Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
LA CONFIANCE
« La confiance se mérite mais ne peut s’exiger. »
La Rochefoucauld
Cette qualité, tout comme la loyauté à laquelle elle est intimement liée, est extrêmement difficile à détenir de nos jours. Pourtant elle constitue un élément plus que vital pour maintenir de bonnes relations avec les autres personnes et, étant donné que toutes les autres qualités de ma Voie sont en grande partie tournées vers les gens qui nous entourent, la confiance en est l’un des principaux ciments qui en assurent la cohésion et la stabilité sur le long terme. On ne peut rien faire avec ou pour les autres sans avoir un minimum de confiance en eux, et cela demande parfois un immense effort sur soi-même. L’exemplarité que j’ai décrite dans mon article sur la Droiture nous permet de faire une partie du chemin car, comme le dit Alexandre Dumas, « Une réputation sans tâche commande la confiance et le respect ». Mais dans notre monde actuel c’est malheureusement loin d’être suffisant.
Sans même avoir à faire intervenir ici les exemples des plus abjects personnalités que notre monde connaît ou a pu connaître à travers son histoire, il est déjà particulièrement difficile d’accorder sa confiance au premier venu même s’il semble en apparence être quelqu’un de parfaitement honnête. Comme je l’ai présenté dans mon article sur l’Honneur, toute personne emprunte la crédibilité des communautés auxquelles nous l’associons dans notre esprit, héritant momentanément de leur réputation jusqu’à preuve du contraire. C’est un phénomène presque instinctif qui, de mon point de vue, est presque impossible à faire disparaître complètement et c’est pourquoi nous devons chercher à nous y opposer en refusant de laisser notre jugement être ainsi affecté. Du moins cela constitue la parade sur le court terme, car dans un monde idéal toutes les communautés de personnes auraient une réputation plus ou moins irréprochables et ce phénomène de préjugé serait alors plutôt bénéfique et favoriserait la confiance. Mais nous ne sommes pas dans un monde idéal, loin de là, et c’est pourquoi ceux qui souhaitent l’améliorer doivent prendre un risque pour faire changer cet état de fait.
Car comme pour l’Amour, comme pour la Loyauté, et comme pour l’Ecoute que je décrirai plus tard, il est très souvent nécessaire et même indispensable de pouvoir faire le premier pas en tout connaissance de risque. Faire confiance à quelqu’un, c’est se montrer vulnérable d’une manière ou d’une autre et lui donner cent ou mille occasions de profiter de nous, et c’est ce qui dissuade la plupart des gens d’accomplir ce premier pas. Mais c’est en faisant confiance malgré les doutes, malgré les apparences, malgré les préjugés, que l’on tend la main vers l’autre pour lui proposer une coexistence pacifique autant dans les actes que dans les pensées. Ce premier pas amènera sans doute certains de vos interlocuteurs à se montrer encore plus méfiants, mais alors il ne faut pas désespérer et au contraire persévérer avec calme et sincérité jusqu’à réussir à leur prouver l’honnêteté de nos intentions. Cette confiance offerte sans attendre la moindre chose en retour, offerte naturellement et du fond du cœur, permet de briser le cycle de la méfiance de la même façon que l’Amour permet de briser le cycle de la haine. Comme le disait La Rochefoucauld, « la plus grande marque d’estime est une confiance sans réserve », ce qui nous ouvre vers le Respect qui sera l’objet de mon prochain article. Cela comporte néanmoins beaucoup de risques, et c’est là que notre définition du Courage intervient pour nous montrer la voie : accomplir ce qui est juste quels qu’en soient les risques.
Bien entendu, comme je l’ai précisé dans ma description du Chaos que je place en opposition à la Droiture dans l’article correspondant, il existe des individus pour lesquels toutes les vertus du monde ne sont que faiblesses ou stupidités. Ces individus se servent de la confiance des autres pour servir leurs propres ambitions ou celles de leurs éventuels maîtres de pensée. Il est indispensable de pouvoir s’en prémunir, mais cela ne doit pas nous contraindre à devenir méfiant envers n’importe qui. Les individus qui ne sont pas dignes de confiance sont souvent très vite répertoriés par ceux qui les connaissent, et leur réputation personnelle s’en trouve d’autant plus entachée. Je dis bien personnelle car nous avons déjà refusé plus haut de nous laisser influencer par la réputation collective des communautés auxquelles nous les associons, mais il n’en est pas de même pour les antécédents de l’individu lui-même. Dans un monde idéal, il suffirait d’écouter se qui se dit sur une personne pour savoir si l’on peut lui faire confiance ou non, mais entre ceux qui se taisent par peur d’être maltraités, ceux qui ne souhaitent pas vous aider même pour un simple renseignement et, les pires, ceux qui déforment volontairement la vérité pour embellir ou salir l’image d’une personne, il est extrêmement risqué de se fier à ce qui se dit au sujet de quelqu’un. L’ironie ici est qu’il faudrait pouvoir avoir confiance en ceux que nous consultons pour savoir si nous pouvons faire confiance à quelqu’un que nous ne connaissons pas. La Sincérité prend alors une place très importante ici, et comme toujours c’est à nous de faire le premier pas en étant honnête dans nos jugements vis-à-vis de telle ou telle personne. Ne plus participer à l’hypocrisie générale du « tout le monde il est beau, tout le monde il est gentil » est la première étape vers la lente diminution des mauvais comportements et donc de la méfiance. Il ne s’agit pas là de dénonciation, du moins pas dans le sens légal du terme, car il n’est nul besoin de faire appel aux forces de l’ordre ou aux institutions judiciaires, mais simplement de répandre la vérité parmi la population elle-même. Ainsi, les escrocs, les profiteurs et les parasites seront reconnus et fuis par les honnêtes gens, forçant une évolution mentale bénéfique à toute la société.
