés, puis sortit une minuscule lampe à ultra-violet qui confirma ses doutes :

            -   La coloration est incomplète. Cela ne peut avoir été causé que par une machine de purification particulièrement puissante, qu'ils ont utilisée pour retirer toute trace pouvant les trahir. Or, ce genre d'appareil est extrêmement cher, et ne se trouve pas facilement.

            -    Je comprends, fit Thérésa. Le nom de celui qui l'a commandée à l'Adeptus Mecanicus doit forcément être sur les registres.

            -    Inutile de chercher dans les registres : les hérétiques ont certainement manipulé un inconscient pour acheter l'appareil à leur place, avant de le tuer pour qu'il ne puisse pas les dénoncer. L'indice n'est pas la valeur de cette machine, mais ses caractéristiques propres : elle est volumineuse, bruyante, et consomme une quantité d'énergie particulièrement importante.

            -    Alors que devons-nous faire pour trouver son emplacement ? demanda Thérésa nerveusement.

            -    Dès que j'aurais constitué ma suite, je commencerai mes recherches. Pendant ce temps, je veux que vos sœurs continuent leur office normalement, afin de ne pas attirer les soupçons.

            -   Très bien. Nous ferons selon vos désirs.
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SOMMAIRE

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30 avril 2008 3 30 /04 /avril /2008 09:53

CHAPITRE SEPT : ANGES


19h00, lundi 26 novembre 2020/ hôpital civil de St Célestine, ville de Tokyo-3, Japon.

         Shinji resta dans sa chambre d'hôpital toute une journée avant que le major Misato Katsuragi ne vienne le voir, un porte-document à la main. Elle portait encore son uniforme noir et rouge qui la rendait si froide et austère, mais semblait un peu plus détendue qu'à leur première rencontre. Son regard n'était plus celui d'une militaire professionnelle, mais plutôt celui d'une femme ordinaire enfermée dans un univers trop dure et des responsabilités pesantes. Elle semblait chercher à s'évader de ce monde depuis si longtemps...

            -  Je vois que tu es toujours là, fit-elle en refermant la porte de la chambre.

            -  C'est-à-dire... je n'ai nulle part où dormir. Mon père ne m'a rien dit la-dessus.

            -  Et bien c'est pour cela que je suis là : pour régler les formalités administratives.

       Elle posa alors son porte-document sur la petite tablette posée à côté du lit de Shinji, et en sortit une mince liasse de papiers qu'elle lui tendit.

            -  Il s'agit de ton contrat d'engagement au sein de la NERV en tant que pilote officiel de l'Eva-01, expliqua Misato.

       Shinji prit le temps de lire intégralement les quelques pages du contrat, car il se méfiait profondément de tout ce qui provenait de son père. D'après ce qui était écrit, le statut de pilote lui concèderait les privilèges habituels des employés de la NERV, ainsi qu'un salaire de catégorie C, ce qui était bien au-dessus de la moyenne. De plus, il disposerait d'un appartement payé et d'une voiture de fonction. En contrepartie, il devenait un pilote militaire soumis aux ordres de ses supérieurs, et il lui était interdit de communiquer certaines informations aux personnes non autorisées. Pendant le temps où il ne serait pas en service, il serait inscrit à l'université pour continuer ses études actuelles. A part le fait de travailler pour mon père, pensa le garçon, je ne vois pas pourquoi je refuserais. Mais de toute façon, je doute que j'ai à le rencontrer souvent, vu comment il est doué pour les contacts humains...

         Shinji leva alors les yeux vers Misato, qui lui tendait un stylo pour signer. Il ne lui fallut pas longtemps pour saisir l'objet et poser sa signature sur le bas du contrat. Le major récupéra aussitôt les papiers pour les remettre dans son porte-document en disant :

            -   Parfait. Tu disposes désormais de l'appartement 27 du bâtiment D-63. Voici ta carte.

      Elle lui posa sur la tablette une carte magnétique noire portant le symbole rouge de la NERV, ainsi que le nom et la nouvelle adresse de Shinji.

            -   Elle te permet d'accéder à ton logement et dispose d'un niveau d'autorisation moyen pour circuler dans les structures de la NERV. Les clés de ta voitures sont à l'intérieur de ton appartement.

     Tout était donc déjà prévu depuis le départ, constata Shinji mentalement. De toute façon, je n'ai nulle part où aller, et c'est la première fois de ma vie que j'ai l'impression qu'on a besoin de moi. Et aussi, il y a ... cette fille ... Ayanami Rei...

            -  J'ai reçu pour ordre de t'accompagner chez toi et m'assurer que tout se passe bien, fit Misato. Tu es d'accord ?

            -   Euh... oui.

            -   Alors habille-toi et prépare tes affaires. Je t'attendrai dans le hall.




       Cinq minutes plus tard, Misato et Shinji quittèrent l'hôpital dans la voiture du major. Ils traversèrent la ville dont les bâtiments immenses et hyper-technologique impressionnèrent le jeune pilote. Ce trouble n'échappa pas à Misato qui en fut quelque peu amusée.

            -  Tu sais, fit-elle, la plupart des bâtiments qui sont là n'existent que dans le seul but de nous défendre des anges.

            -   Je me disais aussi qu'ils n'avaient pas l'air de HLM.

            -   Ces structures sont conçues spécialement pour permettre aux Evas de combattre dans un environnement adapté à leur taille. Certains sont des boucliers, d'autres des réserves d'armes, et d'autre encore des sorties d'ascenseurs pour les Evas.

            -  Et les bâtiments civils ? demanda Shinji. Ils ne craignent rien lors des combats contre les Anges ?

            -    Non. Lors d'une alerte, tous ces bâtiments s'enfoncent dans le Géofront pour se mettre à l'abris. De cette façon, ils sont virtuellement à l'abris de toute attaque.

            -    Comment ça, « virtuellement » ?

       Misato ne répondit pas tout de suite, et Shinji en conclu qu'il avait touché un point délicat de la situation. Une moue de frustration apparu sur le visage de la militaire, qui préféra se concentrer sur la conduite de sa voiture. Mais elle ne pouvait ignorer la question du garçon, et finit par lui avouer avec difficulté :

            -   Vu qu'on ne sait presque rien sur les Anges, on ignore de quoi ils sont vraiment capables.

            -   Comment ça vous ne savez rien sur les Anges ?

            -   C'est la vérité. Avant celui que tu as affronté il y a trois jours, nous n'en avons rencontré qu'un seul, et il était totalement différent.

        Shinji se retrouva sans mot face à cette terrible vérité. Il était bien placé désormais pour savoir que les Anges étaient des êtres existant au-delà de la logique de ce monde, mais il pensait que la NERV en savait un peu plus que ces brides. Après tout, la ville de Tokyo-3 n'a-t-elle pas été crée dans l'unique but de les combattre ? Sur quelles informations se sont-ils basé pour la construire ?

            -   Shinji, fit soudain Misato, je vais te dire quelque chose de très important, mais que tu ne doit répéter à personne. Compris ?

        Le garçon prit aussitôt une mine grave, s'attendant à la pire des révélations. De toute façon, je suis prêt à croire l'impossible, maintenant...

