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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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Les Enfants de la Raison, chap14

14. Besoin de paix :
      Lorsque mes yeux daignent se relever, le soleil est déjà haut. J’ai débranché mon réveil pour que les rêves de cette nuit durent le plus longtemps possible, et ne finissent pas sur un bruit inhumain. Impossible donc de savoir quelle heure il se fait, mais je m’en moque complètement.
      Constance dort encore, blottie contre ma poitrine, ses bras n’ayant jamais cessé de m’enlacer ; les miens non plus d’ailleurs. Et je serais bien incapable d’arrêter cet état de fait, même si le monde entier s’écroulait. Elle dort profondément, arborant un magnifique sourire qui me prouve son bonheur, ce bonheur que je m’étais promis de lui donner.
       Soudain, elle se réveille, lentement, ses yeux semblant avoir à soulever leur propre rêverie pour s’ouvrir une nouvelle fois, d’un regard nouveau. Peut-être est-ce le changement de ma respiration entre le rêve et l’éveil qui l’a réveillé ? Ou est-ce encore une preuve de notre parfaite harmonie ?
    - Tu es réveillé ? fait-elle d’une voix encore à moitié endormie tout en s’étirant.
                - Depuis quelques secondes à peine.
       Elle ferme alors les yeux un instant, comme pour prendre l’élan spirituel nécessaire pour effectuer le bond pour sortir de la brume du sommeil. Battant légèrement des paupières, elle lâche dans un soupire de satisfaction infinie :
                -   Oh, quelle nuit !
       Oui. Quelle nuit ! Inoubliable, indescriptible, une transcendance à travers les sept cieux. C’était ma première expérience, et c’était exactement comme je le voulait, et à l’image de Constance : parfait.
        Et là, mes yeux dans ses yeux, je me dit que je ne laisserait rien aller contre notre bonheur. J’ai attendu cela toute ma vie, et elle aussi. Maintenant que nous nous sommes enfin trouvé, aucun de nous deux ne quittera l’autre volontairement. Il y a tant d’amour dans son regard qui plonge en moi, tout comme je plonge en elle. Nous sommes immergé en l’autre, mais pas en apnée. Nous vivons en l’autre, nous avons donné une part de nous-même en l’autre, déplaçant notre centre de gravité sentimental. S’éloigner de l’autre, désormais, ce serait s’éloigner de nous-même, et se déchirer, pour n’avoir plus qu’un souvenir de ce que nous étions.
      Jamais je ne la quitterai. Plus jamais. Et elle non plus, ne me quittera pas. J’ai toujours craint que mon grand amour soit une femme à l’amour fragile, et que notre relation ne vive que brièvement. Mais désormais, cette peur n’a plus raison d’être.
      Brusquement, des visions de la gare à feu et à sang me viennent à l’esprit. Cette horreur à laquelle nous avons échappé, il n’y a même pas vingt-quatre heure. Hier, nous étions camarades de classe, et aujourd’hui, nous sommes amants. Est-ce que notre confrontation face à la Mort y est pour quelque chose ? Non. Mes sentiments dataient de bien longtemps. En fait, je l’ai aimé dès la première fois que je l’ai vue. Et elle ? Depuis-quand m’a-t-elle laissé entrer dans son cœur ? Je revois là tous ces regards plein de tendresse qu’elle m’avais offert de son plein grès depuis bien longtemps. Voulait-elle me montrer ce qui était en elle ?  
     Et maintenant, que veut-elle ? Que souhaite-t-elle me faire comprendre à travers son doux regard ? … Elle veut être protégée. Depuis son ouverture mentale vers le monde elle se moquait de mourir, mais craignait de ne rien laisser d’elle après sa mort. Maintenant, tout à changé en elle. Elle a frôlé la Mort, et s’est rendu compte qu’elle en a peur. Elle a besoin de réconfort et d’amour, de beaucoup d’amour. Ces récents évènements qui ont fait des millions de victimes –victimes dont on aurait très bien put faire partie- l’ont terrorisé. Il faudrait que je trouve un moyen de l’écarter de tout ça, pour qu’elle récupère réellement, et moi aussi.
