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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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LA RAISON

LA RAISON

 

 

« La Raison est la première victime de toute émotion violente »

Frank Herbert

 

 

Lorsque l’on parle de raison, on y associe souvent trop rapidement les notions de conscience et de Justice, sujet que j’ai traité dans l’article précédent, et on oublie qu’il s’agit avant tout de savoir faire preuve de discernement et de logique. Rien ne sert d’avoir un profond sens du devoir et du bien si nous avons un raisonnement illogique car nous iront dans la mauvaise direction, et de la même manière il est tout aussi improductif de s’ouvrir vers le monde et vers les autres si nous sommes incapables de discerner tout ce qui n’est pas évident. L’un des torts plus ou moins indirect de la société de l’ultra-information est que plus personne ne cherche à réfléchir : tout le monde va sur internet chercher les réponses directement – et encore, parfois ce ne sont que de mauvaises réponses. Le même reproche avait été fait par les enseignants lorsque la calculatrice a commencé à se répandre dans les lieux scolaires, faisant disparaître le calcul mental dans les esprits des élèves, et le manque de cette faculté commence progressivement à se voir non seulement dans les jeunes générations mais aussi dans les milieux professionnels.


Notre cerveau est comme un muscle : si on ne le stimule pas, il ne se développe pas si je puis dire. Or, d’après les nombreuses études neurologiques sur le sujet, le cortex cérébral de l’Homme est divisé en plusieurs centres à peu près bien identifiés assurant chacun un ou plusieurs rôles précis, ce qui veut dire qu’il ne suffit pas de développer son côté émotionnel pour subitement voir sa capacité de réflexion croître de la même manière. On peut donc dire que notre cerveau n’est pas comme un unique muscle mais comme un ensemble de nombreux muscles, et ceux qui fréquentent les salles de « remise en forme » savent qu’il est important d’entretenir tous ses muscles à la fois. La même méthodologie doit être appliquée à notre mental, et cela passe par l’entretien de notre Raison, qui dans ma vision de ma Voie représente notre capacité à raisonner. Mais avant d’aller plus loin, précisons que je parle ici uniquement de la capacité d’utiliser nos connaissances et notre expérience personnelle pour trouver des idées, des solutions et des déductions. La capacité d’assimilation et de mémorisation d’informations est un procédé de bien peu d’intérêt ici et qui concerne plutôt la qualité de Culture,  aussi ne m’attarderai-je pas dessus.


De la même manière que la culture peut être segmentée en plusieurs domaines de connaissance (histoire, littérature, science, etc.) la raison telle que je la conçois est divisée en plusieurs disciplines ayant chacune leur mode de raisonnement propre, ce dernier étant plus ou moins adapté pour une situation donnée et pour l’objectif que l’on souhaite atteindre. Parmi ces types de raisonnement, on peut distinguer par exemple le raisonnement scientifique du raisonnement philosophique, ou le raisonnement politique du raisonnement économique, ou encore le raisonnement religieux du raisonnement militaire. Mais cela ne concerne pas seulement l’éducation, la profession ou les convictions idéologiques : on distingue également le raisonnement optimiste du raisonnement pessimiste, le raisonnement anticipatif du raisonnement mémoriel, ou encore le raisonnement constructif du raisonnement destructif. Selon ce que nous sommes habitués à penser, nous empruntons l’un ou l’autre de ces « moteurs de recherche », si je puis dire, pour surfer sur la toile de nos propres connaissances et expériences.


J’en profite pour me concentrer un bref instant sur deux catégories particulières qui sont le raisonnement de l’action et le raisonnement de l’inaction, deux modes de pensée qui sont très bien expliqués par un proverbe arabe disant que « Qui veut faire quelque chose trouve un moyen ; qui ne veut rien faire trouve une excuse ». Lorsque l’on associe cette vision à celle de Benjamin Franklin lorsqu’il disait que « Ceux qui sont habiles à trouver des excuses ne le sont pour rien d’autre », on comprend déjà un peu mieux comment fonctionne notre société actuelle et comment se sont créé beaucoup de ses problèmes majeurs. La méfiance, la paresse et la désespérance sont trois fléaux du raisonnement car ils nous amènent à ne jamais chercher à résoudre les problèmes auxquels nous faisons face, provoquant un immobilisme qui favorise par la suite la croissance des problèmes existants et l’émergence de nouveaux problèmes annexes. Et comme disait Albert Einstein, « aucun problème ne peut être résolu sans changer le niveau de conscience qui l’a engendré ». Nous devons donc trouver les moyens de transformer la tendance passive des esprits actuels pour entrer dans une époque d’intense réflexion afin d’améliorer notre qualité de vie, ne serait-ce que d’un point de vue mental.


Il n’existe néanmoins selon moi aucun type de raisonnement parfait, car aucun mode de pensé pris individuellement et de façon systématique ne peut permettre de résoudre toutes les situations et problèmes que la vie nous présente. Au lieu de cela, je pense qu’il faut utiliser plusieurs raisonnements différents l’un après l’autre pour, comme le disait le personnage de Robin Williams dans le Cercle des Poètes Disparus, « changer de point de vue ». Pour simplifier, on peut dire qu’un raisonnement donné permet d’analyser une situation en la regardant depuis un certain angle, mais il est impossible de la voir entièrement sans changer de point de vue, donc de raisonnement. L’ouvrage Six chapeaux pour penser, de Edward de Bono, est probablement un très bon début pour se constituer un petit arsenal de raisonnements différents bien aiguisés pour mieux analyser chaque situation et, bien que cet ouvrage soit avant tout adressé au milieu de l’entreprise dans le cadre de réunions professionnelles, il s’ouvre également à l’amélioration de la réflexion personnelle.


