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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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Les Enfants de la Raison, chap13

13. La spirale de haine dans le cycle guerrier de l’humanité :
          Nous sommes rentrés chez moi, Constance ne pouvant supporter les larmes de ses parents qu’au téléphone. Son appel fut court et simple, résumant simplement qu’elle allait bien et qu’ils ne devaient pas s’inquiéter. Cet excès d’attention dont elle ne voulait pas sur un sujet qui était terminé est pour elle quelque chose d’à peine supportable. Que des parents s’inquiètent pour leur fille est normal, tout à fait compréhensif, mais Constance a raison : si elle avait été chez elle, ils l’auraient cajolée et protégée pendant au moins une semaine. L’important n’est pas là. Elle a survécu, et c’est tout ce qui compte.
           Pour ma part, je n’ai jamais informé mes parents de ce que je faisais depuis cinq ans. Ils ne peuvent donc pas savoir que j’ai manqué de me mourir, et c’est tant mieux comme ça. Tout le monde s’inquiète, tout le monde a peur, mais les épreuves passées n’ont plus aucune importance dès qu’elles sont franchies. Il est inutile de pleurer sur les souffrances vécues, surtout si ce ne sont pas les nôtres, il faut juste tirer un enseignement de cela, et laisser de côté notre peur qui n’a plus raison d’être.
           Soudain, mon portable se met à vibrer dans ma poche avec la vigueur habituelle de son espèce d’engins. Très peu de personne connaisse mon numéro, principalement parce que je souhaitais que très peu de personne m’appel. Nerveusement, je décroche :
                        -    Oui ? Qui est-ce ?
                        -    Célestin ? C’est Paul ! Dieu que je suis content pour vous. Ca va ?
                        -   Oui, on est juste un peu sonnés. Ecoute, Je penses que nous allons avoir besoin de calme. Si tu veux bien, j’aimerais que toi et Sonia preniez en charge l’organisation un peu plus longtemps que prévu.
                        -    Pas de problème, Célestin. Après ce que vous avez vécu, c’est normal de s’isoler un peu, et nous ferons le maximum pour vous aider.
                        -     Merci Paul. On se revois après les vacances, d’accord ?
                        -     D’accord. Prenez soin de vous tous les deux. Salut !
                        -     Salut Paul !
          Nous restons alors entre nous, seuls comme à notre habitude, une totale harmonie découlant de nos regards. Et mes pensées sont subitement attirées par ce qui s’était passé dans la gare. Qu’est-ce qui s’est réellement passé ? Qu’ai-je vu et entendu réellement ? Je n’ai fait que voir et échapper à une explosion, mais qu’est-ce qui a bien put la provoquer ?
          La meilleure façon de le savoir, c’est de regarder les infos. Ce sera peut-être de la manipulation d’information mais j’aurai là au moins une part de la vérité. Et quelques minutes plus tard, le journal de vingt heures début de manière tragique :
                         -   Chers téléspectateurs, c’est un jour tragique pour l’OPI qu’aujourd’hui. En effet, vers onze heures ce matin, une vague d’attentats à la bombe ont frappé les capitales de tous les pays membres sans exception. Le bilan provisoire des morts et disparus s’élève actuellement à 4.3 millions d’hommes et de femmes. Dans la journée, un groupe terroriste inconnu s’appelant l’ « armée des frères du Sud » a revendiqué l’ensemble de ses attentats. Ils menacent de déclencher d’autres explosions toutes aussi meurtrière si l’OPI continuait de fermer ses frontières aux réfugiés qui se massent par milliers devant les barrages militaires et les zones frontières interdites. Les dirigeants de l’OPI sont sur le point de se réunir et je crains que nous ne soyons informés de leur décision que demain matin au plus tôt. Aucune autre information sur la dimension politico-militaro-diplomatique n’a put être trouvée.
                                  « Les pays membres de l’OPI effectueront une minute de silence demain à onze heures trente en mémoire des disparus d’aujourd’hui. Nous retrouvons maintenant notre envoyé spécial en direct de la gare du Nord de Paris pour un…
         J’éteins le poste pour ne pas avoir à le débrancher furieusement. Je ne me laisserai pas prendre au piège. A chaque catastrophe, à chaque attentat monstrueux, tant que cela se passe dans un pays puissant auquel le nôtre doit allégeance ou fidélité, les médias ne font que nous gaver d’images insoutenables pendant des semaines. Des bâtiments détruits, des corps à perte de vue, ou encore les proches pleurant sur la disparition d’une personnes chère. Tout cela accompagné de commentaires catastrophiques et tournés de façon à faire augmenter de manière significative le patriotisme des téléspectateurs, afin qu’ils soient prés à servire leur pays de n’importe quelle manière, même par la guerre. Pour ma part, j’ai vu suffisamment de mort pour aujourd’hui.
                                      - L’API est tombée sur la tête, s’exclama Constance le regard vide toujours dirigé vers le poste. Pourquoi ?
                                      -    Il y a dans le monde des gens qui œuvrent pour la paix, et d’autres pour la guerre. Lorsque les deux s’expriment, l’effort de paix est ruiné par les agressions causées, et on ne retient de cela que la guerre.
                                      -    A ton avis, comment vont réagir les dirigeant de l’OPI ?
                                      -    Ils vont faire ce qu’ils ont toujours fait : répondre à la violence par la violence, et ne jamais négocier. De toute façon on ne saura pas leur vraie décision, puisque la véritable réunion a certainement déjà eut lieu. Celle de ce soir ne sera qu’un camouflage officiel, dans le but de nous berner.
