Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
L’ESPOIR
« Tout ce qui est fait de grand dans le monde est fondé sur l’Espoir »
Marthin Luther King
Comme vous l’aurez peut-être remarqué, toutes les vertus périphériques de mon cercle de l’éthique (présenté dans le texte d’introduction de ma Voie) nécessitent une ouverture de soi-même vers les autres, tandis que les vices du cercle de l’Orgueil nous enferment progressivement dans une solitude mentale où notre orgueil se suffit à lui-même, protégé du reste du monde par une armure de mépris. Dans le processus d’ouverture vers les autres, selon moi l’espoir est la première force qui doit être exprimée, car c’est de l’espoir que peut naître l’action. Tout ce que nous faisons dans nos relations avec les autres est basé sur un ou plusieurs espoirs portant sur des buts à courts, moyens ou longs termes. A travers ces espoirs, nous nous attribuons donc des objectifs qui nous motivent pour aller de l’avant. Il s’agit donc là de la force qui est à l’origine du Courage et de tout ce que ce dernier nous permet d’accomplir, que ce soit avec ou pour les autres personnes qui nous entourent.
L’espoir est en quelque sorte le reflet de notre futur idéalisé par le sentiment d’Honneur, car c’est avant tout une projection dans l’avenir, ou du moins dans un possible avenir où ce que nous souhaitons pour ceux dont nous nous sentons proche serait réalisé. Mais de ce fait, et comme l’enseigne très bien le bouddhisme à travers les deux premières des quatre nobles vérités, Dukkha et Samudaya, un espoir ne pourra presque jamais être parfaitement réalisé et nous devons en être parfaitement conscient afin de réduire la déception qui découlera inévitablement du résultat final. Cela ne signifie pas que nous devons toujours revoir à la baisse nos espérances simplement par peur de la déception, car cela reviendrait à réduire notre Courage et donc à obtenir un résultat encore inférieur, aboutissant tout de même à la déception. Comme le disait si bien le poète américain James R. Lowell, « Ce qui est criminel ce n’est pas d’échouer, c’est de viser trop bas ». C’est la peur de cette souffrance qui contribue à enfermer tant de personnes dans un immobilisme improductif qui est même source de gaspillage en ce qui concerne le potentiel des personnes affectées. L’espoir est indispensable à tout progrès social, et un projet sans espoir est un projet dans lequel on ne croit pas, donc un projet déjà à moitié mort. Nous devons par conséquent entretenir l’espoir dans nos actions au quotidien tout en sachant qu’une part plus ou moins grande de déception nous attend à l’arrivée. Notre capacité à accepter cette déception fera l’objet d’un futur article sur la Sérénité.
Mais de la même façon que pour l’Honneur et l’Orgueil, il existe une version pervertie de l’Espoir que je désigne sous le terme d’ambition. La différence est toujours de la même nature : l’Espoir possède une dimension vertueuse en visant des objectifs collectifs qui bénéficient également et même parfois uniquement à d’autres personnes sans en gêner d’autres, tandis que l’ambition est toujours purement personnelle et cause très souvent du tort à quelqu’un. Les objectifs que nous nous fixons peuvent ainsi être néfastes pour un individu ou une communauté, parfois physiquement, parfois virtuellement au travers d’aspects financiers ou administratifs, et parfois spirituellement au travers d’atteinte au sentiment d’Honneur. L’ambition constitue donc une forme viciée de l’espoir qui, au lieu d’être tournée vers les autres, est dirigée uniquement vers nous-mêmes, donc vers notre orgueil, ce qui est contraire à l’éthique de ma Voie. Il est nécessaire de penser à soi pour assurer sa propre survie, mais se laisser guider par ses ambitions revient à considérer les autres comme des obstacles ou des ennemis, entretenant ainsi la méfiance et la haine pour finalement devenir moins qu’un être humain. Lorsque Goethe disait que « Celui qui ne fait rien pour les autres ne fait rien pour lui-même », je pense qu’il parlait principalement ou très majoritairement de l’impact des actions de l’individu sur sa dimension spirituelle, et non sur l’aspect purement matériel ou émotionnelle de ses ambitions.
