0748 heures, 20 Octobre 2548 (Calendrier militaire)/ complexe minier n°263, colonie de Paris IV, système Gamma Taurus.
Un bruit de cailloux dévalant une pente attira l’attention d’une patrouille de grognards. Les extraterrestres chétifs s’approchèrent de la source du bruit, motivés non pas par leur curiosité naturelle mais plutôt par la peur d’être accusés de mauvaise garde par les élites. Ils s’éloignèrent donc de leurs camarades endormis, se dirigeant vers la périphérie de la grotte. Il y avait de nombreux reliefs dans cette zone là, l’excavation totale n’ayant pas été nécessaire. De ce fait, le terrain était accidenté et il ne fut pas difficile pour les spartan d’éliminer la petite patrouille hors de vue du reste des gardes, usant de leurs silencieux pour tirer sans retenu.
Il fallut répéter l’opération plusieurs fois pour éliminer toute les patrouilles de ce côté de la structure, mais le résultat était là. Maintenant, il ne reste plus qu’à éviter de réveiller les feignants… et à éliminer discrètement les élites.
Pour cette partie du plan, il décida d’utiliser leur avantage du tir à longue portée. Par signes interposés, il ordonna à Linda de se charger des élites. Ils étaient au nombre de huit, ce qui signifiait que la spartan ne devait pas rater un seul tir. Mais John savait très bien qu’il était impossible qu’elle manque la moindre cible. Huit tirs aux bruits étouffés furent lâchés en l’espace de quatre secondes, et tous les élites s’effondrèrent sur le sol devant l’entrée de l’étrange structure.
Les spartans entreprirent alors d’avancer jusqu’à la porte en faisant le moins de bruit possible. Ils étaient entraînés pour évoluer dans l’ombre avec discrétion, et ce genre d’opération était courrant pour eux. De plus, les grognards avaient une mauvaise prédisposition à la surdité lorsqu’ils dormaient, ce qui facilita la chose. Une fois arrivé devant la porte maintenue fermée, John examina l’ouvrage afin d’y trouver un espace pour passer sa sonde optique. Il réussit à la glisser sous l’énorme bloc de ce métal inconnu, et observa l’intérieur.
La salle était exactement comme l’avait décrit Lord Hood : immensément grande et totalement vide. Elle était également vide de toute présence, comme si ce vide était une caractéristique de sa conception. C’est bizarre. Pourquoi les covenants n’ont-ils pas poster des gardes à l’intérieur ? Il n’y a même pas de système de vidéo-surveillance…
John ouvrit la porte et son groupe pénétra dans l’édifice extraterrestre. Le sol métallique avait une forte capacité de résonance sonore, et ils firent bien attention de marcher en silence jusqu’à la porte menant au temple. L’adjudant utilisa de nouveau sa sonde optique par le dessous de l’accès mais ne détecta toujours aucune présence ennemi. Avec nervosité, ils entrèrent dans la mystérieuse salle, dont Lord Hood n’avait presque rien oublié dans sa description, et avancèrent vers l’autel. C’est sans doute là que nous pourrons recueillir le plus de renseignement concernant ce cristal.
Mais à sa grande stupéfaction, la plate-forme était dénuée de toute inscription. Il n’y avait absolument aucun symbole aux alentour du réceptacle du cristal. Dans le doute, John ordonna à ses compagnons de photographier les inscriptions sur les piliers de la salle grâce aux caméras de leurs armures. Ca pourrait intéresser les huiles du SRN.
C’est alors que John remarqua une porte dans le mur derrière l’autel. Il ne l’avait pas remarqué à cause de la taille de celle-ci : elle faisait cinq mètres de haut et dix mètres de larges. Ces dimensions relevaient plus d’une porte de hangar à navettes plutôt qu’à un simple accès, ce qui avait laisser penser John qu’il s’agissait d’une décoration. Mais en s’approchant un peu plus, il découvrit un panneau d’ouverture semblable à ceux des autres portes. Par contre, il n’y avait aucun espace pour faire passer une sonde optique. Merde ! Une porte hermétique. Qu’est-ce qu’on fait ? Si jamais il y a des covenants de l’autre côté et qu’on se fait repérer, on aura sur le dos non seulement les ennemis à l’intérieur, mais aussi les milliers de grognards à l’extérieur…
John savait que ce n’était pas une décision à prendre à la légère car il jouait sa vie ainsi que celle de ses meilleurs amis. Mais vu que les deux pièces précédentes étaient inoccupées, peut-être pourrait-il pousser la chance un peu plus loin. La chance était sa spécialité. De toute façon, les statistiques et moi, ça a toujours fait deux…
L’adjudant prit une profonde respiration, puis ouvrit la porte qui coulissa sur le côté dans un léger bruit de frottement métallique. Le cœur de John faillit s’arrêter de battre lorsque l’énorme plaque métallique révéla un groupe de quatre élites juste devant eux. Poussé par l’instinct et le devoir, les quatre spartans se ruèrent sur eux lorsqu’ils se rendirent compte que les covenants étaient agenouillés face à eux, la tête inclinée vers le sol et les yeux fermés. Ils ne bronchèrent même pas lorsque les humains leur tranchèrent la gorge avec la rapidité de l’éclair. Pourquoi étaient-ils ainsi prosternés ? Ils portent tous ces mêmes armures rouges aux ornements étranges.
