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Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

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Perdu Corps et Biens, prologue

PROLOGUE

 

 

1927 heures, 8 janvier 2534 (calendrier militaire) / vaisseau de transport civil Moonwalkeren route vers les spatiodocks de Reach, planète Reach, système Epsilon Eridani.

 

       Pareil à un joyau d’argent suspendu au-dessus du monde, les spatiodocks étaient resplendissants dans la lumière du soleil d’Epsilon Eridani. La coque extérieure du gigantesque complexe spatial brillait de milles feus sous les étoiles, tout comme l’ascenseur orbital qui le reliait à la surface de Reach tel un long fil de lumière. Seul le léger reflet du panneau d’observation gâchait quelque peu la contemplation de ce spectacle.

       Jack Foster profita un instant de ce reflet pour s’assurer qu’il était présentable. Dans son uniforme de caporal du Génie, le jeune homme était assez impressionnant, comme tous les militaires, mais son visage rayonnait de bonheur et tout son corps tremblait d’excitation. Ses yeux bleus azurs témoignaient clairement de sa volonté de faire bonne impression tandis qu’il arrangeait sa chevelure du mieux qu’il le pouvait du bout de ses doigts. Ses supérieurs l’avaient autorisé à les laisser pousser jusqu’à trois centimètres de long et il chercha à les coiffer en avant pour faire ressortir les deux mèches blanches situées à l’avant. Elles contrastaient clairement avec le reste de sa chevelure qui était aussi noire que l’ébène, mais cela lui donnait un certain charme.

       Alors que les spatiodocks grossissaient de plus en plus derrière le panneau d’observation du transporteur Moonwalker, une voix annonça dans les haut-parleurs du vaisseau que l’arrivée était imminente et que les voyageurs pouvaient se préparer à débarquer. Mais Jack était déjà prêt depuis une vingtaine de minutes.

       Il se tenait à seulement cinq mètres du sas de sortie bâbord du vaisseau, attendant impatiemment d’arriver à destination. Depuis maintenant six mois il avait attendu cet instant, d’une attente plus oppressante chaque jour, et à présent il pouvait à peine contenir sa joie. Contrairement à ce que croyaient les autres membres de son unité, ce n’était pas la perspective de terminer sa formation de technicien militaire qui le mettait dans cet état, mais l’idée de retrouver quelqu’un d’immensément cher à ses yeux.

       Une légère secousse parcourut le vaisseau lorsque celui-ci s’amarra aux spatiodocks. Elle fut suivie d’un brusque mouvement d’air annonçant la décompression du sas de sortie et Jack du porter les mains à ses cheveux pour éviter une catastrophe esthétique. Une fois le sas rempli d’air, les portes s’ouvrirent enfin et le jeune homme saisit le sac marin contenant ses affaires personnelles pour le porter à l’épaule. Il prit ensuite une profonde respiration, puis s’avança dans le couloir de sortie.

       Il arriva dans une sorte de hall d’accueil où plusieurs dizaines de personnes étaient venues récupérer des proches ou embarquer à leur tour sur le Moonwalker qui retournait sur Bêta Gabrielle. Un instant suffit à Jack pour repérer celle qui l’attendait là.

       Jill. Jill Valentine. L’agent de l’ONI qui avait été chargée d’enquêter sur lui lorsqu’il s’était engagé et qui, au lieu de dénoncer à la section 1 ses actions de pirate informatique, l’avait aidé à obtenir les informations qu’il cherchait. Elle était toujours aussi magnifique, même si son uniforme de la Navy lui donnait un côté légèrement masculin. Elle avait attaché ses longs cheveux châtains en un chignon adorable qui laissait voir son cou fin et délicat sur lequel reposait un visage d’ange. C’était tellement dommage que la situation présente ne lui permette pas de sourire pour le moment.

       -  Caporal Foster au rapport, lieutenant ! fit Jack de façon très protocolaire en effectuant son salut.

       -  Vos ordres, dit simplement Jill en tendant la main.

       Jack sortit un papier de son uniforme et le donna à la jeune femme qui lut attentivement avant de paraître satisfaite.

       -  Bienvenue sur Reach, caporal, fit-elle en lui rendant le papier. Suivez-moi, nous n’avons pas de temps à perdre.

       -  A vos ordres, lieutenant.