        Je lui propose donc :
                   - Et si on passait les vacances à la campagne ? J’ai mes parents qui habitent dans un petit village de Lorraine où tu te sentirais sûrement très bien, et en sécurité. Ca te dit ?
         Son visage s’illumine alors d’un sourire admirable, de ces sourires dont aucun amoureux ne se lasse jamais, qui vous donnent la meilleure raison d’exister. Je pourrais rester une éternité à regarder ce sourire. Pourtant celui-ci ne dure pas longtemps, balayé par d’autres soucis :
                   -   Oui mais… je dois t’avouer que... je n’ose toujours pas rentrer chez moi.
                   -   Pourtant il faudra bien que tu y ailles aujourd’hui, au moins pour aller chercher de nouvelles affaires. Les autres ont été perdues dans l’attentat.
                   - C’est vrai.
         Mais elle n’était pas vraiment résolue à revoir ses parents si tôt après cette expérience. Elle avait besoin de décompresser et eux aussi. Je décide donc d’aller seul chez elle pour aller chercher le nécessaire.
        Me rendant à l’adresse qu’elle m’a notée sur un papier, je tombe nez à nez avec sa mère qui jardine devant chez elle. Assez charmante malgré un âge certain, elle avait le même regard que sa fille, et un petit peu de son apparence, surtout au niveau de la chevelure qu’elle garde toujours noire. Calmement, je réfléchis à comment lui expliquer ce pourquoi je suis venu. Après quelques réflexions peu concluantes, je décide de jouer franc jeu comme je l’ai toujours fait :
                   -   Bonjours madame Barto ! Je suis un ami de votre fille Constance. Elle vous a peut-être parlé de moi. Célestin Monteaut.
                   -    Oui. Vous êtes le malheureux qui l’a emmenée à la gare ce jour maudit, c’est ça ?
         Dite sur un autre ton, cette phrase m’aurait parue comme un reproche terrible et éternel, mais la femme l’avait prononcé avec une peine amicale, sans aucune agressivité. Pourtant je dois bien me faire pardonner :
                    -    Je suis sincèrement désolé, madame. Je…
                    -   Vous n’avez pas à être désolé. De toute façon si vous ne l’aviez pas emmenez en vacance de neiges nous l’aurions fait. Il parait que vous l’avez sauvée de la catastrophe, bravement, et je vous en remercie du fond du cœur. Mais pourquoi êtes-vous venu et elle non ? Est-ce qu’elle va bien ?
                    -    Elle va très bien. Mais elle est encore sous le choc et elle a besoin de tranquillité. Revenir ici ne lui semble pas être une bonne solution alors je vais l’emmener chez mes parents à la campagne pour l’éloigner un peu de tout cela. Je suis venu vous en demander l’autorisation, et aussi pour chercher quelques affaires pour le séjour. Ses bagages ont étés perdus durant le drame.
        La dame me regarde soudain avec méfiance pendant deux ou trois secondes, puis s’accorde à me faire confiance. Après tout, j’ai sauvé la vie de sa fille. Elle m’invite alors à entrer. Elle monte à l’étage et revient quelques minutes plus tard avec une valise, contenant certainement les affaires nécessaires. Elle me la tend chaleureusement tout en disant :
                     -    Prenez soin d’elle, Célestin. Vous êtes la première personne avec laquelle elle accepte de vivre, et cela fait de vous quelqu’un de spécial. Elle a confiance en vous, donc j’aurai confiance en vous.
                     -      Merci de votre confiance, madame. Je saurai en être digne. Et si par hasard vous voulez nous contacter, voici le numéro de mon portable et celui de la maison de mes parents.
       Je lui tends alors un petit papier sur lequel les deux numéros sont écrits. Elle le prend tandis que je saisis la lourde valise, et nous nous saluons avant que je ne parte retrouver Constance.
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