Mais ce comportement de sincérité courageuse par rapport aux vices des mauvais hommes nécessite avant tout de posséder l’aspect le plus important de la confiance : la confiance en soi-même. Et nous attaquons là l’un des éléments les plus importants pour la cohésion des qualités de ma Voie. Comme le disait très justement Horace en son temps : « Celui qui a confiance en soi conduit les autres », ce indique implicitement que la majorité des gens sont dépourvus de confiance ou qu’ils n’en ont pas assez, et selon mon point de vue personnel cela est encore le cas aujourd’hui. Certains diront qu’il s’agit simplement d’une forme particulière de courage, mais le Courage tel que je l’ai présenté n’existe qu’à partir de nos actions vers le monde extérieur, prenant vie dans chaque geste brave et juste que nous accomplissons. Pour moi, la confiance en soi ne peut venir que par le fait d’être fier de ce que nous sommes dans nos gestes mais également dans nos pensées, une notion qui malheureusement fonctionne aussi bien pour les bons esprits que pour les mauvais, certaines personnes pouvant apparemment être tout à fait fières d’avoir accompli des actes injustes, voir immoraux ou abjects. Malgré cela, la confiance en soi est une philosophie de vie, et j’irai jusqu’à dire que c’est la seule philosophie de vie digne d’être présentée ici au sein de ma Voie. Malheureusement, la confiance en soi ne peut pas s’acquérir sans que l’on ait développé au préalable plusieurs des six Forces qui découlent de l’Honneur, en particulier l’Espoir, la Raison, l’Amour et la Sérénité. C’est à travers ces forces spirituelles que nous pouvons trouver ce qui est beau en nous et qui nous permet de penser finalement « je suis fier d’exister ».
Je pourrais parler ici longuement du difficile parcours que j’ai traversé pour acquérir cet aspect de ma Voie, qui ne s’exprime pleinement que depuis deux ou trois ans seulement alors que j’entame mon deuxième quart de siècle d’existence, mais ce n’est pas le sujet ici. Chacun doit trouver son propre moyen d’avoir confiance en soi-même, que ce soit dans l’espoir d’accomplir quelque chose de grand, par fierté de ce qu’il accompli au jour le jour, pour honorer l’amour qu’il porte à quelqu’un ou à quelque chose, et encore d’innombrables raisons que je ne pourrais certainement pas toutes imaginer. Les raisons de cette confiance doivent absolument être justes, c’est-à-dire venant de bons sentiments, afin que les actions qu’elle nous permettra d’accomplir ne soient pas néfastes pour notre entourage. Je pense que s’il y a bien une chose qu’il faut retenir dans tout ce que j’écris ici, c’est que nos actions sont guidées par nos pensées conscientes, elles-mêmes influencées par nos sentiments inconscients, et donc que si nous ne nous efforçons pas d’avoir de bons sentiments alors nous n’accomplirons rien de bon en ce monde.
Je pense qu’il n’existe pas un seul aspect de notre existence qui ne soit pas influencé par notre niveau de confiance en nous-mêmes : la confiance fait reculer la peur, or c’est la peur qui nous fait hésiter et échouer les épreuves délicates par lesquelles nous passons. Lorsqu’un individu est soumis au stress, à la pression, à la peur de l’échec, son niveau de confiance en lui sera probablement plus important pour atteindre son but que sa chance ou même ses compétences. Il s’agit donc d’un état d’esprit qui est la clé du Courage, et c’est la nature des émotions de chaque personne qui détermine si son courage s’exprimera par une bravoure chevaleresque, si je puis dire, ou par une témérité inconsidéré et égoïste. Pour appuyer cette vision, je souhaiterais terminer cet article en citant le grand et très vénérable maître zen Yasuo Deshimaru Taisen qui dit à ce sujet « un égoïste ne pourra jamais être brave, jamais ».
Prochain article : LE RESPECT