Ils doivent certainement faire parti d’une caste ayant un rôle uniquement défensif. Des gardes d’honneur, en quelque sorte. Ils devaient attendre quelqu’un d’important ici, et ce n’est pas nous. On ferait mieux de se débarrasser des cadavre avant que celui qu’ils attendaient n’arrive.
- John ! fit soudain Kelly. Je crois que tu devrais regarder devant toi.
L’adjudant oublia un instant les corps des élites et releva son regard… pour se retrouver complètement estomaqué.
Les spartans se trouvaient dans un espace clos s’étendant sur un peu plus d’un kilomètre carré. Le plafond les surplombait à trois cent mètres au-dessus de leurs têtes, et un gouffre sans fond se trouvait sous la plate-forme qui les soutenait. Mais les dimensions de cet endroit n’était pas ce qui impressionnait les spartans : au milieu se trouvait un objet immense à la forme étrange.
La base de son design était l’armature d’une pyramide : quatre pieds inclinés partants vers les quatre coins d’un carré imaginaire, et une pointes s’élevant à la verticale, le tout se réunissant en un point central. Les cinq longues extrémités étaient assez épaisses et leurs contours irréguliers semblaient plus avoir un but décoratif qu’autre chose. Nom de Dieu ! Mais qu’est-ce que c’est ? Une arme ? Un temple ?Quelle race pourrait avoir construit une chose pareille ?
C’est alors que John entendit une voix extrêmement grave derrière lui :
- Plus un geste, humains !
Merde ! J’étais tellement impressionné que je n’ai pas fait attention à mon détecteur de mouvement ! A moins que ce soit des élites furtifs… ou qui se seraient lentement glissé derrière nous. Dans tous les cas, nous sommes cuits.
- Retournez-vous lentement, ordonna l’ennemi.
Les quatre spartans obtempérèrent pour s’apercevoir qu’une horde de commandos élites se trouvaient derrière eux. Ils avaient désactivé leur système de camouflage et pointaient leurs armes vers les humains sans pourtant être prêts à tirer. Ils ne semblent pas avoir l’intention de nous tuer. Pourquoi ?
Lentement, les spartans posèrent leurs armes à terre et les éloignèrent du pied. Soudain, les commandos extraterrestres s’écartèrent pour laisser passer d’autres élites, aux armures rouges avec ces étranges ornements, qui escortaient une créatures que John n’avait encore jamais vu.
Ses mains possédaient un pouce et deux autres doigts deux fois plus longs aux ongles courts. Sa peau nue était d’un brun clair tendant légèrement vers le rose pâle des peaux humaines, mais la majorité de son corps était recouvert d’une toge rouge vives avec des symboles dorés et des bords violets. Sa tête, montée sur un long cou courbé vers le haut, avait quelques ressemblances avec celle d’un humain, mais son encéphale s’étendait vers l’arrière en une forme ovale. Elle ne possédait pas de cheveux ni aucun poil, et sa fine bouche était dénuée de lèvres. D’énormes sourcilles surplombaient deux yeux globuleux au regard vif et intéressé par la vue des spartans.
Le reste de son corps était recouvert d’une toge rouge vive avec des ornements dorés et des bordures violettes, et la créature portait sur sa tête une couronne étrange et d’énormes ornements constitués de deux plaques symétriques dorées aux formes artistiques à la base de son cou. La créature flottait à un mètre au-dessus du sol grâce à un large siège rond aux accoudoirs comportant de nombreuses touches et boutons de contrôle.
A côté de ce covenant inconnu se dressait un élite nettement plus grand que la plupart de ses congénère, et portant une armure dorée couverte de symboles argentés et de peintures de guerre rouge sang. La seule arme qu’il portait était une épée plasma accrochée à sa ceinture, et son imposante musculature laissait imaginer sa puissance au corps à corps.
- Ainsi, fit la créature sur le siège antigrav, voici ces humains si spéciaux dont on parle tant ?
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