            -   Il existe plusieurs textes anciens, expliqua le major, des manuscrits pour être plus précis, découverts au bord de la Mer Morte. L'un d'entre eux, le rouleau de la Guerre, est une prophétie qui annonce l'arrivée des Anges sur notre monde, et la façon dont ils seront combattus par les hommes grâce à des armes conçues à partir des Anges eux-même. Malheureusement, je n'en connais pas les détails, car seuls les plus hauts dirigeants de la NERV ont accès à l'ensemble des textes.

            -   Les Evas sont... issues des Anges ? fit Shinji les yeux écarquillés.

            -   En quelque sorte. En l'an 1999, une expédition au pôle Sud découvrit le corps d'un géant emprisonné dans la glace. C'était le premier Ange, Adam. Et c'est grâce aux études effectuées sur lui que nous avons put créer les Evas.

      Les pensées de Shinji fusèrent dans d'innombrables directions alors qu'il assimilait ses informations, cherchant à rassembler les pièces de cette immense puzzle qu'avait conçu son père à la façon d'un dieu joueur. Il y avait quelque chose dans tout ceci qui semblait résonner dans sa tête, comme un écho se répétant dans le but d'être mieux entendu. Puis il percuta :

            -   Cet Ange... Adam. Il est à l'origine du Second Impact, n'est-ce pas ?

            -   En effet. Ce n'est pas un astéroïde qui a fait fondre le pôle Sud, mais le réveil d'Adam au cours d'une expérience. Il a...

      Le regard de Misato devint soudain vide. Elle ne fut réveillée de sa rêverie que par la lumière intense des feux stop de la voiture devant elle, qu'elle manqua de percuter. Cet incident la força à reprendre ses esprits et à se calmer. Elle semblait chasser de vieux fantômes surgis du passé par un souvenir trop fragile, mais réussi à terminer sa phrase, bien que difficilement :

            -  Il s'est levé... et a créé une explosion qui a... englouti le pôle Sud. Après cela, il avait disparu.

       Comprenant que ce sujet était trop sensible pour le major, Shinji consentit à ne pas la questionner plus loin. Ni lui ni elle ne prononcèrent d'ailleurs un seul mot jusqu'à ce qu'ils arrivent devant l'appartement de Shinji. Le bâtiment était du même moule que toutes les autres structures civiles de Tokyo-3, mais cela ne contrariait pas le garçon. Un lieu banal pour un être banal, afin de rester parmi la foule... inconnu.

            -  Ayanami Rei est-elle logée dans le même genre de bâtiment ? demanda Shinji.

            -  Pas ... exactement, répondit Misato avec une gêne trop grande pour être dissimulée.

       Encore un sujet difficile, songea Shinji. Tant pis, je l'apprendrai plus tard, et par quelqu'un d'autre.

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26 avril 2008 6 26 /04 /avril /2008 12:24

CHAPITRE VINGT-SEPT : NOUVELLE VIE


      Tsunade contemplait depuis maintenant un bon quart d'heure le temps magnifique qui illuminait le village de Konoha. Le ciel était parfait, ses quelques nuages organisés comme une œuvre d'art, apportant juste ce qu'il fallait de blancheur dans tout ce bleu intense. Et il n'y avait pas que le ciel : tout le reste du paysage était parfait lui aussi. Les fleures des cerisiers lâchaient leurs pétales roses dans les airs, où le vent les faisaient danser agréablement. La verdeur du village n'avait jamais été aussi éclatante, aussi harmonieuse et pleine de vie. Elle y est certainement pour quelque-chose, pensa Tsunade.

       C'est alors que quelqu'un toqua à la porte de son bureau.

            -  Entrez !

       L'Hokage n'avait pas besoin de se retourner pour savoir de qui il s'agissait. L'avantage de cela était qu'elle pouvait continuer d'observer le paysage, et ainsi donner la véritable image d'un chef, chose qui lui était rarement possible. Derrière elle, Hinata et Naruto attendaient qu'elle prenne la parole. Tsunade décrocha finalement son regard du paysage et contempla les deux adolescents, qui n'avaient pas honte de se tenir la main devant elle.

       Naruto était impressionnant dans son nouvel uniforme de chunin, qui lui allait à ravir. Tsunade n'avait même pas eut à intervenir auprès du jury de l'examen pour lui faire obtenir son nouveau rang, car le dur combat qu'il avait mené contre Dangô ayant largement suffit. Il faut avouer que ce n'était pas un adversaire normal pour ce genre de tournois. Haruka non plus...

      Quand à Hinata, elle était plus resplendissante que jamais. Il ne lui était plus possible de cacher le pouvoir de la Pierre Florale, qu'elle montrait désormais ouvertement accrochée à son cou. Au milieu de ses cheveux, une rose blanche restait éternellement fraîche depuis qu'elle était revenue, et l'air semblait se purifier autour d'elle. La jeune Hyuuga était devenu quelqu'un d'extraordinaire. La compagne idéal pour quelqu'un comme Naruto...

            -  Je suis vraiment fière de vous, leur confia-t-elle d'une voix presque maternelle. Vous avez vraiment fait un travail remarquable.

            -   Merci, répondirent-ils en cœur.

            -   Par contre, je pense qu'il est inutile de vous dire pourquoi vous devez garder le secret sur toute cette histoire.

      Les deux jeunes ninjas répondirent d'un hochement de tête, ce qui suffit amplement à Tsunade.

            -  Parfait. Et maintenant, j'aimerais que vous vous reposiez un peu avant de débuter votre prochaine mission, qui débutera dès demain.

            -   Une mission ? s'étonna Naruto. Demain ? Mais il faut que j'aille chercher Sasuke au plus vite !

            -   C'est justement cela, l'objectif de votre mission : ramener Uchiwa Sasuke. Cela peut également impliquer d'éliminer toute chose empêchant la réalisation de cet objectif.

       Un sourire de satisfaction franc et entier apparut aussitôt sur le visage de Naruto, qui jeta un regard complice vers Hinata. Mais il n'avait pas besoin de la regarder pour savoir qu'elle partageait ses sentiments, et qu'elle le suivrait sans hésitation, quel que soit le danger.  

            -   Cette mission est de rang A, continua Tsunade. Je suis donc dans l'obligation de mobiliser une escouade complète de trois chunins pour la remplir.

            -    Nous ne serons pas sous le commandement d'un jounin ? s'étonna Hinata.

            -    Non. Et je pense d'ailleurs que vous réussirez mieux ainsi.

            -  Peut-on choisir le troisième membre de notre équipe ? demanda immédiatement Naruto.

            -    Désolé, mais j'ai déjà désigné votre partenaire.

      La-dessus, Tsunade se dirigea vers la porte menant au couloir devant son bureau, et fit signe à quelqu'un d'entrer. L'instant suivant, Haruka pénétra dans le bureau avec un uniforme de chunin sur elle, et un bandeau portant le symbole de Konoha accroché autour du cou. D'un signe de la main, et dans un magnifique sourire, elle salua les deux autres ninjas. Bien qu'elle ait été leur ennemie à peine deux jours plus tôt, Naruto et Hinata l'accueillerent comme la plus intime des amies.

