CHAPITRE TREIZE : LA DETERMINATION D’UN
Dangô était comme une statue, gigantesque et immobile, attendant tranquillement d’être attaqué pour anéantir la jeune fille qui lui faisait face. Mais Hinata avait beau croire dur comme fer au plan de Shikamaru, elle sentait nettement son absence totale de confiance en elle-même. A quoi cela me sert-il encore de me battre ? Je n’ai plus aucun espoir, plus de rêves, plus rien… Même si j’accomplissais les plus grands prodiges, jamais je ne deviendrais chère à Naruto-kun. Je ferais sans doute mieux de mourir rapidement pour abréger mes souffrances.
- Alors ? lança Dangô avec un début d’impatience. Qu’est-ce que tu attends ?
Hinata ne répliqua pas. Elle n’écoutait même pas. Son esprit était totalement ailleurs, perdu dans les méandres de la tristesse et du désespoir, cherchant à se rattraper à quelque chose qui justifierait la peine de combattre.
- Est-ce que je te ferais si peur que ça, fillette ? Tu vas t’enfuir sans tenter d’aider tes amis ?
Le visage de la jeune fille n’exprimait plus aucune émotion depuis longtemps, ce qui perturbait un peu Dangô. Tous les ennemis que j’ai affrontés étaient soit effrayés, soit trop confiants. Mais cette fille est différente. On dirait qu’elle n’a pas vraiment envie de se battre, mais que ce n’est pas parce qu’elle a peur de mourir. Les membres de la famille Yunga sont-ils tous ainsi ?
- Qu’est-ce qui te retient ? continua le géant d’un air moqueur. Tu étais nettement plus enthousiaste la dernière fois, lorsque tu as sauver ton amis le déchet à grande gueule.
Ce mot fit immédiatement sursauter Hinata, et Dangô comprit qu’il avait touché un point sensible.
- Ce lâche s’est certainement enfui avec les habitants de la ville pour éviter de nous affronter. Qu’est-ce que ça te fais de savoir que tu sers de bouclier sacrifiable pour ce genre de peureux incompétent ?
Hinata baissa alors la tête. Elle va vraiment s’enfuir ? se demanda Dangô. Peut-être va-t-elle simplement partir sans combattre ? Rien ne l’anime, et sa détermination paraît inexistante. Est-elle vraiment un membre de la terrible famille héritière du Byakugan ?
- Pourquoi ? fit Hinata sans relever la tête.
- Quoi ?
- Pourquoi vous battez-vous ? Pourquoi est-ce que le monde entier se bat ? Qu’est-ce qui pousse les hommes à toujours vouloir se battre ?
- Sagara m’a promit de me laisser cet équipement lorsque nous aurons conquis tous les pays, et il m’a promit que je gouvernerai le Pays de la Terre.
- Alors vous vous battez pour le pouvoir ? Pour la puissance ? Vous voulez certainement être reconnu par vos semblables ?
La voix d’Hinata était devenue totalement dénuée d’émotion. On aurait cru entendre une marionnette ou un enfant, et Dangô devenait de plus en plus perturbé par l’étrange jeune fille, dont les questions étaient aussi dérangeantes que sa façon de les exprimer.
- Qu’est-ce que tu me chantes ?
- Il y a tellement de gens qui cherchent la puissance. J’en ai tellement connu. Tous ne veulent qu’assoire leur domination sur les autres, et satisfaire toutes leurs envies. Mais Naruto-kun est différent. Toute son enfance, il a été sous-estimé et même haï par les autres, qu’ils soient de son village ou non, et il veut devenir Hokage pour être accepté. Il veut qu’on le reconnaisse comme un véritable ninja. C’est un rêve noble, qui a de bonnes raisons d’exister, et que je respecte.
C’est alors qu’Hinata releva les yeux vers Dangô, et celui-ci put y voir une fureur sans nom illuminer les pupilles blanches de la jeune fille. Elle est sérieuse, maintenant…
- Aujourd’hui, fit-elle, je me moques bien de mourir. Mais même si ma fin doit venir ce soir, de ta main, je ne te laisserai jamais insulter ainsi Naruto-kun. Je vais te faire regretter amèrement ce que tu viens de dire…
Sans aucune hésitation, Hinata s’élança vers le géant en armure, et activa son Byakugan. Son ennemi ne fut cependant pas trop intimidé par cette détermination, et attendit patiemment qu’elle soit suffisamment proche de lui avant d’abattre son arme sur le sol. L’onde de choc fut terrible, et fissura de nombreuses pierres de la coure qui cédèrent sous la pression. Des milliers d’éclats volèrent dans les airs, ricochant sur l’armure de Dangô et meurtrissant durement la peau d’Hinata. Mais la jeune fille ne s’arrêta pas, et porta un puissant coup sur la poitrine du géant. Comment ? Elle n’est pas paralysée ?
