Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

Publicité

Les Enfants de la Raison, chap10

10.Possible ou impossible passion ?
             Je n’arrive pas à comprendre ce qu’a voulu dire Constance. Comment pourrais-je connaître sa vie amoureuse ? Je connais à peine les grandes lignes de sa vie. Se moque-t-elle vraiment de son existence ? Elle m’a une fois avoué que sa philosophie de vie était qu’elle pouvait mourir à tout moment, et donc qu’elle devait laisser une trace d’elle dans le souvenir et le cœur des gens pour qu’il reste quelque chose d’elle lorsqu’elle mourra. Est-ce que cela veut dire qu’elle n’a jamais cherché autre chose que cela ?
              Mais de toute façon, je ne pense pas que je découvrirais un jour les fondements de son cœur. Pendant ce temps, les vacances de Noël approchent, et elle m’a promis qu’on partirait ensemble au ski pour une semaine comme je le lui avais proposé. Nous aurons alors tout le loisir de parler librement dans de tels moments de détentes.
               Car des moments de paix, nous n’en avons pas eut des masses, coincé entre la gravité des derniers évènements politique surgis il y a maintenant plusieurs jours et le devoir d’être étudiant, sans parler de nos responsabilités concernant les Enfants de la Raison. Nous n’avons jamais eut vraiment de bons moments pour parler de nous-même. Peut-être que lorsque nous partirons à la fin de cette semaine, tout cela restera derrière nous suffisamment longtemps pour que nous ayons l’esprit disponible pour autre chose.
               Depuis l’annonce de la création de l’OPI, je regarde chaque jour les informations du soir. Non pas que je souhaite être encore plus découragé par la folie des hommes, mais je souhaite voir comment la situation évoluera. Et malheureusement, cela ne semble pas aller de mieux en mieux. Les pays du Sud ont créé une alliance comme je l’avais envisagé, qu’ils ont nommé l’Alliance des Pays Indésirables, comme une réponse venimeuse à ceux qui ont décidé de les abandonner. Cette alliance semble en apparence pacifiste, mais le Nord a commencé à mettre en place une politique anti-immigration. Même les citoyens de l’OPI ayant des origines d’immigrés du sud sont renvoyés chez eux, sans indemnité ni ménagement, ce qui nous a déjà fait perdre de précieux et nombreux membres des Enfants de la Raison. Je n’aurais jamais cru qu’on puisse pousser la haine aussi loin.
                Voilà quelles sont mes pensées alors que j’attends le début des cours de la matinée. Bizarrement, Constance arrive deux minutes après mon arrivée et nous entrons dans l’amphithéâtre pour nous installer à notre place habituelle. Beaucoup de gens ici croient que nous sortons ensembles, et j’aurais bien voulu que cela soit vrai. Mais il n’y a rien de sentimental dans nos rapports, juste une amitié liée entre deux individus semblables dans la douleur, dans la solitude, tout comme le reste des Enfants de la Raison. Je n’ai pas essayé de le dire aux créateurs de rumeurs, et Constance non plus. Nous nous moquons bien de ce qu’ils disent, leur avis n’influençant en rien le déroulement de notre vie. Si quelqu’un ne croit que ce que les autres disent, il devient l’esclave de leurs paroles et sa vision est remplacée par celle des beaux parleurs, alors il est effacé par leur existence et devient ce qu’ils veulent.
            Pourtant, chaque fois que j’entends quelqu’un nous considérer comme des amoureux, c’est comme si mon cœur était mis sous pression, afin de l’obliger à se libérer des ces mots d’amours que je n’ai jamais eut le courage de dire à cette jeune femme qui est entrée dans ma vie comme un ange tombée du ciel pour m’apprendre l’amour. Tant de fois j’ai voulu tout lui avouer ; mais à chaque fois que je la regardais dans les yeux, je ne voyais pas la moindre attente, le moindre espoir, et cela suffisait à achever mes espoir, comme on exécute un cheval qui se serait cassé une patte en ratant un obstacle.