                         - Mais alors… ce sera la guerre totale ! Une troisième guerre mondiale ! Ce serait désastreux !
                          -    Je sais. Mais nous n’avons pas d’autres choix que de subir ce qu’ils ont décidé. C’est le privilège des chefs d’état.
          Il était inutile de pousser la discussion plus loin. Cela ne sert à rien de se dire que « si telle chose était ou n’était pas arrivé… », non, cela ne faisait que créer de nouveaux remords. Nous ne sommes que deux simples étudiants en manque d’affection, deux grains de sables dans la machine de haine du monde. Nous serons écrasés si nous tentons de nous opposer à son fonctionnement. Mieux vaut penser à autre chose.
                        -   Célestin, me fait Constance avec une sorte de gêne dans sa voix devenue timide. Tu m’avais proposé un soir de… de dormir ici. Ca tient toujours ?
                         - Pourquoi me poses-tu cette question ? Bien sûr que ça tient toujours, et plus que jamais.
             Je possède une petite chambre d’ami, que j’ai aménagée spécialement pour ce jour, et qui communique avec ma chambre par une petite porte. Si elle avait accepté la première fois, elle y aurait passé la nuit sans problème, mais je vois bien dans ses yeux que la solitude est une chose qu’elle ne peut même plus envisager désormais.
             Seulement, le fait me retrouver maintenant avec elle dans un même lit me perturbe énormément. Cela n’aurait pas dût se passer si vite. Trop de choses arrivent en même temps : l’amour, les sentiments… et les contacts. Il y a trop de contacts dans ce petit lit qui semble s’être rétrécit pour nous rapprocher.
            Je suis gêné, horriblement gêné. Du matin au soir, je me retrouve dans le même lit qu’un merveilleuse jeune femme, que j’aime d’un amour fou, et qui me le rend bien. Que dois-je faire dans une telle situation ? Et que veut-elle faire dans une telle situation ? Dans la pénombre de ma chambre à couchée, je n’arrive pas à distinguer son regard. Il n’y a que son corps, parfaits, sous les couvertures épaisses nécessaires à ma peau frileuse, que je touche plus que je ne le regarde. Nos bras sont enroulés autour de l’autre, le serrant aussi fort que s’il était sur le point de s’envoler, de disparaître, et de nous laisser avec nos seuls souvenirs de cet instant magique.
             Encore une fois, je comprends la logique de la philosophie de Constance : la vie est courte, et fragile aussi. Que nous restera-t-il si demain, l’autre nous échappe ? De quoi pourrions-nous nous souvenir si par hasard, l’un de nous deux mourrait ? Rien que quelques regards immortalisés dans nos mémoires, quelques mots, et de l’espoir, beaucoup d’espoir… mais un espoir perdu. Devons-nous attendre que la mort s’empare d’un d’entre nous pour s’apercevoir que nous avons trop hésité devant la possibilité des instants d’amour infinis ? Non. Ce serait aller à l’encontre de nos sentiments.
               Mais je ne veux pas être seul volontaire. Ce ne sont pas des choses à prendre à la légère. Je veux que Constance soit d’accord ; qu’elle ne mette pas en doute l’image de la pureté même que je la voie incarner, et dont je ne veux la dépouiller. Que faire ? Mon Dieu, que faire ? De nouveau, je souffre, pris dans un nouveau dilemme qui me semble pire que le premier. J’étais en bas de l’échelle des sentiments, et maintenant je suis sur le point d’atteindre les sommets. Vais-je vraiment les atteindre où vais-je tomber, et m’écraser en bas sur ma conscience qui ne pourra pas amortir ma chute avec ses réconforts habituels. La souffrance est tellement forte…
          Constance porte alors la main à mon visage… et étale une grosse larme le long de ma joue gauche. Avec incompréhension, elle murmure :
                    - Célestin, tu pleure ?
        - Oui, je crois.
                    - Pourquoi ?
                    - Je… je…
           Je n’arrive pas à sortir ces mots, ces trois mots qui font la Vie. Pourtant ils sont simples, comme des mots magiques : tout le monde les connaît, mais personne ne les utilise. Voyant que les mots ne veulent pas venir, et la pièce étant trop sombre pour utiliser le regard, je tente de lui parler avec des gestes. J’approche alors ma main de sa joue. Elle est douce, fraîche, et chaleureuse à la fois, paraissant attendre ce moment de contact proche, réel, qui ne trompe pas. Je caresse alors cette joue qui veut se fondre en moi, et sens alors quelque chose. Quelque chose d’humide, au coin de son œil.
-   Toi aussi ?
            -   Je t’aime, Célestin.
            -   Je t’aime, Constance.
        C’est la première fois que nous nous le disions, et cela me parut être comme la réalisation d’un destin, comme ces moments qui sont dans tellement de livres et de films. Ces instants qu’on sait que cela va arriver, mais on ne sait pas comment. Et lorsque cela vient enfin, c’est un feu d’artifice d’émotions, d’où il peut tout naître.
         Comme si c’était une réaction de nos lèvres face à cette déclaration réciproque, nous échangeons immédiatement un tendre baiser qui nous emmena sur les nuages doré d’un paradis oublié, où nous sommes les rois d’une nuit. Et lorsque, contraints par notre besoin naturel à la respiration, nous acceptons de nous séparer un peu, Constance met sa tête au creux de mon épaule et soupire amoureusement :
            -   Célestin, je sais ce que tu veux. Et je sais que tu en as peur. Mais si tu m’aimes, si tu m’aimes vraiment, fais-le.
            -    Tu es sûre ?
            -    Oui, Célestin. Oh oui : Fais-moi l’amour !
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