Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Les fanstories de Sierra Jack-115 (Halo, Naruto, Evangelion et Warhammer 40.000)

Publicité

ILLUMINATI, chapitre 1


Durant dix mille ans, le divin Empereur de l'Humanité a régné sur l'Imperium depuis le Trône d'Or de Terra. Durant dix mille ans, ses armées ont conquis des mondes entiers et lutté dans l'immensité spatiale pour étendre son vaste empire. Durant dix mille ans, les forces de l'Inquisition ont protégé son peuple de tous ses ennemis intérieurs, combattant dans le plus grand secret l'extraterrestre, le démon et l'hérétique.

 

C'est une guerre qui est livrée autant avec le cœur et l'esprit qu'avec l'acier et le feu. Une lutte incessante qui doit être menée sans pitié jusque dans les endroits les plus reculés de la galaxie, là où la lumière de l'Empereur n'est guère plus qu'une étincelle, là où règnent les ténèbres. Si nous perdons cette guerre, l'hideuse hérésie se répandra dans la galaxie et notre Empereur, sauveur et protecteur de l'Humanité, sera maudit pour l'éternité.

 

C'est une guerre qui ne doit jamais être perdue...

 

 


CHAPITRE PREMIER : LES PREUVES DU DISCIPLE

 

 

Nous sommes en 276M37, aux premiers prémices de l'âge de la Rédemption. Les horreurs du règne du Sang jettent encore une terrible honte sur l'empire de l'Humanité, qui s'est retrouvé considérablement affaibli par cette guerre civile. Cela fait plus de deux siècles que les Hauts Seigneurs de Terra ont ordonné le début de la Grande Curée, consistant à lancer des purges systématiques contre les hérésies et les ennemis intérieurs de l'Imperium. L'Inquisition lavent les pêchés de l'Apostasie dans le sang et les larmes. Le culte impérial croît en influence et atteint l'apogée de son pouvoir. Les bûchers des hérétiques brûlent nuit et jour sur des milliers de mondes, et la populace de l'Imperium mortifie ses péchés dans la chaire des autres. Des croisades sont lancées pour reprendre les ressources galvaudées dans les âges passés.


C'est un âge ou l'Inquisition, plus que jamais, doit se montrer impitoyable...

 


       Il se dégageait de cet endroit une aura terriblement malsaine. Les sombres couloirs de métal souillés, le long desquels coulaient une étrange matière visqueuse et apparemment organique, semblaient posséder une volonté propre qui tentait de nous repousser mentalement. Des cadavres en décomposition traînaient un peu partout, leurs corps grouillant d’insectes voraces mettant à nu leurs organes internes, inondant le couloir d’un sang impur. Ils puaient tellement que s’en était écœurant. Les quelques néons encore accrochés au plafond donnaient des signes de faiblesse, beaucoup éclairant par intermittence en rendant cet endroit encore plus glauque qu’il ne l’était déjà. Mais ce n’était pas à cause de cela que nous allions rebrousser chemin.

      L’inquisiteur Illios Kantores, mon maître, mena notre groupe à travers ce décor immonde d’un pas décidé, où l’hésitation n’avait pas sa place. C’était un homme à la stature imposante, au corps aussi fort que son esprit, et que l’âge n’avait jamais affecté. Dans sa main droite, il tenait un marteau énergétique sur lequel courrait des arcs électriques par dizaines, tandis que sa main gauche serrait un pistolet bolter au chargeur rempli de munitions bénies. Cela faisait maintenant deux cent ans qu’il parcourait la galaxie pour traquer les ennemis de l’Imperium au nom de l’Inquisition et de l’Ordre qu’il servait, l’Ordo Hereticus. Spécialisé dans la traque des sorcière, psykers et autres mutants hérétiques, il était toujours aussi vigoureux qu’il y a deux siècles. Il avait à son service plus de soixante hommes de main qu’il avait recruté lui-même au cour de ses innombrables enquêtes. J’étais l’un des six qu’il avait amené avec lui ce soir là.

