Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)
L’AMOUR
« On peut faire beaucoup avec la haine, mais encore plus avec l'amour. »
William Shakespeare
Pour des raisons personnelles, il m’est extrêmement difficile de parler de cette partie de ma Voie de manière parfaitement calme et objective, cependant étant donné l’importance que cette Force occupe dans le cercle de l’éthique je ne peux échapper à la rédaction d’un texte à son sujet. J’espère donc que vous saurez excuser les éventuels débordements que mon âme pourrait répandre dans les écrits de cet article. Les cyniques, les insensibles et les dégoûtés de la vie sont donc prévenus : attendez-vous à un flot de paroles romantiques et idéalistes qui peuvent vous donner envie de me jeter des pierres. Si c’est effectivement le cas, faites-vous plaisir, cela ne fera que justifier d’autant plus la nécessité de ces paroles.
Pour commencer par enfoncer les portes ouvertes, je dirai qu’à aucun moment de ma vie d’adolescent ou de jeune adulte je n’ai cessé de croire dans le pouvoir de l’amour. Oui, je sais que sur le papier cela sonne ringard, mais sans cela, sans cette Force incroyable, je ne serais jamais arrivé au niveau de bien-être qui est le mien aujourd’hui. Avant d’aller plus loin, je dois préciser que l’Amour tel que je le définie ici ne concerne pas uniquement le lien sentimental pouvant exister entre deux êtres, mais également le fait de pouvoir apprécier chaque instant de sa vie à un niveau particulièrement élevé. Pour faire plus simple, vous pouvez associer ici le sentiment d’amour à celui d’harmonie au sens large, c’est-à-dire au fait de pouvoir se sentir en symbiose totale avec son environnement ou avec son entourage. Le fait d’apprécier le souffle du vent sur votre visage, la chaleur d’un feu de camp, le parfum d’un parterre de fleurs ou l’ambiance d’une bonne discussion entre copains autour d’un verre ne sont que quelques exemples de sensation qui peuvent déclencher un profond sentiment d’harmonie. Ce sentiment est d’ailleurs extrêmement important pour entretenir la Sérénité dont je parlerai dans un prochain article.
Maintenant, certains lecteurs pourraient penser à tort que ce que je décris ici consiste essentiellement en un simple plaisir des sens et de l’esprit, cependant l’amour est loin d’être uniquement une source de plaisir. Car comme l’enseigne très bien le bouddhisme, l’amour est l’une des principales sources de la souffrance de l’être humain car il implique un puissant sentiment d’attachement. Et malheureusement, l’attachement s’oppose à l’une des trois caractéristiques de l’existence, l’impermanence (ou Anitya), qui dit en résumé que « la seule chose constante dans cet univers est l’inconstance de toute chose ». En quelque sorte cela signifie qu’il n’existe rien de définitivement figé et que notre environnement mais également notre propre esprit, nos manières et nos sentiments sont amenés à changer un jour ou l’autre. Je n’ai pas encore assez vécu pour en témoigner par moi-même mais je ne pense pas pouvoir devenir celui qui prouvera le contraire, même avec les meilleurs sentiments et la meilleure volonté du monde. En sachant cela, je comprends qu’autant de personnes décident de n’aimer rien ni personne ou d’aimer seulement selon le strict minimum pour éviter d’être trop sévèrement blessé, toutefois je vous ferai remarquer qu’encore une fois on en revient à un phénomène d’autodéfense personnel et donc principalement égoïste. Il me semble que c’est Frank Herbert qui a écrit dans l’un des livres de la saga de Dune que « on n’est pas fort par la douleur que l’on inflige, mais par celle que l’on endure ». La force d’un amour, quel qu’en soit l’objet, peut parfaitement se mesurer de cette manière.
J’en viens maintenant au phénomène que j’oppose à l’amour dans le cercle du Soi : le désir. Certains prétendront que le désir et l’amour sont intimement liés et que, de ce fait, ce sont tous deux des forces positives. Selon mon propre point de vue, cela n’est que partiellement vrai car si l’amour a effectivement besoin du désir pour naître, tout désir satisfait ou non ne provoque pas forcément la naissance d’un amour. En effet le désir n’est qu’une pulsion passagère dont la particularité est de se lasser très vite, étant donné qu’il cesse d’exister dès que l’objet convoité nous appartient, laissant la place à un autre désir de nature différente, ce qui rejoint d’ailleurs le concept d’impermanence du bouddhisme que j’ai résumé plus haut. Si l’on est suffisamment ouvert, attentif, et que l’on ne craint pas de devenir vulnérable, le désir peut se transformer en amour et se figer dans la perfection de l’harmonie ressentie. Le désir symbolise donc le changement tandis que l’amour véritable, de par sa Constance, est inconditionnel et éternel.