       Les deux militaires se mirent alors en route et traversèrent la foule de voyageurs pour se diriger vers les ascenseurs les plus proches. Tout en marchant, le lieutenant Valentine s’adressa de nouveau au jeune Foster :

       -  Désolée de vous avoir forcé à quitter votre unité si tôt après la fin de votre formation.

       -  Ne vous inquiétez pas pour cela, lieutenant, ce n’est pas un problème pour moi. C’est surtout mon chef de régiment qui a plutôt mal accepté de me voir partir.

       -  Le colonel Holms, c’est ça ?

       -  Oui, c’est ça.

       -  Je dois admettre que j’ai eu une discussion plutôt houleuse avec lui à propos de votre transfert. Il vous avait en très grande estime.

       -  Je sais. Il me l’a déjà dis personnellement à la fin de ma formation.

       Pendant qu’ils discutaient ainsi, ils avaient traversé une partie des spatiodocks pour atteindre un ascenseur qui les emmena au dernier niveau de la station, là où seuls les vaisseaux militaires étaient autorisés à s’amarrer. Ils se dirigèrent alors vers la frégate de combat Hollow Lies où des soldats du corps des marines contrôlèrent leurs identités et leurs ordres de mission avant de les laisser pénétrer à l’intérieur du vaisseau.

       En tant que chef absolue de cette opération, Jill disposait d’une cabine personnelle dans le quartier des officiers et c’est là qu’elle conduisit Jack pour qu’ils soient enfin tranquilles et seuls.

       -  Alors ? fit le jeune homme en verrouillant la porte derrière lui. J’ai été convaincant ?

       -  Tu as été parfait, répondit Jill. Tout s’est passé admirablement bien.

       -  Tu es vraiment sûre que c’était nécessaire ?

       -  Je te l’ai déjà expliqué, Jack : si la section 1 avait vent de notre relation, elle remettrait immédiatement en cause mon rapport d’enquête sur toi et un autre agent serait chargé de reprendre cette affaire depuis le début. J’ai moi-même vérifié cette pièce afin de m’assurer qu’elle ne renferme aucun système d’espionnage, donc on devrait être tranquilles ici, mais j’estime que partout ailleurs nous devrions continuer de faire comme si tu ne te souvenais pas de moi.

       Jack était bien obligé d’admettre qu’elle avait raison. Jill s’était déjà suffisamment compromise en montant un dossier bidon pour le blanchir dans cette affaire de piratage informatique contre le réseau de la section 1. Elle avait donc de très bonnes raisons de vouloir s’assurer que ce rapport ne serait jamais remis en cause.

       -  Et combien de temps penses-tu que nous devrions continuer d’agir ainsi ? demanda-t-il en redoutant déjà la réponse.

       -  Je pense que six mois seraient suffisants pour permettre à ce dossier d’être oublié.

       Jack prit soudain un air abattu, mais qui fut rapidement remplacé par un regard résolu : si cela était nécessaire pour assurer leur bonheur futur à Jill et à lui, alors il le ferait. Il ne fallait pas plaisanter avec les services de renseignement de la Navy. Même si leur administration avait tendance à gérer beaucoup trop d’affaires pour ne pas en égarer quelques unes, il valait mieux jouer la carte de la sécurité.

       -  Et sinon, fit-il. Tu as réussi à obtenir ce que je t’ai demandé.

       - Ca n’a pas été facile, annonça Jill. J’ai du modifier un peu les listes d’inventaire des pharmacies de bords sur plusieurs vaisseaux, mais je les ai eu.

       La jeune femme se dirigea alors vers l’une des armoires de sa cabine et en ouvrit un tiroir où se trouvait une petite caisse. A l’intérieur se trouvait une bonne trentaine de tubes pharmaceutiques. Elle en prit un et le lança à Jack qui l’ouvrit pour en vérifier le contenu.

       -  Je suis impressionné que tu ais pu en rassembler une telle quantité.

       -  Lorsque je t’ai rencontré pour la première fois, j’ai gravement sous-estimé tes capacités. Ne fait pas la même chose avec moi, s’il te plait.

       -   En tout cas merci. J’étais sur le point de tomber à court.