             Mais quel obstacle n’ai-je pas vu en elle pour m’y être échoué sans le savoir ? Où suis-je en train d’errer dans sa vie, cherchant un endroit d’où elle puisse me voir désespéré ? Pour elle, je suis un camarade, un collègue de travail, rien de plus. Qu’est-ce qui l’empêche de me considérer comme un ami ? Des différence que je n’aurais pas vu ? Un manque de confiance ? Quoi que ce soit, cet obstacle à notre amitié m’est invisible.
                         - Ca va, Célestin ? Tu n’as pas l’air d’aller bien.
             Constance s’est aperçut que je ne méditais pas comme d’habitude : j’ai les yeux perdu dans le vide, étant incapable de les fermer, de peur que mon sub-conscient ne mette devant les fenêtre de mon esprit des vision chimérique d’un amour impossible.
            Hier soir, je n’ai pas réussi à m’endormir. Car chaque fois que le voile noir de la nuit passait sur mes paupières lourdes, je voyais involontairement nos deux corps enlacés à la manière des amants… et cela me faisait atrocement souffrir. J’en ai pleuré. Pour la première fois depuis dix ans, j’ai pleuré. Et ce n’était pas un petit sanglot de môme contrarié, mais un torrent de larme silencieuses, chaque goutte tentant d’évacuer un peu de cette douleur qui me perforait le cœur.
             Je ne peux pas lui répondre cela. Je ne peux pas lui dire la vérité. Serais-ce ne pas me montrer digne de confiance ? Ou serais-ce respecter le fait qu’elle ne veuille pas dépasser la limite entre le camarade et l’ami ? Mais pourtant j’ai la curieuse impression que depuis quelque temps, la distance entre nous c’est considérablement réduite. Elle ne semble pas pouvoir exprimer de l’amitié avec des mots, mais plutôt avec des regards, de légers changement de faciès… Et si je jouait son jeu ? Pourquoi vouloir la séduire avec des mots. Le langage n’est pas obligatoire pour ressentir de l’amour, et encore moins pour l’exprimer. Je vais essayer de jouer le mieux possible.
                - Oh, fis-je pour me laisser le répit nécessaire pour trouver une excuse acceptable, je ressasse juste les dernières nouvelles selon lesquelles tous les descendants d’immigrés jusqu’à la quatrième génération seront expulsés de l’OPI. Encore une bonne décision…  
     Evidemment, j’ai dit cela avec ironie, bien que cela ne soit pas vraiment mon mode d’expression favorite. L’ironie brouille ceux qui n’arrivent pas à comprendre où finit la franchise et où commence l’ironie. Elle n’est qu’un moyen comme un autre de se moquer, mais très peu de gens la maîtrisent totalement et avec sagesse. Je préfère de loin dire ce que je pense sans détours, du moins lorsque je le dis puisque d’habitude je me tais. Je ne sais pas pourquoi j’ai choisi de faire de l’ironie. Peut-être la situation angoissante qui me fait devenir comme tous les autres, ironiques pour rire de ce dont on devrait pleurer.
               -   Aller, fait Constance avec amitié pour me redonner du courage. Penses aux vacances, et au fait que dans deux jours, on part.
                -   Oui, tu as raison.
       Oui. Dans deux jours, nous partons seuls en vacance pour une semaine. J’avais proposé cela à Constance et elle m’avait dit que ses parents étaient d’accord. Tout d’abord je n’y avais pas cru. Mais peu à peu j’avais compris que c’était sans doute ce qu’elle attendait au fond d’elle-même, tout comme moi : nous sommes deux jeunes adultes solitaires en manque de contacts. Nous avons grand besoin de moments de joie et d'affection, de créer dans notre vie quelques instants qui mériteront qu’on s’en souvienne plus tard pour se dire « j’ai bien vécu ». L’affection est quelque chose que l’on ne trouve pas facilement, et jamais en étant seul. Nous manquions d’affection, et en s’associant, nous avons trouvé quelqu’un sur qui compter, qui ne nous laissera pas dans le noir. C’est sans doute pour cela qu’elle a accepté.
         Quand à ses parents, je comprends parfaitement que cela ne les dérangent pas : ils devaient sans doute être désespérés de voir leur fille unique, si jolie et si intelligente, rester seule pendant des années. L’apparition dans sa vie d’un garçon, même aussi solitaire qu’elle, doit les remplir d’espoir ; bien qu’il n’y ait pas plus que de l’amitié derrière notre relation.
          Non, rien ne semble s’opposer à ces vacances.
_
SOMMAIRE
_
Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article