      Je me nomme Asphar Silverstein, et j’étais simple homme de main de l’inquisiteur Kantores depuis huit ans à cette époque. Mes cheveux noirs coupés mi-long étaient coiffés en avant, de nombreuses mèches tombant sur mon large front, et sous lesquelles régnaient deux yeux vifs d'un bleu azure. Mon jeune visage avait une blancheur presque fantomatique, typique des humains originaires des planètes glaciaires qui donnaient généralement une peau très pâle. J’étais l’un des disciples de Kantores, un inquisiteur en puissance si je vivais suffisamment longtemps pour faire mes preuves.

       Nous étions sur la piste d’un hérétique particulièrement dangereux, Klor Felcas, un psyker de haut niveau qui s’était voué à un culte de Nurgle, le dieu de la déchéance et des maladies. Les nombreux fléaux organiques qui le rongeaient sans jamais le tuer avaient fait périr les équipages de dizaines de vaisseaux, et deux inquisiteurs avaient déjà péri avec leurs hommes en tentant de le neutraliser. Par sa seule présence, il avait également exterminé toute la population de la cité-ruche de Tarentus, la deuxième ville de la planète Sildiora. Et c’était dans les soubassements d’une usine de recyclage alimentaire de cette ville fantôme qu’il avait donc établi son sanctuaire, dans un but connu de lui seul.

        Sachant à quel genre de menace il avait affaire, Kantores avait soigneusement préparé notre attaque : chacun de nous était équipé d’une combinaison bactériologique étanche avec des recycleur d’atmosphère, et portait avec lui une trousse médicale. De plus, le bâtiment de l’usine était encerclé par un bataillon complet des troupes de choc de l’inquisition, prêtes à empêcher toute tentative d’évasion de la part de Felcas, et la flotte impériale était positionnée en orbite au-dessus de Tarentus. Si jamais nous échouions, ces vaisseaux avaient pour consigne de bombarder la zone avec toute la puissance de feu dont ils disposaient, en espérant que cela suffirait.

        Je marchais avec précaution au milieu des cadavres en suivant mon maître, faisant bien attention de ne pas déchirer ma combinaison. Dans mes mains, je serrais fermement mon pieu anti-psyker, cette arme bénie que m’avait confié Kantores. Pour une raison bien particulière, j’étais le meilleur tueur de psyker parmi les hommes de l’inquisiteur. Je portais également un fusil laser en bandoulière sur mon épaule, mais les armes à feu n’étaient pas vraiment mon fort. Devant moi, mon maître observait d’un œil avisé le bout du couloir, où une porte entrouverte de métal rouillé ballottait en grinçant affreusement. De l’autre côté, c’était les ténèbres.

       D’un signe de main, Kantores ordonna à deux de ses hommes de passer devant pour vérifier qu’il n’y avait pas de piège. L’un d’eux repéra une charge explosive reliée à un fil tendu sur le palier de la porte, et il la désactiva avec soin, avant d’annoncer que la voie était dégagée. Notre équipe pénétra ensuite dans l’un des énormes entrepôts de nourriture de l’usine. Bien entendu, Felcas avait contaminé l’ensemble des énormes masses organiques qui s’y trouvaient, puis avait tapissé chaque surface de cette salle avec cette matière infectée par les pires maladies de l’univers. Il avait également intégré les corps agonisants de plusieurs civils de Tarentus, utilisant le peu de vie qui leur restait pour rendre toute cette horreur vivante. D’énormes veines parcouraient cette surface immonde en y diffusant un sang noir comme l’ébène, et on pouvait voir par endroit les visages liquéfiés des humains qui avaient involontairement participé à ce sacrifice. Nous marchions sur un tapis de matière décomposée animée de spasmes, faisant éclater des boules de pus grosses comme le poing sous la pression de nos pas.

       En temps normal, les caissons de stockage des aliments étaient empilés selon plusieurs séries de colonnes régulières, mais la plupart d’entre eux avaient disparu. Les quelques caissons restant étaient disposés en un cercle, et avaient été gravés de milliers d’inscriptions dans la langue maudite de Nurgle. Quant à Felcas, il nous attendait calmement au centre de cette construction.

