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Qui suis-je ?

Hughel 2
 

Nom : Comeau-Montasse

 

Prénom : Thibault

 

Âge: 30 ans

 

Job: préparateur documentaire à la centrale nucléaire du Tricastin (prestataire pour EDF)

 

Localisation: Saint-Paul Trois Châteaux, Drôme, Rhône-Alpes, France, Planète Terre, réalité n°246820 de la simulation créatrice

 

Passions: musique, jeux vidéos, jeux de rôle, lecture et, bien sûr, écriture

 

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  « On ne fait rien d’extraordinaire sans hommes extraordinaires,

  et les hommes ne sont extraordinaires que s’ils sont déterminés à l’être. »

 (Charles de Gaulle)

Ma Muse personnelle

 

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3 octobre 2013 4 03 /10 /octobre /2013 21:53

LA SINCÉRITÉ

 

« Le don de vérité est un don qui surpasse tous les autres. »

Bouddha

 

 

Nous abordons ici un sujet particulièrement délicat. Il est délicat pour deux raisons principales : d’abord parce que de très nombreuses autres vertus de la Voie que je décris ici son dépendantes de la Sincérité, et ensuite parce que, comme le disait George Orwelle, « Dans les temps de tromperie générale, le seul fait de dire la vérité est un acte révolutionnaire ».

 

Car oui, nous sommes actuellement dans un monde grandement dénué de vérité sur de nombreux niveaux. Mais avant de continuer, je tiens à établir un petit lexique temporaire pour vous définir clairement ce que j’entends derrière chacun des mots que je vais utiliser dans cet article :

 

Réalité : c’est la vérité vraie, absolue, divine si vous le souhaitez. Elle rassemble tout ce qui existe réellement, tout ce qui a existé et tout ce qui existera dans l’univers. Pour une (très) grande partie, elle est totalement hors de notre portée car nous ne pouvons pas tout savoir ni même percevoir dans l’univers qui nous entoure. De plus, il est certain que d’innombrables choses trop complexes sont au-delà de notre niveau de compréhension actuel et le resteront peut-être à jamais (c’était d’ailleurs l’une des visions offertes par Howard P. Lovecraft au travers du Mythe de Cthulu). La réalité existe et nous dépasse, que nous en ayons conscience ou non, c’est un fait immuable et nous devons l’accepter.

 

Vérité individuelle : c’est l’ensemble des connaissances, savoirs et souvenirs d’un individu en particulier (vous, moi, n’importe qui). Ils peuvent être faux dans le sens où ils ne correspondent pas à la réalité mais sont considérés vrais par l’individu en question, c'est-à-dire qu’il est persuadé de leur véracité. Cette vérité individuelle peut donc comporter non seulement des visions erronées de la réalité à cause d’un défaut d’interprétation, mais aussi des faits inventés de façon inconsciente (le plus souvent par pathologie mentale).

 

Vérité vraie : c’est l’ensemble de toutes les connaissances humaines qui se rapprochent le plus de la réalité. De ce fait, il s’agit de fragments de vérités individuelles car elles sont détenues par des personnes bien précises et plus ou moins nombreuses selon la valeur de l’information : par exemple, beaucoup de gens connaissent les trois principaux états de la matière (solide, liquide, gazeux), mais il y en a beaucoup moins qui savent qu’il en existe au moins quatre autres (plasma, condensat, supercritique et superfluide).

 

Vérité officielle : c’est l’ensemble des informations qu’une personne déclare comme étant sa vérité individuelle, et c’est donc ce que les autres individus savent de cette personne. Elle peut donc contenir des mensonges ou des informations déformées, volontairement ou non et pour différentes raisons. C’est de cette vérité officielle que peuvent découler des fautes morales telles que l’hypocrisie, la tromperie ou la dissimulation.

 

 

Maintenant que nous avons défini ces quelques concepts de base, passons aux choses sérieuses en faisant directement un parallèle entre la vie en société et la guerre moderne.

 

Parmi les nombreuses joyeusetés morbides apportées par la guerre moderne (armes chimiques, bactériologiques, nucléaires, etc.), il y a un concept qui a pris une importance capitale dans notre monde : la guerre de l’information. Dans l’ancien temps, les armées se déplaçaient lentement et étaient difficilement camouflables, ce qui faisait qu’il n’était jamais trop difficile de connaître les mouvements ennemis en utilisant de bons éclaireurs, et c’est ce qui justifiait que deux camps adverses pouvaient éventuellement se donner rendez-vous en un lieu et à un jour précis pour s’affronter. Cela amenait un peu de noblesse à ces boucheries en plein air et les vérités officielles de chaque nation se rapprochaient assez bien de la vérité vraie. Mais c’est lors de la première guerre mondiale que la tendance commença à réellement s’inverser, selon moi, lorsque les troupes françaises partirent au combat avec des uniformes bleus et rouges tandis que les armées britanniques, allemandes et états-uniennes s’étaient mises au kaki pour mieux se dissimuler.