Tout comme les autres qualités de ma Voie, l’Amour est un sentiment qui nous pousse vers l’extérieur afin de nous rapprocher de l’objet aimé sans le bousculer, cela en raison du profond Respect que nous lui portons. Même lorsque le sentiment d’aimer se porte vers une chose très abstraite comme l’art en général, il est nécessaire de savoir passer dans un état que j’appellerai ici un état de supra-sensorialité : cela consiste dans mon cas à réduire l’intensité de mes pensées pour laisser plus de place à mes sensations pures, et à ne pas chercher à analyser immédiatement ces mêmes sensations afin de mieux en profiter. Lorsque j’ai besoin de me reposer l’esprit au cours d’une journée de travail, je sors un instant dehors et je me tiens quelques instants debout en fermant les yeux : le simple fait de ressentir plus distinctement la chaleur du soleil et le souffle du vent fait retomber très rapidement ma fatigue mentale. Mais je reparlerai de cela plus en détail dans l’article sur la Sérénité. Je peux également plonger dans le même genre de transe supra-sensorielle lorsque j’écoute certaines musiques particulièrement mélodiques ou auxquelles j’attache des sentiments précieux : ayant fait du piano pendant un peu plus de dix ans durant mon enfance, il m’arrive assez facilement de faire jouer mes doigts sur une surface plane ou même dans les airs comme si je jouais sur un piano invisible la mélodie du morceau que je suis en train d’écouter. En associant le geste à l’écoute, je fais participer mon corps à cet état de concentration intense et j’en renforce donc d’autant plus l’intensité de l’expérience.
Dans le cas très particulier de l’amour entre deux personnes, cette force devient d’autant plus belle et intense qu’elle nous fait ressentir deux flux à la fois : celui de nos émotions envers l’autre, et celui des émotions de l’autre envers nous. L’amour devient alors comme le premier enfant d’un couple, et comme tout enfant il doit être nourri par ses deux parents à la fois. Beaucoup de personnes parlent de la spirale de la haine, mais bien peu parlent de la spirale de l’amour qui est un phénomène certes extrêmement plus compliqué à maintenir mais tellement plus beau et juste. On dit d’ailleurs que la spirale de la haine est sans fin, cependant elle ne l’est que si nous limitons notre champ de réaction à encore plus de haine, un phénomène que Bouddha, ou plutôt le premier bouddha historique Siddhārtha Gautama, a bien décrit en disant que « Puisque la haine ne cessera jamais avec la haine, la haine cessera avec l'amour ». Et j’en profite pour citer une autre belle phrase de cet homme à l’histoire remarquable : « Il y a quatre pensées illimitées : l'amour, la compassion, la joie et l'égalité d'âme ».
Le désir, en revanche, consiste à tirer vers nous ce que nous souhaitons obtenir, même si ce n’est que pour un bref instant, donc à rester dans une logique égocentrique où notre orgueil doit l’emporter sur celui de notre entourage. Selon sa définition de base, le désir est destiné à disparaître dès qu’il est satisfait, malheureusement nous vivons dans un monde où le désir est omniprésent pour faire fonctionner notre économie. Il n’y a qu’à voir la place que prends aujourd’hui la publicité dans notre environnement pour s’en rendre compte, que ce soit dans la rue, dans les médias ou sur Internet. Mais je ne me risquerais pas à critiquer plus en détail la déviance mercantile de notre civilisation. Je reviens sur le désir qui est donc très présent non seulement en raison des influences extérieures que nous subissons, mais aussi parce qu’il stimule certains centres nerveux très particuliers comme celui de la curiosité et qu’il provoque facilement une poussée d’adrénaline plutôt agréable. Le désir agit donc d’une certaine manière comme une drogue, cependant je ne nierai pas que l’amour peut potentiellement être une drogue encore plus puissante avec des effets secondaires non négligeables, que beaucoup qualifierait de « débilitants » mais que je vois plutôt comme une source de volonté et de sérénité pour accomplir tout ce que nous faisons. Comme le dit un proverbe arabe : « L’esprit a beau faire plus de chemin que le cœur, il ne va jamais si loin ».
L’amour se différencie donc principalement du désir de par sa persévérance, ce qui explique qu’il relie l’Honneur et la Loyauté dans le cercle du Soi. D’une certaine manière, c’est également l’une des plus grandes sources de Respect et c’est pourquoi il est situé juste avant dans l’ordre des Forces, et j’y ferai certainement appel dans l’article correspondant. Le triangle AMOUR – RESPECT – CONFIANCE est une sous-structure extrêmement importante dans le cercle de l’éthique car il s’auto-entretient en raison de l’interdépendance de ces trois qualités, ce qui peut aboutir d’ailleurs à les faire croître en spirale de la même manière que la haine et la vengeance. Les vertus situées aux sommets de ce triangle sont des conséquences de ces trois qualités, ce qui ne les rend pas pour autant indépendants, mais elles n’interviennent pas nécessairement dans la croissance de cette spirale de l’amour. Quoi qu’il en soit, parmi toutes les qualités formant le cercle de l’éthique au sein de ma Voie, l’amour est certainement celle qui est la moins susceptible d’être mal interprétée ou d’être employée à mauvais escient. Bien que cela ne suffise pas à lui donner la place centrale, elle occupe une place extrêmement importante dans mon esprit et dans mon cœur.
Prochain article : LA LOYAUTÉ