CHAPITRE DIX
1631 unités de temps du 153eme jour de la neuvième ère de la Reconquête, Marche du Silence/ Croiseur de commandement Truth and Reconciliation en position stationnaire à la surface de Halo.
Avant même que le capitaine n’ai répondu, Irul savait qu’il avait changé. Son regard était rempli d’un besoin existentiel de croire en quelque chose. Sa foi avait été ébranlée par le discourt du commandeur, laissant son esprit sans rien pour se rattacher à la réalité. Lentement, ses mandibules s’ouvrirent comme un mécanisme rouillé par des décennies d’immobilité :
- Je… je reconnais mon ignorance, commandeur. Veuillez me pardonner pour mon aveuglement. Ma vie vous appartient, comme cela a toujours été. Orna Fulsamme se contenta de poser une main fraternelle sur l’épaule de sa Première Lame. Il se dégageait du regard du commandeur une fierté exemplaire qui suffisait à elle seule pour exprimer ses sentiments, et Arko se sentit brusquement revivre. Il avait trouvé un nouveau but, une nouvelle raison de se battre.
- Bien, fit Orna. Je pense que nous avons perdu suffisamment de temps comme ça. Il nous faut rejoindre le hangar à navettes au plus vite et réorganiser nos troupes. Irul ! Prenez la tête ! Le jeune sangheili obéit sans discuter, heureux de voir qu’ils avaient évité un bain de sang inutile. Ses sens en alertes, il fit parcourir les couloirs du vaisseau à ses frères. Bizarrement, il ne ressentit aucune présence ennemie tout le long du chemin, malgré l’abondance de cadavres. Des corps de ungoys et de kig-yars que le Parasite n’avait pas réussit à assimiler étaient rassemblés en immenses charniers dans plusieurs salles, et des morts sangheilis disséminés un peu partout présentant plusieurs stades de mutation ne donnaient aucun signe de vie. Comme le temps leur manquait, les Premières Lames ne prirent pas le temps de purifier ces corps infectés avec leurs épées plasma, et de toute façon, ce croiseur serait immédiatement pulvérisé par la flotte dès que le commandeur serait en sûreté.
Lorsqu’Irul arriva finalement au hangar à navette, il se retrouva face à un spectacle qui lui retourna le cœur : les troupes de l’Alliance qui y étaient postées avaient été attaquées par des vaisseaux de largages capturés par le Parasite. Ces transporteurs s’étaient écrasés sur le sol du hangar pour y déverser des vagues sans fin de monstruosités, face auxquelles même les troupes d’élite postées là n’avaient rien put faire. Bien que le combat fasse encore rage sur toute la vaste salle, il était clair que le Parasite ne mettrait pas longtemps à l’emporter.
Soudain, Irul ressentit de nombreuses nouvelles présences derrière lui. Alors qu’il se retournait vers le commandeur et son escorte, il aperçut au fond du couloir le cadavre infecté d’un sangheili se relever. Peu après, plusieurs dizaines de Parasites apparurent pour se précipiter vers le petit groupe de survivants.
- Premières Lames ! hurla Irul. Derrière vous ! Les sangheilis vétérans réagirent au quart de tour, et activèrent leurs épées tout en se retournant vers l’ennemi. Ce premier mouvement leur permit de découper la première vague d’assaillants, puis de se mettre en position de combat afin d’accueillir les suivants. Irul sentit son sang se glacer alors qu’il ressentait de plus en plus d’entités monstrueuses se diriger vers eux. C’était comme si tous les cadavres présents sur le Truth and Reconciliation venaient de revenir à la vie. Une véritable armée de morts-vivants convergeait vers leur position. Il fallait évacuer le commandeur au plus vite.
- Commandeur ! Capitaine ! Suivez-moi ! Nous devons évacuer au plus vite ! Premières Lames ! Couvrez nos arrières ! Irul fraya un chemin à ses supérieurs à travers la bataille qui faisait rage dans le hangar. Les rares survivants sangheilis qu’ils rencontrèrent se joignirent à eux, créant un petit groupe compacte et solide. Mais à chaque instant, de plus en plus de Floods se rapprochaient d’eux. Irul commençait à se dire que l’ennemi avait détruit toutes les navettes disponible lorsqu’il aperçu soudain un transporteur de classe Phantom encore intact. Un couple de Lekgolos le défendait avec une férocité incroyable, massacrant quiconque tentait de s’en approcher. D’innombrables corps broyés ou écrasés recouvraient le sol dans un fleuve de sang verdâtre immonde, mais le Parasite continuait d’attaquer par vagues incessantes pour avoir les deux géants à l’usure. L’arrivée d’Irul et de ses frères permis aux Lekgolos de se placer en position de soutient avec leurs énormes canons, tandis que le commandeur et Arko embarquaient dans la navette.
Soudain, une plaque d’aération du sol s’ouvrit pour laisser s’échapper une véritable marée de minuscules floods parasitaires. Ils se jetèrent immédiatement sur les Lekgolos et se mirent à les dévorer de tous côtés. Il ne leur fallut que quelques instants pour abattre les deux béhémots qui s’effondrèrent dans un véritable tremblement de terre qui fit aussitôt fondre les espoirs des sangheilis.
Mais Irul n’était pas prêt à abandonner aussi vite. D’un bond furieux, il se jeta au milieu de la masse des combattants parasites et commença à donner la mort avec une rapidité et une virtuosité sans pareille. Chacun de ses membres était une arme mortelle et le moindre de ses mouvements tuait au moins un adversaire, chaque mort étant une note de la symphonie sur laquelle il jouait. Il ne se souciait plus d’employer ce qu’il avait apprit du maniement de l’épée, et se fiait uniquement à ses propres capacités, calculant instantanément chaque attaque avec toujours trois coups d’avance. Peu importait le nombre de ses ennemis, ils n’avaient aucune chance de le vaincre. L’effet énergisant de l’épée du commandeur commençait à apparaître alors qu’il enchaînait les mouvements compliqués sans faiblir un seul instant. Il fallait qu’il couvre la fuite de ses supérieur, et c’est ce qu’il ferait.
C’est alors que les Premières Lames se précipitèrent pour l’aider, se frayant un passage jusqu’à lui à travers les innombrables abominations qui les entouraient. Lorsqu’ils furent à ses côtés, l’un d’eux annonça à Irul : - Frère Sulamee ! Repliez-vous avec le capitaine et le commandeur ! Nous retiendrons l’ennemi ici ! - Je ne peux pas vous laisser mourir ici ! répondit Irul sans s’arrêter de combattre. - C’est un ordre du commandeur lui-même ! Ne vous inquiétez pas pour nous : ce sera un honneur que de vous sauver la vie. Bien que ce soit à contrecœur, Irul accepta d’abandonner le combat et ses frères pour embarquer dans le Phantom. Dès qu’il fut à l’intérieur, celui-ci décolla pour quitter le hangar à navette. Quelques minutes plus tard, plusieurs séries de torpilles à plasma furent tirés depuis la flotte en orbite et réduisirent le Truth and Reconciliation à l’état de poussière.