       Jack avala l’un des nombreux comprimés contenus dans le tube. Ce traitement n’était mentionné nulle part sur son dossier car sinon il serait considéré comme inapte au service et immédiatement renvoyé de l’armée. Il était nécessaire pour combattre une grave maladie génétique issue de sa nature plutôt… inhabituelle.

       En effet, Jack était le produit d’une technologie encore très incertaine, illégale mais souvent employée par l’ONI pour couvrir certaines de ses opérations : le flash-clonage. Le véritable Jack Foster avait été enlevé par la section 3 en 2517 pour servir dans le projet SPARTAN-II et était alors devenu le spartan-II Jack-115, mais le flash-clone par lequel il avait été remplacé auprès de ses parents avait miraculeusement survécu. En fait, il avait survécu uniquement parce qu’Edward Foster, le père de Jack, était un scientifique membre de la section 3 et un ami du docteur Halsey qui l’avait prévenu de cette opération. Il avait donc pris les mesures nécessaires pour réagir rapidement aux maladies graves qui frappaient systématiquement les flash-clones. Ces maladies étaient totalement aléatoires, autant en nombre qu’en importance, mais les chances de survie des sujets était toujours quasi nulles.

       Par chance, la seule maladie qu’avait reçue Jack était une carence grave en biotinidase, une enzyme essentielle pour la dégradation des protéines du corps et la production d’autres composés indispensables. Cette carence était irréparable et ne pouvait qu’être contrée continuellement par l’ingurgitation de ces comprimés riches en biotinidase à raison d’un par jour, et cela pendant toute sa vie, à défaut de quoi il commencerait à présenter de graves symptômes de manque. Ces symptômes pourraient être multiples et iraient de l’hyper ventilation à une diminution critique de l’immunité corporelle, en passant par la surdité et des hallucinations. Si le manque se poursuivait sur plusieurs jours, la mort serait certaine. Heureusement, le père de Jack lui avait fait suivre ce traitement depuis le jour où on lui avait remplacé son fils naturel.

       Alors qu’il avalait sa pilule quotidienne, le jeune homme remarqua que Jill l’observait attentivement. Il avait l’habitude d’être considéré comme quelqu’un de bizarre par les autres personnes, mais c’était plutôt à cause de son comportement. Or, Jill était semblable à lui en ce qui concernait les relations sociales, donc c’était autre chose qui la préoccupait. Il se sentit obligé de lui demander :

       -  Ca ne t’a jamais effrayé, le fait que je sois un flash-clone ?

       -  Non, pas vraiment. J’ai été surpris en découvrant ça, je l’admets, mais à ce moment-là je ne te connaissais pas encore.

       -  Tu as donc su ça avant même de me rencontrer ?

       -  Oui, comme beaucoup d’autres choses. Mais aucune d’entre elles n’avait plus la moindre importance après le premier jour que j’ai passé dans ton unité. Tu ne peux pas savoir à quel point tu m’as manqué.

       -  Bien sûr que si je le sais.

       Jill sourit. Ni elle ni Jack n’était le genre de personne qui souriait facilement, mais apparemment il était possible de faire naître le bonheur à partir de deux êtres malheureux.

       -  Quand est-ce qu’on part pour cette fameuse mission ? demanda le caporal.

       -  Demain à 0600 heures, le temps que les techniciens finissent de préparer le vaisseau. Le reste de l’équipe est déjà à bord et tu seras obligé de les rejoindre une fois que notre petit « entretient » sera terminé.

       -  Ce qui nous laisse combien de temps ?

       A ces mots, la jeune femme s’approcha lentement de Jack et l’attrapa par le col pour coller ses lèvres contre les siennes. C’était la première fois qu’ils s’embrassaient, un évènement qu’ils avaient chacun attendu pendant six long mois avec pour seul compagnie le souvenir de l’autre. Ce geste n’en fut que plus passionné, libérant en quelques instants un torrent d’émotions qui avaient du être réprimées pendant si longtemps, comme un barrage mental qui cède soudain à la première fissure pour inonder leur monde intérieur.

       Il leur fallut plusieurs minutes pour se lasser suffisamment de cette sensation pour l’interrompre un moment, le temps que Jill annonce avec tendresse :

       -  Passons dans ma chambre. Avant de te laisser partir, je dois te faire passer petit examen très particulier.

       -  Je suis à vos ordres, lieutenant.

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LA SUITE

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