D’autre part, sans constante connaissance des désastres que peut avoir notre ambition personnelle sur la réputation de nos semblables, nous nous laisserions guider par des instincts presque bestiaux dont la plupart empièteraient sans vergogne sur les libertés individuelles et salirait l’Honneur collectif d’innombrables individus. Sur ce point-ci, ma pensée rejoint en partie celle d’un courant de penseurs désigné comme les conséquentialistes, qui insistaient sur l’importance de l’étude préalable des conséquences possibles de nos actions avant d’agir. Bien que cette éthique téléologique soit critiquée sur plusieurs points, en particularité sur le fait qu’elle permettrait d’expliquer même les actes les plus atroces imaginables par l’esprit humain en jouant sur le point de vue, j’estime que la capacité d’anticiper les conséquences de nos actions est un outil indispensable à l’éthique de la vertu qui est à la base de ma Voie. En effet, on peut très bien nourrir des espoirs qui nous paraissent à première vue magnifiques et parfaitement humanistes tant que nous n’en avons pas étudié toutes les conséquences possibles. L’espoir doit donc être doublé d’une solide capacité de raisonnement logique pour étudier ces conséquences ainsi que d’une certaine notion de ce qui est juste ou non. Ces deux aptitudes seront traitées respectivement dans les articles sur la Raison et sur la Justice.
Une fois qu’un espoir naît en nous, il doit être protégé et nourri en permanence pour pouvoir grandir avant de se réaliser. En effet, il n’y a probablement rien de plus fragile qu’un espoir naissant, surtout dans notre monde actuel où nous pouvons si facilement trouver des justifications, des excuses ou des arguments pour absolument tout ce qui pourrait s’opposer à n’importe quel projet. Très peu de concepts ne possèdent aucun contradicteur, toute vision peut être contesté par un point de vue différent, et toute nouvelle idée doit subir l’épreuve du feu d’une l’opposition plus ou moins argumentée de la part de nos semblables. Au début de sa vie, un espoir n’est rien d’autre qu’une idée et/ou une vision d’un possible futur, ce qui correspond respectivement au moyen et/ou à la finalité idéale vers laquelle nous souhaitons aller. Ces deux aspects peuvent donc aisément être attaqués de manière plus ou moins violente selon la raison de l’attaque, toutefois c’est là le moment le plus important de la naissance de l’espoir : la confrontation avec les autres.
Car tout comme beaucoup de qualités qui font partie de ma Voie, l’Espoir a besoin du contact des autres pour exister, pour s’épanouir et se réaliser, faute de quoi il doit continuellement être alimenté en volonté par notre sens de l’Honneur. C’est en allant vers les autres et en joignant nos espoirs aux leurs que nous pouvons être réconfortés dans la justice de nos actions ainsi que dans la potentialité de leur succès. Toutefois bien entendu, il ne faut pas éviter le contact de ceux qui ne partagent pas vos espérances car sinon cela revient à se mettre des œillères de façon à ne voir que l’objectif que nous nous sommes fixé, seule lumière dans un paysage dont nous avons retiré tout le reste, et qui nous semble alors briller d’une absolue perfection. Certains disent en plaisantant que pour faire un bon intellectuel médiatique il ne faut lire qu’exclusivement des auteurs partageant vos idées, mais nous faisons tous cela à différentes échelles. Je pense au contraire qu’il serait très enrichissant pour chacun d’étudier de manière objective et réaliste certains textes parmi les plus controversés comme Mein Kampf, Les protocoles des Sages de Sion (en prenant bien en compte pour celui-ci qu’il s’agit d’un faux) ou Les Damnés de la Terre, pour avoir une meilleure vision d’ensemble de notre monde et de notre histoire. La discutions argumentée avec des pensées opposées et constructive est nécessaire pour mieux voir toutes les facettes de nos espoirs, et ceci sera l’objet d’un futur article sur l’Ecoute.
En définitive pour cet article, et pour ouvrir sur celui du Courage, je dirais que l’Espoir véritablement vertueux tel que je le conçois et tel que je l’oppose à l’ambition se doit d’être profondément inspiré par un sentiment d’honneur tout en étant tempéré par un sens de la justice. Ce n’est qu’ainsi que l’on peut se définir un but qui soit bénéfique pour les autres et que l’on sait juste, donc rassembleur. Et puis, comme l’a si bien dit Albert Einstein, « Il est grand temps de remplacer l’idéal du succès par celui du service ».
Prochain article : LE COURAGE