      A leur retour, Tsunade avait appris de la bouche des deux jeunes ninjas ce qui s'était passé au village de la Balance : lorsque Hinata était revenue à la vie, elle avait ramené avec elle les souvenirs de son Jugement, qu'elle avait alors transmis à Haruka. L'ancienne fille de la Balance avait donc profité de l'enseignement qu'Hinata lui avait inculqué dans l'autre monde, pour devenir quelqu'un de totalement différente. Depuis cet évènement, elle n'avait jamais cessé de sourire, d'exprimer la joie immense qu'elle avait reçue, voyant enfin le bon côté de l'existence. C'est pour cela qu'elle a voulu rejoindre l'académie ninja de Konoha, pensa Tsunade. Elle désire se faire pardonner. Mais je pense qu'elle souhaitait également rester à leurs côtés...

            -  Du fait que vous allez affronter l'un des ninjas les plus doués dans l'art de l'illusion, expliqua l'Hokage, j'ai pensé qu'il vous serait utile d'avoir dans votre équipe quelqu'un qui s'y connaisse dans ce domaine.

            -   Excellente idée, appuya Hinata en faisant fleurir plusieurs roses de joies parmi ses cheveux. Je suis certaine que Haruka nous sera d'une aide plus que précieuse.

       De son côté, Naruto n'eut rien à dire, car il suffisait d'observer son regard pour y lire toute la réjouissance qui brûlait en lui. J'avais oublié combien il aime se faire des amis...

            -  Alors cette question est réglée, annonça Tsunade. Demain, vous reviendrez ici pour prendre votre ordre de mission et partirez pour Jacurutu. Ca vous va ?

     Les trois chunin acquiescèrent silencieusement puis quittèrent la pièce ensembles. Lorsqu'ils furent partis, Tsunade retourna à sa fenêtre pour contempler le paysage. Elle se surprit à regretter d'avance le départ d'Hinata. Même si nous sommes à la belle saison, tout sera nettement moins beau sans elle.

     C'est étrange... avant qu'elle ne parte en mission pour le pays des Fleures, je pensais qu'elle était juste quelqu'un de timide et renfermée, qui avait besoin de temps pour devenir adulte. Mais cette aventure a révélé sa véritable personnalité. Avec la Pierre Florale, l'un des sept joyaux ultimes du monde, elle ne peut plus tricher avec ses sentiments. La force cachée qu'elle contient peut tout autant apporter la prospérité au pays que le plonger dans un cataclysme destructeur. Je comprends maintenant pourquoi le pays des Fleures a tenu secret l'existence de cette pierre pendant si longtemps...

       Si elle le voulait, Hinata pourrait même devenir le prochain Hokage...

       Tsunade se permit d'exprimer un certain plaisir à cette pensée. Depuis la fondation du village de Konoha, tous les Hokage avait été des hommes jusqu'à sa nomination. Cela l'amusait d'imaginer une nouvelle ère où le village serait dirigé uniquement par des femmes... mais elle savait bien que ce n'était qu'un rêve stupide. Après tout, c'est Naruto qui est destiné à devenir le prochain Hokage. Mais peut-être le deviendront-ils tous les deux, s'ils reviennent de cette mission.

       Laissons donc le temps nous apporter la réponse...
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FIN 

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SOMMAIRE
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L'HISTOIRE CONTINUE DANS

NARUTO ET LA MAIN DE L'OMBRE

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22 avril 2008 2 22 /04 /avril /2008 03:23

CHAPITRE VINGT-SIX : ABSOLUTION


      Hinata n'était pas surprise de se retrouver en un tel lieu, que Naruto lui avait décrit dans les plus infimes détails. La Balance du Destin était aussi magnifique qu'elle l'avait imaginée, et il s'en dégageait une aura de puissance incroyablement forte, qui faisait vibrer la jeune fille de tout son corps. Alors qu'elle portait la main à sa poitrine pour calmer les battements chaotiques de son cœur, elle s'aperçu que la Pierre Florale n'était plus à son cou. Son pouvoir a certainement été repoussé par celui de la Balance. Tant pis. De toute façon, je n'en ai plus besoin dans ce monde.

       La jeune fille n'était nullement effrayée de se trouver là, au seuil des mondes spirituels. Depuis le jour où elle avait faillit mourir au pays des Fleures, Hinata avait longtemps songé à ce que c'était d'être réellement mort. Nous disparaissons tous un jour. L'important n'est donc pas ce que nous avons été, mais comment les autres se souviendront de nous, et les choses que nous avons accomplis pour qu'ils ne nous oublient pas. Je ne sais pas combien de personnes se souviendront de moi dans quelques années, mais je sais que ceux qui le feront garderont de moi l'image de quelqu'un de bien. Et c'est la seule chose qui importe.

      Naruto... pourquoi faut-il que ce soit toi qui mit fin à ma vie ? Il y a tant de chose que j'aurais voulu te dire, te montrer, ou te faire vivre... mais je ne le pourrai jamais. Je sais que ce n'était pas de ta faute. Tu devais certainement être sous l'emprise d'une technique d'illusion... J'espère seulement que tu y survivras.

       Les deux gigantesques plateaux de la Balance du Destin venaient tout juste d'apparaître, révélant leur surface d'or resplendissante à Hinata, qui était pour l'instant seule dans cet immense espace sacré. Mais la solitude n'était pas un problème pour elle. D'autant que cela ne va certainement pas durer...

        C'est alors que Haruka apparut au sommet du pilier central soutenant les deux plateaux.

            -   Je suis navré d'avoir dû en arriver là, avoua-t-elle, mais grâce à cela, ton ami Naruto me tuera peut-être pour te venger.

            -   Tu tiens tant que cela à mourir ?

            -   N'as-tu donc pas compris ? Je suis le Juge de la Balance, de par le pouvoir que m'a légué mon père. Et grâce à cela, je continuerai de juger ceux qui quitteront le monde des vivants. 

            -   Est-ce donc là le seul but de ta vie ?

            -   Ma vie ? ... Ma VIE ?! Pour moi, je suis morte en même temps que mon village ! Mon seul but était de les venger dans un holocauste ultime ! Mais ton ami et toi, vous m'avez interdit ce destin ! Je me contenterai alors de juger l'humanité dans l'autre monde.

     Hinata savait parfaitement que la détermination d'Haruka ne pouvait être ébranlée par les mots, qu'elles pouvait facilement ignorer. Les paroles ne sont fortes que pour ceux qui savent les écouter, et elle ne m'écoutera pas. Je pense qu'aujourd'hui, seuls la force ou les actes d'une grande puissance peuvent encore la raisonner. Et ici, dans cet état, je suis bien incapable de lui apporter l'un ou l'autre...

            -   De toute façon, continua Haruka, ce n'est plus ton problème. N'espère pas pouvoir être ressuscité par ton Jugement comme l'a fait ton ami. Seule une personne tuée par ma technique ultime peut espérer revenir d'entre les morts, et jusqu'ici, il n'y a que lui qui ait réussi à la faire. Peut importe le nombre de personnes que tu portes dans ton cœur, leurs âmes ne pourront pas te sauver.