 

Aujourd’hui, on cherche rarement à vaincre par des épreuves de force ouvertes et clairement annoncées, préférant prendre l’adversaire par surprise pour le poignarder dans le dos, et c’est pourquoi il est si crucial de garder secret tous les renseignements concernant ses propres troupes ou de faire de la désinformation. La vérité officielle de chaque nation est alors créée selon ce qui l’arrange. Certes, cela réduit sensiblement le taux de pertes humaines du camp qui emploie ce genre de stratégie, mais cela réduit également la légitimité de sa victoire, si l’on peut dire. Car plutôt que d’accepter la force du vainqueur, le vaincu aura l’impression que la victoire lui a été volée par un procédé ignoble d’une grande bassesse. Et depuis quelques années, on a même créé la cyber-guerre pour paralyser complètement les infrastructures militaires et civiles d’un pays et le laisser s’effondrer sur lui-même ou le rendre le plus vulnérable possible, ce qui est loin d’être très chevaleresque.

 

Aujourd’hui, dans notre société civile moderne, le concept de la guerre d’information est utilisé massivement par des personnes qui ne cherchent que leur profit personnel. Cela se traduit par une augmentation phénoménale du nombre de faux diplômes, de comptes cachés, de secrets industriels douteux et de systèmes de surveillance ou d’espionnage. Il n’y a qu’à voir le remarquable travail des agences de publicités pour collecter des informations sur chacun d’entre nous pour envoyer des annonces les plus adaptées possibles à nos « profils clients » pour se rendre compte à quel point nous sommes démunis, nous simples citoyens, contre ceux qui utilisent le concept de la guerre d’information. Aujourd’hui, il est impossible de gagner le tour de France sans dopage mais ceux qui essayent de révéler cette réalité sont vite réduits au silence pour le bien de la vérité officielle, et bientôt il sera également impossible d’obtenir certains postes de haut niveau dans une organisation sans mentir sur son CV parce que « tous les autres font pareil ». Et comme résultat, nous obtenons un monde basé sur des mensonges, des dissimulations et des semi-vérités, autant de défauts qui le fragilisent de deux manières : d’abord parce que chaque mensonge réduit l’efficacité du système dans lequel il opère, et ensuite parce qu’il décrédibilise ledit système lorsqu’il est découvert.

 

Comme apparemment l’être humain est incapable d’être parfaitement sincère, nous avons mis en place tout un éventail d’outils, de lois et de protocoles faits pour faire fonctionner la société en dépit de ce terrible défaut plutôt que de chercher à le corriger. On cherche donc à protéger les vérités vraies individuelles même si elles sont en désaccord avec la bonne éducation ou même avec la loi. Les patients d’hôpitaux ont honte d’avouer certains de leurs actes pouvant avoir un lien avec leur maladie, alors on a inventé le secret médical. Les accusés en justice qui  sont coupables doivent être capables de payer des avocats avec lesquels ils pourront établir une défense, alors on a mis en place le secret professionnel juridique. Une entreprise qui possède un brevet technologique miraculeux doit avoir le droit d’être la seule à vendre son produit le plus cher qu’elle veut, alors on a créé le secret commercial.

 

Beaucoup disent qu’il est parfois nécessaire de cacher la vérité à quelqu’un parce que cette vérité peut faire mal ou l’amener à réagir de façon dangereuse pour lui ou pour les autres, en prétextant que « toute vérité n’est pas bonne à dire ». Mais comment pouvons-nous corriger nos erreurs si nous ne les admettons pas ? Comment une société peut-elle évoluer si elle n’expose pas ouvertement les problèmes qui la rongent de l’intérieur ? Cette situation malsaine est la conséquence directe de la concurrence, qu’elle soit entre les individus, entre les sociétés ou entre les états. Nous tâchons de faire que notre vérité officielle individuelle soit la plus reluisante possible parce que celui d’en face fait de même, et si nous osons avouer nos défauts en premier, rien n’oblige l’autre à faire de même. Il sera alors en position de force pour négocier un emploi, un contrat ou une transaction, nous laissant sur le carreau. Ce phénomène crée un phénomène de prédation sociale terrible où il n’y a que deux types de personnes qui peuvent gravir des échelons : les menteurs et les personnes irréprochables. Tous les autres ne sortent pas assez du lot pour s’en sortir.

 

L’absence de sincérité nous rend prisonniers des vérités officielles individuelles que nous avons créés pour nous sentir mieux et échapper au sentiment de honte face au regard des autres. Dès lors, nous ne sommes plus nous-mêmes, et au lieu de faire progresser spirituellement notre véritable personnalité, nous faisons progresser un étranger que nous avons invité à l’intérieur même de notre tête pour vivre à notre place parce que la vie elle-même nous est insupportable. Peu à peu, nous ne faisons plus partie de la réalité et le monde devient une gigantesque scène de théâtre où chacun joue un rôle qu’il a perfectionné au fil des années.

 

Voilà pourquoi la sincérité est importante. Elle nous permet de rester nous-mêmes, de reconnaître nos défauts pour pouvoir réfléchir à comment les corriger, et de partager la réalité avec ceux que nous rencontrons plutôt que de fabriquer du virtuel. En définitive, contrairement à la plupart des vertus que je défends dans mes articles, je n’ai pas tellement besoin de dire pourquoi la sincérité est bénéfique à l’humanité, car les conséquences de son absence démontrent déjà suffisamment que la sincérité est une condition sine qua non du bonheur personnel et collectif. Est-il besoin d’en dire plus ?

 

 

Prochain article : LA COMPRÉHENSION

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