Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
Le psyker que j'avais capturé était enfermé depuis maintenant six jours au centre de détention d'Expatrius Ultima, sur la deuxième lune de Dunerre. C'était une prison de sécurité maximale, du fait de ses innombrables protocoles de sécurité, du bataillon de garde impériaux qui y étaient stationnés, et surtout du fait de l'absence totale d'atmosphère respirable à l'extérieur. Creusée sous la surface de l'astre satellite, Expatrius avait autrefois été une forteresse quasi imprenable, l'une des fiertés de Dunerre, mais la nécessité avait finit par obliger le gouverneur de la planète à transformer ce complexe en pénitencier impitoyable. Chaque détenu était enfermé en permanence dans une cellule individuelle puissamment isolée du reste de l'univers, que ce soit physiquement ou psychiquement. Chaque couloir était gardé par au moins deux hommes lourdement armés, et surveillé par des batteries de caméra couplées à des mitrailleuses automatiques. Il n'y avait pas une seule porte dans tout ce complexe qui ne comporte pas au moins quinze centimètres de blindage et qui ne puisse être ouverte sans un code de sécurité changé toutes les vingt-quatre heures.
Heureusement pour moi, l'autorisation informatique que contenait ma chevalière inquisitoriale était acceptée par tous ces lourds systèmes de protection, et je pouvais circuler à ma guise entre la cellule de mon prisonnier et la chambre qui m'avait été allouée pour la durée de mon enquête. Depuis six jours, j'interrogeais le psyker renégat pour en apprendre plus sur la rébellion qu'il avait dirigé avec ses semblables, mais il faisait preuve d'une incroyable résistance.
En fait, tout ce que j'avais pût apprendre sur cet hommes n'était que ce qui se trouvait dans les archives de l'Inquisition.
La troisième et dernière porte d'accès de la cellule D-49 s'écarta devant moi, et je retrouvai mon détenu qui méditait comme à son habitude, allongé dans un coin, fixant le mur. Bien que cette pièce soit suffisamment meublée pour assurer la survie du prisonnier, celui-ci s'acharnait à rester là, à même le sol, presque aussi isolé du monde matériel qu'il ne l'était de l'Immaterium.
- C'est encore moi, fis-je brusquement.
Il ne répondit pas, comme d'habitude. Il se comportait en véritable autiste déconnecté du monde réel, seul dans sa bulle mentale. Comme à chaque fois, je le saisis par un bras et soulevai son frêle corps jusqu'à l'une des deux chaises placées au milieu de la pièce. Sa tête et son torse se balançaient de gauche à droite, puis de droite à gauche, comme un bateau tanguant sur une mer houleuse, et son regard ne croisait jamais le mien. Du fait de l'isolement psychique qu'il subissait, ses forces mentales étaient grandement affaiblies. Les psykers ont besoin de l'énergie Warp pour faire fonctionner complètement leur cerveau, et mon détenu ne survivait que grâce à la faible quantité de cette énergie qui était confinée dans cette pièce.
Bien que son état soit lamentable, je savais qu'il comprenait parfaitement ce que je lui disais, et depuis presque une semaine je me contentais de le questionner en espérant qu'il finisse par craquer, sans succès. Mais ce jour là était différent, car c'était le premier jour depuis que j'avais reçu les informations le concernant.
- Kantior Blasco, commençais-je.
A la mention de son nom, le psyker cessa brusquement de se balancer. Ces renseignements étaient donc justes. Immédiatement, je poursuivi :
- Originaire de Tancéros-IV. Âgé de quarante-deux ans. Désigné comme psyker de niveau delta non assermenté il y a trois ans par l'Ordo Hereticus. Poursuivi pour utilisation prohibée à cinq reprises de pouvoirs psychiques et quatre cas d'agression de serviteurs de la cause impériale.
Au fur et à mesure que je parlais, Kantior se mit à trembler. Son esprit était faible, vulnérable, et je devais en profiter.
- Ce sont des crimes graves, certes, mais pas aussi grave que celui de pousser à la rébellion toute la population d'une cité-ruche. On peut également ajouter à cela le pêché d'opposition au travail d'un Inquisiteur impérial, qui vaut à lui seul vaut le bagne à perpétuité ou l'incorporation dans les Légions Pénales.
Ses tremblements devinrent plus intenses. Les Légions Pénales étaient en quelque sorte une condamnation à mort, mais particulièrement redoutée, car ces troupes étaient employées comme chaire à canon par la Garde Impériale pour éprouver les défenses ennemies, effectuer des attaques-suicides ou couvrir la retraite de ses autres forces dans des situations désespérées. Rien qu'en regardant l'agitation qui secouait son regard en tout sens, je compris que le psyker ne savait tout cela que trop bien. Je remerciai silencieusement l'Empereur de m'avoir mené à quelqu'un d'aussi faible, puis continuai :
- Savez-vous ce que signifie d'être un prisonnier de l'Inquisition, pour les archives impériales ? ... absolument rien. Parce que, juridiquement, vous n'existez plus. Je suis donc autorisé à exercer sur vous toutes les sortes de tortures possibles, physiques ou mentale. Je peux vous briser le corps, l'esprit et l'âme sans avoir à donner la moindre raison aux autorités impériales. Car votre traîtrise ne mérite plus aucune pitié, et votre seule existence est une insulte à l'Empereur.