Dans ce livre, l’auteur explique que pour éviter la censure trop rapide d’idées nouvelles dans un groupe de personnes, il faut forcer ces mêmes personnes à considérer l’idée plusieurs fois en endossant à chaque fois un chapeau de couleur différente représentant un mode de pensée bien précis :

  • Chapeau blanc, la neutralité : le penseur énonce des faits purement et simplement pour alimenter le groupe en chiffre et en information. C’est l’image de la froideur, le goût de la simplicité, le minimalisme.

  • Chapeau rouge, la critique émotionnelle : le penseur rapporte ses informations teintées d’émotions, de sentiments, d’intuitions et de pressentiments et n’a pas à se justifier auprès des autres chapeaux. C’est le feu, la passion, l’intuition.

  • Chapeau noir, la critique négative : le penseur fait des objections en soulignant les dangers et risques qui attendent la concrétisation de l’idée. C’est la prudence, le jugement négatif, le pessimisme.

  • Chapeau jaune, la critique positive : le penseur admet ses rêves et ses idées les plus folles et émet des commentaires constructifs en tentant de mettre en action les idées suggérées par les autres membres du groupe. C’est le soleil, l’enthousiasme, l’optimisme.

  • Chapeau bleu, le meneur de jeu : le penseur provoque, recherche des solutions de rechange, s’inspire de la pensée latérale sort des sentiers battus et propose des idées neuves. C’est la fertilité, l’originalité, l’imagination.

Il est absolument nécessaire de tous les essayer avant de prendre une décision finale, pas forcément dans l’ordre ci-dessus bien que dans le cas d’une réflexion individuelle je ne vois pas comment débuter la réflexion sans utiliser d’abord la neutralité pour énumérer les données à notre disposition. Personnellement, je pense que nous passons tous inconsciemment par tous ces modes de pensée lorsque nous réfléchissons à un problème ou à une idée, mais que pareil à une réunion d’entreprise où certains crient plus forts ou avec plus de conviction que les autres, nous avons tous des raisonnements qui sont plus développés que d’autres et que nous écoutons donc plus facilement. J’ai beaucoup progressé dans mes relations avec les gens à partir du moment où j’ai commencé à m’efforcer de réfléchir de manière optimiste, ne serait-ce que quelques instants. C’est d’ailleurs suite à l’épanouissement de ce mode de raisonnement que j’en suis arrivé à débuter l’écriture de ces articles sur ma Voie spirituelle.


Nous avons trop tendance à nous laisser emporter par nos émotions, dont la violence nous force à réagir trop vite sans consulter les autres voix dans nos têtes avant de se forger un avis sur telle ou telle question, et la citation que j’ai placée en début d’article l’illustre très bien. De la même façon, la critique négative peut très facilement s’autoalimenter pour nous entraîner dans une spirale de pessimisme, et on fini par ne voir les choses que sous leur plus mauvais aspect en oubliant le reste. Ayant un peu voyagé à l’étranger et consulté de nombreux articles de la presse internationale, je peux témoigner que le peuple français auquel j’appartiens et je m’identifie est considéré comme un peuple extrêmement râleur, jamais content et qui a beaucoup du mal à se retenir de critiquer les autres. Bien entendu, c’est une image qui n’est probablement due qu’à une minorité, mais une minorité suffisamment nombreuse ou suffisamment active pour entretenir cette bien triste réputation. On peut d’ailleurs ici faire aisément le lien avec le phénomène d’emprunt de la crédibilité que je décris dans mon article sur l’Honneur.


Pour finir avec cet article sur la Raison, je souhaiterais parler d’un phénomène de pensée que j’ai rencontré chez beaucoup de personnes lors de récentes discussions sur des sujets faisant appel directement aux qualités de ma Voie : celui du rappel du passé. Je ne dénie pas le fait qu’il faut savoir s’appuyer sur l’Histoire, ou plus communément sur le passé pour éviter de répéter certaines erreurs ou pour comprendre comment telle culture s’est formée, comment tel ou tel mode de fonctionnement a été mis en place, et d’où nous viennent les valeurs dont nous avons héritées. Mais trop souvent je vois des gens invoquer le passé pour dire que, « ça a toujours été comme ça et ça continuera d’être comme ça pendant encore longtemps ». En gros, cela revient à dire que si une chose doit être changée, les gens préfèreraient que ça se fasse lorsqu’ils ne seront plus là, mais si ce mode de pensée se perpétue de génération en génération, on ne risque pas de faire changer les choses un jour. Et puis comme le disait si bien l’auteur américain Tom Peters,  « Le plus grand danger aux époques de turbulence, ce n’est pas la turbulence en soi, c’est de réagir avec les logiques d’hier ». Reste à déterminer à partir de quel niveau de secousse les gens considèrent que nous sommes dans une époque de turbulence…

 

 

Prochain article : LA DROITURE

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