       C’était un véritable monstre. Son corps massif courbé en avant sous le poids des tumeurs et des chaires suppurées qui le recouvraient était enveloppé d’une large robe de moine en charpie, dont la couleur d’origine était impossible à déterminer. Il s’appuyait sur un long bâton de bois se terminant en une sculpture de crâne déformé, dont le front était gravé de trois points disposés en triangle : l’horrible symbole de Nurgle. On pouvait à peine voir son visage corrompu dont les yeux brillaient de la lueur caractéristique des spykers de haut niveau. D’une voix presque inaudible et rendue extrêmement rauque par sa gorge moisie, il nous annonça :

            -  Vous arrivez juste à temps, infidèles.

            -  Peu importe quel genre de sorcellerie vous tenterez, fit Kantores. Par la Lumière de l’Empereur, nous vous arrêterons.

            -  Pauvre fou. Rien ne peut arrêter l’œuvre de Nurgle.

      Sur ces mots, il leva l’une de ses mains, paume vers le haut, et la matière décomposée qui nous entourait commença brusquement à s’agiter. Des éclairs se mirent à jaillir au niveau des énormes veines pour se répandre sur l’ensemble des surfaces vivantes, et des ouvertures béantes se créèrent soudainement pour laisser jaillir des flots incessants de mouches noires. Ces affreuses bêtes se ruèrent sur nous pour tenter de perforer nos combinaisons protectrices, et l’un des hommes de main de Kantores ouvrit le feu avec son lance-flamme, carbonisant des milliers de ces insectes dans une odeur insoutenable de chaire brûlée. Par-delà le bourdonnement intense, j’entendais Felcas qui commençait à réciter des incantations en agitant son bâton.

            -  Asphar ! m’ordonna Kantores alors qu’il se débattait de toutes ses forces pour repousser ses innombrables et minuscules assaillants. Tue-le ! Vite !

       Je savais exactement ce que j’avais à faire. Empoignant à deux mains mon pieu énergétique, je m’avançais vers Felcas à travers la masse de mouches tourbillonnant autour de moi. Elles ne m’attaquaient pas, restant à distance, et je pouvait progresser librement jusqu’à l’hérétique.

         Aujourd’hui je reconnais qu’en ces temps lointains, j’avais les psykers en horreur. Le lien qui existe entre eux et le Warp en faisait des être dangereux, capables d’utiliser les énergies malsaines de cette autre dimension à des fins destructrices. Chaque jour, des milliards de psykers naissaient à travers la galaxie, et on ne découvrait la plupart d’entre eux que lorsqu’il était trop tard pour contrôler leurs terribles pouvoirs. En tant que membre de l’Ordo Hereticus, j’avais pour mission de neutraliser tout psyker qui n’était pas assermenté et loyal à l’Imperium, que ce soit en les capturant ou en les réduisant en cendres. Felcas était un psyker très puissant, qui avait de plus reçu la fausse bénédiction du dieu impie de la déchéance. Cependant, cela ne m’effrayait pas un seul instant, car j’étais né pour combattre ce genre de monstre.

        Voyant que ses mouches n’avaient aucun effet sur moi et que je m’approchais bien trop vite, il concentra la malsaine énergie du warp dans l’une de ses mains et la projeta dans ma direction en lui donnant la forme d’un éclair. Ce pouvoir avait la force de tuer une escouade entière, mais il s’évanouit subitement lorsqu’il arriva à un mètre de moi. Les yeux de Felcas ne purent trahir sa surprise en voyant un tel phénomène. Il lança alors plusieurs autres attaques psychiques, mais aucune n’eurent plus d’effet que la première. Pour la première fois depuis longtemps, Felcas ressentit une peur profonde le ronger de l’intérieur, plus atrocement que toutes les maladies qu’il avait transporté dans son corps meurtri. Il arrêta son incantation, paralysé, et comprit enfin ce qui se passait.

            -   Non ! Tu es… tu es… un Intouchable !