            -   Epargne-moi ces paroles inutiles, lança Hinata. Je sais quelle sera ma fin, et je ne chercherai pas à l'éviter. Lance tes hordes d'esprit, je ne les crains pas.

       Un sourire en coin traversa le visage d'Haruka. De sa main droite, elle forma dans les airs un symbole... qui se matérialisa aussitôt en une sorte de rune de glace. Naruto n'avait pas fait mention de ce phénomène, et d'après le regard plein de surprise que jetait Haruka sur la rune, ce n'était pas un oubli. Qu'est-ce qui se passe ? Pourquoi est-ce que cela ne se déroula pas comme d'habitude ?   

       Mais alors qu'elle réfléchissait, Hinata put voir se matérialiser autour d'elle les âmes innombrables de son monde. D'abord aussi diffuses et transparentes que des fantômes, puis de plus en plus nette, ces entités prenaient peu à peu conscience de leur apparition en ce lieu. Seulement, quelque chose n'allait pas : normalement, la plupart des âmes devaient rester fantomatiques, et seules ceux que Hinata avait connues devaient prendre une existence physique. Mais bizarrement, cette fois-ci, absolument toutes les âmes présentes sur la Balance du Destin devinrent réelles. Ce n'est pas possible ! Je n'ai jamais connu autant de personnes...

            -  Mais qu'est-ce que c'est que ça ? s'écria Haruka. Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu as fait ?!

            -   Je n'ai rien fait. C'est toi... qui a choisi la mauvaise personne.

      Alors que les mots d'Hinata résonnaient dans l'immensité qui l'entourait, les esprits invoquées se déplacèrent pour prendre place sur la Balance.

      Il n'existe pas de mots pour exprimer la stupeur qui s'empara d'Haruka lorsqu'elle vit toutes les âmes présentes et passées de cet univers se placer sur le Plateau de l'Amitié, aux côtés d'Hinata. Une aura magique d'un bleu pâle se mit lentement à recouvrir la jeune Hyuuga alors qu'elle fermait les yeux pour harmoniser ses sentiments avec ceux des innombrables entités qui l'entouraient. Jamais elle n'avait attend un tel niveau de concentration, qu'elle ne parvenait à maintenir que grâce à la volonté de fer que Naruto lui avait transmise.

      Je peux le faire. Maintenant je sais pourquoi j'ai reçu cette Pierre Florale. Ce pouvoir m'a été légué pour balayer de mon âme toute émotion malsaine, et purifier mes sentiments en prévision de ce seul moment. S'il existe un Être de Haine Suprême, il existe forcément son opposé, son contraire. La Pierre Florale m'a enseigné la bonté, la compréhension et le pardon, qui me permettent de ne point ressentir la moindre haine. Je dois me concentrer... rassembler mes souvenirs, mes pensées, mes sentiments... et ne laisser qu'une affection universelle. Je peux être... je dois être... je suis l'Être d'Amour Suprême.

      Alors que ces mots s'imprimaient dans son esprit, l'aura bleutée qui entourait Hinata s'étendit soudain à toutes les âmes présentes autour d'elle, et commença à s'intensifier. Sa pâleur initiale se transforma peu à peu en une lumière aussi intense que celle d'un soleil naissant, aveuglant Hinata et Haruka pendant de longs instants. Lorsque l'illumination disparu, elle avait emportée avec elle toutes les âmes invoquées, laissant la Balance du Destin vide.

       Soudain, la rune de glace que Haruka avait involontairement créé se fissura. D'abord faiblement, puis de plus en plus, jusqu'à s'effriter complètement et exploser devant elle. Haruka sentit aussitôt que quelque chose avait changé en elle, comme un vide qui s'était créé subitement. Lentement, elle balbutia :

            -   Je... je... mon pouvoir !

            -   Il ne t'appartient plus, annonça Hinata d'une voix douce. J'ai prouvé à la Balance du Destin qu'il existe encore de la bonté dans le cœur des hommes, et que le temps du Jugement Ultime n'est pas encore venu. Tu n'es donc plus utile à cette destinée.

            «   Si je dois quitter le monde des mortels, que ce soit au moins en le protégeant du terrible danger que tu représentais. Maintenant, je peux disparaître sans remord, en paix avec mes souvenirs. Je suis prête, enfin, à mourir...

        Hinata ferma alors de nouveau les yeux, et attendit. Mais un long moment s'écoula, et rien n'arriva. Elle sursauta soudain lorsqu'elle sentit la main d'Haruka se poser sur sa joue. Lorsqu'elle rouvrit les yeux, Hinata s'aperçut que l'ancien Enfant de la Balance flottait dans les airs devant elle, et lui souriait, d'un sourire amical et sincère. 

            -   Tu es vraiment quelqu'un d'exceptionnel, lui dit Haruka. Maintenant je comprends. J'étais dans l'erreur, aveugle et stupide, guidée par ma seule envie de vengeance alors que j'aurais dû me tourné vers mes souvenirs. La mémoire de mon père ne méritait pas de tels actes. Il m'a fallut te tuer pour voir cette vérité...

            -  J'accepte tes regrets et te pardonne tes actes. Sache que je suis heureuse d'avoir pu te raisonner avant de partir.

            -  Non, fit Haruka. Tu ne partiras pas. Je vais te faire un cadeau, le genre qu'on ne peut offrir qu'une seule fois en une vie.

       Haruka se posa alors lentement sur le Plateau des Amitié. Son seul poids, le poids ultime de la Balance du Destin, rompit l'équilibre pour faire descendre les deux jeunes filles... vers le monde des mortels.




        Naruto n'avait pas lâché le manche de son kunai, depuis qu'il l'avait planté. Le coup lui avait semblé le plus difficile qu'il ait jamais porté, bien que sa cible soit totalement immobile et sans défense. Tous ses muscles tremblaient sous le flux intenses de toutes les émotions qui se disputaient son esprit. Derrière ses paupières baissées, il tentait de maîtriser ses pensées, qui semblait tourbillonner en lui comme le vent glacial qu'il ne sentait même plus. Par impulsion, au rythme des battements de son cœur, une question s'imposait à lui de plus en plus fort, sans qu'il puisse y répondre. Est-ce que j'ai pris la bonne décision ?

         Puis il ouvrit finalement les yeux, et affronta ceux d'Haruka. La lame du kunai avait frappé la neige à un centimètre à peine du cou de la jeune fille.

            -  Alors ? lâcha-t-elle. Pourquoi ne veux-tu pas la venger ?

            -  Parce que ce n'est pas ce qu'elle aurait voulu.

            -  Peu importe ce qu'elle aurait voulu. Seul importe ce que toi tu v...

        Mais Haruka ne fini pas sa phrase. Une aura bleuté se mit soudain à l'entourer, et ses yeux se perdirent dans une autre dimension où elle semblait puiser quelque chose.

