Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
LA DROITURE
« Nous sommes ce que nous répétons chaque jour »
Aristote
En raison de son importance capitale pour ma Voie, cette vertu aurait très certainement occupé la place centrale de mon cercle du Soi si elle n’avait pas tant besoin d’être entretenue par une puissante force de volonté héritée de l’Honneur. Car la Droiture, dans sa dimension vertueuse employée pour le bien commun et non pour le profit personnel, ne peut exister sans un rappel constant de nos obligations dans nos engagements, ce qui explique d’ailleurs qu’elle soit également reliée à la vertu de Loyauté au travers de l’Education.
Mais avant de commencer, qu’est-ce que la droiture ? Selon la définition la plus communément acceptée, il s’agit de la disposition d’un individu à toujours se conduire conformément aux règles du devoir. Il existe de très nombreux devoirs auxquels nous pouvons être attachés en fonction de notre situation : le devoir de père ou de mère, d’époux(se), de salarié(e), de citoyen(ne), et encore beaucoup d’autres. Les militaires et autres membres d’organisations armées sont probablement ceux qui se sentent les plus concernés par ce concept du devoir en raison de la grande responsabilité qui découle de ces organisations. Cependant, il semblerait qu’en dehors de cette catégorie d’individus le sens du devoir ne soit pas maintenu avec autant d’importance qu’il le devrait. Ce n’est pas parce que la responsabilité de l’ouvrier est apparemment moins importante que celle du soldat qu’il ne doit pas concevoir la responsabilité de sa tâche et en accepter les devoir qui y sont associés. Mais laissons un instant de côté les responsabilités liées au monde du travail et concentrons-nous plutôt sur les devoir de notre vie civile, celle de tous les jours.
Je ne parlerai pas de devoir de citoyen, car en ces temps troublés beaucoup trop de personnes ne s’identifient pas forcément à la société d’aujourd’hui et elles pourraient donc ne pas se sentir concernées. Au lieu de cela je parlerai de devoir d’être humain auquel, à moins de se considéré comme un extraterrestre, un démon ou la prochaine étape de l’évolution humaine, il serait bien difficile d’échapper. Car oui, en tant qu’êtres humains nous avons tous un devoir commun si l’on en croit Albert Einstein, avec lequel je suis entièrement d’accord lorsqu’il écrivit que « c’est le devoir de chaque homme de rendre au monde au moins autant qu’il a reçu ». Que faut-il entendre par là ? Personnellement, je pense que tout ce que nous recevons plus ou moins directement de la société et des gens autour de nous ne devrait pas être considéré comme une récompense méritée ou chanceuse, mais plutôt comme une opportunité d’améliorer notre monde chacun à notre manière. Je suis moi-même conscient que ma situation est grandement confortable par rapport à la très grande majorité des hommes et des femmes du monde entier et je me sens donc redevable, de par mon devoir d’être humain, d’utiliser les moyens qui me sont offerts depuis ma naissance pour faire en sorte que l’humanité devienne meilleure. Pour le moment, l’écriture est mon outil le plus efficace, et c’est pourquoi j’écris ces articles sur ma Voie afin de faire changer le monde au travers de l’esprit des gens, agissant conformément à cette phrase de l’écrivain américain Richar Bach : « Il existe un moyen de savoir si votre mission sur terre est terminée : si vous êtes vivant, c’est qu’elle ne l’est pas ».
Mais ceci n’est que la vision générale du devoir d’être humain, l’objectif à long terme, le but final de notre existence. Maintenant nous devons nous poser la question de comment respecter ce devoir par notre comportement au jour le jour ? Et bien pour ma part, il s’agit tout simplement de vivre de manière exemplaire en suivant scrupuleusement l’ensemble des autres qualités qui composent mon cercle de l’éthique. Nous arrivons donc au délicat sujet de l’exemplarité, sujet qui fait tiquer tant de personnes avis qui j’en ai parlé, mais qui constitue néanmoins l’une des deux pierres d’angle de ma Voie avec l’Honneur. Pourquoi fait-il donc tiquer ? D’après mes propres expériences d’observations et de discussion, je pense avoir décelé au moins trois raisons majeures, ou plutôt trois excuses pour rebondir un instant sur mon précédent article sur la Raison :
D’après mon expérience personnelle, je peux donc dire que l’exemplarité n’est une utopie que dans l’esprit de ceux qui n’ont pas le désir ou le courage de changer. Les modèles de droiture étant de moins en moins nombreux ou de moins en moins écoutés dans notre société, les masses sont alors facilement influencés par d’autres modèles beaucoup moins légitimes et surtout beaucoup moins respectables. Ces modèles de société, qu’ils soient autoproclamés ou imposés par les puissances de ce monde, se croient donc les maîtres et assoient encore plus leur influence sur les esprits non éveillés, inconscient des terribles conséquences que cela implique. Les masses se croient dans le juste, ou plutôt dans la « normalité » (bon sang que je déteste ce mot), en voyant dans leur entourage au quotidien le reflet de leur propre comportement malsain. Cependant, tout comme l’écrivain philosophe indien Jiddu Krishnamurti le faisait remarquer, « Ce n’est pas un signe de bonne santé que d’être bien adapté à une société profondément malade ».