Pendant une longue minute, je laissais à mon détenu le temps de réfléchir à tout cela, ressentant toute l'angoisse qui montait en lui. Des gouttes de sueur perlèrent lentement sur son front alors que son regard fuyant s'agitait en tous sens comme ceux d'un animal traqué, ou pris au piège. Il était temps que je passe à l'étape suivante de mon interrogatoire :
- Mais vous n'êtes qu'une petite crapule, un simple homme qui a eut la malchance de naître avec cette malédiction du Warp en lui. Vous n'avez jamais été un agitateur, encore moins un chef. Et dans cette opération sur Dunerre, vous n'étiez qu'un exécutant sous les ordres de quelqu'un. Je veux savoir qui.
Pour la première fois, ses yeux fixèrent les miens. Son regard était toujours empli d'une terreur intense, mais dont l'origine était différente. Ce n'étais plus de moi qu'il avait peur.
- Kantior, lui fis-je d'un ton moins dur. Vous pouvez encore éviter d'innombrables souffrances en m'avouant maintenant tout ce que vous savez. Confessez vos pêchés et mon jugement envers vous sera plus clément.
Immédiatement, il forma le signe de l'Aquila impérial avec ses mains et baissa la tête devant moi. D'une voix frêle affaiblie par la dure vie de psyker, il prononça ses premiers mots depuis son incarcération :
- Je vous en conjure, seigneur ! Je ne sais pas qui dirigeait tout cela ! Je ne l'ai jamais vu ! Par l'Empereur, je vous supplie de me croire !
- Je vous croie, Kantior. Parlez-moi alors des autres psykers.
- Tous des Hors-Mondes comme moi. Nous ne nous connaissions jamais avant.
- Comment êtes-vous arrivés sur Dunerre ?
- J'ai été contacté sur Tancéros-IV par un intermédiaire. Il m'a proposé du boulot, bien payé, avec l'assurance de me faire disparaître une fois le travail fini. J'étais seul, sans un sous et pourchassé par les autorités. J'y ai vu la chance de ma vie.
- Vous avez été manipulé dans un moment de faiblesse, je comprends. Quelle était votre mission ?
- Nous devions organiser le soulèvement de la cité-ruche Secondus, et résister aux troupes impériales durant au moins un mois afin. On nous a fournis les armes pour cela, dissimulée grâce à un réseau de contrebandiers dans des caches secrètes dispersées dans toute la ville. Mais ce n'était qu'une diversion servant à occuper l'armée pendant qu'une autre opération était menée ailleurs.
- J'imagine que vous ignorer la nature de cette opération, fis-je calmement.
Kantior hocha la tête. Il était encore bien perturbé par mes menaces, et je ne trouvais aucune raison de douter de lui. Mais je n'espérais pas tirer grand-chose de plus de lui, car il n'avait été qu'un simple outil dans une entreprise bien plus grande. Les contours de l'affaires me restaient encore très flous, mais j'avais déjà un aperçu de sa terrifiante ampleur : quelqu'un avait trouvé et recruté ces quatre psykers en fuite pour soulever toute une cité-ruche dans l'unique but de divertir la Garde Impériale pendant que quelque chose de bien plus important était à l'œuvre. Les moyens nécessaires pour organiser et financer tout cela étaient d'une dimension industrielle, et d'énormes ressources avaient été utilisées dans le seule but de créer cette diversion. Je frissonnai rien que d'imaginer la menace que pouvait représenter ce qui avait été dissimulé...
Je n'avais plus de raison de continuer cet interrogatoire. Kantior avait été très coopératif, et j'aurais été injuste de ne pas l'en récompenser :
- Votre trahison doit être effacée pour toujours. Vous subirez donc un effacement mémoriel complet, avant d'être psychiquement asservi et engagé par l'Adeptus Astra Telepathica.
Le visage de Kantior devint sombre. La gravité de son crime ne me permettait pas de réduire plus sa peine, mais j'avais au moins la satisfaction de lui donner une chance de se racheter. Même s'il ne posséderait plus aucun souvenir, son existence continuerait. Il serait surveillé par les autorités durant le reste de sa vie où il servirait la flotte impériale en tant qu'Astropathe, guidant les vaisseaux à travers les dangers du Warp. Les conditions extrêmes dans lesquelles il se retrouverait ne lui permettraient pas de survivre plus de vingt ans, le contact prolongé avec l'Immaterium altérant progressivement sa nature physique.
Lentement, je me levais de ma chaise et me dirigeais vers la sortie. Kantior ne dit rien, et sembla se replonger dans son comportement autiste déconnecté du monde extérieur. Lorsque la porte se referma lourdement derrière moi, je m'immobilisai au milieu du couloir, repensant à ce que m'avait confié Kantior.
Certes, j'avais accompli la tâche que m'avait confié mon maître, mais ce n'était que pour découvrir quelque chose d'encore plus terrifiant. Devant moi se trouvait deux solutions : je pouvais rapporter ces informations au siège de l'Inquisition et laisser mes confrères se charger de cette affaire, ou continuer mon enquête par mes propres moyens. Plus je réfléchissais, et plus je comprenais qu'Ilios savait parfaitement dans quoi il m'avait entraîné en m'envoyant sur Durenne. Je comprenais également qu'il comptait sur moi pour ne pas abandonner.