       Naruto se tourna aussitôt vers le corps gisant d'Hinata, qui s'était illuminé du même halo mystique. L'enveloppe charnelle de la jeune Hyuuga fut soulevée dans les airs par une force invisible, tandis que des vents magiques tourbillonnaient autour de sa blessure. En quelques instant, son corps fut régénéré, et la Pierre Florale brilla d'une lumière plus intense que jamais alors que l'âme d'Hinata revint à la Vie. Autour d'elle poussa instantanément un cercle de fleures qui, en s'ouvrant, libérèrent un nuage de papillons multicolores. Lorsqu'elle ouvrit enfin les yeux, les sombres nuages qui régnaient sur ces montagnes depuis l'éternité s'écartèrent pour laisser le soleil illuminer la scène.

            -   Hinata ! cria Naruto en se précipitant vers elle. Je... oh si tu savais combien je suis désolé...

            -   Ne regrette rien, répondit-elle. Sans le savoir, tu as sauvé notre monde.

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19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 17:49

CHAPITRE TROIS : PREVENIR LA CATASTROPHE

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     Le conseil de guerre d’Elthir n’avait pas été réuni depuis des années, lors de la crise ork sur le monde exodite de Tal-Emniria. C’était un évènement rare que de voir rassemblés ainsi tous les autarques et grands prophètes du vaisseau-monde, mais c’était toujours un signe de grand danger pour la race eldar. Et même si le danger qui planait sur Ouragos ne menaçait pas directement le vaisseau-monde, Elia avait jugé que la situation était suffisamment grave pour justifier une telle réunion.

     La salle du Conseil de Guerre était constituée de deux grandes tribunes se faisant face, avec d’un côté les grands prophètes, guides spirituels du vaisseau-monde, et de l’autre les autarques, chefs militaires des armées eldars. Elia se tenait debout entre les deux tribunes, finissant de décrire la vision qu’elle avait eut dans son rêve, voyant clairement les regards de son auditoire devenir de plus en plus inquiet. Et lorsqu’elle eut finit son récit, un long silence régna dans l’assemblée, tandis que chacun réfléchissait le plus calmement possible pour éviter de trop hâtives réactions.

      Le premier à réagir fut le grand prophète Nagash Irlios, qui avait facilement deux fois l’âge d’Elia, et qui s’adressa pourtant à elle avec respect, en utilisant le haut rang qu’elle tenait :

            -  Comment interprétez-vous cette vision personnellement, Prophétesse Suprême ?

            -  Il est clair que le portail démoniaque que j’ai vu s’ouvrir sera d’une taille telle que les humains n’auront certainement pas la puissance nécessaire pour le refermer.

            -  Pourtant, d’après les renseignements que nos espions ont récolté sur le monde d’Ouragos, les forces militaires présentes dans la capitale sont plutôt importantes.

            -   Je le sais, grand prophète Irlios. J’ai également consulté les archives. Mais j’ai de très fortes raisons de penser que les forces démoniaques qui vont se déchaîner sur cette planète seront d’une dimension rarement atteinte dans l’histoire de notre race.

       L’assemblée se tue une nouvelle fois. Tous les habitants d’Elthir connaissaient les remarquables facultés de prédictions d’Elia, l’un des deux Enfants Prodiges. Dès son plus jeune âge, elle avait démontré des capacités psychiques dépassant de loin celles de tous les autres grand prophètes. Il était inutile de chercher à remettre en cause ses visions, ou même ce qu’elle avait pensé par rapport à ces visions.

            -  Et en quoi la disparition d’un monde mon-keigh pourrait nous inquiéter à ce point ? lança subitement un jeune autarque encore trop impétueux.

        Elia s’attendait à ce genre de remarque, qui était habituelle parmi la race eldar où l’orgueil de la race était particulièrement présent. Le terme mon-keigh était un moyen péjoratif pour parler des humain, une chose que la Prophétesse Suprême n’aimait pas vraiment. Elle s’apprêtait à répondre lorsque le Commandant Suprême Irul Elronir se leva de sa place. Irul était le second Enfant Prodige, l’époux d’Elia Réa, et celui qui partageait avec elle le titre de Haut Dirigeant d’Elthir. A eux deux, ils avait guidé leur peuple à travers une ère de bonheur et de prospérité, qui rappelait aux plus anciens l’époque où leur race régnait en maître sur la galaxie. Les décisions de ceux que l’on nommait les Amants Eternels étaient respectées par tous. Et lorsque Irul prit la parole, tous l’écoutèrent avec la plus grande attention :

            -  Il y a deux raisons pour lesquelles nous devons intervenir. D’abord parce que le chaos est notre ennemi, et que nous ne pouvons ignorer aucune de ses intrusions dans le monde réel lorsque nous pouvons encore les contrer. Et ensuite parce que si la Grande Ennemie parvenait à souiller Ouragos, l’espoir que cette planète fait rayonner sur ce secteur de l’empire humain disparaîtrait. Cela rendrait les autres planètes impériales beaucoup trop vulnérables face aux nombreux ennemis qui les guettent, et finirait par provoquer la chute de tout ce secteur. La foi et la détermination des mon-keighs, comme vous les appelez, se mettra à fondre comme neige au soleil, et leur empire s’effondrera progressivement.

            -   J’accepte le fait que nous devons combattre le chaos, répliqua le jeune commandant, mais pourquoi ne pas plutôt profiter de cette intrusion pour laisser les mon-keigh disparaître comme vous l’avez si bien décrit ?

            -    Parce que nous avons besoin d’eux.

            -    Quoi ?!

       Le jeune autarque était profondément outré par la réponse du Commandant Suprême, et cela se lisait clairement sur son visage. Plusieurs autres membres du grand conseil eurent la même réaction, mais cela ne changea pas l’avis d’Irul, qui continua son explication :

            -  Depuis la Chute de notre race, d’innombrables ennemis sont apparus dans cet univers dans l’unique but de dominer ou de détruire toute vie. Orks, Tyranides, Nécrons, et même récemment cette jeune race orgueilleuse qui se nomme les Taus, tous combattent aussi dur que nous pour étendre leurs empires et devenir les maîtres de cette galaxie. Il serait fou de penser que nous pouvons tous les contenir.

            «   C’est pourquoi nous avons besoin d’une enclume forte et indestructible contre lequel les écraser avec le puissant marteau de nos armées. Et l’Imperium de l’Humanité a toujours été l’outil idéal pour cela. Si cette enclume disparaissait, nous aurions comme seule option de combattre nos ennemis avec des moyens standards, ce qui nous mènerait inévitablement à notre perte.

            «    Rappelez-vous la catastrophe de la flotte-ruche Kraken, qui a emporté avec elle la quasi-totalité du peuple d’Yvanden, et qui a faillit détruire le notre. Qui a stopper cette menace, et a sauvé d’innombrables vies eldars sans le savoir ? Les humains. Et combien d’autres dangers aussi grands que Kraken se cachent encore dans cet univers, prêts à nous annihiler ? Des centaines, voir même des milliers.

            «   Voilà pourquoi nous avons besoin de maintenir l’équilibre dans les forces de cette univers. Voilà pourquoi l’empire humain doit rester fort, fier et déterminé. Voilà pourquoi nous devons protéger Ouragos. Parce que sinon, tôt ou tard, notre race sera écrasée par nos nombreux ennemis.