Toutefois, et toujours selon mes propres observations, j’ai le profond sentiment que beaucoup de personnes suivent les modèles actuels de notre société tout en ayant pleinement conscience que ce sont de mauvais modèles dénués de droiture, cherchant seulement à ne pas se faire remarquer ou à ne pas se retrouver seul. Si je comprends parfaitement leur choix, ce n’est pas pour autant que je l’approuve, car la facilité et le confort sont le genre de luxes qui ont amené l’humanité à se dire avec tant de négligence « après moi le déluge ». Nous avons tous, chacun de nous, une responsabilité envers nos semblables : leur être utile. Nous avons une responsabilité envers nos enfants : leur laisser un monde au moins aussi bon que celui que nous avons reçu. Et nous avons une responsabilité envers nos ancêtres, où qu’ils se trouvent : faire en sorte qu’ils puissent être fiers de nous.
L’exemplarité est donc ma Voie, et elle doit se transcrire dans chaque chose que je fais. En effet, cela ne sert à rien d’être exemplaire en publique pour retomber dans de mauvaises pratiques dès que personne ne vous regarde, car cela revient à de l’hypocrisie et ne devient alors jamais une vérité dans notre esprit. Peu importe les excuses que vous pourrez trouver, l’exemplarité devant les autres et devant vous-même s’écroule dès que vous l’interrompez ne serait-ce qu’un instant, car comme le disait très bien St Bernard, « Ce que l’on fait crie plus fort que ce que l’on dit ». A cela on peut ajouter « ce que l’on pense nous crie plus fort que ce que l’on fait », puisque tant que vous devez penser à agir selon la Droiture vous n’êtes pas encore parfaitement droit dans votre esprit. Lorsqu’un geste est pratiqué régulièrement, il passe progressivement du statut conscient au statut inconscient, devant au final un geste naturel que nous exécutons par la suite sans réfléchir à chaque fois qu’une situation similaire se présentera. Il en va de même pour la pensée et les raisonnements, ce qui inclue la Droiture. La Droiture doit donc constituer à se comporter de manière constante suivant notre définition de ce qui est juste pour répondre à notre devoir d’être humain. Par extension, cela signifie également répondre à nos autres devoirs hérités de notre condition social et que j’ai brièvement évoqués en début d’article.
Face à une vertu d’une telle importance pour moi je ne pouvais opposer qu’un mal à la dimension toute aussi grande, et je pense que la notion de Chaos est probablement celle qui convient le mieux. Le chaos tel que je le conçois ici peut exister sous deux aspects dans l’esprit des gens : en tant que forme ou en tant que fond de notre comportement. Un comportement de forme chaotique est un comportement facilement variable, incertain, changeant selon les humeurs et selon les envies, un comportement où la raison peut aisément faire place à la colère. C’est l’une des choses que je supporte le moins chez les gens car cela les rend totalement imprévisibles et insondables, rendant toute relation durable très difficile et toute discussion sérieuse quasiment impossible. Peut-être est-ce une forme d’auto-défense mentale, mais en tout cas je pense que ceux qui sont dans ce cas sont non seulement très seuls, au moins dans leur tête, mais aussi très malheureux sans aucune raison autre que cette forme de comportement chaotique. Dans les cas les plus extrêmes, c’est ce qui amène aux affaires inexcusables de femmes et d’enfants battus, aux crimes « passionnels » et aux saccages en tous genres.
Le chaos en tant que fond comportemental, c’est-à-dire en tant que finalité, signifie pour moi avoir des intentions volontairement malsaines et allant à l’encontre d’un ou de plusieurs de nos devoirs, qu’il s’agisse du devoir d’être humain, du devoir de parent ou de n’importe quel autre. Car, oui, il ne faut pas se le cacher, le chaos peut être un objectif plus ou moins inavoué chez certaines personnes, que ce soit par ambition personnelle, par dégoût de la société ou par folie à différents degrés, et je pense qu’il s’agit là des individus parmi les plus imperméables aux qualités qui font partie de ma Voie. Le pire, c’est que les personnes qui expriment des intentions chaotiques ont rarement un comportement de forme chaotique comme décris précédemment, ce qui les rend encore plus dangereux. Jusque-là je n’ai cité dans mes textes presque exclusivement que des hommes plus ou moins historiques, mais ici je souhaite tout de même reprendre cette bien sombre réplique du personnage d’Alfred dans le film The Dark Knight, qui a tellement de poids dans sa version originale : « some men aren't looking for anything logical, like money. They can't be bought, bullied, reasoned, or negotiated with. Some men just want to watch the world burn ».
Au final, la droiture est pour moi ce qu’est le succès pour d’autres : un objectif qui s’amplifie au fur et à mesure qu’on le réalise pour finalement ne jamais pouvoir être atteint pleinement. Certains appelleront ça du perfectionnisme, je préfère parler d’idéalisme. Albert Schweitzer disait justement à ce sujet que « L’idéal est pour nous ce qu’est l’étoile au marin : il ne peut être atteint mais il demeure un guide ». Chacun d’entre nous doit trouver sa propre étoile pour le guider, cette étoile pouvant être soit imaginaire soit incarnée en une personne qui devient notre modèle, puis la suivre. Le problème est que, dans notre époque d’hyper-information, il est extrêmement difficile de trouver une personne qui soit totalement exempte de défauts à l’exception des personnages religieux. Et pour conclure cet article tout en faisant une parfaite liaison avec le prochain qui concerne l’Education, je vous citerai cette très belle et très juste phrase de Gandhi : « Vis comme si tu devais mourir demain. Apprends comme si tu devais vivre toujours ».
Prochain article : L’ÉDUCATION