Mais l’armure du colosse encaissa l’attaque sans problème. Sa grande solidité meurtrit le poing d’Hinata, et du sang éclaboussa légèrement la lourde plaque de protection. A la grande surprise de Dangô, aucun cri de douleur ne sortit de la bouche de l’adolescente, qui affichait toujours un regard déterminé et furieux. L’aurais-je provoquée à ce point ? Ce gamin… ce « Naruto »… il lui est si précieux que ça ?
Voyant que son attaque n’avait eut aucun effet, Hinata effectua un saut en arrière, couvrant sa retraite avec un jet de shurikens qui furent tous déviés par le champ magnétique de Dangô. Elle se plaça à dix mètres de lui, et réfléchit à un moyen de vaincre la grande brute. J’ai été choisie par défaut pour affronter ce type, pensa-t-elle. Seul Lee pouvait rivaliser avec la vitesse de Zankuro, et seul Shikamaru avait assez de talent pour apprendre l’art du vol en une journée. De toute s’équipe, je suis la plus mal lotie. Non seulement j’ai hérité d’un adversaire qui ne m’est pas véritablement adapté, mais Shikamaru n’a pas trouvé de moyen de le vaincre. Il faut avouer que sa plus grande force reste le fait qu’il est totalement immunisé à toute sorte d’attaque… sauf une, peut-être.
- Comment se fait-il que tu n’ais pas subit les effets de mon arme ? demanda Dangô sans cacher sa surprise.
- De la même façon que toi.
Un léger frisson involontaire parcourut le corps du géant. Impossible ! Elle ne fait pas parti de ce pays, et elle n’a pas put comprendre cela en un seul combat…
- Les ondes de choc se diffusent plus ou moins facilement selon le matériaux qu’elles traversent, expliqua Hinata. Mais l’adamantium a une caractéristique rare en plus d’être extrêmement résistant : grâce à l’alignement des atomes qui le constituent, il réfléchit les ondes physiques. De ce fait, ton armure renvoie toute forme de vibration à sa source sans en ressentir le moindre effet. J’ai donc mis à mes sandales de minces couches d’adamantium afin de me protéger de tes attaques.
Dangô était impressionné, mais son ennemi ne put le voir à travers la visière métallique de son casque. Hinata observa avec attention la structure de ce heaume de protection : il couvrait totalement le visage de son porteur, ne laissant qu’une mince fente horizontal pour qu’il puisse voir. C’est ma seule ouverture. Je dois la tenter…
- Très bien, fit Dangô en essayant de se rassurer. Tu as trouver comment éviter mes attaques. Mais as-tu trouvé comment me vaincre ?
- Oui.
Le géant eut un terrible sursaut en entendant cette réponse, qu’Hinata avait prononcée très clairement et sans hésiter. Aussitôt, la jeune fille s’élança vers lui, et pour la première fois depuis longtemps, Dangô commença à avoir peur. Il leva alors son énorme masse et la fit tournoyer dans les airs afin de se protéger. Mais Hinata évita l’arme en se laissant glisser en avant. Elle frappa violemment l’une des jambes du colosse, qui perdit soudain son équilibre déjà fragilisé par son tournoiement.
Sa chute fut comme un tremblement de terre, secouant puissamment toute cette partie du palais lorsque l’énorme masse d’adamantium de son armure fracassa la pierre. Dangô se retrouva alors dos au sol, et se dépêcha de se relever. Mais soudain il se rendit compte qu’il en était bien incapable. Merde ! Elle a compris mon point faible : même si je suis bien capable de porter une telle masse de métal, la soulever ainsi est totalement différent. Je suis comme une tortue renversée sur le dos… totalement vulnérable.
Hinata ne perdit pas une seconde, et s’avança vers Dangô en préparant sa dernière attaque. Une longue pointe de chakra se forma dans la paume de sa main droite. Une tornade miniature ne tarda pas à entourer cette arme énergétique alors qu’elle s’approchait, achevant de terroriser le géant immobilisé. Elle maîtrise le Fûton a son âge ? … Qui est cette fille ?
Hinata s’arrêta juste au-dessus de lui, continuant d’accumuler son chakra dans sa main. Dangô comprit très vite qu’elle comptait le tuer, et chercha son arme du regard. Il l’aperçut à quelques mètres derrière l’adolescente. C’est fini ; j’ai perdu. Quelle ironie de me faire battre par une fille alors que je rêvais de devenir TsuchiKage (Kage du Pays de la Terre). J’aurais fait tout cela en vain…
Dangô ferma alors les yeux. Son énorme casque l’avait habitué à l’obscurité, mais pour la première fois, il trouva une certaine quiétude dans le noir absolu. L’approche de la Mort l’avait libéré de ses rancœurs, et même si un profond regret les avait remplacé, il préférait nettement cela. Enfin, après trente ans de tourments, il était enfin en paix avec lui-même.
- Tue-moi, prononça doucement Hinata.