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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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Les Enfants de la Raison, chap4

4.Ces liens invisibles qui guident le monde :
          J’attends les cours de l’après-midi avec une impatience qui m’était jusque là inconnue. Pourquoi est-ce que je chercherais à tout prix à me rapprocher d’elle ? Sans doute parce qu’elle est comme moi.C’est vrai qu’elle est aussi très isolée, et froide, incroyablement froide. On dirait qu’elle s’est érigée une carapace autour de son cœur qui ne laisse rien filtrer, tout comme moi. Pourtant son regard m’en a dit long lorsqu’elle m’a regardé à la fin des TP : elle croit en des valeurs perdues comme la loyauté, l’honnêteté et le romantisme.
           Comment ne pas être perturbé au plus profond de soit par ce regard de tendresse, plein de promesses que l’on a si longtemps cherché ? C’est rare de trouver une jeune fille qui recherche le romantisme, car les filles d’aujourd’hui ne cherchent pas l’amour mais le réconfort. Le plus souvent un gars baraqué, plutôt grande gueule, et que l’on ne se risque pas à affronter ni à ridiculiser, est un candidat de choix. Les filles ne recherchent plus celui qui leur dira ces mots doux qui se disent entre deux cœurs amants, celui qui sera prêt à tout pour elles, et qui leur inspirera les plus tendres moments de leur vie. Ces valeurs sont aujourd’hui perdues… mais pas pour tout le monde.
                    -   Salut Célestin, fait Constance en surgissant derrière moi.
            Je sursaute brusquement, ne l’ayant même pas entendu venir. Elle est bien là, me souriant de nouveau avec ce regard de bonté et de gentillesse qui me fait tant vibrer. Je fais un terrible effort pour cacher mes sentiments, et lui dis :
                    -   Salut. Tu arrives tôt dit-donc !
                    -   Oui. J’aime apprécier le calme de l’attente avant la tempête des cours. C’est un moyen de canaliser le calme nécessaire pour ne pas craquer.
                    -   Craquer face à quoi ?
                    - Oh ! Plein de choses : les sarcasmes d’un prof, les propos rabaissant des élèves, ou l’incohérence de leurs buts,… il y a tellement de moyen de se sentir mal lorsqu’on observe les autres.
                    -    Je te comprends.
              Elle est bien comme moi. Renfermée, isolée des autres volontairement, et incroyablement mature. Je crois même qu’elle est plus mature qu’une grande part des adultes de notre société. J’aimerais tant lui apporter la preuve que nous sommes pareils.
                     -   On entre ? propose-t-elle.
            J’accepte sans hésiter, et nous prenons place dans l’amphithéâtre, côte à côte, dans un coin où personne ne va jamais, c’est à dire les trois premiers rangs, pour être sûrs d’être seuls entre nous. Une fois que nos affaires sont prêtes pour le cours qui n’a pas encore commencé, je me décide à lui parler :
                     -    Tu sais, Constance, je … j’admire beaucoup ta façon de penser. Parce que j’ai longtemps cherché quelqu’un comme toi, pour pouvoir ne pas me sentir seul, abandonné dans un monde sans raison. Tu es… un rayon de soleil… pour moi.
            Je cherche alors à déceler une réaction chez elle mais ne trouve rien, juste un léger amusement que je ne comprends pas. Tant pis. Je n’ai pas l’air d’être tout à fait son genre. Mais peut-être qu’il vaudrait mieux n’être que de simples amis ?
             Brusquement, la porte de la salle s’ouvre et le professeur de physique entre dans la salle. Immédiatement, il nous remarque et s’arrête pour faire :
                      -    Tient donc ! Vous êtes un peu plus rapprochés depuis les TP ? C’est bien. A ce propos, j’ai lu vos rapports d’analyse à tous les deux. C’est très bien. En conséquence vous resterez ensemble pour les TP en binôme afin de développer votre esprit d’équipe.
                      -    Merci monsieur, répondis-je ainsi que Constance.
              Nous avons gagné notre première manche, ici : celle du respect. Maintenant cet enseignant nous considèrera autrement qu’avec des faits sans rapport avec la capacité de travail. J’ai toujours détesté les personnes qui observent quelqu’un pendant à peine dix secondes et lui collent ensuite une étiquette, le jugement ayant été rendu. De cette façon, la personne que l’on juge ne pourra jamais se débarrasser de la réputation que les autres ont fondée sur presque rien, et la subira aussi longtemps qu’il fréquentera ces gens. Heureusement, ce prof n’est pas de cette sorte, il est capable de revoir son jugement et de le faire évoluer.
               Rapidement, le reste de la classe pénètre dans la salle et s’y disperse, comme un peloton de soldats prenant position pour encercler un ennemi isolé avant de le neutraliser. Cela m’a toujours amusé de voir combien certains élèves peuvent prendre un malin plaisir à torturer les autres rien qu’avec des mots. Et dans la plupart des classes, l’organisation hiérarchique est toujours la même : deux ou trois rigolos qui amusent la galerie et sont vus comme des meneurs, ensuite un grand ensemble d’élèves qui subissent ou suivent les meneurs, et enfin deux ou trois silencieux, des passifs, comme nous. Cette classe ne fait pas exception, et il n’est pas difficile d’identifier les trois grandes gueules, rassemblées au même endroit comme pour combiner leur puissance de feu vocal, et entouré de nombreux autres « petits singes », comme je les appelle.