       Un tonnerre d’applaudissements raisonna contre les murs de la grande salle, et Irul lança un sourire de satisfaction à Elia, qu’elle lui rendit au centuple. Le Grand Conseil était définitivement rallié à leur avis.

            -  Maintenant que nous sommes d’accord sur le fait de devoir intervenir, fit le grand prophète Irlios, quelle solution envisagez-vous pour résoudre ce problème ?

            -   Une action directe contre le culte de la Grande Ennemie est absolument hors de question annonça Elia d’un ton froid. Si nous éliminions les dirigeants principaux de la planète sans avoir dévoilé leur nature démoniaque, nous attirerions irrémédiablement sur Elthir la colère des humains à un point encore jamais atteint.

            -   Vous préconisez donc une action indirecte par influence ? Et qui sera notre outil pour cela ?

            -    L’écheveau du temps m’a déjà révélé une personne que nous pourrions utiliser. Elle se trouve actuelle sur Ouragos, et nous allons devoir prendre contact rapidement.
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18 avril 2008 5 18 /04 /avril /2008 23:32

CHAPITRE VINGT-CINQ : VENGEANCE


      Le vent continuait de tourbillonner dangereusement autour du petit groupe, frappant les tombes autour d'eux de bourrasques enneigées, cinglant leurs visages de filets d'airs glacés. Hinata sentait le pouvoir de la Pierre Florale qui s'exprimait de plus en plus à chaque instant, et qui se rapprochait du moment où il échapperait totalement à son contrôle. Il lui fallait absolument s'éloigné d'Haruka, et c'est pourquoi elle afficha un regard aussi froid que l'air environnant, afin de l'inciter à répondre à sa question.

            -   Il y a deux entrées pour y accéder, déclara la jeune fille. L'une se trouve dans le temple, comme je vous l'ai raconté, et l'autre se trouve ici, à l'intérieur du mausolée des grands prêtres.

        Hinata balaya alors le cimetière du regard, afin de trouver un bâtiment sombre et lourdement décoré, à peu près de la taille d'un grand arbre. Le mausolée se trouvait à une centaine de mètres du petit groupe, à moitié dissimulé derrière les derniers voiles du brouillard.

            -   Je vais y allez, Naruto. Toi reste ici, et garde un œil sur elle.

            -   Naruto ? fit Haruka avec une surprise totale en se tournant vers le garçon. Vous êtes Uzumaki... Naruto ?

        En guise de réponse, le jeune ninja retira son masque et lui afficha un beau sourire. Hinata sentit immédiatement un danger et eut un mouvement vers lui, mais il fit signe que tout allait bien :

            -   Ne t'inquiète pas : elle ne peut plus rien me faire, maintenant. J'ai déjà été Jugé.

            -   Tu es sûr ?

            -   Va inspecter sanctuaire. Je me charge de la surveiller pendant ce temps.

       Il n'y avait aucune faiblesse dans la voix de Naruto. La confiance régnait en maître sur son visage, comme toujours. Et cette confiance, il savait comment la faire partager, comment la transmettre à ses amis et, surtout, à celle qu'il aimait. Hinata n'avait besoin de rien d'autre que de voir ce visage rayonnant pour être convaincue. Sans rien ajouter, et sans même se retourner, elle se dirigea d'un pas décidé vers le mausolée des grands prêtres. Alors qu'elle s'éloignait, le vent tomba brusquement, et la neige se fit plus rare.

            -   Elle aussi possède un grand pouvoir, remarqua Haruka.

            -   Oui, avoua Naruto. Mais même si son pouvoir est différent du tient, le danger qu'il représente si elle l'utilise mal n'en est pas moindre, au contraire. Elle aussi, elle pourrait faire appel à des fléaux innommables, encore plus facilement que toi. Cependant, elle a choisi une autre voie, plus dure, plus difficile à suivre, mais plus noble. C'est quelqu'un sur qui tu devrais prendre exemple.

       Haruka ne répondit que par un léger rire d'amusement auquel Naruto préféra ne pas faire attention. La jeune fille était ligotée, et son pouvoir n'avait plus d'effet sur lui maintenant qu'il l'avait déjà subit une fois. Il n'avait aucune raison de la craindre. Par contre, il avait de bonnes raisons de craindre pour la vie d'Hinata. Elle venait tout juste d'entrer dans le mausolée, ce qui à la fois rassurait et inquiétait Naruto. Car même si elle s'éloignait de la seule personne dangereuse présente dans le coin, elle s'enfonçait également dans un lieu inconnu où tout pouvait arriver.

        Et soudain, comme une réponse à ses peurs, Naruto entendit Hinata pousser un violent cri de terreur, malgré la distance qui le séparait du mausolée. Sans se poser de question, il se précipita vers l'édifice en hurlant le nom de son amour, laissant derrière lui Haruka et son rire moqueur qui s'amplifiait. Lorsqu'il arriva devant la lourde porte de métal à moitié ouverte, la voix d'Hinata retentit dans les ténèbres qui régnaient à l'intérieur.

            -  Naruto ! cria-t-elle. Aide-moi ! C'est...

       Mais elle ne finit pas sa phrase, et ses paroles raisonnèrent entre les murs du mausolées durant de longues secondes. Naruto ne savait plus quoi faire lorsque, subitement, il aperçu une silhouette menaçante sortir de l'ombre, et dont la vision lui glaça le sang : Uchiwa Itachi. C'est impossible ! Pourquoi serait-il ici ? 

            -  Qu'as-tu fais à Hinata ? lança le garçon en dégainant son sabre d'ANBU. Où est-elle ?

            -   Mais ici, répondit l'Uchiwa.

       Lentement, Itachi leva son bras, et le cœur de Naruto cessa de battre. Dans sa main se trouvait la tête d'Hinata.

       Il la tenait fermement par les cheveux, et le sang coulait à flot du cou tranché dont la blessure faisait atrocement souffrir le garçon. Le regard vide de la jeune Hyuuga était figé dans ses derniers instants de peur, fixant involontairement le garçon dans les yeux. Ce regard le terrifia à un point au-delà de son imagination, et le fit reculer au dehors. Mais Itachi sortit lui aussi du mausolée, continuant de dresser la tête d'Hinata devant lui.

       Naruto ne savait plus quoi faire. Il était totalement perdu. Hinata... ce n'est pas possible... pas toi ! Tu étais si sage... si douce... si parfaite. Tu étais ma vie, mon âme, tout. Qu'est-ce que je suis maintenant, sans toi ? Qu'est-ce que je peux faire ? Qu'est-ce que je dois faire ? Je dois... je dois... JE DOIS TE VENGER !

       Avec une rage sans limite qu'il fit retentire en un cri de souffrance ultime, Naruto se précipita sur Itachi, la pointe de son katana en avant. L'Uchiwa ne chercha même pas à esquiver le coup, et la lame lui transperça le torse alors qu'il souriait sans broncher. Il a probablement déjà lancé une technique d'illusion, pensa Naruto. Cette image va disparaître d'un instant à un autre, et il va m'attaquer par derrière. Je dois réagir très vite...

