Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
L’appartement de Shinji n’était pas aussi froid que celui de Rei, mais possédait une certaine noirceur qui témoignait de son isolement passé. Bien qu’il fasse jour, les volets des fenêtres étaient tirés et seul quelques lumières douce éclairaient les deux adolescents qui discutaient, main dans la main, assis sur le canapé.
- Comment doit-on leur dire ce qu’il y a entre nous, Shinji ?
Même après ces nombreuses journées passées avec Shinji, Rei avait encore du mal à parler moins froidement. Mais elle voulait apprendre, s’échapper de cette prison de glace dans laquelle le monde entier l’avait laissé en ne désirant d’elle que son pilotage. Une seule personne lui a témoigné de l’affection, et même plus que ça, de l’amour. Elle croyait ne jamais pouvoir savoir ce que c’était, mais maintenant elle le savait mieux que toutes ses leçons de pilotages, car cela la rendait heureuse. Et elle ne voulait pas que cela s’arrête. Shinji non plus. Après un léger silence, il dit :
- On ne doit rien leur dire. Si jamais mon père l’apprenait… je… je ne sais même pas ce qu’il ferais… mais ça me fait peur.
- Tu as peur de ton père?
- … oui.
- Alors dis-le lui. Tu n’as qu’à lui dire exactement ce que tu ressens pour lui. Sans cela, rien ne changera.
Shinji était bouleversé. Rei avait mis le doigt sur ce qui le troublait le plus : son père… et particulièrement le fait de parler avec lui. Le simple fait de lui dire bonjour le laissait paralysé, alors envisager de lui avouer qu’il le hait plus que tout…Lui dire ce que je pense… si seulement j’en étais capable ! Là dessus, Shinji décrocha son portable et appel le QG de la Nerv.
- Euh… bonjour. Je m’appelle Shinji Ikari. J’aimerais parler au commandant Ikari.
- Ne quittez pas. Nous allons transmettre votre appel.
Peu après la voix sèche de son père résonna dans le combiné :
- Qu’est-ce que tu veux ?
- Euh…
- Dépêches-toi, je suis très occupé !
- Tu te souviens de ce qu’il y a demain ?
- …Aucune idée ! … Qu’y a-t-il demain ?
- Euh… rien de spécial.
- Ne m’appelle pas pour des choses sans intérêt !
Rapidement, Ikari Gendô raccroche, laissant son fils seul avec Rei, répondant :
- Demain, c’est l’anniversaire de la mort de maman… papa.
STAGE 2 : Le tombeau
Le lendemain matin, Shinji s’habilla pour sortir en essayant de ne pas réveiller celle qui partage désormais ses nuits. Mais il échoua, et la jeune fille tira alors une mine surprise.
- Il faut que j’aille quelque part, Rei.
- Je peux venir avec toi ?
- Non, il ne vaut mieux pas. Mais je reviendrais vite à la maison.
- Et tu m’apprendras de nouvelles choses ?
- Bien sûr !
Rei adorait apprendre les choses de la vie que Shinji lui enseigne. Il lui avait déjà appris ce qu’était la solitude, la joie, la tristesse… mais ce n’était que pour lui permettre d’identifier ce qu’elle avait connu pendant si longtemps… elle avait encore beaucoup à apprendre, et Shinji était désormais là pour ça.
Le garçon se dirigea vers le cimetière spécial de Tokyo 3. Ca fait longtemps que je ne suis pas venu ici. Je n’arrive pas à réaliser que ma mère dort ici. Je ne me souviens même pas de son visage. Arrivé là-bas, où tout n’était qu’une étendue de tombes des victimes du Second Impact, des rangées de pierres noires commémoratives étendues à l’infinie, il en rechercha une particulière. Mais lorsqu’il la trouve, un homme était déjà agenouillé devant pour déposer un bouquet de fleures de lys : son père.
- C’est toi ? Fit Gendô sans cacher son étonnement.
- Je suis… surpris… de te voir ici. Tu viens ici tous les ans ?
- Oui.
Les deux hommes restèrent un long instant à se recueillir devant la tombe, avec le seul bruit du vent emportant les quelques feuilles mortes. Aucun d’eux ne semblait vouloir dire un seul mot. Finalement, Shinji fit un effort sur lui-même et osa rompre le silence.
- Comment était ma mère ? Tu as des photos d’elle ?
- Non.
- Tu as … tout jeté ?
- Oui. Cette tombe n’est qu’un symbole. Son corps n’est pas là. Tout est dans mon cœur. En attendant, cela me suffit.
- En attendant… ?
Gendô prit alors une profonde inspiration, conscient du mal qu’allait faire ses paroles à son fils, puis lui dit :
- Shinji… je t’interdis de me suivre désormais.
- Pardon ?
- Un homme doit vivre et évoluer seul. Seul les bébés ont besoin de leurs parents. Or tu n’es plus un bébé. Ne dépends plus des autres, comme je l’ai fait moi-même.
- Mais…je…
- Ne cherche pas à me comprendre. On essaye toujours de comprendre les autres pour être compris. Mais n’oublie pas… que la reconnaissance réciproque entre les hommes est chimère. C’est inscrit dans la nature humaine.
Un silence de mort plana dans le cimetière, avant qu’un hélicoptère de l’ONU ne vienne assourdir cet espace de paix et de quiétude. Se dirigeant vers l’appareil, Gendô dit à son fils :
- C’est l’heure. Je te laisse.
Alors que l’engin s’éloignait à grande vitesse vers le QG, Shinji resta immobile, comme si son père était encore là devant lui. Jamais il n’aurait pensé avoir une telle discussion avec lui. C’est la première fois qu’il me parlait comme à un fils. D’habitude, nous ne parlons que du travail. En s’occupant de moi, mon père pense à quelqu’un d’autre. C’est seulement moi qui n’ose pas faire le premier pas. Mais peut-être qu’un jour…
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