              Les petits singes sont pour moi des personnes incapables de vivre seuls. Ils ont besoin des autres pour exister, à travers ce qu’ils leur donnent, de bon ou de mal grés. Ce sont des gens qui ne sachent rien faire d’autre qu’imiter les meneurs, incapables de s’inventer une personnalité, un look, une passion, ou même un style musical. Pour eux, s’ils ne conviennent pas aux goûts des meneurs, ils seront rejetés, et dans ce cas ils n’existeront plus ; ils auront perdu ceux qui leur donnaient une certaine attention, ceux dont ils se partageaient les restes de gloire en se contentant de leur plaire, même si au fond d’eux ils n’aimaient pas cela. Ce sont des gens en désaccord avec ce qu’ils sont, ou plutôt ce qu’ils auraient dû ou put être. Pour moi, calquer ses mouvements, ses habitudes et ses goûts sur ceux d’un autres est une marque de lâcheté, un refus d’accepter l’isolement pour être sois-même. Peu importe que l’on m’ignore, tant que je reste ce que je suis, ce que j’ai toujours voulu et aimé être.
                Pourtant, alors que je balaye la salle du regard, je remarque de nombreuses personnes isolées, aux regards vides et perdus dans le lointain. Sans doute des nouveaux qui se retrouvent perdus dans un lieu où ils ne connaissent personne. J’étais comme cela à ma première année de fac, et j’aurais bien voulu me faire des relations pour me tirer de l’ennuie. Dans les yeux de ses garçons et filles seuls, je retrouve cette douloureuse sensation de la solitude.
          - Que regardes-tu ? me fait Constance en voyant mon égarement.
           - A chaque année c’est la même chose : des dizaines d’élèves arrivent dans un monde où ils ne connaissent personne, et personne ne souhaite les connaître. J’aimerai tant les aider…
          - Et pourquoi ne le fais-tu pas ?
                  Elle a mit le doigt sur un point délicat de mon mode de fonctionnement : lorsque je souhaite accomplir quelque chose, je m’arrange toujours pour le faire avec le minimum de contacts avec les autres. Bien sûr, j’ai un plan qui traîne depuis longtemps dans ma tête, mais il va à l’encontre de mes habitudes.
            - Cela te gêne d’en parler ? demande-t-elle.
            - … non. En fait… j’aurais un moyen de les aider, mais…
            -   Tu ne voudrais pas que ce soit toi qui le fasse, c’est ça ?
                    Une fois de plus, elle a vu juste. Je ne sais pas comment elle fait, mais mes pensées se diffusent en elle sans le moindre mal, portés par le souffle de mes mots comme des feuilles par la brise. Suis-je aussi transparent que cela ? Mes expressions sont-elles tellement parlantes ? Pourtant je n’ai jamais montré mes émotions à personne depuis des années. Il n’y a que devant Constance que je me relâche, ne me souciant plus du tout de cacher ce qui tourbillonne à l’intérieur de moi. Une fois de plus, le destin me prouve que nos âmes résonnent parfaitement. Comprendrait-elle ce qui m’empêche de réaliser ce qui aiderait tant de personnes ?
             -   Je ne suis pas le genre de personne qui peut mener à bien ce projet.
             -   Ce n’est pas parce que tu crains les contacts humains que tu dois les refuser à ceux qui en ont besoin.
                       Ce n’est pas un reproche qu’elle vient de m’adresser, mais plutôt un regret. Pensait-elle que j’aurais plus de courage ? J’ai honte de montrer tant de faiblesse face à Constance… mais je peux encore me rattraper :
              -   Alors je serai ravi que tu me seconde dans ce projet.
              -   Parfait. Quel est-il ?
              -   En tant que très bon élève de niveau maîtrise, j’enseigne à des classes de 1er et de 2eme cycle en atomistique, afin de payer le loyer de mon appartement. Mon plan serai de proposer aux nouveaux élèves isolés un service gratuit d’aide à l’insertion. Il s’agirait d’une association qui enregistrerait les principales caractéristiques de ses membres comme la classes, l’âge, les loisirs, etcetera, et agirait un petit peu comme une agence matrimoniale, mais pour se faire des amis : on regroupe les personnes ayant des points communs, provenant de la même région ou possédant les même loisirs, pour qu’ils s’entendent bien. En tant que professeur-étudiant, je possède une salle personnelle que nous pourrions utiliser comme un local pour l’association. Ensuite, cela dépendra du succès qu’aura l’association.
                           Je ne pensais pas que le visage de Constance puisse autant s’illuminer, autant par ce ravissant sourire qu’elle arbore que par l’éclat vivant de ses yeux. Je viens de faire quelque chose qui me semblait impossible : rendre quelqu’un heureux. Je pensais toujours que, pour cela, il fallait tout d’abord être soi-même heureux, mais il me semble maintenant que deux âmes en peine peuvent chacune trouver de la joie dans l’autre. Jusqu’où pourrais-je aller comme cela ? 
                -    Je serais vraiment heureuse de participer à un tel projet, Célestin. Et je suis sûr qu’il marchera.
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SOMMAIRE
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B
 étrange comme ce personnage me ressemble dans certains points.En tout cas cela se précise et l'écriture est toujours d'un très bon niveau.
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