        Mais quelque chose de bien plus terrible arriva à la place. Les mains de Naruto, qui étaient jusque là fermement agrippée au pommeau de son sabre, se mirent subitement à trembler comme deux feuilles mortes. Puis il lâcha son arme, et recula de frayeur en titubant, avant de tomber à la renverser sur le sol. Il ne ressentit même pas le froid contact de la neige, ni le vent glacial qui fouettait son visage. Il ne sentait plus rien qui n'appartiennent à se monde. Dans ses yeux apeurés et tremblant ne régnait que la peur la plus totale, la plus absolue, la plus pure qu'il ait jamais ressenti.

       Devant lui, à la place qu'occupait Itachi, se trouvait désormais Hinata, le corps transpercé par son katana. La jeune fille regardait sa blessure, recueillant son propre sang dans le creux de ses mains comme pour essayer de le retenir. Elle tomba brusquement à genoux dans la neige qui se tâcha de rouge, et leva son regard vers Naruto alors que du sang commençait à s'écouler de sa bouche. Ses yeux étaient remplit d'une incompréhension totale, mêlée d'une tristesse infinie dans laquelle le garçon aurait voulu se noyer... pour mourir avec elle.

       Les dernières parcelles d'énergie d'Hinata étaient en train de disparaître, et elle s'effondra complètement sur le sol. Avec ce qui lui restait de force, elle tenta de retirer le katana de son corps, mais n'y parvient que partiellement. Epuisée, elle laissa ses bras retomber, et se tourna vers le ciel. Naruto s'approcha d'elle en rampant, avec une difficulté qui n'était plus grande que toutes les faiblesses physiques. Sa main avança vers le visage de son amour, mais ne put se résigner à la toucher.

            -   Hinata, dit-il au bord des larmes. Je...

       Mais Hinata ne pouvait plus l'entendre. Ses yeux étaient figés, fixant un point virtuel du ciel sombre d'où s'était remis à tomber la neige, de plus en plus fort. Elle était morte.

      Le désespoir qui avait prit possession de Naruto se transforma peu à peu en colère alors qu'il entendait de nouveau le rire ironique d'Haruka retentir derrière lui. Cela lui donna la force de se relever, abandonnant Hinata pour aller saisir l'Enfant de la Balance par le col, et la soulever violemment.

            -  Qu'est-ce que tu as fais, espèce de monstre ?! Répond ! Qu'est-ce que tu m'as fais ?!

            -   Mon maître Mondo Odaka n'a pas fait que terminer mon éducation, le nargua Haruka. Lorsqu'il a apprit que j'étais investi du pouvoir de la Balance, il m'a apprit à l'utiliser, ce qui nécessitait un entraînement aux techniques d'illusion. J'étais naturellement très doué pour cela, et j'ai rapidement appris à effectuer des techniques de genjutsu avec n'importe quelle partie de mon corps. Apparemment, tu es assez facile à manipuler.

            -   Mais pourquoi ? Pourquoi m'avoir obligé à faire ça ? Je vais te...

            -   Me tuer ? Vas-y ! Fais éclater ta haine !

      C'est alors que Naruto comprit : elle voulait mourir. Elle avait fait tout cela dans l'unique but que sa haine le conduise à la tuer, maintenant qu'elle n'avait plus de raison d'exister. Qu'est-ce que je dois faire ? Je voudrais tant venger Hinata... alors qu'en vérité c'est moi qui l'ai tué. C'est moi... mais j'étais sous l'illusion d'Haruka. C'est de sa faute ! Oui, de sa faute ! Je vais... je dois...

       Sa main fouilla dans sa sacoche, et trouva ce qu'il cherchait : l'un de ses kunais. Ses doigts serrèrent la petite arme si fermement qu'ils saignèrent, sans qu'il s'en soucie un instant. Voyant cela, Haruka se laissa tomber en arrière, et ferma les yeux en attendant qu'il frappe.

       Et il frappa.

 


Au même moment, quelque part...

            -  Alors c'est cela, la Balance du Destin ?

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LA SUITE

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17 avril 2008 4 17 /04 /avril /2008 17:45

CHAPITRE DEUX : TRAQUER LES IMPURS


Au même moment...

      La grande salle d'audience du palais de l'Eclésiarchie possédait des dimensions tout simplement titanesques. La plupart des gens qui y étaient convoquées ou amenées de force se sentait incroyablement minuscule face à la puissance de l'Imperium et de la sainte Inquisition, qui était chargée de sauvegarder la foi des citoyens de l'Empereur. Des rangées de statues représentant les héros et saints d'autrefois étaient plaquées contre les murs, entourées par d'énormes colonnes de pierres ornées des symboles de l'Eclésiarchie. Sur le sol dallé de marbre, des fresques illustrant plusieurs glorieuses batailles datant de la Grande Croisade avaient été sculptées, et un grand nombre de reliques saintes étaient exposées derrière d'épaisses vitres blindées, protégées par des sceaux de pureté et plusieurs sœurs de batailles. Tout, en cette vaste salle, inspirait la puissance de la foi impériale.

      Mais l'inquisiteur Asphar Volirius n'était en rien impressionnée par toute cette pompeuse mise en scène. Bien qu'il soit encore jeune et peu expérimenté, il avait vite appris à ne pas laisser son environnement l'influencer, qu'il s'agisse de l'intimidation de l'Inquisition ou de celle des hérétiques qu'il combattait. La seule chose qui le rendait nerveux était le fait d'avoir dû laissé ses armes dans le vestibule pour pouvoir rentrer, car il n'aimait pas se sentir désarmé, même en un tel lieu.

     Asphar portait un uniforme en tissu bleu marine avec des plaques de protection blanches ornées de symboles dorées de l'Inquisition, le tout enveloppé dans une grande cape de cuir d'un brun sombre. A sa ceinture pendaient les nombreux attributs habituels d'un inquisiteur de l'Ordo Hereticus, et en particulier un gros livre rouge dans lequel il notait toutes les informations relatives à ses enquêtes. Ses cheveux noirs coupés mi-long étaient coiffés en avant, de nombreuses mèches tombant sur son large front, et sous lesquelles régnaient deux yeux vifs d'un bleu azure. Son jeune visage avait une blancheur presque fantomatique, typique des humains originaires des planètes glaciaires qui donnaient généralement une peau très pâle. Sa joue gauche étaient marquée d'une longue cicatrice, la seule qu'il ait jamais eut : elle partait en biais de sous la pommette jusque sous son oeil gauche, et se poursuivait ensuite vers le milieu de son front. Cette blessure avait été causée par la baïonnette d'un hérétique, a peine un an plus tôt. Il pensait souvent à ce pauvre fou, qui avait été manipulé par un psyker possédé pour se révolter contre l'Imperium qui veillait sur lui, comme tant d'autres. Si cet homme avait eut le bras un peu plus long d'un demi-centimètre, pensa Asphar, je serais borgne aujourd'hui.

