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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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LE COURAGE

LE COURAGE

 

« Comprendre ce qui est juste et ne pas l’accomplir, c’est faire preuve d’un manque de Courage »

Confucius

 

 

L’espoir seul ne suffit pas toujours à décider d’agir, car les espoirs les plus grands nécessitent souvent des actions difficiles, risquées ou dangereuses dans leur réalisation même la plus partielle. Dans ce genre de situation, il est donc facile de succomber à la peur, que ce soit la peur de la douleur physique, de la souffrance mentale ou la peur de la mort, pour soi-même comme pour quelqu’un d’autre.

 

Mais avant d’aller plus loin, il est important de nous arrêter un instant sur le sentiment de peur afin de ne pas le voir comme un mal ou une faiblesse absolue, car il n’est mauvais qu’à partir du moment où il nous est imposé par des situations illogiques ou injustes. Nous ne mettons pas notre main sur une flamme par peur de nous brûler, mais devons-nous laisser quelqu’un mettre le feu à une forêt par peur qu’il ne s’en prenne à nous ? La peur de la douleur physique ou de la douleur mentale nous empêche de faire des choses dangereuses pour nous-mêmes, tandis que la peur d’être puni par la justice des hommes ou d’un pouvoir supérieur, dans cette vie ou dans un autre, nous empêche de nuire aux personnes qui nous entourent. Mais la peur d’être puni pour ses mauvaises actions lorsque l’on ne croit pas à une quelconque justice divine ne peut exister qu’à partir du moment où des gens sont prêts à défendre ce qui est juste en dépit des risques, faisant alors preuve de Courage.

 

C’est là qu’intervient inévitablement la valeur de la Justice que je développerai une autre fois. En effet, prendre des risques pour une action injuste ou stupide revient à de la témérité destructive, que ce soit pour nous-mêmes ou pour les autres, et elles n’ont que très rarement une conclusion heureuse pour tout le monde. Le Courage ne devient donc une vertu qu’à partir du moment où il permet d’accomplir ce qui est juste quels que soient les risques. C’est dans cette seule mesure que le courage devient le prolongement naturel de l’espoir. Le sentiment de Justice sert donc à tempérer le courage en lui indiquant si les moyens qu’il met en œuvre pour réaliser nos espoirs sont bons ou mauvais. On ne peut être courageux que lorsque nous faisons face à une situation injuste et que, en ayant conscience de son injustice et des risques associés, nous agissons. Car il n’y a pas de courage sans action, comme l’explique l’écrivain Paul Hawken lorsqu’il dit que « Vous pouvez blâmer les gens qui se cognent dans l’obscurité ou vous pouvez allumer des bougies. La seule erreur est d’avoir conscience d’un problème en choisissant de ne pas agir ».  

 

Toutefois, le vice que j’oppose au Courage dans mon cercle du Soi n’est pas l’inaction, car l’inaction face à l’injustice est parfois la seule solution pour éviter d’empirer les choses et peut être due à un manque d’espoir ou d’imagination quant à la manière de résoudre un problème. C’est pourquoi je préfère placer là l’oppression, qui me semble présenter une variante viciée et même corrompue du Courage, car elle consiste à prendre des risques non pas pour les autres mais uniquement pour soi-même. Elle apparaît lorsque l’énergie de volonté rassemblée pour agir est utilisée uniquement pour satisfaire notre ambition, née de l’Orgueil personnel, au lieu de défendre l’Honneur collectif. L’oppression peut exister à tous les niveaux de notre échelle sociale, et pas seulement dans le cadre d’un régime politique, car chaque individu possède en lui le pouvoir d’opprimer ses semblables du moment qu’il y voit un besoin de satisfaire ses besoins matériels ou de rassurer son égo en créant plus malheureux que soi-même. L’oppression peut avoir de nombreux objectifs, qu’ils soient issus de l’ambition personnelle ou du désir de se sentir mieux, et de ce fait elle peut prendre de très nombreuses formes allant de la plus évidente à la plus subtile. L’oppression intellectuelle en est probablement la forme la moins facile à repérer lorsqu’elle est accomplie avec stratégie et psychologie, et les spécialistes en publicités ou en communication y sont particulièrement familiers. Mais je ne dévierai pas plus loin dans le fonctionnement de notre société et je reviens si vous le voulez bien au niveau d’un seul individu. L’oppression d’un homme sur un autre porte directement atteinte à la liberté, ne serait-ce que la liberté d’expression ou même de pensée, un sujet très bien connu de Nelson Mandela qui a d’ailleurs dit « je ne suis pas vraiment libre si je prive quelqu’un d’autre de sa liberté. L’opprimé et l’oppresseur sont tous deux dépossédés de leur humanité ».

 

Concernant le sentiment de peur qui peut freiner le courage, l’une des peurs les plus fortes à notre époque moderne de relative paix semble être, de mon point de vue, la peur de la perte. Cette perte peut être matérielle, sociale (au travers de statuts particuliers) ou émotionnelle, mais à part pour cette dernière, ces pertes ne nous font peur qu’en raison d’un besoin personnel et non collectif. Or, plus on possède de biens matériels ou sociaux, plus on a peur de les perdre un jour. Dante disait cependant que « qui n’est pas capable d’être pauvre n’est pas capable d’être libre », et cela est toujours d’actualité aujourd’hui puisque, dans le même registre mais de manière plus extrême, Marthin Luther King disait « Tant qu’un homme n’a pas découvert quelque chose pour lequel il serait prêt à mourir, il n’est pas à même de vivre ». Le courage tient donc dans ce que nous sommes prêts à accepter de subir pour atteindre nos rêves ou pour que nos semblables puissent les atteindre un jour. La souffrance, quelle qu’en soit la nature, est parfois un risque à courir mais parfois également un passage obligé sur notre chemin, et le courage consiste alors à s’y lancer sans attendre qu’un autre le fasse pour nous. Et enfin, le courage peut également être de se relever après un revers du destin pour essayer à nouveau même si on risque de subir à nouveau le même revers et bien plus car, si on y réfléchie bien, l’échec n’existe pas à partir du moment où l’on chute, mais à partir du moment où l’on reste par terre.

 

Le philosophe romain Sénèque disait déjà, il y a deux millénaires de cela, que « Ce n’est pas parce que les choses sont difficiles que nous n’osons pas, c’est parce que nous n’osons pas qu’elles sont difficiles ». De ce fait, on peut dire qu’oser c’est déjà réussir à moitié. Mais nous ne devons pas oser parce que d’autres nous disent qu’il est nécessaire d’agir, nous devons oser parce que nous sommes nous-mêmes convaincu de la nécessité d’agir. C’est pour cette raison que le courage a besoin d’espoir pour exister, car l’espoir nous permet de visualiser l’avenir réalisable au travers de l’action, cette vision nous donnant alors la volonté de dépasser nos limites en visant plus loin que ce que nous croyons être possible. Et je terminerais cet article sur une citation de Charles de Gaulle qui, en homme cultivé et militaire à la vision large, disait très justement que « les grands pays le sont pour l’avoir voulu ».

 

 

Prochain article : LA JUSTICE

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