        D’après les études entreprises par l’Ordo Hereticus, les pouvoirs psychiques dont jouissent les psykers, quelle que soit leur puissance, sont basées sur les processus électriques du système nerveux humains : ces petites impulsions qui voyagent de synapse en synapse et transmettent les informations, les messages et les décisions. La mutation qui les caractérise fait que certaines de ces synapses font intervenir l’énergie Warp au lieu de celle de leur propre corps, ce qui leur permet d’ouvrir un minuscule portail vers cette autre dimension, où ils peuvent puiser une puissance capable de lancer des éclairs, de démembrer un homme ou de faire sauter un char.

     Les Intouchables possèdent cependant une mutation qui affecte le même phénomène, mais d’une autre manière. Cette mutation leur permet de s’affranchir des phénomènes électriques normalement nécessaires pour faire fonctionner leur système nerveux. De part cette nature particulière, les Intouchables ne possèdent aucune présence dans le Warp, là où les esprits des humains normaux sont autant de petites chandelles, et où ceux des psykers sont de véritables soleils flamboyants. Ils créent alors constamment une perturbation autour d’eux, un vide au sein des processus fondamentaux du cerveaux qui fait disparaître toute énergie Warp pénétrant dans cette bulle. Cela a malheureusement aussi comme conséquence que l’on a tendance à oublier certains souvenirs et à se sentir mal à l’aise en leur présence. C’est en même temps une bénédiction et une malédiction, car si les psykers n’ont absolument aucune emprise sur eux, les Intouchables sont considérés comme des êtres sans âmes par la plupart des autres humains. C’est cette malédiction que je porte en moi.

      Felcas trébucha sur l’une des énormes veines en reculant et tomba à la renverse, terrorisé. Je m’arrêtai à deux pas devant l’hérétique et observai l’effet qu’avait mon champ de négation sur lui. C’était comme si l’on venait subitement de couper le cordon ombilical d’un fœtus. Cette autre dimension avec laquelle il vivait depuis si longtemps, et qui était devenue l’essence même de sa vie, lui était désormais inaccessible. Une immense faiblesse s’empara de l’hérétique alors que ses liens avec le warp étaient coupés, et ses yeux fixèrent avec horreur le pieu anti-psyker qui luisait d’énergies crépitantes dans mes mains. Dans une intonation aussi monotone que rituelle, je récitai :

-  Au nom de l’Empereur-Dieu sanctifié, je vous proclame extremis diabolus. Que votre âme damnée connaisse mille tourments dans les enfers du Warp.

       Sur ces mots, je plantai mon arme dans son corps. Les huiles saintes dont elle était enduite le consumèrent de l’intérieur alors qu’il était agité d’intenses convulsions tout le long du corps. Sa peau s’embrasa l’instant d’après, et rapidement, il ne resta plus qu’un squelette fumant de l’homme qui avait été Klor Felcas. Immédiatement, les milliards de mouches qui nous assaillaient tombèrent sur le sol en une énorme masse infecte à l’odeur de soufre, et les surfaces organiques recouvrant la salle moururent aussitôt. Je regardai autour de moi, et vit que deux des hommes de mains de Kantores étaient morts, et un autre était étendu sur le sol, sa combinaison déchirée et de grosses blessures gangrenées recouvrant ses bras. Il était condamné.

       Quant à l’inquisiteur, il observait calmement l’effet de la mort de Felcas sur tout ce qu’avait créé l’hérétique. Puis, subitement, il se tourna vers moi et je pu voir une grande admiration dans ses yeux. D’un pas lent, il s’avança vers moi pour poser ses mains sur mes épaules. D’une voix presque paternelle, il me dit :

            -  Je suis très fier de toi, Asphar. Tu as agis en véritable agent de l’Inquisition. 

            -  J’ai agis comme vous me l’avez demandé, fis-je avec modestie. Je n’ai été que l’objet de votre justice contre cet hérétique.

            -   Peut-être. Mais dès que nous serons de retour sur Hullerstorm, j’utiliserai toute mon influence auprès des seigneurs de l’Ordo pour que tu sois nommé inquisiteur.

_

LA SUITE

_

SOMMAIRE

_


Publicité
Retour à l'accueil
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article