      Du fait de son jeune âge, Asphar était souvent décrié par ses semblables inquisiteurs comme quelqu'un n'étant pas totalement fiable et qu'il fallait surveiller constamment pour éviter les catastrophes. Presque tous les jeunes membres de l'Inquisition connaissaient ce problème, et très peu arrivaient à le surmonter. Asphar, lui, laissait les railleries être emportées par les vents du temps et de l'oublie, pour se concentrer sur sa tâche avec un sérieux sans limite. Tout au long de ses huit années de service sur Ouragos, dont sept comme acolyte auprès d'un autre inquisiteur, il avait appris à utiliser ce sérieux comme une arme contre ceux qui doutaient de ses compétences, en affichant à chaque instant sa volonté sans faille. Et c'est donc avec cette expression de détermination totale qu'il traversa la salle d'audience, pour arriver finalement devant le trône où siégeait le cardinal Tantius, le principal dirigeant de la planète sainte d'Ouragos. 

      Dans sa tenue d'apparat, l'homme de foi était assez impressionnant pour le commun des mortels, mais un œil bien attentif pouvait voir qu'il était d'une constitution assez faible, comparé à la silhouette musclée d'Asphar. Le grand âge du cardinal aurait déjà dû montrer des signes depuis plusieurs années déjà, mais bizarrement il n'en était rien, probablement grâce à des techniques de soin que lui seul pouvait se permettre. Devant lui, ses conseillers et plusieurs autres dirigeants importants d'Ouragos étaient assis devant une longue table de pierre blanche, où étaient étalés des rapports écrits venant des quatre coins de la planète, et qu'ils épluchaient méticuleusement. Asphar ne fit pas attention à eux, et concentra son attention sur le seigneur qui l'observait depuis son trône.

            -  Comme vous l'avez demandé, dit-il avec un respect mesuré, je me présente devant vous, votre Honneur.

            -  Votre zèle est une qualité que j'approuve pleinement, jeune inquisiteur. Et c'est pour cela que j'ai besoin de vous : j'ai une mission de la plus haute importance.

              -  Ordonnez et j'obéirai.

          -  Parfait. Voici les faits : vous n'êtes pas sans savoir que nos protocoles de sécurité ne sont toujours pas capables de filtrer tous les pèlerins et dévots débarquant sur notre monde. Nous avons toujours eut une certaine quantité d'infidèles qui ne cherchaient qu'à mettre à bas les fondements de notre foi, et nous avons toujours contenu ce phénomène. Mais depuis quelques temps, plusieurs rapport ont fait état d'une forte présence hérétique dans certains quartiers de notre ville sainte. Cette situation nécessite les talents d'un inquisiteur, et j'ai pensé que vous étiez l'élément idéal pour cette mission.

                -  Il s'agit donc d'une opération de recherche et destruction ? fit Asphar pour couper court.

                -    En effet. Usez de vos pouvoirs au mieux, pour la gloire de l'Imperium.

           -   Pour la gloire de l'Empereur, dit l'inquisiteur sans montrer qu'il corrigeait les paroles du cardinal.

     Asphar n'avait jamais aimé les manières pompeuses du chef religieux d'Ouragos ou de ses conseillers, qui traduisaient clairement la situation aisée dans laquelle ils pantouflaient. A partir d'un certain rang de responsabilité, et donc de richesses, les hommes changeaient, quels qu'ils soient. Même le plus saint homme possédait en lui la graine de la décadence, qui germait lorsqu'elle était trop arrosée par l'argent, la vanité et l'orgueil. L'inquisiteur était l'unique descendant d'une famille noble, dont les ancêtres avaient dirigé la moitié du monde glacial d'Erudios, mais il avait refusé l'héritage de cette puissance afin de protéger la pureté de son âme. Il avait donc rejoint l'Inquisition dans le but de traquer ceux qui favorisaient la corruption dans l'Imperium, mais avait fini par retrouver les mêmes dirigeants prétentieux et hautains, uniquement soucieux du maintient de leur propre situation. Peu importe l'endroit, un homme est un homme, toujours avec les mêmes faiblesses.

      Asphar savait très bien qu'il était tout à fait possible pour les autorités de filtrer parfaitement l'énorme flux de pèlerins venant sur ce monde, à condition d'y mobiliser les moyens nécessaires. Mais le cardinal Tantius avait besoin de maintenir une faible présence d'hérétique sur Ouragos, afin de mettre en œuvre des opérations de purification dont il envoyait ensuite les rapports aux plus hauts dirigeants de l'Eclésiarchie de Terra, dans l'espoir qu'ils le remarquent. Mais bien qu'il condamnait cette pratique, Asphar n'avait cependant pas l'intention d'attaquer le cardinal pour si peu. D'une manière ou d'une autre, nous finissons toujours par éliminer nos ennemis. Au moins, en les laissant prendre pied sur ce monde, nous leur donnons l'impression qu'ils peuvent nous duper, ce qui constitue alors leur faiblesse.

      L'inquisiteur s'inclina respectueusement et se retourna vers la sortie. Alors qu'il marchait vers l'immense porte dorée, son regard fut attiré par les sœurs de bataille qui gardaient les reliques d'Ouragos. Ces guerrières étaient la première ligne de défense de ce monde, que ce soit contre le mutant, l'hérétique ou le xénos. Il y avait bien une garnison de gardes impériaux et une maigre flotte de protection standard, mais c'était surtout les combattantes de l'Adepta Sororita qui se chargeaient des affaires militaires de la planète. Elles appartenaient à l'Ordre du Cœur Lumineux, qui rassemblait plus de trois mille sœurs sur cette seule planète, toutes prêtes à donner leurs vies pour défendre l'Imperium. Asphar avait déjà ordonné leur assistance lors de sa dernière missions, et il avait été impressionné par la dévotion inégalée dont elles avait fait preuve. Si ce que le cardinal a dit est vrai, cette nouvelle tâche va sans doute nécessiter leur emploi une fois de plus.

        Dans le vestibule, Asphar récupéra ses armes, qui étaient nombreuses et variées comme pour tout inquisiteur. Mais celles qui préféraient par-dessus tout étaient sa paire de griffes énergétiques qu'il portait fièrement aux poignets. Ils les avaient nommées les Lames d'Erudios, en l'honneur de son monde natal. Un homme ne doit jamais oublier ses origines. Ces griffes sont le symbole de la force qu'Erudios a placé en moi pour que je serve l'Imperium, en le purifiant des hérétiques et des mutants qui veulent le détruire. Aussi dure soit la tâche qui me soit confiée, je resterai toujours fort, en l'honneur de mon monde.
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SOMMAIRE
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note : Bien que cette image illustre parfaitement le personnage d'Asphar Volirius, elle n'est pas de ma création, et ce n'est pas une commande relative à ma fanfiction. En fait, je me suis inspiré de cette image (origine ici) pour créer mon inquisiteur et arranger la description pour qu'elle corresponde parfaitement, car j'ai aimé ce style immédiatement. Les images qui suivront dans les prochains chapitres ne seront pas aussi représentatives, aussi considérez le personnage d'Asphar comme illustré ci-dessus, et non comme il le sera dans les images futures.

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